Fin de mois

ET POUR QUELQUES MOLLARDS DE PLUS...

(ou: "Les rubriques auxquelles vous croyiez pouvoir échapper!)

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Livres

LE SERMENT DES LIMBES

de Jean-Christophe Grangé

(Albin Michel - Mars 2007)

Notre poids lourd du thriller bien d'cheu nous sort son nouveau best-seller et continue à tenir la dragée haute à ses homologues américains, pour ne pas dire qu'il leur en remontre en ce qui concerne la composition obsessionnelle de shockers littéraires aussi imposants que cauchemardesques. Fidèle à sa marque de fabrique, Grangé persiste à faire jaillir de sa plume empoisonnée les serial killers les plus abominables, chaque nouveau maniaque surenchérissant sur son prédécesseur en inventivité homicide et s'aventurant dans des espaces de perversité dont Hannibal Lecter himself oserait à peine rêver. Avec "Le Serment des Limbes", Grangé parvient une fois de plus à nous dérouter de belle façon dès l'entrée en matière avec un héros des plus atypiques. Quelle idée fantasque, en effet, de lancer un flic théologien et d'une piété qui confine au mysticisme dans une enquête où sa foi inconditionnelle sera bien ébranlée puisque plus il avance, plus il acquiert la certitude que l'ennemi qu'il traque n'est autre que... le Diable! Avec "Le Concile de Pierre" (2000) - voir chronique "Ça sent le Book!" - Grangé flirtait pour la première fois avec le fantastique en exploitant le thème du shamanisme. Là, il y revient de manière moins frontale mais beaucoup plus rusée, car tout l'intérêt de ce roman d'une inouïe perversité réside précisément dans le fait que le lecteur, aussi perturbé que le héros, ne sait jamais sur quel pied danser. Face à des événements aussi horribles qu'extraordinaires, on se perd en conjectures et on ne parvient jamais à décider si les atrocités auxquelles on est confronté relèvent franchement du surnaturel ou bien peuvent être rationalisées... L'hypothèse d'une origine diabolique est ainsi tour à tour et continuellement infirmée puis confirmée par un Grangé qui prend un plaisir sadique à faire alterner des arguments contradictoires tout au long des six cents pages de cette oeuvre définitivement morbide, dans laquelle on va de rebondissement en rebondissement. Car l'auteur, digne héritier de nos chers feuilletonistes, ne craint jamais de se montrer trop rocambolesque, à tel point que cela prêterait même à sourire s'il ne passait le plus clair de ses paragraphes à nous traumatiser durablement à grand renfort de hard gore, de cruauté mentale et de psychopathes craignos. Pervers, déviant, outrageant, obscène, addictif, excessif et fier de l'être, "Le Serment des Limbes" est indéniablement le thriller le plus kick-ass de ce millésime 2007.

Spéciale dédicace:

... à notre amie Pim's, qui fréquente ces pages de temps à autre, et qui a su me donner envie de découvrir Jean-Christophe Grangé à l'occasion d'un post concernant "Le Vol des Cigognes" sur son blog parfumé au cassis... Depuis, j'ai tout dévoré, et je crains fort d'être addict aux oeuvres de cet infâme bonhomme...

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Comics

WALKING DEAD

Vol 1: "Passé décomposé"

Vol 2: "Cette Vie derrière nous..."

par Robert Kirkman, Tony Moore &

Charlie Adlard (Delcourt - Juin 2007)

Enfin réédité (1) et prolongé d'un volume 2 d'inédits, jouissant depuis plusieurs années d'une réputation dithyrambique auprès des fans les plus hardcore, "Walking Dead" est LE comics incontournable pour tous les inconditionnels de George A. Romero. Le scénariste Robert Kirkman, valeur sûre du comics indep, ne va pas chercher midi à quatorze heure et se téléporte tout simplement dans le monde d'apocalypse imaginé par le vénéré Maître des Zombies, dont il wd_couv_2respecte la mythologie à la lettre. Plus qu'un simple démarquage, cet hommage permanent se définit plutôt comme un prolongement, voire un spin-off, de l'oeuvre romérienne qui s'en trouve enrichie à chaque page par une approche pour ainsi dire alternative. En effet, après une entrée en matière qui peut se lire comme un clin d'oeil au "28 Jours plus tard" de Danny Boyle (2003) sorti quelques mois avant le #1 du comics (le héros se réveille dans un hôpital après un coma prolongé et se retrouve catapulté sans transition dans le nouvel ordre zombiesque), Kirkman trouve rapidement sa petite musique personnelle et parvient à nous surprendre puis à nous captiver par les variations qu'il donne de la partition originelle. Si, comme j'ai déjà dit, les fondamentaux romeriens restent en place, un peu comme la "Bible" d'une série télé, le traitement scénaristique est quant à lui radicalement différent, et l'aventure que nous conte Kirkman semble commencer là où s'achèvent les films de Romero. Autant Big George pratique une thématique du confinement (maison, supermarché, complexe militaire, cité enclavée...), autant la tribu survivante de Kirkman fuit les villes, considérées comme des pièges mortels, pour se jeter sur les routes et au travers des grands espaces. "Walking Dead" se donne donc avant tout comme un "road-comics", mais d'un genre un peu spécial, comme si le thème de l'errance, tel que le dépeint par exemple Wim Wenders, se recourbait sur sa préhistoire pour rejouer la Conquête de l'Ouest. Car, les personnages ne cessent de le répéter, c'est bien de "reconquête" dont il est question, ce qui pose le cinéma de John Ford comme seconde référence - consciente ou pas - de ce comics décidément surprenant. À cet égard, le chariot bâché des pionniers d'antan trouve son paradigme dans le camping-car de la tribu, et les fermes incendiées par les Peaux-Rouges se réincarnent dans les agglomérations en ruines rencontrées en cours de route, jonchées de cadavres pareillement mutilés. On a même droit à la typique polémique fordienne entre l'humanisme d'Hershel, qui se refuse à tuer les morts-vivants, et le pragmatisme de Rick, qui considère qu'un bon zombie est un zombie mort. Comment s'étonner dès lors du classicisme d'un scénario dont l'académisme n'a d'égal que la rigueur admirable de l'écriture? Le retour aux sources du mythe américain se double ainsi d'un retour à des formes de narration aussi éloignées que possible de celles du comics moderne, exécutées dans un noir et blanc impitoyable et où la description minutieuse du quotidien évacue toute tentation de sensationnalisme. Ramassé sur lui-même et tendu comme un arc, "Walking Dead" fait déjà partie des classiques incontournables du comics alternatif. À découvrir d'urgence.

Note:

(1): En effet, les # 1 à 6 avaient déjà connu une édition chez SEMIC en Mars 2005.

Spéciale dédicace:

... à l'ami Erwan qui, par ses chroniques enthousiastes, m'a intronisé au monde inquiétant des "Walking Dead", ce dont je le remercie infiniment. En attendant de prochains volumes chez Delcourt, rendez-vous chez Erwan qui suit assidûment la parution américaine et nous donne régulièrement des nouvelles du comics sur son blog:

http://misterwan.canalblog.com

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Vu à la télé

LE CINQUIÈME ÉLÉMENT

(The Fifth Element)

de Luc Besson (1996)

Si ce nanar de luxe a un quelconque intérêt, c'est d'être parfaitement représentatif de la vacuité généralisée d'une certaine époque. En effet, bien que tourné en 1996, "Le cinquième Élément" prolonge un "style" inauguré en 1985 avec "Subway" et demeure emblématique de ce naufrage culturel et esthétique que constituèrent les années 80, lesquelles consacrèrent le règne de l'apparence creuse. Peu importe le substrat (quand substrat il y a...), l'important c'est d'être chébran, câblé, hype, in, mode, appelez ça comme vous voudrez. C'est la grande vogue du clip et des pantins vidéogéniques poseurs qui s'agitent avantageusement sur des musiques à chier, récupérées de l'effervescence punk puis édulcorées en "new wave", c'est-à-dire cuisinées à la sauce variétoche jusqu'à ce que toute la beaufitude occidentale puisse s'y retrouver. Cinéaste opportuniste s'il en est, et auquel il faut reconnaître un certain talent pour ce qui est de l'assimilation et de la restitution de tous les procédés et tics esthétiques, aussi creux soient-ils, qui déterminent les canons formels d'une mode, Luc Besson est avec "Le cinquième Élément" au sommet de son art de l'esbroufe gratuite. Tous les sophistes le savent: peu importe le fond (ou l'absence de fond) si l'on martèle le discours, aussi incohérent soit-il, avec suffisamment de conviction. Or, s'il y a une chose que Besson sait faire, c'est mettre les formes! Il se fend donc d'un blockbuster franchouillard cautionné par des acteurs anglo-saxons (Bruce Willis et Gary Oldman, imbuvables à force cabotinage incontrôlé) et par quelques personnalités issues de la BD (Giraud, Mézières...) sans oublier Jean-Paul Gaulthier, grand prêtre du masochisme vestimentaire, pour accoucher au finish d'un objet filmique qui ne ressemble pas à grand chose, si ce n'est à un clip de Desireless! Ça se veut kitsch et second degré façon John Waters, mais ça ne parvient qu'à pulvériser les limites d'un mauvais goût importé tout droit de Las Vegas! Et, puisqu'il s'agit avant tout de remplir le tiroir-caisse, ça racole pire que rue Saint-Denis mais en plus peinturluré, de "Blade Runner" à "Star Wars", sans omettre bien sûr le bourrinage à base de gros flingues et le Black de service qui nous lamine les esgourdes de ses babillages incessants dignes d'un Eddie Murphy qui aurait viré sa cuti! Même habillés par Gaulthier, un lieu commun reste un lieu commun et une bouse une bouse, aussi boursouflée soit-elle... Luc Besson, ou la gonflette cinématographique...

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.fan-de-cinema.com/films/le-cinquieme-element.html

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Presse

COMIC BOX EXTRA #1:

"X-Men Forever"

(Été 2007)

"Comic Box", référence absolue du fan de comics (avec le plus confidentiel "Scarce", fanzine de luxe auquel il fallait impérativement que je rende hommage, voilà, c'est fait) sort son premier HS, dédié aux X-Men en particulier et au thème du mutant en général. Rien que du bonheur avec quatre gros dossiers au sommaire. On attaque avec "Univers X" où, après une historique des X-Men, on trouve pêle-mêle un portrait de la très sexy Emma Frost, une revue des divers démarquages des "X-Men" et un catalogue des épisodes auxquels nous avons échappé. Sans oublier l'actualité avec le super-crossover "Messiah Complex" (parution en France l'an prochain) dont nous parlent Mike Carey, Chris Yost et Billy Tan, interviewés pour l'occasion. On enchaîne avec "Les Mutants Télé", dossier bien évidemment centré sur l'événement "Heroes", avec des interviews du scénariste Aaron Eri Colette, et surtout de l'immense Tim Sale, responsable des tableaux prémonitoires qu'on peut voir dans la série. Si certaines références ésotériques vous ont échappé dans "Heroes", ça tombe bien, on les a ici recensées pour vous dans le détail. Puis on passe à "La Science des Mutants", qui nous gratifie d'une historique de Cerebro, la célèbre machine à détecter les mutants du Prof X, à travers les âges, ainsi que d'un essai sur l'évolution mutante. Mais le clou de ce dossier est l'interview de Roland Lehoucq, astrophysicien qui s'amuse beaucoup à confronter les comics aux lois élémentaires de la physique: on y apprend entre autres que, confronté à la loi de conservation de la matière telle que définie par Lavoisier, Hulk devrait logiquement avoir la consistance d'un chamallow, ce qui le rend à peu près aussi dangereux qu'un gastéropode! Enfin, le dossier "Mutants d'ailleurs" examine le traitement du sujet chez les concurrents de Marvel, en particulier chez Top Cow avec un catalogue commenté des nombreuses séries mutantes imaginées par Silvestri et ses potes, et un gros plan sur "Rising Star", comics culte dont les scénaristes de "Heroes" se sont plus que largement inspirés... Après un papier sur "Wild Cards", une collection de romans signés R.R. Martin qu'on aimerait bien voir publiée chez nous, on glisse chez Dark Horse avec l'une des séries majeures mettant en scène des mutants et qui demeure scandaleusement inédite en France: j'ai nommé les "Next Men" de l'icône John Byrne, imaginée rien que pour faire chier Marvel, ce qui explique sans doute son ton délicieusement impertinent et parodique. Le dossier se clôt sur une rétrospective du mutant "préhistorique", c'est-à-dire "pré-X-Men", dans le comics. Enfin, comme à l'accoutumée, "Comic Box" nous offre une BD inédite, en l'occurence un "What If" des X-Men dérivé de "Deadly Genesis", dans lequel David Hine et David Yardin imaginent le destin de Vulcain dans une réalité alternative. Voilà. Je pense avoir été exhaustif.

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MEN IN BLACK 2

de Barry Sonnenfeld (2002)

Ça va peut-être étonner les habitués de ce blog, qui savent ô combien je prise peu le blockbuster hollywoodien, mais j'ai cette faiblesse de bien aimer les films de Barry Sonnenfeld. Je me suis bien éclaté avec ses deux "Famille Addams", qui ont su traiter avec intelligence et respect leur matériel de référence, et il en va de même pour les MIB. En effet, à l'heure où la pantalonnade poussive est reine, Sonnenfeld se distingue en ce qu'il a su redonner à la comédie ses lettres de noblesse. Qui plus est, l'homme oeuvre avec bonheur dans la comédie fantastique, domaine ô combien périlleux où l'on compte quatre-vingt-dix-neuf plantades pour une réussite. La constance étant au nombre de ses vertus, les franchises que Sonnenfeld prend en charge n'accusent aucune baisse de qualité dans le passage de l'original à la séquelle, chose suffisamment rare pour être signalée. Il en résulte un "Men In Black 2" tout aussi truculent, enlevé et rythmé que le premier du nom, émaillé de gags à la fois créatifs et habilement amenés, et où abondent les morceaux de bravoure. Même Will Smith, qui nous joue sur les traces d'Eddy Murphy sa caricature de Black habituelle à grand renfort de logorrhée, se maintient dans les limites du supportable, encadré d'une part par la prestation très cool du toujours excellent Tommy Lee Jones, et d'autre part par la multitude de créatures délirantes qui lui font une concurrence acharnée dans le cabotinage. Personnellement, je suis un fan absolu du clébard mal embouché plein de vannes à deux balles qui fait équipe avec lui dans la première partie du métrage - surtout quand il chante "I Will Survive", irrésistible! Mais la scène du bureau de poste, ou celle de la mini-communauté enfermée dans une consigne de gare sont également de grands moments de délire. Bref, aucun ennui et même beaucoup de fun dans ce qu'on peut appeler un film familial au sens noble du terme, c'est-à-dire qui ne confond pas humour avec vulgarité prout-prout et ne prend jamais son public, aussi populaire soit-il, pour une bande d'attardés mentaux. Grand merci.

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces=2783.html

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Vu à la télé

THE ROOST

de Ti West (2005)

Beuh! Le vilain petit nanar que voici! La traditionnelle bande de djeunz dont la chignole tombe en rade à proximité d'un lieu maudit et qui va se faire décimer jusqu'à consommation de la pelloche allouée par un budget étique, vous parlez d'une affaire! En l'occurrence, il s'agit d'une grange peuplée de chauves-souris dont la morsure vous transforme en zombies, et après y'a plus qu'à laisser faire la nature jusqu'à la pandémie finale. Circonstance aggravante: le réalisateur essaie de nous faire accroire qu'il a pondu un film d'auteur en adoptant un rythme rhumatisant et en étirant des séquences interminables, elles-mêmes découpées en plans fixes éprouvants, comme par exemple filmer à contre-jour l'entrée de la grange devant laquelle un personnage fait les cent pas et danse la valse-hésitation durant de longues minutes avant de se décider à entrer, pénible! S'il est quelque chose d'impardonnable au cinéma, c'est bien un nanar qui se prend au sérieux!

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.theroostmovie.com/trailerlarge.html

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Vu à la télé

666 LA MALÉDICTION (The Omen)

de John Moore (2006)

Ça valait bien la peine de faire tout ce cinéma (enfin, façon de parler!), sortie le 6-06-06 et tout le patacaisse, surmédiatisation complaisante et promo à te rendre Sarkozy subliminal par comparaison, pour en arriver au bout du compte à un tel pétard mouillé, que dis-je, imbibé jusqu'à la liquéfaction! Le subir sur Canal, passe encore, il ne nous en coûtera que deux plombes de profond ennui, mais quand je pense aux malheureux qui ont queuté et raqué leurs sept euros pour se farcir une telle purge, mon coeur s'emplit de compassion! Exemple parfait du remake inutile, "666 la Malédiction" se contente de décalquer séquence par séquence le scénar du classique réalisé en 1976 par le vétéran Richard Donner, sans jamais risquer la moindre innovation d'un point de vue dramatique aussi bien que stylistique - quoique... on se demande rétrospectivement s'il ne faudrait pas s'en réjouir... Bref, si la contrefaçon se distingue d'une quelconque manière de l'original, c'est malheureusement en creux, qu'il s'agisse du réalisateur qui se prend les pieds dans le tapis et cherche à nous faire passer une absence de rythme éprouvante pour la mise en place d'un certain climat, lequel s'avère plus soporifique qu'anxiogène, ou qu'il soit question des acteurs: en effet, le casting impeccable du film de Donner (Gregory Peck, Lee Remick, David Warner) se voit ici remplacé par un staff affichant le même dynamisme que le plateau dominical de Michel Drucker. Entre un héros aussi expressif qu'un Jean Reno sous Prozac, son épouse à l'avenant et un minot grimacier, on ne sait plus où donner du bâillement! Il n'y a guère que Mia Farrow, dans le rôle de la référence-clin-d'oeil-incontournable-et-ésotérique qui parvienne à tirer son épingle du jeu, ce qui ne signifie pas pour autant qu'elle se défonce, loin de là... On contournera donc soigneusement cette bavure de fonctionnaire scrogneugneu, qui ne saurait être une malédiction que pour l'infortuné qui la regarde.

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces=52814.html

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DVD

CONTAMINATION

de Luigi Cozzi (1980)

Bonne nouvelle, "Mad Movies" renoue avec le Z italien millésimé et nous propose ce DVD avec son n° 200 (chronique le mois prochain). En cette fin des seventies, la mode est aux sous-produits de blockbusters ricains et Cozzi, qui vient de ravir la communauté des zédeux avec un sous-"Star Wars" fort opportunément titré "Le Choc des Étoiles" (1979), s'attaque cette fois à ce bon vieil "Alien". Emblématique de la roublardise des producteurs de bis transalpins qui, il faut bien le dire, frise souvent la malhonnêteté, "Contamination" ne nous gratifie en fait de shocker spatial que d'une enquête policière mollassonne menant un trio d'acteurs peu concernés de New York jusque sous les tropiques, sur la piste d'une bande de malfaiteurs qui fait éclore des oeufs d'ET dans un champ de bananiers! Par le fait, les seules références au classique de Ridley Scott résident dans une caverne martienne au sol jonché d'oeufs, entrevue à l'occasion d'un flash-back fugitif, et à l'effet "chestbuster" de la contamination qui nous vaut quelques éclatements de bides bien tripailleux et tout à fait hilarants - le moins qu'on puisse dire est que les gars des SFX ne se sont pas foulés... Heureusement, il y a pour conférer quelque rythme à ce morceau de pellicule amorphe le progressive-rock pêcheux des excellents Goblin, groupe entré dans la légende pour sa longue collaboration avec Dario Argento. Par ailleurs, "Contamination" se rattrape sur la fin avec l'apparition d'un "Craignos Monster" tout à fait délectable: une bonne chose finalement, que toute l'affaire se déroule sur Terre, parce que dans l'espace personne ne nous aurait entendus rigoler!

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://movies.nytimes.com/movie/1505/Alien-Contamination/trailers

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Vu à la télé

MEE-SHEE, LE SECRET DES PROFONDEURS

(Mee-Shee, The Water Giant)

de John Henderson (2005)

Que font les parents lorsqu'ils ont envie d'avoir la paix le dimanche après-midi vers 18 heures? Ils collent leurs gniards devant le film de Canal programmé hebdomadairement à cette intention. Enfin... encore faut-il que ladite progéniture affiche moins de cinq ans au compteur, sans quoi on risque fort de s'entendre répondre que c'est trop nul et trop niais, et qu'il est bien plus cool d'aller sur le PC éclater quelques tronches de zombies dans la dernière version de "Resident Evil"! Dieu merci, point de toutes ces horreurs déviantes chez Mee-Chee, le gentil monstre du fin fond d'un lac canadien. Mee-Chee est l'ami de tous les enfants, Mee-Chee se nourrit exclusivement de saumon en tranches, mais parfois Mee-Chee est très colère et flanque une bonne dérouillée aux méchants écolos de Greenpeace (sic!) qui empêchent les sympathiques sociétés pétrolières de polluer gentiment l'environnement, en cherchant par exemple à leur dérober une tête de forage malencontreusement égarée dans le lac. Ceci dit, Mee-Chee mérite amplement d'avoir son entrée dans le célèbre catalogue des "Craignos Monsters" de notre ami JPP: pensez donc, un plésiosaure avec la tronche du chien à Gainsbarre, ça court pas les grands fonds! Comme vous voyez, tout cela est d'une haute teneur morale, et on peut donc sans risque aucun introduire Mee-Chee dans l'école (1)! Bon, c'est bien beau tout ça, mais si on allait se dézinguer quelques zombies?

Note:

(1): Celui-là, j'en suis particulièrement content!

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://movies.nytimes.com/movie/348240/Mee-Shee-The-Water-Giant/trailers

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"Walking Dead": chevauchée fantastique à la fin des temps

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"Le cinquième Élément": esthétique ? Non, ce sont mes puces!

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Les X-Men sont dans "Comic Box"

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"MIIB": une équipe qui a du chien!

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"The Roost": complètement à l'West!

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"666 la Malédiction": un film exhangue!

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"Contamination", ou le "chestbuster" du pauvre!