Fin de mois

ET POUR QUELQUES MOLLARDS DE PLUS...

(ou: "Les rubriques auxquelles vous croyiez pouvoir échapper!)

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Vu à la télé

PTÉRODACTYLES (Pterodactyl)

de Mark L. Lester (2005)

Produit dans le plus pur style Roger Corman par la société American World Pictures, grande pourvoyeuse du marché vidéo qui alterne séries B parfois sympatoches et très réjouissantes séries Z, "Ptérodactyles" exploite bien évidemment le genre sous-"Jurassic Park" mis à l'honneur par le vieux grigou avec sa franchise des "Carnosaur" et autres "Raptors", et selon les mêmes principes - ratisser un max en investissant le minimum. Cela nous vaut ici un scénar taillé à coups de serpe: en gros une bande de scientifiques (menée par le professeur Michael Lovecraft!) rejointe par des troufions affronte à la grosse artillerie des lézards volants s'égayant dans la nature, et c'est marre. Les SFX sont nuls au point que l'on regrette amèrement les bonnes vieilles stop-motion du magicien Ray Harryhausen, et les décors se résument à un pré, une forêt, une cabane et un piton rocheux. Aux manettes, on retrouve le très burné Mark L. Lester, connu surtout pour son "Commando" avec Schwarzie (1985), qui n'hésite pas à faire l'apologie de l'auto-défense ou de l'éducation de la caillera à coups de batte et de riot-guns, comme dans "Class Of 1984" (1982) et sa suite "Class Of 1999" (1990), sortes de "Graine de Violence" à la sauce Sarko. Inutile donc de chercher quelque subtilité dans ce gouleyant nanar où l'on éradique au bazooka les hilarants bestiaux qui répliquent en coupant leurs agresseurs en deux. Imaginez une attaque en piqué laissant sur le terrain deux guibolles tanquées dans des Rangers, et vous aurez une idée de la confrontation! C'est donc absolument nul, résolument Z et, partant, strictement réservé aux pervers de la trempe de votre serviteur! Si vous y tenez absolument, ça se commande chez "Mad Movies" pour trois francs espagnols, dans la fameuse collection "Le Meilleur des B-Movies".

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.americanworldpictures.com/projects/wmedia-player.htm?name=Pterodactyl&file=ptero_trailer.wmv

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BD

KOOKABURA UNIVERSE #6:

"Le Serment Dakoïd"

par Nicolas Mitric & Stéphane Peru

(Soleil - Juin 2006)

Certes, je n'ai pas lu les tomes précédents, mais j'ai tout de même pris quelques renseignements. Adonc "Kookabura Universe" est un spin-off de la série "Kookabura", grande saga à succès imaginée par Crisse, l'une des stars des éditions Soleil. La série-mère appartient au genre space-opera, et en tant que telle met en place une cosmo-géographie complexe dans la grande tradition du cycle des "Fondation" d'Isaac Asimov ou de celui des "Dune" de Frank Herbert, où se croisent divers peuples d'aliens plus ou moins anthropomorphes. D'où l'idée du spin-off "Kookabura Universe" qui se démarque de la continuité narrative de "Kookabura" pour nous donner un éclairage parallèle sur certains personnages, voire certains mondes mis en scène dans celle-ci. Hélas, ce tome 6 ne m'a pas donné grande envie de poursuivre plus avant l'aventure kookaburienne. D'abord, le scénar de Mitric, ci-devant dessinateur des tomes 4 et 5 de la série-mère et qui succède ici à Crisse, est assez faiblard, il faut bien le reconnaître. Cette histoire de société guerrière et machiste (les Dakoïds) mise à mal par les menées féministes des amazones de la planète Lilith ne parvient pas à nous captiver, du fait de la mollesse d'un récit par ailleurs assez décousu et ne parvenant pas à trouver son rythme. Ensuite, le dessin surnumérisé, qui témoigne de la carrière parallèle de Peru dans le comics, est profondément ennuyeux. Non pas que l'homme soit un mauvais dessinateur - il possède un métier incontestable - mais les planches de cet album sont bien trop marquées par le style Soleil à la mode, que l'on a déjà vu cent fois par ailleurs dans maintes séries interchangeables de SF ou de fantasy, et le lecteur finit par être saturé de tant d'impersonnalité. La question demeure donc de savoir si le faible intérêt suscité par cet album est représentatif de toute la série, ou s'il est imputable au changement d'auteurs.

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BD

UNIVERSAL WAR ONE # 6:

"Le Patriarche"

par Denis Barjam (Soleil - Juin 2006)

Là non plus je n'ai pas lu les tomes précédents, mais ce n'est pas grave: ce volume 6, se lit comme un one-shot. Et pour le coup, il n'est pas impossible que j'aille faire un tour plus avant dans la série car, avec Barjam, on est vraiment dans la très grande SF. Dans un monde intergalactique kafkaïen, la Terre a été détruite par la folie des hommes et ses habitants se sont égayés dans la galaxie. L'espace est aux mains des CIC (Compagnies Intergalactiques de Colonisation), sorte de supertrust ultralibéral qui s'est assuré le pouvoir absolu sur l'ensemble de l'univers connu, où toute révolte semble impossible tant les peuples sont fliqués et surveillés. Dans ce contexte déprimant où le principe de la mondialisation économique se trouve transcendé à un niveau galactique, Barjam nous raconte l'histoire d'un pauvre type traumatisé par la perte de sa compagne, et qui fait payer son infortune à l'univers entier. L'homme que l'on croyait mort à la suite d'un crash a en fait effectué un bond dans le passé et se retrouve sur Terre avant la destruction de celle-ci. Injectant prématurément dans ce monde les technologies de l‘avenir, il s'assure le pouvoir économique et, ce faisant, modifie la ligne temporelle et précipite le triste futur que l'on sait. Je ne vous en dit pas plus, et vous laisse découvrir par vous-même cette aventure hallucinante où Barjam brasse avec maestria et originalité les thèmes classiques du space-opera et ceux du voyage temporel, pour clore la série en la précipitant, de façon tout à fait inattendue, dans l'univers biblique! Au passage, il se sera livré à un petit exercice de politique-fiction, nous avertissant avec une remarquable pertinence de ce qui nous attend si nous continuons à abandonner le monde à des puissances économiques aveugles... Un petit chef-d'oeuvre, à découvrir d'urgence!

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BD

PARADIS PERDU #4: "Terres"

par Ange & Philippe Xavier

(Soleil - Juin 2006)

Comme disait notre bien-aimé Corto Maltese: la première fois c'est un hasard, la seconde une coïncidence et la troisième une habitude. Bref, là non plus je n'ai pas lu les tomes précédents, et je m'empresse d'ajouter que je ne suis pas près de le faire. Car l'acronymique Ange, derrière lequel se dissimule le couple constitué par ANne et GÉrard Guero, nous gratifie ici d'un script de l'espèce que je ne peux pas voir en peinture, quand bien même il y est mis (en peinture!) par un artiste aussi talentueux que Philippe Xavier. Entre la guerre impitoyable qui oppose le Paradis et l'Enfer, la révolte de l'ange Gabriel contre un Dieu indifférent et falot, un gosse défunt aux pouvoirs divins arraché à l'Enfer et un Paris en ruines essuyant les raids meurtriers de cohortes de démons, on suit la première moitié du récit sans grand intérêt et on décroche irrémédiablement de la seconde, où le script s'abîme dans un salmigondis métaphysique comme on n'en voit guère que chez les Wachowski, et où l'on articule à la diable (!) des concepts abscons tirés de la démonologie judéo-chrétienne. Laissant leur dessinateur s'éclater en roue libre sur des planches magnifiques à la résonance dantesque, les deux scénaristes bâclent le final de ce cycle en semant çà et là quelques vignettes pseudo-explicatives rédigées avec un lyrisme de pacotille, au terme desquelles on est bien content d'apprendre cette incroyable vérité: une fois que l'équilibre entre le Bien et le Mal sera rétabli, il suffira d'AIMER (!!!) pour éviter que les choses ne se remettent à dégénérer et que le Mal ne reprenne le dessus. À vrai dire, je n'avais à ce jour rencontré un tel étalage de niaiseries que dans la discographie de Gérard Lenorman! On l'aura compris, la seule et unique et excellente raison qui justifie l'acquisition de cet album s'appelle Philippe Xavier et là, putain, on n'est pas volé: c'est géant, sublime, époustouflant, pandémonique, et j’en passe! L’homme a fait ses classes aux States chez Image Comics et cite Jim Lee comme référence principale, ce qui suffit à expliquer la virtuosité qui éclate à chaque case. Quant à moi, les enluminures tarabiscotées de ses architectures infernales m’évoquent irrésistiblement le Druillet de la grande époque de Lone Sloane. En un mot comme en cent: wow!

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BATMAN & SUPERMAN #7:

"Le Projet OMAC" (2)

par Greg Rucka, Jesus Saiz & Cliff Richards

(Panini - Septembre 2006)

Après le pénible mais incontournable intermède "Sacrifice" (voir Mollards d'Octobre), nous reprenons le cours de cette mini-série dont ce fascicule regroupe les trois ultimes numéros, qui mettent un terme à l'interminable prélude que nous suivons depuis déjà presque un an. Le mois prochain, nous entrerons dans le vif du sujet avec la série "Infinite Crisis" proprement dite, et ce n'est pas trop tôt! Mais n'anticipons pas, et examinons d'un peu plus près comment les choses continuent à inexorablement se dégrader dans l'univers DC. Adonc vous savez à présent que Wonder Woman a tordu le cou à l'infâme Maxwell Lord et les plus optimistes d'entre vous s'imaginent sans doute que la situation ne peut dès lors que s'arranger. Dans vos rêves! Le satellite Brother Eye, reprogrammé par feu Lord, se met en roue libre, demeure introuvable et poursuit inexorablement son objectif d'éradication totale de la communauté méta-humaine. Du coup, les membres de la JLA se retrouvent avec un cahier des charges assez conséquent qui consiste à neutraliser 1,3 millions d'OMAC très exactement sans toutefois les détruire, puisque chacun d'entre eux renferme un humain innocent phagocyté par des "nanobots". Le solide scénariste Greg Rucka nous emmène donc graduellement d'échauffourées localisées à un final grandiose dans le désert, où une armada de super-héros affronte une nuée d'OMAC tandis que Sasha Bordeaux, qui subit ici une mutation métabolique fondamentale, tente depuis le QG de Checkmate de coller un virus informatique à Brother Eye. Nul doute que les planches qui montrent les OMAC approcher le champ de bataille comme une nuée de sauterelles géantes resteront dans toutes les mémoires! Ce délire hallucinant plein de bruit et de fureur se conclut sur une victoire partielle qui ne règle rien fondamentalement, d'où une fin ouverte sur de nouvelles catastrophes à venir. Pas à tortiller, nous sommes bien dans l'un des méga-crossovers majeurs de cette décennie et, bien que quelque peu déroutés par moments par la complexité de cette titanesque entreprise, nous en redemandons en espérant que cela dure encore longtemps, aiguillonnés par la curiosité de savoir au final sur quelle sorte de "Post-Modern Age" va déboucher toute cette affaire. À suivre...

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Comics

JLA: "Justice - vol 1"

par Jim Krueger, Doug Braithwaite &

Alex Ross

(Panini - coll "DC Icons" - Octobre 2006)

Décidément, Panini est sur tous les fronts et on a du mal à suivre le rythme effréné de ses parutions, tant en kiosque qu'en librairie. Les voilà qui s'attaquent à la série limitée "Justice", prévue pour s'étendre sur douze épisodes (quatre albums prévus en France), et qui nous propose une aventure de la JLA du Silver Age. Cet album somptueux compile les trois premiers fascicules, parus aux States entre Octobre 2005 et Février 2006 - le titre est bimestriel - et constitue un acte d'exposition suffisamment énigmatique pour nous accrocher et nous faire languir dans l'attente du volume 2, prévu pour 2007. Woody Allen a écrit un jour "Les méchants doivent savoir quelque chose que les bons ignorent", et c'est exactement ce qui se passe ici. L'album s'ouvre dans une atmosphère d'Apocalypse nucléaire et voit les divers membres de la JLA impuissants à sauver l'humanité de l'holocauste, certains y laissant même leur peau... Fort heureusement, il ne s'agit que d'un rêve apparemment réservé aux vilains de l'univers DC, mais qui ne laisse pas d'inquiéter par son aspect prémonitoire. Ceux-ci s'organisent donc sous l'égide de Luthor afin d'enrayer la catastrophe annoncée - du moins c'est ce que l'on croit comprendre au travers des bribes d'information que le scénariste Jim Krueger, assisté pour l'occasion d'Alex Ross, nous délivre au compte-gouttes. En effet, les motivations de Luthor & Co demeurent suffisamment brumeuses pour que l'on puisse tenir quoi que ce soit pour acquis à ce stade du récit, car l'ensemble de ce premier volume consiste en une série de "coq-à-l'âne" savamment orchestrée qui empile les interrogations et nous laisse plus perplexes que jamais - effet suspense garanti! On voit ainsi successivement Aquaman se faire kidnapper par Brainiac et Black Manta, Batman poursuivre inlassablement le Sphinx pour récupérer les données que celui-ci a piratées sur l'ordinateur de la Batcave, Martian Manhunter partir à la recherche d'Aquaman et se retrouver piégé par Gorilla Grodd et, last but not least, les vilains embrasser une carrière christique pour éradiquer les fléaux qui tourmentent l'humanité par une multiplication d'interventions miraculeuses. Bref Krueger nous égare délicieusement, et nous voilà avides d'avancer dans le récit pour pouvoir injecter un peu de cohésion dans tous ces éléments disparates. Par le fait, lorsque nous arrivons en fin de volume, nous sommes littéralement mis à la torture! Pour le reste, on aime ou on déteste le style hyperréaliste du peintre Alex Ross, responsable ici de la mise en couleurs, au grand dam du dessinateur Doug Braithwaite qui s'avère le grand cocu de l'histoire. En effet, son trait disparaît totalement sous le pinceau de Ross et, à moins de passer les originaux aux rayons X, je vous mets au défi de distinguer "Justice" de n'importe quelle autre oeuvre du peintre. On pourra certes s'interroger sur l'opportunité d'un tel style "graphic-novel" qui risque de nuire au dynamisme de la série par l'effet quelque peu statique que lui confère les planches de Ross, plus propices à la contemplation qu'à l'action, mais "Justice" demeure malgré tout un comics passionnant et hautement recommandable.

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BATMAN #2: "Face à Face"

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(Panini - coll "DC Junior" - Août 2006)

Noël approche... Avant que votre petit neveu ne vous tombe dessus pour vous fourguer une coûteuse want-list de jeux-vidéo hors de prix, prévoyez le coup! La collection "DC Junior" est parfaite pour l'occasion: format poche, couleurs luxueuses, présentation soignée, 120 pages, le tout pour la modique somme de 6,80 €, vous vous en tirez bien, bande de rats! Si le nain regimbe, vous pourrez toujours lui rétorquer que ça ne lui fera pas de mal de mettre le nez dans un bouquin pour changer, et puis lâche-moi la grappe sinon l'an prochain ça sera un Kinder-Surprise et point-barre, non mais des fois! En plus, ils sont sympas comme tout, ces mini-albums qui collectent le matériel paru aux States dans "Batman Adventures, vol 2". Le graphisme cartoony renvoie au style de la première série d'animés, celle diffusée à la télé dans les années 90, et non l'actuelle que l'on peut voir dans "FX3: Le Choc des Héros" le dimanche matin sur FR3, ou dans le "Batman Magazine" du même Panini, avec ses personnages difformes à force de vouloir "faire manga". Les histoires sont très attractives et d'une lecture agréable, même pour un adulte, et possèdent leur propre continuité spécifique. De plus, on y trouve un humour très second degré, comme quoi, sur ce coup, DC respecte tout à fait l'intelligence de nos gnomes en ne les prenant pas pour des demeurés. Au scénar, on trouve selon les épisodes Ty Templeton, vétéran sur la série, ainsi qu'une nouvelle garde constituée de Don Slot, Gabe Soria et Vito Delsante. Au dessin, on a Rick Burckett, qui lui aussi fait partie des meubles sur "Batman Adventures", ainsi que Dean Haspel, qu'il a visiblement formé au style très particulier de ce titre. Si le gosse accroche, sachez enfin que la collection "DC Junior" publie également un "Superman" et un "JLA".

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Comics

BATMAN: "Absolution"

par John Marc DeMatteis & Brian Ashmore

(Panini - coll "DC Icons" - Octobre 2006)

Bel objet que ce "graphic novel": papier glacé, cartonnage, format comics, le tout pour 15,50 €, rapport qualité / prix tout à fait raisonnable par les temps qui courent. Bref, c'est de la belle ouvrage que cette collection "DC Icons". D'un point de vue graphique, on appréciera le très beau style aquarelliste du peintre Brian Ashmore, qui change agréablement de cette débauche de couleurs numériques interchangeables qu'est devenu le comics moderne. Je sais pas vous, mais en ce qui me concerne j'accueille toujours avec joie une BD réalisée en couleurs directes: on dira ce qu'on voudra mais, sans vouloir dénigrer la production actuelle, cette approche "à l'ancienne" est sans aucune comparaison. Côté scénario, c'est moins intéressant et on assez de mal à entrer dans l'histoire mitonnée par le vieux briscard J.M. DeMatteis. Plus entêté que la mule du pape, Batman y poursuit dix ans durant et à travers le (tiers) monde une ex-terroriste responsable de nombreuses morts par attentat mais qui, désormais repentie, cherche une rédemption dans l'humanitaire. Doit-il la punir ou lui donner l'"Absolution"? Là est toute la question, et d'ailleurs en a-t-il le droit, en tant que créature ténébreuse à la pureté discutable? Heureusement, quelques Rambo viennent mettre un peu d'animation en défouraillant dans les coins, mais tout cela demeure assez peu convainquant: je l'ai assez dit, qu'il était toujours délicat d'extraire Batman de Gotham City! Par le fait, ici la mayonnaise ne prend qu'à moitié... "Absolution" n'en demeure pas moins un comics recommandable, surtout pour un public d'amateurs "contemplatifs" - mais n'est-ce pas là l'essence particulière du "graphic novel", d'y entrer comme dans un musée plutôt que comme dans un livre? En revanche, il est quasi certain que les fans d'épopées et de combats homériques resteront sur leur faim. Pas indispensable donc, mais on est content de l'avoir.

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Comics

DC UNIVERSE HORS-SÉRIE #3:

"Le Retour de Donna Troy"

par Phil Jimenez, Jose Luis Garcia-Lopez &

George Perez (Panini - Octobre 2006)

C'est un principe bien établi: dans le comics, on ne reste jamais mort très longtemps! Donna Troy, ex-Wonder Girl des Teen Titans, devenue Troïa en acquérant du poil à la foufoune, ne fait pas exception à la règle. Survenu en 2003 dans la mini-série "Graduation Day" (paru chez nous dans "Spécial DC" #22), son décès laissa profondément traumatisés les Teen Titans et Young Justice, au point que les deux équipes splittèrent irrémédiablement. Cette mort dissimulait en fait une stratégie éditoriale visant à lancer deux nouvelles séries sur les cendres des groupes défunts: d'une part "Teen Titans, vol 3", qui paraît actuellement dans "DC Universe", et d'autre part "Outsiders, vol 3", un temps publiée dans "Generation DC" et dont Panini nous promet depuis des lustres un "Big Book" qui prend des allures d'Arlésienne. Nulle surprise donc à retrouver les Teen Titans et les Outsiders tenir la vedette dans cette mini-série aux côtés de la belle ressuscitée. Et nul étonnement non plus à voir l'événement consigné par Phil Jimenez, spécialiste incontesté de la sphère "mythologique" de DC, et qui a déjà foutu un sacré boxon scénaristique dans l'univers des Amazones (voir chronique "Wonder Woman - vol 1"). Adonc Troïa a été extraite de l'Hadès par les Titans des Mythes, enfants de Gaïa et d'Ouranos, ceux-là même qui ont été bannis de l'Olympe par Zeus après que celui-ci ait assassiné Chronos, son propre père. Dans la dimension supraterrestre de la Nouvelle Chronos, ces dieux déchus envoient des armadas de mercenaires à la conquête de Mynossys, un planétoïde qui résiste pire que le village d'Astérix. Motif de l'invasion: on raconte que l'astre abrite une arme extrêmement puissante que les Titans veulent absolument s'approprier - parabole irakienne à peine dissimulée! La déesse Mnémosyne lui ayant trafiqué la cervelle, la pauvre Troïa se retrouve amnésique: manipulée par les Titans, elle attaque à son tour Mynossys, occasionnant de gros dégâts. C'est alors que son frère Athyns, qui défend la planète, fait appel aux Teen Titans et aux Outsiders pour ramener soeurette à la raison... Tels sont les enjeux de cette aventure spatio-mythologique au souffle épique concoctée par Jimenez. Si l'homme s'est aguerri dans l'art du script depuis ses débuts parfois confus sur "Wonder Woman", il n'en demeure pas moins sous l'influence d'un géant du comics dont il reste l'éternel élève: en effet, il dessine comme George Perez, affectionne comme lui les histoires et les planches mettant en scène des batailles homériques où s'affrontent des nuées de super-personnages, sélectionne un dessinateur (Garcia-Lopez) pour le moins aussi précis et minutieux que son illustre maître, lequel est convié pour réaliser les encres. Bien que la chose ne nuise pas en soi à l'excellente qualité des comics de Jimenez (il y a pire référence), on aimerait bien malgré tout le voir enfin liquider son Oedipe pour endosser une vraie personnalité... Ceci étant dit, les trois pointures réunies sur cette mini-série en font une oeuvre tout à fait remarquable, tant du point de vue des événements relatés, qui feront date dans l'histoire de l'univers DC, que des planches somptueuses et hyper-sophistiquées du tandem Garcia-Lopez / Perez qui nous bluffe à chaque page. Enfin, de par sa conclusion assez inattendue, ce comics nous ramène à la charnière du Silver Age et du Modern Age, c'est-à-dire à la série "Crisis On Infinite Earth" (écrite par Marv Wolfman et dessinée par... Perez!), avec laquelle tout l'univers DC a basculé en 1985 pour être "redéfini" dans sa cosmologie actuelle. Cela revient à dire que ce hors-série est absolument indispensable au moins pour les plus jeunes fans de DC, que j'engage vivement à se procurer les quatre volumes de "Crisis On Infinite Earth" publiés en SEMIC-Books, avant qu'ils ne deviennent réellement introuvables. 

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Vu à la télé

PIRATES DES CARAÏBES:

LA MALÉDICTION DU BLACK PEARL

(Pirates Of The Carribbean:

The Curse Of The Black Pearl)

de Gore Verbinsky (2002)

C'est dans les vieilles marmites qu'on fait les bonnes soupes. Disney révisite ici le genre "fantastico-boucanier" façon "Le Fantôme de Barbe Noire", relevé d'un soupçon d'horreur édulcorée, et tout le monde y trouve son compte: les nains comme leurs géniteurs nostalgiques, les amateurs de zombies décatis à souhaits comme les inconditionnels de combats au sabres et d'acrobaties dans la voilure. Après les ratages du "Pirates" de Polanski (1985) et du népotique "L'Île aux Pirates" de Renny Harlin (1995), le genre retrouve enfin ses lettres de noblesse, en grande partie grâce à la prestation savoureuse du toujours excellent Johnny Depp, dont l'entrain et le jeu plein de clins d'oeil, cabotin juste ce qu'il faut, soutient sans problème la comparaison avec ses virevoltants prédécesseurs, de Douglas Fairbanks à Burt Lancaster en passant par Errol Flynn. On appréciera également la réalisation de Gore Verbinsky, artisan comme on n'en fait plus. L'homme va directement à l'essentiel, ne pète jamais plus haut que son cul, vise l'efficacité avant tout et nous livre au final un film de pur "entertainment" dans lequel on ne s'ennuie jamais. Que ceux qui cherchent l'originalité à tous crins passent leur chemin, car le film se veut avant tout une oeuvre dans la grande tradition du genre. À ce titre, c'est un vrai régal et rien ne manque: abordages, vaisseaux majestueux, taverne mal famée, trésor enfoui, île déserte, malédiction séculaire, jambes de bois, oreilles percées, yohoho! et une bouteille de rhum!

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces=11546.html

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Vu à la télé

MATRIX REVOLUTIONS

d'Andy & Larry Wachowski (2002)

Aaaaah! Après tout ce travail abattu, enfin l'heure de la récré! Impayables, ces Wachowski! On ne s'en lasse pas, de leur donner sur le groin! Ce coup-ci, on laisse momentanément béton le lattage en apesanteur pour notre bon vieux plancher des vaches, où l'antique Fion... pardon... Sion se voit agressée par des centaines de millions de milliasses au carré de machines vrillantes, perforantes et tentaculaires (en verlan: tant à l'air cul - OK, je sors!), et c'est parti pour plus d'une heure de bourrinage aussi chiant que confus! On peut sans problème partir pisser, consulter sa messagerie, se confectionner un tilleul-menthe voire, plus probablement, s'endormir sans vergogne... Lorsqu'on revient, ça n'a iglésiasquement pas changé: des mécaniques, des Goldorak, des explosions, des gun-fights à la mords-moi la chipo, et ça dure, et ça dure, à croire qu'ils ont chargé la caméra avec du chewing-gum! Duras à côté, ça ressemble à du cinéma d'aventures! Au bout de quelques siècles de ce régime, voici venue l'heure de la confrontation finale entre Neo et Mr Smith, qui concourent pour l'Oscar de l'acteur le plus constipé - et devinez qui gagne? Suit une demi-plombe supplémentaire de kung-fu aérien entre les gratte-ciel, façon comics, au terme de laquelle le méchant est enfin déprogrammé (panneau de configuration + ajout / suppression de programmes + désinstaller), la paix signée, et l'Oracle peut à loisir philosophailler à l'intention des générations futures. Inquiétude toutefois: la fin reste ouverte, et rien n'est encore dit - à part des conneries, bien évidemment! Ouh là! J'espère que les frangins n'ont pas dans l'idée de nous la jouer Lucas en nous chiant une seconde trisomie, parce que là, je me tire tout de suite une balle dans la bouche!

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces=11742.html

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"Ptérodactyles": l'important, c'est de garder les pieds sur terre!

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"Kookabura Universe": ça en jette, mais on s'emmerde ferme.

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L'univers kafkaïen de Denis Barjam

paradis

La porte de l'Enfer, vue par Philippe Xavier

omac

Invasion d'OMAC: dur dur pour la JLA!

jla

"Justice": Aquaman en mauvaise posture...

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Batman pour les juniors: ça cartoon!

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"DC Universe": Les Teen Titans et les Outsiders à la rescousse

pirates

Les pirates des Caraïbes ne sont plus ce qu'ils étaient!

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"Matrix Revolutions": chiant comme la pluie!