08 septembre 2008
L'HOMME SANS OMBRE
Vu à la télé
L'HOMME SANS OMBRE (Hollow Man)
de Paul Verhoeven (2000)
Depuis le célèbre roman de Wells et la superbe adaptation qu'en donna James Whale en 1933, on a tout fait avec "L'Homme invisible": un agent secret redresseur de torts, dans l'excellente série anglaise de Ralph Smart en 1958 (rediffusée plusieurs fois sur Arte), ou cet innocent dépassé par son pouvoir et qui se prenait les pieds dans le tapis dans une comédie familiale de John Carpenter qu'on préfèrera oublier (1). Notre Hollandais Violent, lui, se permet de réintégrer le personnage dans ses fondamentaux tout en filmant une histoire qui n'a strictement rien à voir avec le classique de Wells. Si l'on est amateur de paradoxes, on pourra définir "L'Homme sans Ombre" comme l'infidélité la plus fidèle qu'on ait pu voir en matière d'adaptation. Au-delà en effet de la dramaturgie mise en place par l'auteur de "La Guerre des Mondes", Verhoeven préfère se focaliser sur son personnage-concept, et son Sebastian Caine, magnifiquement interprété par un Kevin Bacon que, selon la formule consacrée, on adore détester, s'avère le digne descendant du Griffith de Wells, auquel il rend des points dans l'exercice de l'abjection. Car, jusqu'à "L'Homme sans Ombre", Hollywood avait réussi à nous faire oublier que l'Homme invisible était avant tout un anti-héros sans équivoque, dont la mégalomanie n'avait d'égale que la mesquinerie, et assez minable au demeurant. Toutes "qualités" que Sebastian Caine reprend à son compte de façon superlative, et qui transcendent l'environnement high-tech que Verhoeven donne à son personnage. Mais il y a mieux: non content d'emprunter à Wells le concept de son héros pour en faire le pivot de son adaptation, le réalisateur en développe et en achève toutes les potentialités malfaisantes que l'auteur avait pour ainsi dire laissées en jachère, et là, on n'est pas volés!
Je m'explique. Imaginons l'expérience qui consisterait à organiser un micro-trottoir et à poser à l'homme de la rue cette question toute simple: "Quelle serait la première chose que vous feriez si vous étiez invisible?" Vous me suivez? Eh bien Sebastian fait exactement la même chose: il s'empresse d'aller mater sa voisine à la toilette et de déboutonner le chemisier de son assistante endormie! Ainsi, si "L'Homme invisible" de Wells se distinguait par sa mesquinerie, celui de Verhoeven se montre lui franchement trivial! Dès lors, le ton est donné, et le moteur central de tous les événements qui nous sont contés dans "L'Homme sans Ombre", et qui trouveront leur épilogue dans un massacre programmé, nous est révélé dans toute sa sarcastique splendeur: il n'est jamais question de rien d'autre que DE CUL!!!
Plus que jamais, on le voit, notre Hollandais Violent se montre irrévérencieux et politiquement incorrect, tout en nous confiant au passage le peu d'illusions qu'il nourrit concernant la nature humaine en général, et celles du sexe "fort" en particulier, dont les motivations ne dépassent que rarement le dessous de la ceinture. "Vous ne ferez pas croire que Wells n'y a jamais pensé!", semble-t-il nous dire avec un sourire en coin, tout en administrant un solide camouflet à la tartufferie internationale: ce sein que nul ne saurait voir, lui nous le dévoile dans la séquence de l'ouverture du corsage, scène d'autant plus torride qu'elle est d'une simplicité confondante et, partant, d'une limpidité absolue, nous renvoyant à notre condition de spectateur-voyeur, voire violeur en puissance, puisque nous nous voyons confrontés à une nudité dérobée, et que nous sommes invités à en jouir...
On se souvient que les diverses exactions commises par Griffith, loin de constituer des crimes spectaculaires à la Fantômas, se résumaient au contraire à des blagues de sale gosse qui finissaient par mal tourner. Une façon pour Wells d'affirmer le caractère infantile de son personnage, immaturité qu'il partage avec le Sebastian de Verhoeven, lequel se comporte comme un adolescent en proie à ses premiers émois sexuels. S'il se trouve que les deux héros ont en commun un indiscutable génie scientifique, tout deux ont également raté quelque chose de la vie, et on songe au fameux message "Work and no play has made Jack a dull boy" répété à l'infini dans le "Shining" de Kubrick, qui caractérisait la hautement symbolique impuissance littéraire du personnage de Jack Torrance. C'est ici une alternative du même ordre qui est signifiée dès le début du film, avec un Sebastian qui épie le déshabillage de sa voisine (et qui, bien sûr, ne parvient pas à "conclure"!) pour être immédiatement rappelé à l'ordre par un écriteau apposé au plafond et l'exhortant à travailler. Le génie a donc un prix, qui est celui d'une certaine frustration sexuelle, et on peut dire que l'invisibilité offre à Griffith et à Sebastian l'occasion de rattraper le temps perdu et d'essayer de récupérer cette enfance / adolescence que leur génie, qu'on imagine précoce, leur a dérobé. N'en doutons pas, si Griffith se contente de jouer des tours pendables à ses malheureuses victimes plutôt que de s'insinuer dans les alcôves pour se rincer l'oeil et le reste, c'est que "ces choses-là" ne pouvaient décemment s'écrire en pleine époque victorienne - un non-dit que Verhoeven s'empresse d'expliciter en faisant de son Homme invisible un authentique obsédé sexuel, l'immaturité commune des deux personnages renvoyant à la perversité "polymorphe" que Freud attribua aux enfants dans un aphorisme célèbre. On admirera au passage la manière magistrale avec laquelle tout est dit dès les premiers plans: le voyeurisme de Sebastian, sa frustration sexuelle conjuguée à son statut de génie scientifique, la rupture avec son ex qui en est la conséquence, la jalousie (sentiment immature par excellence) qu'il nourrit à l'endroit de l'amant mystérieux de celle-ci, etc... Bref, le film dans son entier déroulement est déjà contenu dans ces quelques plans d'exposition, et l'on est mis d'emblée en présence d'un personnage à la fois frustré, obsédé, roué, manipulateur et pour tout dire dangereux, dont on sait déjà qu'on ne peut en attendre que le pire. Une entrée en matière exemplaire.
Autre perversité admirable: celle d'un Verhoeven qui parvient, avec une habileté déconcertante et une ironie diabolique, à noyauter une grosse production estampillée "fantastique grand public à effets spéciaux" pour dissimuler insidieusement sous le vernis de l'"entertainment" un authentique film d'auteur, dans lequel il développe les mêmes obsessions que dans l'ensemble de son oeuvre, y compris sa filmographie européenne nettement plus confidentielle. Il serait sans doute caricatural de dire que derrière "L'Homme sans Ombre" se dissimule en fait un crypto-film-de-cul, mais tout de même on n'en est pas loin, à bien considérer les motivations des différents personnages - à commencer par les "héros positifs", qui au fond ne valent pas mieux que Sebastian considérés de ce point de vue-là: l'"ami", exact contraire de Sebastian qui, bien qu'excellent amant, lui jalouse son génie et n'a pas les couilles de lui dire en face qu'il baise son ex, tandis que cette dernière, qui entre la bite et le génie a clairement fait son choix, n'en rêve pas moins qu'une entité invisible vient la lutiner durant son sommeil... On est décidément en plein Boulevard fessier!
Toujours fidèle à sa marque de fabrique, Verhoeven décline ce qu'il faut bien appeler son détournement de film avec un humour très pisse-vinaigre et non moins savoureux, qu'il est à ma connaissance le seul à pratiquer, ce qui lui vaut de n'être pas toujours bien compris d'une frange de la critique dont la subtilité n'est pas le fort, et qui persiste à considérer ses films grand public au ras des pâquerettes. On se souvient en effet de l'accueil quelque peu glacial qui sanctionna le pourtant hilarant (si, si, je vous assure!) "Starship Troopers" sous forme d'un tollé qualifiant l'oeuvre de pro-militariste (ce qu'elle n'est en aucune façon, contrairement au roman "Étoiles, garde-à-vous!" du très réactionnaire Robert A. Heinlein dont elle s'inspire pour mieux en faire ressortir tout le ridicule - encore un détournement pervers!), voire de fasciste, alors qu'il ne s'agissait en fait que d'une gigantesque pochade déclinée avec le sérieux imperturbable et irrésistible d'un Buster Keaton!
Enfin, tout cela a au moins un avantage, à savoir que le cinéma mainstream de Verhoeven fonctionne aussi bien au premier qu'au second degré, et que les amateurs de bourrinage, spectaculaire, pyrotechnique et autres SFX bluffants (et Dieu sait que ceux de "L'Homme sans Ombre" sont d'une rare perfection et d'une beauté hallucinante) seront sûrs d'y trouver leur compte, aussi bien que les cinéphiles endurcis prisant des plaisirs plus raffinés.
Car Verhoeven est un très grand cinéaste doublé d'un petit plaisantin qui s'avance masqué et, à qui sait un tant soit peu regarder, son immense talent ne saurait rester... invisible!
Note:
(1): Il est même arrivé à ce pauvre "Homme invisible" de se faire sodomiser par Superman, à l'occasion d'une blague graveleuse que Verhoeven ne se prive pas de nous replacer!
Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:
http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces=1119.html
Verhoeven: un auteur sous couverture...
...et qui s'avance masqué!
Un Bacon qu'il vaut mieux ne pas ramener à la maison!
Un héros écorché vif!
Safari au gorille invisible!
Commentaires
ouaip, je trouve aussi que Verhoeven est un très bon raconteur d'histoires, créant les climats appropriés à chaque récit qu'il s'est choisi. J'ai revu 'Robocop' ( le 1 ) y a pas longtemps et je me dis que sur ce coup-là il pourrait presque en remontrer à Carpenter.Pareil pour 'Hollowman': un sans fautes de A à Z.
Bien dit
Bah voilà, encore tout plein de bonnes et vraies choses de dites...
Verhoeven est un bon réalisateur, et ses films SF sont un régal.
pour Sigismund
Après avoir longuement réfléchi à la question (car il faut bien admettre que le personnage est tout à fait déconcertant), j'en suis arrivé à la conclusion que Verhoeven était en fait un gros déconneur qui jouait à être sérieux. Ca me rappelle cet aphorisme de Nietzsche, dont j'ai oublié la formulation littérale, et où il était question du sérieux que les enfants mettaient dans leurs jeux. Ou encore à Lautréamont que l'on voit "énoncer les propositions les plus bouffones" sans qu'il estime pour autant "que ce soit un motif suffisant pour élargir la bouche".
D'où son efficacité en tant que raconteur d'histoires. Il met tout le sérieux d'un jeu d'enfant à nous relater la guerre des "Starship Troopers" comme une grande épopée et, comme je l'ai dit, ça fonctionne magnifiquement au premier degré. De plus, la mise en scène est imparable et la forme est quasiment parfaite. En fait, c'est tellement parfait du point de vue formel que ça en devient caricatural, et c'est en ce point précis que le fond se met en décalage, et que l'on découvre toute la dimension humoristique que Verhoeven développe sans en avoir l'air, ni même "élargir la bouche".
C'est exactement de la même façon que, dans "L'Homme sans Ombre", le "film de cul" vient torpiller sans en avoir l'air le monster-movie, qui fonctionne parfaitement au premier degré et est décliné avec un sérieux proprement calviniste! Toute la science et tout l'orgueil humains ramenés au-dessous de la ceinture!
pour Franck
Pas rien que les films de SF, d'ailleurs... T'as essayé "La Chair et le Sang"?
Verhoeven
je ne le voyais pas comme ça, à vrai dire.
j'aurais tendance à le rapprocher de Cronenberg( c'est pareil j'adore ce qu'il fait mais je suis pas sûr de partager son sens d el'humour si je le voyais en vrai, peut-être que je me trompe ) en tant que raconteur d'histoire, c'est-à-dire qu'il cherche à montrer à chaques fois qqchose de bien préçis, d'ou cette façon de s'effacer derrière son sujet comme on dit. Je ne sais pas si c'est un sale gamin content de faire sa blague, peut-être...
connaissant ses déboires réguliers avec la censure, y aurait de quoi péter un plomb, c'est certain.
Je n'ai découvert Verhoeven que par le biais de sa période hollywoodienne, avec 'Starship Troppers' je trouve que c'est au contraire un décrypteur, un conscientisateur ( le 'do you want more ? ' me paraît le message global : 'ça va toujours ?', 'est-ce que vous comprenez vraiment ce que vous voyez ? ' à savoir le gimmicking des infos, des séries tv ,BREF LES FORMES DU CONDITIONNEMENT.).
En fait l'un comme l'autre ( Verhoeven et Cronenberg ) je trouve que ce sont des auteurs très comic-books ( l'affiche de 'Basic Instinct' par ex; ou bien la logique de caractérisation sur 'The Fly'; qui se rapproche vraiment de 'Hollowman' pour le coup : les deux auteurs cherchent à saisir-dirait-on- le basculement de l'homme vers le monstrueux, le débranchage de la conscience au profit du pulsionnel ( 'le sommeil de la raison ' de Goya ) et pour cela il faut en montrer tous les éléments du contexte , tous les paramètres. Ce n'est pas en faire l'apologie , c'est montrer ce que ça donne des gens qui ne se donnent pas de limites.
Pas rien que les SF
Non bien sur, pas rien que les films SF, mais comme on est plus sur un blog fantastique, j'enfoncais le clou.
Pas essayé la Chair et le Sang, des que j'ai l'occasion, je n'y manquerais pas
Verhoeven-suite
mais il est certain que tu as tapé dans le mille.
le cul est toujours sous-jacent dans le cinéma de genre ; avec 'Hollowman', on ne peut pas se voiler la face, c'est bien ça dont il est question.
En même temps la critique a admis d'emblée que son interprétation du mythe était en filliation directe de l'oeuvre originale de Wells, par une adaptation à la fois juste et crédible. Quand au public il ne s'est juste offusqué de rien.
Etonnant non ?
pour Sigismund
Ah mais justement, je pense que c'est cette propension à s'effacer derrière son sujet - à devenir aussi "transparent" que Sébastien, pourrait-on dire très métaphoriquement - qui fait que Verhoeven finit toujours par tourner le film qu'il veut tourner tout en se faisant passer, de façon très perverse, pour le yes-man qu'il n'est pas aux yeux des executives - un talent de duplicité qu'il partage, quoique d'une manière très différente, avec Tim Burton (voir les deux Batman). Tour son humour, que j'ai qualifié de "pisse-vinaigre", résiderait donc dans la manipulation assez machiavélique qu'il opère dans ce que j'ai nommé un détournement du système, de surcroît suffisamment subtil pour fonctionner parfaitement au premier degré, ce qui explique que "le public ne s'offusque pas", et que l'histoire est bel et bien racontée, avec tout "le bruit et la fureur" requis par le genre blockbusterien. Bref, sa devise pourrait être: "A hypocrite, hypocrite et demi!" Ou encore, comme disait Fernand Raynaud: "Si tu veux jouer au con, on sera deux, et c'est toi qui perdra!"
Je rajouterai que, dans "La Chair et le Sang" précisément, on a affaire à un Verhoeven qui pratique l'humour, pour ne pas dire la comédie, beaucoup plus ouvertement... pour la tempérer immédiatement par une cruauté sans bornes inscrite dans un hyper-réalisme médiéval qui n'est pas sans rappeler le "Jaberwocky" de Gilliam... Ce qui donne un film qui est en fait une esquisse un peu grossière de ce qui va suivre, à savoir des blockbusters dont deux lectures sont possibles, l'humour ne désamorçant jamais le fond tragique de la dramaturgie, puisqu'il y est pour ainsi dire dissous comme du sucre dans de l'eau.
Ceci dit, tu as raison de dire que son "storytelling" se rapproche de la manière des comics. Cela est particulièrement évident dans "Robocop", d'autant qu'on a tout de même un script de Miller et que, comme j'ai déjà eu l'occasion de le faire remarquer, le personnge créé par Ed Neumeier me semble fortement inspiré de celui du trop méconnu Deathlock ("Cyberman" dans l'hexagone).
Quant à "Starship Troopers", que je tiens pour un chef-d'oeuvre, C'est le film de la maturité, celui ou Verhoeven atteint à mon sens la perfection de sa machiavélique duplicité. Sauf que, même en dépit des fameux films de propagande que tu mets fort pertinemment en exergue et dont l'aspect, pour le coup ouvertement caricatural (personnages trop propres sur eux pour être honnêtes), devrait logiquement établir la distance par rapport à l'oeuvre d'Heinlein (qui est à mon avis la principale victime de ce brûlot qui consomme un détournement assumé de l'esprit du roman tout en respectant fort ironiquement la lettre), aboutit au contraire à une levée de boucliers - ce qui, je n'en doute pas, a du remplir Verhoeven de satisfaction, pour ne pas dire le faire franchement triquer! Tout se passe en fait comme si les séquences épiques de combats - quand bien même l'absurdité en est dénoncée, notamment par le biais de la violence frontale - l'emportait sur tout le reste: on a d'un côté un public qui se laisse transporter au premier degré par l'épopée guerrière (et là encore, Miller et son "300" ne sont pas loin), et une critique qui confond premier et second degrés lorsqu'elle qualifie l'oeuvre de fasciste, ce qui, pour reprendre ton analogie avec les comics, atteste en fait d'une profonde méconnaissance du style narratif de ceux-ci: nul fan de comics, par exemple, ne songerait à reprocher au "Punisher" ses attributs idéologiques pour le moins douteux, mais qui définissent le personnage précisément en tant que anti-héros politiquement incorrect.
Enfin, dans "L'Homme sans Ombre", on retrouve toutes les coonstantes à l'oeuvre dans "Starship Troopers": les personnages sont tout aussi minables et stupides, de quelque côté que l'on se tourne, que les visages lisses et sans profondeur des "Troopers", et il se pourrait bien que la métaphore de l'invisibilit se résume finalement à la transparence de son héros: si transparent que ses motivations - le cul, et encore le cul - sont d'une désespérante et évidente banalité.
Enfin, tu as raison de rapprocher Sebastian des personnages de Cronenberg: il partage en effet avec eux la même exaltation (j'insiste!), quoique teintée d'angoisse (je te le concède) face au phénomène de la mutation. Les effets spéciaux très "charnels" de "L'Homme sans Ombre" semblent effectivement une réminiscence de tous les tourments de la chair auxquels on peut assister dans les films de Cronenberg.
côté pervers
Ouais le côté pervers du personnage pourrait fonctionner si, et seulement si c'était pas mis en scène comme un vulgaire hollywood night!
Car même si Verhoeven a réalisé des chefs d'oeuvre, il s'est parfois troué!
Hollow man en est une!
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