Fin de mois

ET POUR QUELQUES MOLLARDS DE PLUS...

(ou: "Les chroniques auxquelles vous croyiez pouvoir échapper!")

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Vu à la télé

IL ÉTAIT UNE FOIS (Enchanted)

de Kevin Lima (2007)

Quand les studios Disney s'autoparodient, ça donne "Il était une Fois", inoffensive bluette bien propre sur elle qui se moque gentiment de ces contes de fées qui constituèrent jadis leur fonds de commerce et, il faut bien le reconnaître, le creuset de leurs plus belles réussites. Ça commence en tant que dessin animé labélisé Oncle Walt, avec tout ce qu'il faut - nunuche romantique, prince charmant, méchante reine sorcière, gentils animaux de la forêt, traître patibulaire et chansons insupportables de mièvrerie - et ça se poursuit en tant que vrai film live, la méchante reine sus-citée expédiant la nunuche dans le monde réel, où ne tardent pas à la rejoindre le prince, le traître, ainsi qu'un écureuil en CGI vraiment très meuuuugnon! Le propos initial est évidemment de confronter le monde cynique de la réalité new-yorkaise à l'univers idyllique des contes de fées, et d'exploiter ce décalage sur le mode du comique de situation. Certes la comédie est bien enlevée (c'est produit par Barry Sonnenfeld) mais, comme on est chez Disney, la réalité qui nous est dépeinte ne tarde pas à transcender son aspect quelque peu rugueux pour basculer dans un fantasme de ménagère où tout le monde il est gentil et prompt à s'organiser en comédie musicale dès que la princesse pousse la chansonnette - et là, j'en profite pour vous prévenir: la BO est tout à fait digne du répertoire de Céline Fion! Le tout s'achève sur un chassé-croisé amoureux qu'on aura vu venir des kilomètres à la ronde, les scénaristes ayant chaussé leurs gros sabots de sept lieues, avec en prime un final en forme de parodie de "King Kong" version féministe. Bref, ce pastiche à l'insolence autoproclamée reste très bon enfant et finalement bien peu transgressif, principalement du fait d'un procédé assez putassier qui ne feint de mettre à mal les clichés que pour mieux les réaffirmer.

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http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18742548&cfilm=114729.html

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Vu à la télé

RESIDENT EVIL: EXTINCTION

de Russell Mulcahy (2007)

Bien qu'il y en ait un peu marre des "Resident Evil" à répétition, et que vous sachiez ce que je pense des adaptations sempiternellement foireuses de jeux vidéo, je vais essayer de positiver. En effet, alors que tous ses prédécesseurs étaient tout simplement irregardables, "Extinction" reste possible comme film du samedi soir, et parvient même par moments à acquérir un certain souffle. Il est vrai que l'exécrable Paul W.S. Anderson en a laissé tomber la mise en scène (brusque accès de lucidité?) au profit de Russel Mulcahy, lequel filme de façon plutôt convaincante les grands espaces désertiques de notre pauvre monde une fois de plus recouverts de zombies - pardon: de "contaminés", on ne sait plus comment les appeler de peur d'être comparé à Romero! Bref, le papa du "Highlander" réussit à faire de cette séquelle convenue une sorte de western post-apocalyptique assez épique, et ce nonobstant un script prévisible à en pleurer. Et pour cause: l'auteur n'est autre que le sus-dit Anderson, qui n'est sorti des couloirs de Racoon City que pour multiplier les plagiats en prenant l'air inspiré du mec qui aligne des références. Tout cela est bien beau, mais on ricane tout de même pas mal à la vision de ce "Mad Max chez les Zombies" dans lequel une Mila Jovovich toujours aussi poseuse nous présente les tendances de la mode post-nuke: petit short moulant et porte-jaretelles, idéal pour kicker la face des zomblards - et au ralenti, s'il-vous-plaît! Pour le reste, c'est la pénurie d'essence, et les survivants ont bien du mal à faire rouler leurs véhicules customisés, ceci dit pour vous montrer à quel point on innove… Lorsqu'il ne va pas chercher son inspiration chez George Miller, le script d'Anderson replonge fatalement chez Romero, avec un savant fou torturant des zombies au fin fond d'un complexe souterrain, comme dans "Le Jour des Morts-Vivants" (chroniqué en ces pages), et pousse le bouchon jusqu'à nous servir un clône de Bub qui, s'il ne se rase pas en écoutant Beethoven sur son walkman, n'en sait pas moins se servir d'un portable et d'un appareil photo numérique! Mais le comble est atteint lorsqu'on nous ressert "Les Oiseaux" d'Hitchcock via une attaque aérienne de corbeaux-morts-vivants! Bref, et en dépit des efforts méritoires de Mulcahy, ce recyclage perpétuel cesse rapidement de nous amuser pour nous agacer sérieusement. Le foutage de gueule, ça va cinq minutes…

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Vu à la télé

D-WAR: LA GUERRE DES DRAGONS

(Dragon Wars)

de Shim Hyung-rae (2007)

Ah! que voilà du nanar d'enfer comme on aimerait en voir plus souvent, un vrai keiju-eiga à la coréenne qui fleure bon l'âge d'or nippon des grosses bébêtes qui montent à l'assaut des maquettes, l'époque bénie des Inoshiro Honda et autre Jun Fukuda qui nous faisaient tant rêver dans les feus cinémas de quartier. Certes, les acteurs en costumes tout plissés de dinosaures mutants ont disparu et les CGI ont pris le relais, mais le feeling est toujours là, dans cette improbable histoire où un méchant serpent géant dévaste les métropoles à la recherche d'une jeune fille qui détient un pouvoir particulier, grâce auquel il pourra se transformer en "dragon supérieur" et augmenter sa productivité dans le bousillage de mobilier urbain. Pour l'aider dans sa quête, une armée de redoutables guerriers, flanqués de ptérodactyles cracheurs de feu et d'espèces de tortues géantes équipées de missiles, se lance à l'assaut de nos cités décidément bien éprouvées, sous les ordres d'un simili-Dark Vador qui semble tout droit sorti d'un épisode des Power Rangers! Bref, du vrai nanar qui s'assume et ne craint pas de craindre, pour le plus grand bonheur des nostalgiques de Godzilla. Avec de vrais morceaux de bravoure dedans, comme ce combat aérien qui oppose les volatiles lance-flammes à une escadrille de l'Air Force, laquelle assure même l'inévitable citation de "King Kong" en affrontant le reptile enroulé autour d'un gratte-ciel cyclopéen. Enfin, heureusement, il existe également un gentil serpent géant qui viendra in fine mettre un peu d'ordre dans tout ce boxif, ce qui nous vaudra un combat final entre les deux reptiles, ressemblant à s'y méprendre à un plat de linguine bolognaise! En tous les cas, moi j'en redemande - avec un peu de parmesan, si possible…

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http://www.ecranlarge.com/movie_video-view-9829-868.php

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Vu à la télé

OUTLANDER, LE DERNIER VIKING

(Outlander)

de Howard McCain (2008)

Voilà le genre de produit roublard et opportuniste surfant sur la mode du film de vikings sur-esthétisant, initiée par "Le treizième Guerrier" du classieux John McTiernan (1999) et prolongée par le chichiteux "Pathfinder" de Marcus Snipel (2006). Histoire de brouiller un peu les pistes, on nous propose ici un mélange de genres relativement inédit entre science-fiction et film guerrier à la Conan. En effet, il est question d'un extraterrestre de forme parfaitement humaine (même pas l'ombre d'un petit doigt en l'air!), issu d'une civilisation fort avancée de conquérants intergalactiques, qui fait naufrage sur Terre quelque part en Norvège à l'Âge de Fer. Le problème, c'est qu'il amène avec lui un "Mogwen", c'est-à-dire une sorte de dragon qui peine à cacher une évidente parenté avec le bon vieil Alien… Après moult rites d'initiation, notre héros (interprété par le maso John Caviezel) n'aura donc d'autre choix que de s'allier aux indigènes pour livrer un interminable combat au bestiau, dans une épopée qui se veut transposée (one more time!) de la geste de Beowulf. Malgré une réalisation et une narration efficacement ficelées, "Outlander" ne manque pas d'agacer par une utilisation systématique de tous les procédés à la mode du blockbuster à la con: pénombre bleutée omniprésente de rigueur (ou rougeoyante pour les intérieurs, c'est selon…), shaky-cam épilleptique avec surdécoupage dès que l'action s'emballe un peu, et je ne vous parle pas des conventions de scénario, multipliées au point qu'on a l'impression de suivre un parcours fléché menant d'un poncif à l'autre… Dommage car, en dépit de tous ces défauts, "Outlander" ne manque pas d'un certain souffle épique, porté par des valeurs sûres comme John Hurt et Ron "Hellboy" Perlman, et constitue un film d'aventure qui se regarde sans trop d'ennui. Mais bon, on ne va pas non plus demander à un yes-man de montrer de la personnalité…

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http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces/outlander-le-dernier-viking,93891

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Comics

WALKING DEAD #8:

"Une Vie de Souffrance"

par Robert Kirkman & Charlie Adlard

(Delcourt - Mai 2009)

Je vous avait prévenus, que ça allait chier grave! Ben voilà, on y est… Dans mes premières chroniques sur ce comics hors normes ("Mollards" de Septembre 2007), à l'époque où la petite communauté se traînait encore sur les routes, j'avais proposé un certain parallèle entre "Walking Dead" et ces vieux westerns de John Ford où de longues caravanes de pionniers partaient à la conquête de l'Ouest à travers un territoire hostile de la taille d'un continent - certains personnages de Kirkman ne se privant d'ailleurs pas d'évoquer une "reconquête" de l'Amérique. Quand Ford ne lançait pas ses personnages sur les pistes, il les enfermait dans un fort inlassablement harcelé par des hordes d'Indiens peinturlurés et gesticulants: ce fut exactement ce qui se passa lorsque les héros de "Walking Dead" trouvèrent asile dans une prison désaffectée, où ils devaient demeurer durant plusieurs volumes. Jusque là, comme chez Ford, l'adversité fonctionnait comme un révélateur d'humanisme, plaçant les protagonistes dans une dialectique solidarité / individualisme et donnant ainsi l'occasion d'une étude de caractères approfondie - principal atout du script de Kirkman. Bien que l'on retrouve la notion d'héroïsme chère à John Wayne - certain personnage et non des moindres n'hésitant pas à se sacrifier pour sauver ses congénères - la mort n'a ici rien de glorieux, puisque les héros voient leur cadavre jeté aux zombies. C'est qu'entre temps, on est repassé de Ford à Romero, l'autre référence de "Walking Dead", et désormais tout le monde se massacre, voire se suicide, dans un joyeux bordel sanglant. Les héros les plus emblématiques reprennent leurs billes et se tirent des pattes, tout éclate, les clans comme la cellule familiale. Non contents de s'affronter de survivants à survivants, les protagonistes finissent par se bousiller entre membres d'une même tribu, sous l'œil tranquille des zomblards qui y gagnent une bonne provision de barbaque fraîche. À la fin de ce tome 8 (#43 à 48 dans la parution US), où l'on nage littéralement dans le massacre hard-core, le paysage scénaristique se retrouve considérablement nettoyé, puisque la plupart des personnages sont morts. Quant aux autres, ils auront été abandonnés en cours de route sur des cliffhangers ne présageant rien de bon… L'ultime spash-page du volume laisse pareillement Rick et son fils dans une position périlleuse, mais annonce surtout que la saga a pris là un tournant radical. Et l'on se dit qu'il serait bien possible que les héros fatigués passent un jour le relais, et que ce comics-fleuve s'achève (à supposer qu'il se termine un jour, ce qui n'est pas dans les intentions immédiates du scénariste…) avec des héros totalement différents de ceux avec lesquels il avait commencé, tant il est vrai qu'après cet éprouvant volume, on a l'impression que Kirkman est capable de tout pour nous prendre au dépourvu et nous secouer le lard…

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Vu à la télé

LA GUERRE DES MONDES

(War Of The Words)

de David Michael Latt (2005)

Fondateur de "The Asylum", l'une des plus prolifiques boîtes indépendantes de production de séries B destinées au cable et au marché DVD, David Michael Latt y cumule également les fonctions de réalisateur, producteur et scénariste, comme c'est le cas sur cette énième version du classique de Wells. Pur produit d'exploitation, cette relecture cherche évidemment à surfer sur le succès du blockbuster de Spielberg sorti l'année précédente (voir "Mollards" de Janvier 2007) tout en cherchant à le concurrencer: en effet, le Wonderboy ayant livré une version pour le moins très personnelle où l'invasion extraterrestre était surtout le prétexte à la rédemption d'un personnage irresponsable, Latt revient aux sources du roman, un peu comme s'il contestait quelque part l'iconoclasme de la lecture spielbergienne. Loin d'égaler à cet égard la somptueuse version de 1953 de Byron Haskin (voir rubrique "La Guerre des Mondes"), Latt n'en respecte pas moins la lettre en en exécutant les figures imposées (le cratère, la longue errance, l'attaque de la maison isolée, etc…), tout en y apportant certaines retouches de son cru, et pas toujours du meilleur effet. À ce propos, on oubliera les séquences consacrées à un militaire fanatique, qui n'apportent strictement rien à la dramaturgie, pour se reporter sur un épisode longuement exploité par le roman de Wells, et curieusement zappé dans les deux autres versions citées, à savoir la rencontre avec le pasteur obsédé par la perte de sa foi. Las, la réintroduction de ce personnage assez antipathique traîne en longueur et s'abîme dans un prêchi-prêcha interminable et redondant concernant les desseins de Dieu, ce qui ne manque pas de plomber encore un peu un film par ailleurs beaucoup trop bavard. Dommage car, par moments, on est presque séduit par le soin apporté à la caractérisation des personnages, démarche assez rare et inhabituelle dans le cinéma d'exploitation. Mais à trop insister, Latt finit par accoucher d'un film long, sentencieux et statique - ce qui est un comble lorsqu'on relate une errance! En effet, pour ce qui est des scènes d'actions, on était en droit se s'attendre à quelque chose de mieux que quelques apparitions sporadiques de pseudo-tripodes rappelant furieusement (exploitation oblige) les insectes du "Starship Troopers" de Verhoeven (1997), dans une version beaucoup plus rudimentaire faite de CGI laborieuses.

Cliquez sur le lien pour voir un extrait:

http://www.youtube.com/watch?v=uGcHH-Oj-S0

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Vu à la télé

EARTH VS THE SPIDER

de Scott Ziehl (2001)

Quand j'ai vu le trailer sur NT1, je me suis dit: noooon! ils ont quand même pas osé faire un sous-Spiderman à deux balles, la bande de "Creature Features"! (1) En tous cas, c'était présenté comme tel, quoique ce DTV ait été tourné un an avant le blockbuster de Sam Raimi. De plus, le héros de ce nanar très réjouissant s'avère être un fan de comics, et en particulier de "The Spider Avenger", personnage arachnoïde doté de six bras rappelant furieusement l'étrange mutation subie par Peter Parker dans "Amazing Spider-Man" #101 (2). En fait, les scénaristes, qui sont de sacrés plaisantins, ont habilement brouillé les pistes… En effet, si le film débute en tant que sous-Spidey avec un héros timide, brimé et régulièrement humilié, qui va gagner des pouvoirs extraordinaires (super-force, émission de toile, super-sens, etc…) après s'être injecté le sang d'une espèce très rare d'araignée, pour entamer une carrière de justicier en dérouillant les petites frappes, on attendra en vain de le voir enfiler un collant multicolore pour se colleter avec un vilain à sa mesure. Car, à mi-film, l'histoire bascule totalement et notre homme-araignée, devenu fou, subit une série d'horribles mutations qui vont faire de lui un monstre des plus dangereux… À partir de là, on entre dans un démarquage cheap de "La Mouche" de Cronenberg (1986). Mais l'affaire n'est pas si simple car, de par son titre même, "Earth vs The Spider" rend hommage à un film éponyme (3) que réalisa en 1958 Bert I. Gordon, l'un des grand maîtres du nanar estampillé guerre froide, sorte de sous-Tarentula qui fut mis en chantier pour concurrencer "La Mouche noire" de Kurt Neumann, sorti la même année, et dont la délicieuse morbidité fit un tabac au point d'engendrer deux séquelles. La boucle est ainsi bouclée, puisque vous n'êtes pas sans savoir que "La Mouche" de Cronenberg est le remake du film de Neumann. Au-delà d'un nanar ma foi pas trop mal réalisé, "Earth vs The Spider" version 2001 se donne donc également comme une œuvre très référentielle s'adressant surtout aux geeks amoureux des comics Marvel (4) et des vieux films de monstres en noir et blanc des années 50. À ce niveau-là, c'est un vrai régal.

Notes:

(1): "Creature Features" est une boîte produisant des DTV de pure exploitation, créée entre autres par le célèbre maquilleur Stan Winston, d'ailleurs producteur de "Earth vs The Spider".

(2): Trouvable dans le volume "1971" de l'intégrale Spider-Man publiée chez Panini. Par ailleurs, voir la version hilarante que nous en donne notre ami Bruno dans l'iconographie de la chronique qui lui a été consacrée.

(3): "Earth vs The Spider" version 1958 fut également projeté dans les drive-in sous les titres "The Spider" et "Earth vs The Giant Spider". Inédit en France, le film fut à l'époque distribué en Belgique en tant que "L'Araignée Vampire".

(4): À noter que le chien du héros se nomme "Thor"!

Cliquez sur le lien pour voir la présentation du DVD:

http://www.youtube.com/watch?v=9hS5sDjQTPo

enchanted

"Il était une fois": le gentil Prince Charmant vs la vilaine Grosse Pomme!

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"Resident Evil": la vilaine Jovovitch défile dans le vilain désert!

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Le vilain serpent de "D-War"!

outlander

Le vilain dragon aliénisé dans le vilain rougeoiment d'"Outlander"!

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Les vilains massacres de "Walking Dead"

spider

La vilaine araignée qui se prenait pour une vilaine mouche!

Conclusion:

Encore une vilaine chronique de torchée!