Sortie en salle

THE DARK KNIGHT

de Christopher Nolan (2008)

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Nom de Dieu! Voilà qu'à peine sorti de la salle tout décoiffé, je n'ai qu'une seule envie: retourner voir ce putain de film pour essayer de comprendre quelque chose à ce qui m'est arrivé! Attention chef d'oeuvre! Oubliez tout ce que vous avez pu voir en matière de cinoche superhéroïque. Balayés les atermoiements marveliens, dont les demi-mesures plombantes ne savent plus quel public draguer, ni s'il faut produire du spectacle familial ou sacrifier au pessimisme ambiant du comics contemporain... Enfoncés les pourtant très présentables X-Men de Bryan Singer et les Spiderman dynamiques mais bien trop nunuches de Sam Raimi... Écrasés les complaisants "Iron Man" et autres hulkeries... Quant aux exactions à la Story / Johnson, elles n'existent même plus, pour tant soit qu'on a ait jamais gardé le moindre souvenir! Car le surdoué Christopher Nolan vient de réussir l'impossible et d'offrir au cinéma, quoique dans un registre radicalement différent, un concurrent qui fait vaciller sur son trône le superbe "Batman, le Défi" du visionnaire Tim Burton. Comme quoi il reste possible, avec un peu d'audace et d'intelligence, d'arriver à produire un blockbuster de pur divertissement tout en se montrant original, et sans réchauffer les sempiternels lieux communs ni pomper éhontément le voisin qui a réussi sa copie. Dès lors, si le public a autre chose que du pop corn dans les mirettes, "The Dark Knight" devrait logiquement casser la baraque et, rêvons un peu, allumer quelques synapses dans l'épicerie qui tient lieu de cerveau aux executives hollywoodiens, pour tirer vers le haut un genre débilitant à force de consensualité et le porter au niveau des comics nettement plus novateurs dont il prétend s'inspirer.

À cet égard, "The Dark Knight" réussit un sans faute: en dépit d'un script très risqué, en ce qu'il multiplie les hérésies scénaristiques propres à s'aliéner les fans les plus intégristes, le film parvient paradoxalement à capter la substantifique moelle crépusculaire et urbaine du Batman contemporain, en proposant un scénar en acier trempé s'appuyant sur des références en béton, et prouvant par là même que ce n'est pas la fidélité pointilleuse à un comics qui consacre la réussite de son adaptation, mais bel et bien l'intelligence que l'on en a et qui fait que l'esprit - ô combien plus important que la lettre - en sera respecté.

À tout seigneur tout honneur, "The Dark Knight" doit au bas mot cinquante pour cent de sa réussite à l'interprétation du Joker que nous offre, tel un magnifique chant du cygne, le regretté Heath Ledger: devant une telle performance, nous ne pouvons que demeurer inconsolables de voir tragiquement interrompue une carrière qui s'annonçait hors du commun. S'il est vrai qu'un film est d'autant plus réussi que son vilain est charismatique, alors Ledger a porté son personnage sur les plus hauts sommets, rendant même des points à l'incarnation pourtant impressionnante que Danny DeVito donnait du Pingouin dans "Batman, le Défi". Il n'est plus question ici de distance prise par rapport au personnage, ni d'histrionisme cabotin mâtiné de dandysme maniéré: autant le Nicholson du "Batman" de Burton était apollonien et cultivait la forme en dépit de ses sombres motivations, autant le Joker campé par Ledger s'avère dionysiaque et plonge ses racines au plus profond du chaos. Dans le même ordre d'idées: autant la prestation de Nicholson était dûment mesurée par un acteur aussi professionnel que narcissique, autant celle de Ledger est immersive et ne craint pas de se perdre pour mieux restituer une sorte d'infinitude et d'absolutisme dans le Mal - encore que ce terme soit assez inexact, et qu'il convienne plutôt ici de parler d'amoralisme. Car si la morale est la mesure de la raison, alors le Joker, qui est l'être déraisonnable par excellence et par définition, ne saurait être autre chose qu'un parfait et absolu anarchiste. Toute règle ou "impératif catégorique" régissant la société des hommes, qu'elle soit logique ou morale, ne saurait avoir une quelconque valeur à ses yeux, puisque le personnage ne reconnaît de valeur à rien et surtout pas à l'argent, sur lequel il s'assied littéralement avant de s'en faire un toboggan, puis d'y foutre purement et simplement le feu (1). D'ailleurs, la vie elle-même ne se trouve pas plus valorisée par un Joker indifféremment meurtrier et suicidaire et, si quelque chose vient soudainement rendre l'existence acceptable pour cet être blasé et suprêmement décadent, c'est précisément l'apparition de Batman.

Cette espèce de dialectique qui se fait jour dans les relations qu'entretiennent Batman et le Joker - chacun devenant la justification ontologique de l'autre dans une sorte d'équilibre cosmique - nous amène à examiner les références sur lesquelles Christopher et Jonathan Nolan se sont appuyées dans le monde du comics. On a beaucoup parlé d' "Arkham Asylum" de Morrison et McKean, ainsi que du "Year One" de Miller et Mazzucchelli. Si ces références ne sauraient être niées, comme nous le verrons plus loin, il n'en demeure pas moins que le premier à inscrire historiquement la relation Batman / Joker dans la dialectique que j'ai décrite n'est nul autre que le génialissime Alan Moore dans son célébrissime graphic-novel "The Killing Joke" (1988), véritable pierre angulaire de l'univers batmanien car, comme à chaque fois que Moore touche à une série préexistante, il y a un avant et un après. Ainsi, la jouissance masochiste du Joker dérouillé par Batman sort en droite ligne du comics de Moore et Bolland et se verra reprise ultérieurement par nombre de suiveurs (2). La fin de "The Killing Joke" nous montrait en effet un Batman et un Joker éclatant d'un rire complice après s'être bien foutu sur la gueule et évoquait, sinon une relation à la "je t'aime moi non plus" telle que celle qui peut unir Corto Maltese et Raspoutine (3), du moins une certaine lucidité des deux personnages quant à leur nécessité dialectique - et ça, ça crée des liens!

Au-delà de cette jubilation du Joker trouvant enfin en Batman sa contrepartie néguentropique, on notera que l'absolutisme anarchisant et chaotique dont il ne se prive pas de dresser la théorie est tout à fait typique des héros de Moore - on pense notamment à "V". Quant à la multiplicité des versions contradictoires données par le Joker sur l'origine de ses cicatrices, elle rejoint là encore l'expédient scénaristique employé par Moore dans "The Killing Joke" pour s'affranchir de la continuité batmanienne: en effet, bien qu'il nous relate l'épisode "Red Hood", généralement admis en tant qu'origines officielles du Joker et tel que repris dans le "Batman" de Burton, le pitre égal à lui-même s'empresse d'ajouter qu'il ne s'agit là que de l'une des nombreuses versions de l'affaire, dont il a oublié le détail et qui pourrait bien n'être qu'un fantasme de plus... Par le fait, dans la mythologie nolanienne, le Joker apparaît soudainement, comme sorti de nulle part ou, plus précisément, comme s'il s'était inventé lui-même, et l'on se prend à songer à la "métaphysique superhéroïque" mise en place par Shyamalan dans "Incassable"... C'est en tous cas la même prise de conscience d'être partie prenante dans l'éternelle confrontation cosmique de l'ordre et du chaos qui anime les personnages de Shyamalan et ceux de Nolan et qui, chez ce dernier, prend sa source dans "The Killing Joke", comics qu'il avoue explicitement avoir recommandé à Ledger, ainsi d'ailleurs que ce chef d'oeuvre graphique qu'est "Arkham Asylum". Concernant cette dernière référence, puisqu'on en parle, force est de constater que le maquillage du Joker, qui se réduit ici à un barbouillage chaotique à des lieues de la cosmétique chichiteuse du gandin Nicholson, est la vivante adaptation des portraits à la Goya qu'en dresse Dave McKean, véritable projection expressionniste de la psychose du personnage - laquelle atteint dans "The Dark Knight" la même intensité que dans "Arkham Asylum", ce qui n'est pas peu dire.

Si donc le Joker se taille la part du lion dans cette entreprise, du fait de la caractérisation très fine et pleine de profondeur qu'en donne le script des Nolan, elle-même portée aux nues par l'interprétation superlative de Ledger, il ne faudrait pas croire pour autant que le reste du casting soit laissé à l'abandon. Batman, par exemple, est beaucoup plus qu'un simple faire-valoir du Joker, et le script rejoint fort habilement la conception moderne du personnage qui, en sa qualité de "vigilante", devient à son tour facteur de chaos (4), comme si chacune de ses interventions censée rétablir l'ordre créait en fait un déséquilibre cosmique que seule une contre-action réactive serait en mesure d'abolir. Dès lors, et au-delà de la simple mise en garde contre la tentation "milicienne" (voir à ce sujet la déconfiture du "Bat-Gang"), la coïncidence des apparitions à Gotham de Batman et du Joker prend toute sa dimension métaphysique, et il est plus que suggéré que la monstruosité incarnée dans le Joker soit en fait la conséquence directe de la névrose batmanienne passée à l'acte. La lutte impitoyable des deux éternels adversaires s'intériorise alors en un combat de Batman contre ses propres démons intérieurs, et c'est là le tour de force d'une histoire écrite de main de maître que de nous présenter un héros au moins aussi inquiétant que le vilain qui lui est opposé - et qui, suprême et ironique retournement dialectique, en apparaît presque comme le vrai "restaurateur de l'ordre"! Le Batman de Nolan est à tel point sur la corde raide qu'il n'a pas trop de deux "Jiminy Cricket" pour lui tenir lieu de conscience morale: le sage Alfred (Michael Caine, impeccable) qui a fort à faire pour endiguer les débordements de son boss, et le roublard Lucius Fox (Morgan Freeman et sa "force tranquille") qui ne lui mâche pas les mots devant le dispositif digne de Big Brother mis en place pour débusquer le Joker, et qui rappelle furieusement le "Brother Eye" élaboré par un Batman au paroxysme de sa parano dans la mini-série "The OMAC Project".

On pourrait jouer encore longtemps au petit jeu des références, tant il ne fait aucun doute que les Nolan soient des batphiles convaincus et érudits. Car ce qu'il convient de retenir ici, c'est la formidable intelligence des personnages et de leurs psychologies, qui dénote une longue pratique du comics. D'où une dramaturgie extrêmement brillante qui, si elle se permet de prendre ses distances par rapport à la mythologie "officielle", ne donne jamais l'impression de trahir son matériau de base, du fait de l'extrême soin apporté à la caractérisation des personnages, appuyée par une interprétation sans faille et qui laisse supposer une direction d'acteurs d'un niveau tout aussi élevé. Et c'est là, n'en doutons pas, que réside le secret de l'exceptionnelle réussite du film: enfin une histoire de super-héros profondément humaine, dans laquelle les personnages sont beaucoup plus que des poncifs interchangeables, des armures creuses ou des costumes chatoyants qui, pareils à un défilé de misses, ne pissent pas plus loin que le bout de leur look. Exit également le bourrinage gratuit, les séquences d'action à rallonge et le tirage à la ligne à coups d'effets spéciaux: Nolan ne pense jamais à son film comme à un Luna Park où il est question de racoler le chaland, et ne laisse pas son staff SFX faire la mise en scène à sa place. Résultat: il nous offre une grande aventure épique aux accents de tragédie milleriens, pleine de morceaux de bravoure réalisés avec la virtuosité qu'on lui connaît et, s'il se paie le luxe de faire péter la moitié de Gotham, ce n'est certes pas pour caresser les bouffeurs de pop corn dans le sens du poil, ni pour faire diversion en mettant en place des cache-misère spectaculaires pour combler les lacunes d'un script indigent. Dès lors qu'il fait appel à la pyrotechnique, c'est pour mettre en miettes rien moins qu'un hôpital: au temps pour le politiquement correct et le spectacle familial! Car le Batman nouveau est noir, désespéré, froidement cérébral, crépusculaire, on y meurt aussi bien individuellement qu'en masse, il n'y a nul happy-end consensuel à en attendre, et encore moins de gamelle conclusive sur fond de violons, puisque la pintade de service se voit impitoyablement cramée, sciemment sacrifiée par l'imperturbable logique d'un scénario au cynisme glaçant.

On le voit, Nolan a réalisé, paradoxe encore impensable il y a peu, un vrai film de super-héros pour adultes, qui jamais n'infantilise son public ni ne le prend pour plus con qu'il n'est - et ça, putain, ça fait du bien! S'il est vrai que "Batman Begins" annonçait la couleur, c'était de façon maladroite, le script de Goyer se perdant dans un acte d'exposition interminable avant de partir sur de multiples lignes narratives au potentiel sous-exploité, pour déboucher sur des personnages à peine ébauchés et peu charismatiques. Ici, le découpage scénaristique mis en place par les Nolan ne laisse aucun temps mort, malgré les incessants rebondissements ouvrant autant de storylines qui seront non seulement développées jusqu'en leurs ultimes ramifications, mais qui en outre convergeront sur la fin avec une cohérence qui tient du miracle, témoignant d'une rigueur d'écriture digne des grands maîtres du comics moderne, elle-même parfaitement soutenue par une réalisation classieuse et un montage impeccable.

Le seul bémol qu'on puisse émettre à la rigueur est le constat d'une certaine précipitation au bout de deux heures de métrage, engendrant une variation de rythme assez préjudiciable à l'ensemble, et qui a pour effet de sacrifier un peu trop rapidement un personnage d'autant plus prometteur que le script avait minutieusement, et depuis les premières lignes, posé les bases de son devenir schizophrènique: j'ai nommé Double-Face. Et c'est là, au bout de deux heures, que la pesanteur de la production hollywoodienne se fait sentir dans toute sa bêtise: en effet, il est désormais de notoriété publique que Nolan avait originalement tourné un métrage de trois heures, que les executives de Warner lui ont demandé de ramener à deux heures trente. Il en résulte cette chute de rythme criante et imparable dans ce troisième tiers de film, principalement due aux coupes que le réalisateur a dû opérer sur son métrage originel. L'affaire est d'autant plus regrettable que la naissance de Double-Face constitue l'ultime rebondissement d'un script décidément imprévisible de bout en bout (vous allez peut-être me trouver naïf, mais durant tout le film je suis resté persuadé que le personnage d'Harvey Dent s'en tiendrait à son rôle "civil" de procureur, et qu'il n'avait été mis en place qu'en vue de le faire apparaître en tant que Double-Face dans le troisième volet!), et que les images du montage initial qui surnagent sont diablement excitantes. À commencer par la tronche de Double-Face, qui fait soudain pencher le film sur une pente franchement horrifique: rien à voir avec le maquillage "à la Freddy", c'est-à-dire façon pizza, dont Tommy Lee Jones était gratifié dans le "Batman Forever" de Schumacher. L'effet obtenu par le staff SFX, abominablement tridimensionnel et assez insoutenablement détaillé, est d'autant plus percutant que Nolan sait ménager le suspense avant de nous le dévoiler, jouant habilement avec les zones d'ombre et les angles de caméra pour établir une savante gradation qui part du seulement suggéré pour aboutir, après moult sadiques minauderies, au franchement montré: effet choc garanti! Hélas, ce personnage si magistralement introduit n'aura jamais la possibilité de donner toute sa mesure: à peine est-il apparu que le voici déjà parvenu au bout de sa tragique trajectoire, alors qu'on commençait tout juste à le trouver intéressant, sacrifié par l'aberration d'un montage à l'emporte-pièce (c'est le cas de le dire!). Que peut-on ajouter, si ce n'est déplorer une fois de plus l'incommensurable connerie hollywoodienne, et espérer que la future édition en DVD ne manquera pas de rétablir ce monument mutilé dans son "director's cut"?

D'autant que c'est le personnage de Dent / Double-Face, au travers de la dualité Chevalier Blanc / Chevalier Noir justifiant le concept-titre du film (au-delà de l'hommage rendu à l'oeuvre de Frank Miller), qui précipite l'épilogue sombre et irrévérencieux de l'aventure, lequel me semble une référence évidente au final plein de scepticisme de "L'Homme qui tua Liberty Valance" de John Ford. En effet, de même que le héros John Wayne s'effaçait devant le politicien James Stewart pour donner force à la Loi dans un Far-West qui en était au moins autant dépourvu que Gotham-City la pécheresse, de même Batman accepte d'endosser le rôle du vilain, drapé dans sa cape de ténèbres, afin que vive la légende d'Harvey Dent, le "Chevalier Blanc" pourtant corrompu, mais dont la raison d'état interdit de dévoiler la déchéance. Après que le commissaire Gordon ait donné à Batman le baiser de Judas, scellant le pacte d'une officialisation de l'Histoire qui, comme dans le film de Ford, fonde toute une nation sur un mensonge, la séquence d'un "Dark Knight" disparaissant dans la nuit avec toutes les Task-Forces de la police à ses trousses ferme la boucle des références en nous ramenant aux premières pages du "Year One" de Miller.

Oui, tout cela est délicieusement noir et, à mon humble avis, ça n'est pas près de s'arranger... À se demander, après ça, comment Peter Parker pourra encore embrasser Mary-Jane sans lui trouver un méchant goût d'aïoli!

Notes:

(1): ...ce qui me rappelle cet album de Lucky Luke (j'ai oublié le titre) dans lequel notre héros se voit taxé d'"immoralisme" pour avoir troué une liasse de billets d'un tir bien ajusté, afin d'affirmer son incorruptibilité. De là à dire que l'argent tient lieu de morale...

(2): Encore récemment, on retrouvait de telles scènes à forte consonance SM dans la mini-série de Sam Kieth "Secrets", qui en outre proposait un Joker assez proche de celui de Nolan (cf chronique dans les "Mollards" de Mai 2007).

(3): Je tiens d'ailleurs Hugo Pratt comme le seul auteur de BD en mesure de rivaliser avec Alan Moore (mais bien sûr, ça n'engage que moi).

(4): À ce sujet, une oeuvre telle que le méga-crossover "War Games" est plus qu'éloquente...

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces=75268.html

Voir également la chronique de l'ami Sigismund:

http://imagesquibougent.canalblog.com/archives/2008/08/24/index.html

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