Fin de mois

ET POUR QUELQUES MOLLARDS DE PLUS...

(ou: "Les chroniques auxquelles vous croyiez pouvoir échapper!")

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Vu à la télé

LE VAMPIRE ET LE SANG DES VIERGES

(Die Schlangengrube und das Pendel)

de Harald Reinl (1967)

Harald Reinl est une légende chez les bisseux. De 1937 à 1987, il aura enrichi le cinéma populaire allemand de quelques soixante-dix films appartenant à tous les genres, réalisés avec cette conscience professionnelle qui caractérise les bons artisans soucieux de tirer le maximum de scripts souvent plus opportunistes qu'originaux. Si cette imposante filmographie tourne essentiellement autour du "krimi" (entendez: polar d'exploitation allemand, popularisé par les romans de gare de l'auteur-phare Edgar Wallace - un genre pour lequel Reinl tournera deux suites mineures, mais tout à fait intéressantes, à la saga du Docteur Mabuse de Fritz Lang: "Le Retour du Docteur Mabuse" - 1961 - et "L'invisible Docteur Mabuse" - 1962), l'homme s'est surtout fait connaître grâce la série des Winnetou, "choucroute-western" très humaniste dont le héros est un Indien (interprété par l'acteur français Pierre Brice), et dont les trois épisodes, réalisés entre 1963 et 1965, connurent à l'époque un franc succès auprès du jeune public de notre hexagone. À part ça, Harald Reinl fait comme tout le monde dans l'Europe bisseuse des sixties, à savoir pomper la Hammer et son fameux style gothique, courant dont "Le Vampire et le Sang des Vierges" est exemplaire, en ce qu'il constitue un patchwork improbable et cousu au fil de pêche de diverses séquences ayant fait leurs preuves dans moult productions horrifiques de l'époque, ce qui en fait un nanar du meilleur cru et je m'y connais! Au passage, on restera admiratif devant le professionnalisme déployé par Reinl pour parvenir à lier la sauce et maintenir quelque cohérence au joyeux foutoir scénaristique qu'on lui a fourré entre les pattes. Au départ, et comme son titre original l'indique, ça se veut une adaptation de plus du célébrissime conte de Poe "Le Puits et le Pendule", autour duquel on a largement brodé, comme à l'accoutumée. Adonc, le comte Régula (on garde son sérieux, je vous prie, sinon on va pas y arriver!), tristement célèbre dans son coin des Carpates pour ses expériences impies à base de jeunes vierges, subit un châtiment exemplaire: on lui enfonce sur la tronche un masque hérissé de pointes à coups de maillet (je vous fait pas un dessin, vous devez connaître votre Bava, depuis que je vous en rebats les oreilles!), puis on l'écartèle entre quatre chevaux qui n'ont rien de fiscaux. Des années plus tard, un imbécile interprété par Lex Barker (ex-Tarzan à la ramasse cachetonnant dans le bis, et notamment dans la série des Winnetou dont au sujet de laquelle je vous causais plus haut) décide de se rendre au château du comte, pour d'obscures raisons dont je vous épargne le détail par pure charité chrétienne, accompagné d'une bonasse au décolleté pigeonnant et d'un moine pas franc du collier. Après la traversée d'une forêt lugubre et hammerienne en diable où des macchabs poussent sur les arbres (référence à Billie Holiday?), les voici introduits puis piégés nuitamment dans le castel où, entre squelettes, chandeliers, armures et toiles d'araignées du meilleur effet, débute une véritable partie de "Resident Evil", nos héros ayant à louvoyer entre mille chausse-trappes mortels (dont le célèbre pendule de Papa Poe, dis, mon frère!), avant de découvrir le terrrrrrifiant secret qui se cache au coeur de ces ruines sinistres, dans un labo aux mille cornues fumantes et bouillonnantes. Probablement échappé d'un plateau de Terence Fisher, Christopher Lee a profité de sa pause-déjeuner pour venir interpréter le comte Regula, et il ne doit pas avoir tourné plus de vingt plans chichement disséminés en début et fin de métrage, en comptant ceux où il a collé son masque de fer sur le minois de sa doublure, ce qui ne l'empêche nullement d'occuper la tête d'affiche avec un culot imperturbable. Mais c'est aussi ça, le bis, et c'est pour ça qu'on l'aihaimeuuuu!

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.youtube.com/watch?v=uDn0gAGneQA

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Vu à la télé

LE FANTÔME DU LAC

de Philippe Niang (2007)

En tant que chaîne régionaliste, F3 s'est spécialisée dans ce genre si particulier et si prisé de la ménagère que constitue "la dramatique de fond de terroir". En général ça se passe le samedi soir (créneau télévisuel sinistré s'il en est!) et, faute de représenter une concurrence sérieuse pour les sempiternels "Experts", ça permet au moins à de vieux cabots (ici: Mylène Demongeot) de se constituer un fonds de retraite complémentaire. Échoué par pur désoeuvrement devant ce produit cathodique dont le concept fantomatique ne manqua pas de m'appâter (on ne se refait pas!), je fus au bout du compte suffisamment captivé par l'atmosphère de mystère de cette oeuvrette sans prétention pour la suivre jusqu'en son épilogue sans m'ennuyer une seconde, principalement du fait d'un script dont l'écriture rigoureuse ne laisse jamais tomber la vapeur. En plus, j'adore les histoires de barrages maudits avec ancien village englouti dans la vallée dont on entend les cloches sonner à minuit au fond de l'eau, telles que les Anciens se les racontaient dans les veillées campagnardes pour bien se foutre les jetons à l'époque où F3 était encore dans les couilles de l'ORTF! Dans ces histoires-là, y'a toujours un(e) suicidé(e) qui revient hanter la mauvaise conscience des villageois de sa malédiction, et peut-être est-ce le cas de cette naïade que Pierre et son fiston découvrent inanimée et amnésique (et un peu à poil, aussi!) sur les rives du lac artificiel... En tous cas, elle ressemble trait pour trait à l'institutrice qui, de désespoir, se noya jadis après que son fiancé (l'ingénieur responsable de la construction du barrage) fut retrouvé assassiné... Tout l'intérêt de la chose réside évidemment dans le statut ambigu de la belle inconnue, qui passe constamment du très charnel (et je pèse mes mots!) au très fantomatique, paradoxe savamment entretenu par une réalisation à la fois sobre et efficace. Quant à Pierre et fils, ils auront fort à faire pour défendre leur énigmatique sirène contre l'hostilité croissante de villageois superstitieux entraînés par un curé fanatique, d'autant plus que les cadavres s'accumulent autour du lac et que l'enquête menée par notre héros menace de révéler d'inavouables secrets de famille... Passionnant de bout en bout, si, si, je vous assure...

Cliquez sur le lien pour voir un extrait:

http://www.imineo.com/fantome-lac-philippe-niang/237/extrait-gratuit-5763.htm

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Comics

BROTHER POWER THE GEEK #1

par Joe Simon (DC - Octobre 1968)

Pour ceux qui éternuent encore du lait: Joe Simon fut le co-créateur, avec le King Jack Kirby, de Captain America dans sa prime version qui le voyait casser du vilain nazi à l'époque où Stan Lee tirait encore sur les nattes des filles et où Marvel s'appelait "Timely Comics". Une légende du Golden Age donc, qui dessina également les "Commando Boys", "Manhunter", "The Fly" et tout un tas d'autres trucs dont seuls se souviennent les collectionneurs les plus hardcore. Quelque peu oublié face aux gloires montantes du Silver Age, Simon abandonna un temps le comics pour soudainement refaire surface chez DC en 1968, en plein Flower Power, avec "Brother Power The Geek", variation sur le mythe du Golem transposé dans les quartiers hippies d'une mégalopole américaine. Mannequin de chiffons soudain amené à la vie, telle la créature de Frankenstein, par un éclair tombé de la voûte céleste, Brother Power se verra recueilli par une communauté de hippies qui fera son éducation, et dont il deviendra le protecteur contre les Hell's Angels du patibulaire Moon Dawg - car il est bien sûr doté de super-pouvoirs. Son look d'Arlequin dégingandé coiffé d'une serpillère lui retombant sur le visage n'est pas sans rappeler le "Désossé" de la récente série "Secret Six" - comme quoi rien ne se perd jamais vraiment dans le monde du comics. Mais il convient surtout d'insister sur le côté inclassable de "Brother Power The Geek", cocktail savamment équilibré de "teen comics" et de bandes plus traditionnellement superhéroïques, le tout saupoudré d'un légère touche de gothisme. On saluera aussi les préoccupations très "peace and love" de Simon, d'autant plus méritoires qu'elles sont dans son cas trans-générationnelles: l'homme a en effet remarquablement restitué l'atmosphère très "Greenwich Village" des communautés hippies urbaines, et ce au moyen d'un trait virtuose et pétillant de malice, à la limite du "cartoony". Hélas, la mayonnaise ne prit pas, et "Brother Power The Geek" ne connut que deux numéros (vous dire si je suis content d'avoir chopé ce #1 sur E-Bay!), lesquels connurent toutefois une publication française dans le non moins éphémère petit format "Maniaks", édité en "Comics-Pocket" par Artima en 1970. Plus surprenant: Brother Power refera surface en 1989, rappelé à la vie par Neil Gaiman à l'occasion du "Swamp Thing Annual" #5.

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Comics

SILVER SURFER

par Stan Lee, John Buscema & Jack Kirby

(Panini - coll "Marvel Omnibus - Mai 2008)

Y'a pas à dire: c'est cher (65 €), mais c'est beau! Et c'est du lourd: l'autre jour, je me suis endormi en lisant cette magnifique intégrale dans mon lit, ben je vous dis pas la bosse que j'ai sur le front! Pensez donc, les dix-huit épisodes cultes du volume 1 du Calimero de la galaxie, tel qu'il débarquait dans sa propre série en Août 1968 sous les crayons magiques de Big John Buscema, après avoir fait ses classes chez les FF (voir volumes 1966 et 1967 de l'intégrale Panini), agrémentés de son fritage avec Quasimodo paru dans "Fantastic Four Annual" #5 et de quelques autres mignardises, ça vaut son pesant d'Arnica! C'est évidemment un plaisir intense que de retrouver ces bandes désormais classiques qui bercèrent notre enfance (enfin, la mienne en tous cas...) et dont les inquiétantes figures, de Méphisto au Hollandais Volant en passant par le Haut-Seigneur et les Frères de Badoon, traumatisèrent par l'expression tourmentée de leurs monstrueux faciès les censeurs gaullisto-pompidoliens. C'est dire la puissance du trait de Big John, qui fit cauchemarder la bourgeoisie française post-soixante-huitarde, au point que "Fantask" fut interdit après sept numéros parus, et qu'un an plus tard, Lug préféra sucrer le Surfer des pages de "Strange", de peur de voir sa nouvelle revue subir le même sort... Par le fait, les premiers épisodes - en gros ceux publiés dans "Fantask", plus quelques autres tel ce sommet de gothisme tourmenté qu'est "L'Héritier de Frankenstein" (#7) - resteront comme des modèles du genre, la performance de Buscema (relevée par le génial encreur Joe Sinnott) faisant oublier le mélodrame perpétuel orchestré par Stan Lee et qui, par sa récurrence insistante, s'avère par moments assez pesant. Les derniers épisodes de la série sont hélas moins intéressants, se résumant à des "showdowns" commerciaux et sans grand intérêt avec des stars de l'écurie Marvel, tels la Torche Humaine (#15) ou ce bon vieux Spidey (#14). Ce volume 1 se terminera en catastrophe sur un #18 dessiné certes par Kirby, créateur du personnage, mais malheureusement encré par les deux pieds gauches de l'insupportable Herb Trimpe. Si vous voulez un élément de comparaison, il suffira de vous référer à l'épisode extrait du "Fantastic Four Annual" #5, dessiné également par Kirby, mais ici encré par Sinnott, de loin celui qui sut le mieux mettre en valeur le trait surpuissant du King. Bref, de la belle édition de luxe, qui remet dans sa cohérence chronologique les précédentes éditions françaises quelque peu anarchiques (et parfois redécoupées, toujours la censure...) et qui est d'ores et déjà un must. Rangez cette info dans un coin de votre cerveau, et ressortez-la opportunément aux alentours du 25 Décembre...

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Comics

DC UNIVERSE HORS-SÉRIE #10:

"L'Attaque des Amazones" (1)

par Will Pfeifer & Pete Woods

(Panini - Juillet 2008)

Voici un exemple assez éloquent de la panique éditoriale qui règne actuellement chez Panini, dans le secteur DC. Aux States, la mini-série "Amazons Attack" a été pensée comme un crossover se lisant dans un constant aller-retour avec le volume 3 de "Wonder Woman", récemment entamé. Problème: si les premiers épisodes de cette nouvelle série des aventures de la pulpeuse amazone ont bien fait l'objet d'un album dans la collection "DC Heroes", en revanche ceux qui s'entrecroisent avec "Amazons Attack" demeurent encore inédits dans l'hexagone... Idem pour le crochet effectué chez les "Teen Titans", dont les épisodes concernant la guerre contre les Amazones (et auxquels il est fait allusion dans la mini-série) ne débutent que dans le #38 de "DC Universe", à paraître fin septembre, soit deux mois après ce hors-série! Nous voilà donc avec entre les mains une revue dont la lecture est d'autant plus pénible qu'il nous manque des pans entiers de la chronologie des événements. Le staff de Panini a bien essayé de replâtrer l'ensemble en nous donnant quelques laconiques indications dans ses éditos, mais bon... N'aurait-il pas été plus simple de différer la parution de ce comics au moment opportun, plutôt que d'embrouiller et de frustrer inutilement le lecteur? Il ne manque pourtant pas de matériel en souffrance pour remplir les pages de "DC Universe HS", nom d'un chien! Dommage, car le script de Will Pfeifer est captivant - pour autant qu'on puisse en juger par les fragments de storylines attrapés çà et là - et le trait élégant et minutieux de Pete Woods est parfaitement mis en valeur par une colorisation agréablement sobre. Mon conseil: gardez-vous cette revue sous le coude, et attendez que les diverses pièces du puzzle soient enfin disponibles pour vous lancer dans ce crossover, qui nous montre une JLA éparpillée défendre la Terre contre des hordes de femelles aussi sexy qu'impitoyables. Tout de même, ce qu'il ne faut pas faire! En tous cas, ce n'est pas avec des bourdes de ce tonneau que Panini redorera le blason de DC auprès du lectorat français...

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DARKNESS

de Jaume Balagueró (2002)

Bon, je continue mon inventaire des déstockages à 7 € chez Carouf, avec cette oeuvre hautement référentielle, puisque réalisée par un fan pour des fans. Produit par Brian Yuzna pour Filmax (pépinière ô combien prolifique en petits génies du fantastique ibérique, et qui abrite la fameuse et lovecraftienne "Fantasy Factory" créée par le réalisateur du "Dentiste"), ce second film de Balagueró constitue un spectacle total de très grande qualité, original tant dans sa forme extrêmement élaborée que dans son thème inhabituel (le concept d'obscurité considéré comme entité maléfique en soi), et permet à l'un des auteurs du genre les plus créatifs du moment de se faire plaisir en rendant un hommage vibrant à ses maîtres ès cauchemars. L'abonné à "Mad Movies" se régalera donc à traquer tous les clins d'oeil dont le réalisateur à truffé les corridors de sa maison maudite, qu'il s'agisse d'un père de famille très "nicholsonien" qui pète les plombs et s'acharne sur les portes comme dans "Shining", ou encore des décors très Arts Déco qui semblent tout droit sortis de la grande période baroque d'Argento - et là, on sera évidemment interpellé par la photo de trois vieilles femmes suprêmement inquiétantes, censées représenter le triple visage d'Hécate (déesse de la nuit), et qui renvoient d'autant plus aux célébrissimes "Trois Mères" que l'une des clefs de l'énigme sera trouvée... sous le plancher! Néanmoins, n'allez pas croire que "Darkness" se résume à ce petit jeu de citations car, si Balagueró multiplie les références, ce n'est que pour mieux les pervertir. Ainsi, le jeu consiste à amener le spectateur à croire, par exemple, qu'on est entrain de lui resservir une resucée de "Shining", pour mieux l'attirer sur une fausse piste: les références, de par leur évidence même, sont donc posées dans le film comme autant de chausse-trappes scénaristiques. Hélas, et c'est le seul bémol que j'apposerai sur la partition de Balagueró , toute la sophistication de l'écriture du script n'empêche nullement le spectateur un tant soit peu perspicace d'avoir en permanence un temps d'avance sur le déroulement des événements... Sont-ce les suspects qui sont désignés comme bien trop coupables pour le paraître réellement, ou inversement les coupables qui montrent trop de zèle à jouer les innocents? On ne saurait trop dire, mais les faits sont là... Dommage car, pour le reste, la réalisation est réellement d'une élégance remarquable et fourmille littéralement d'idées visuelles relevées par une photographie somptueuse, les acteurs campent à la perfection des personnages par ailleurs très fouillés et minutieusement caractérisés, et les séquences-choc parviennent à nous prendre à revers avec toute l'efficacité requise. Enfin, l'on reste définitivement conquis par l'ultime plan du film, qui pervertit magistralement l'épilogue - déjà bien équivoque! - de "La Mort aux Trousses", avec une ironie que le grand Hitch, n'en doutons pas, aurait goûté à sa juste valeur!

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18353090&cfilm=35130.html

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Chris Lee or not Chris Lee? En tous cas, c'est pas Barbara Steele!

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Brother Power: comme un air de Désossé...

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Le Surfer d'Argent: Calimero sort de l'oeuf!

DCU

"Amazons Attack": c'est le moment de sortir les coquilles!

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La vie de Patchworkman (1):

Mme Patch m'a fait un beau cadeau!

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La vie de Patchworkman (2):

Fuck the JO! Le drapeau tibétain flotte sur la Patchcave!