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MASTERS OF HORROR - Saison 1

série créée par Mick Garris (2005)

mastersofhorror

Chose promise, chose due: on continue le passage en revue systématique des épisodes de la série de Mick Garris, l'un des principaux événements télévisuels du moment, actuellement diffusée sur Canal +. Certes, cette deuxième fournée est d'un niveau nettement inférieur à celle de la semaine dernière, qui nous proposait un Joe Dante frondeur et un John Carpenter à son top. Néanmoins, cela constituera pour moi l'occasion de vous parler d'un auteur bien oublié, mais qui semble amorcer un come-back inattendu ces derniers temps.

coscarelli

LA SURVIVANTE

(Incident On And Off A Mountain Road)

de Don Coscarelli (épisode 1)

Don Coscarelli est un auteur au parcours erratique. Il débarque dans la carrière en 1979 avec "Phantasm", une série B extrêmement originale et inventive qui fera son petit effet à Avoriaz, avec ses sphères tueuses et son croque-mort dégingandé, lesquels font désormais partie de l'iconographie classique du genre horrifique. "Phantasm" conquiert son public grâce à une idée très simple, qui consiste à suivre le trajet d'un cadavre à partir du moment où il est soustrait par les thanatologues à l'affliction de ses proches endeuillés. Film profondément enraciné dans les angoisses de tout un chacun face à la mort dans sa réalité la plus matérielle, "Phantasm" nous entraîne dans un monde glacial de fossoyeurs, de morgues et de nécrophilie, tapi à l'ombre des allées bordées de cyprès, sur lequel règne l'inquiétante figure du "Tall Man". Las! ce petit chef-d'oeuvre morbide constituera le seul coup de maître de Coscarelli, et les promesses dont il était porteur resteront lettre morte. L'homme revient en 1982 avec le nanardeux "Dar l'Invincible", sous-Conan mâtiné de Tarzan qui, s'il ravit les fans de Z purs et durs, est tout à fait indigne de l'auteur de "Phantasm". Cherchant à renouer avec le succès de son premier opus, Coscarelli en multipliera les séquelles, au nombre de trois (en 1988, 1994 et 1998), ne parvenant qu'à galvauder de plus en plus son concept initial, puis tombera dans un oubli total dont il ne sortira qu'en 2006, avec le très gonzo "Bubba Ho-Tep", que je n'ai malheureusement pas encore pu voir mais qui jouit d'une excellente réputation auprès des spécialistes. Il semblerait donc que "La Survivante", tourné l'année précédente, lui ait servi de carte de visite pour son retour aux affaires: encore une heureuse initiative à mettre à l'actif de Mick Garris, qui s'avère décidément un mécène éclairé, et qu'on peut probablement compter parmi les fans de "Phantasm". Bien qu'abonné aux petits budgets et au direct-to-video, Coscarelli n'en a pas moins acquis un solide métier et nous offre avec cet épisode un survival de facture très honnête, et riche en retournements de situations. Si la traque à travers bois et l'affrontement final avec le très fringuant Moonface se regardent sans ennui, en revanche le classicisme presque "fonctionnaire" de ce métrage nous laisse quelque peu sur notre faim. Tout ce que nous montre Coscarelli est bien sympa et joliment réalisé, mais on l'a déjà vu cent fois par ailleurs, comme cette cabane pleine de charognes qui, du fondateur "Massacre à la Tronçonneuse" au récent "Jeepers Creepers" (dont "La Survivante" semble tout de même s'être très inspiré visuellement), nous a été infligée dans une multitude de productions plus ou moins réussies. Certes, depuis le génial "Délivrance" de John Boorman (1972), le survival est devenu un genre pour le moins saturé, mais avec un peu d'imagination, de rigueur et de niaque, on peut encore en tirer quelque chose d'intéressant comme le prouve le brillant "Haute Tension" (voir chronique "Séance interdite") d'Alexandre Aja. Hélas ce n'est pas le cas ici, et Coscarelli échoue à nous surprendre dans le parcours balisé de son héroïne, de même qu'il ne parvient jamais à instaurer une quelconque atmosphère. L'intérêt principal de "La Survivante" réside surtout dans sa thématique, et dans la conclusion cynique sur laquelle elle débouche. Rappelant à cet égard les très controversés premiers films de Wes Craven "La dernière Maison sur la Gauche" (1972) et "La Colline a des Yeux" (1977), Coscarelli réfléchit sur le caractère pervertissant d'un violence qui, à terme, finit par se retourner contre ceux qui en sont les instigateurs, en créant de véritables monstres à partir des victimes qui se la voient infliger. Ainsi, Moonface, en tant que monstre "officiel" de l'histoire, n'a finalement pas d'autre rôle scénaristique que de servir de contrepoint au monstre bien pire qui se cache derrière l'apparence avenante d'Ellen, victime faussement proclamée. Terminons en signalant la présence dans le casting d'Angus Scrimm, acteur fétiche de Coscarelli qui interprêta le "Tall Man" dans les quatre "Phantasm", et qui nous offre ici une savoureuse prestation de vieux cinglé.

Cliquez sur le lien pour voir la bande annonce:

http://tele.ados.fr/series/masters-of-horror/la-survivante.html

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LA CAVE (Fair Haired Child)

de William Malone (épisode 9)

Là je suis un peu révolté: faire figurer ce tâcheron esbroufeur de William Malone auprès de gens aussi prestigieux que Carpenter, Argento, Dante, Hooper et j'en passe, vous avouerez qu'il y a de l'abus! Je veux bien admettre que Romero et Cronenberg n'aient pas été libres, mais tout de même: il y a dans le genre suffisamment de réalisateurs honorables pour éviter de racler les fonds de tiroir! Nul besoin d'aller chercher très loin, le palmarès de Malone parle tout seul: débuts dans le nanar ("Créature", avec un Klaus Kinsky qui n'était pas à ça près!), séries TV assez quelconques, scénariste d'un des plus grands fours de l'histoire du cinéma ("Supernova", que son réalisateur Walter Hill refusera de signer), yes-man de Joel "pompe à fric" Silver sur "La Maison de l'Horreur", une des nombreuses productions horrifico-pop-corn dont le mogul a inondé les salles au cours de la dernière décennie (voir chronique éponyme, pour lire tout le mal que j'en pense), et enfin réalisateur en 2002 de "Terreurpointcom", déjà répertorié comme l'une des plus grosses bouses du troisième millénaire! Bref, le couac absolu de cette première saison! Pourtant, on aurait pu tirer quelque chose d'un peu sympa de ce scénar sur le thème très lovecraftien de "la chose dans la cave". Mais Malone préfère multiplier les effets de mise en scène, de préférence inutiles, au détriment de l'intensité dramatique qui reste à un niveau désespérément linéaire, quand elle n'est pas purement et simplement bousillée par les vaines démonstrations qu'il nous assène lourdement, compilant un catalogue exhaustif de tous les procédés foireux du pop-corn-movie à la mode! Résultat: on bâille jusqu'à la démandibulation devant un épisode dont le moindre événement est téléphoné une semaine à l'avance, et où l'on pousse le vice jusqu'à écrire le script sur les murs! On n'est jamais surpris, ni choqué, ni même inquiété: on se contente de suivre des acteurs somnambuliques jusqu'au dénouement convenu où l'on réalise que ce gâcheur de pellicule nous a fait perdre une heure de notre vie qu'on ne pourra jamais récupérer! Depuis 2002 qu'il n'avait rien sorti, on ne peut pas dire que ce poseur insupportable nous ait manqué: vite, qu'on le refoute dans sa cave!

Cliquez sur le lien pour voir un extrait:

http://horror.about.com/library/weekly/MoH/video/bl_about_moh_fair1.htm

de_santis_1

Moonface: c'est qu'il vous mordrait!

cos3

La belle Ellen mène la guerre d'effroi!

cos_5

Pas moyen qu'il vous lâche la jambe!

cos4

Cessez de me suivre ou j'appelle un agent!

mal_2

"La Cave": mauvaise cuvée!

mal_1

Un homme...

mal_4

...une femme...

mal_3

...chabadabada!