patchworkman's blog

Ce blog concerne tous les fans de fantastique sous toutes ses formes et dans tous les arts: cinéma, télé, littérature, BD, comics, etc... Vous y trouverez mon actualité de fantasticophile au jour le jour, ce que j'ai vu, lu, aimé, détesté, etc...

20 novembre 2006

MASTERS OF HORROR - Saison 1 - ép 6-8

Série Télé

MASTERS OF HORROR - Saison 1

série créée par Mick Garris (2005)

aff

Enfin la voilà qui débarque sur Canal +, cette déjà mythique série que tous les fans d'horreur attendent depuis un an qui leur a semblé un siècle! Pensez donc: treize cinéastes parmi les plus grands, tous brillant au firmament de la fantasticophilie pour nous avoir offert, à un moment donné, un voire plusieurs chef(s)-d'oeuvre du genre. Oui, oui, ils sont venus, ils sont tous là, dès qu'ils ont entendu le cri poussé par Guillermo del Toro -"Nous sommes les maîtres de l'horreur!" - lors d'un repas un peu arrosé auquel participaient quelques-uns de ces spécialistes de l'abomination, parmi lesquels Mick Garris qui, s'il ne nous a pas encore produit de classique, s'est bien rattrapé ce soir-là en ayant l'idée lumineuse de cette série, suite à l'exclamation du Maître mexicain. En effet, Garris est avant tout une homme de télévision, surtout connu comme yes-man de Stephen King dans l'adaptation des oeuvres de ce dernier sous forme de mini-séries cathodiques telles que "Le Fléau" (1994) ou le remake télévisuel de "Shining" (1997) qui, pour être honnêtes et fidèles, laissent quelque peu l'amateur sur sa faim. Au cinéma, il continue à servir indéfectiblement le King avec le pénible "La Nuit déchirée" (1991), l'intéressant "Riding the Bullet" (2004) et enfin "Desperation" (2006) qu'on devrait voir arriver sous peu. Espérons qu'au contact des talents qu'il côtoie sur cette série, sa contribution relèvera le niveau d'une filmographie somme toute assez falote. En tous cas, rendons lui grâces pour la création de ce concept qui, à ce jour, constitue de loin son Grand Oeuvre, en même temps que l'un des événements majeurs de l'année fantastique 2005. Cerise sur le gâteau, la série est présentée par Yannick "Boule de Billard" Dahan de "Mad Movies", en plein délire au milieu d'un décor blanc éclaboussé de vermillon, dans le cadre de sa "Séance interdite" (voir chronique éponyme). Toutefois, l'homme m'inquiète un tantinet lorsqu'il nous annonce quatre semaines de diffusion: à raison de deux épisodes par semaine, cela fait huit épisodes... Faut-il comprendre que cinq sur treize seront passés à la trappe? On craint par exemple pour celui du très space Takeshi Miike, qui a déjà connu les foudres de la censure chez le toujours très prude Oncle Sam... Quoiqu'il en soit, vous pouvez compter sur moi pour vous rendre compte, semaine après semaine, de la moindre éclaboussure! Allez, accrochez-vous, c'est parti...

dante

VOTE OU CRÈVE (Homecoming) 

de Joe Dante (épisode 6)

On commence dans la bonne humeur avec Joe Dante, qui est un peu l'histrion du cinéma fantastique. Débuts comme tant d'autres chez Corman (voir Mollards d'Avril) avec "Piranhas" (1978), puis passage chez Spielberg avec "Hurlements" (1980), classique absolu du film de loups-garous, "Gremlins" (1984) où il manifeste un mauvais esprit extrêmement réjouissant, avant de faire naufrage dans la comédie familiale cul-cul avec les nullards "Explorers" (1985), "L'Aventure intérieure" (1987), censé remaker à coups d'humour lourdingue le superbe "Voyage fantastique" de Richard Fleisher (1966), et l'autoparodie lamentable que constitue "Gremlins 2, la nouvelle Génération" (1990). Néanmoins, il ne faudrait pas oublier la très grinçante comédie "Les Banlieusards" (1989), sur laquelle il retrouve son acidité de "Gremlins", considérablement amplifiée entre temps, notamment au niveau d'une critique au vitriol de la société américaine. Malheureusement, ce petit chef d'oeuvre d'humour noir ne trouvera pas son public, de même que "Panic sur Florida Beach" (1992), premier opus de Dante non produit par Spielberg, où il rend hommage aux films de son enfance sur fond de guerre froide, toujours avec la même ironie sarcastique. Le flop de ce film qui est sans doute le plus personnel du réalisateur, celui qui lui tenait le plus à coeur, le laissera profondément démoralisé, d'autant que ses facéties n'amusent que peu les professionnels de la profession et que l'homme se retrouve tricard à Hollywood. Dante végète donc à la télévision où on le croise au détour de séries telle "La quatrième Dimension" ou "Les Aventures du jeune Indiana Jones", et pour laquelle il réalise "La seconde Guerre de Sécession" (1997). Retour au cinéma en 1998 avec "Small Soldiers", sorte de "Toy Story" antimilitariste qui lui vaut une nouvelle mise au placard, puis résurgence en 2002 avec le très familial "Les Looney Tunes passent à l'Action", qui mélange toons et acteurs. Sa participation aux deux saisons de "Masters of Horror" lui rend donc justice en le faisant figurer au Panthéon des auteurs les plus marquants du cinéma fantastique, ce qu'il est sans aucun doute. Garris donnant carte blanche à ses réalisateurs, on assiste avec l'épisode "Vote ou crève" à un retour des vieux démons de Joe Dante, c'est-à-dire la critique sociale passée à la moulinette de l'ironie et parsemée des saillies les plus bouffonnes. L'homme y souffle le chaud et le froid, faisant alterner l'émotion avec des gags hilarantissimes, et donne de l'Amérique contemporaine une vision à la fois tragique et ridicule. Phillip Murch, directeur de campagne républicain, formule à la télévision le voeu que les jeunes soldats tombés en Irak puissent revenir pour pouvoir dire à la nation combien ils sont fiers de s'être ainsi sacrifiés. Manque de bol, ces derniers le prennent au mot et se mettent à sortir de leur tombe, exigeant de voter alors que le président Bush remet son mandat en jeu. Or, peut-on décemment refuser le droit de vote à quelqu'un qui est tombé pour la patrie? Encore faut-il que les zombies "votent bien", et là c'est plutôt mal barré, si l'on en croit le message adressé à la nation par ceux qui ont encore des cordes vocales pour s'exprimer! Situation d'autant plus cornélienne que les revenants s'avèrent indestructibles et ne consentent à re-mourir qu'un fois qu'ils ont voté! Cet épisode est tout à fait emblématique du style de Dante: tout au long on assiste à une mise en balance de la tragédie irakienne avec la profonde imbécillité républicaine, laquelle multiplie les stratégies et les magouilles les plus foireuses pour remporter les élections, sans aucune considération pour les pathétiques victimes du conflit. Dès que l'on pénètre dans les locaux de campagne, les gags se multiplient, parfois très bordeline, comme lorsqu'on voit un zombie à l'oeil crevé chausser des lunettes avec un verre explosé pour lire le contrat véreux qu'on lui propose de signer! Au passage, Dante rend hommage à quelques Grands Anciens, dont les noms sont écrits sur les tombes d'où s'extirpent les zombies: Jacques Tourneur, George A. Romero... Ce dernier semble d'ailleurs constituer une référence majeure pour Dante qui le met continuellement à l'honneur, de la séquence dans le cimetière militaire qui est un démarquage évident du début de "La Nuit des Morts-Vivants", aux files de revenants disciplinés qui piétinent dans les bureaux de votes et semblent une redondance de ceux de "Zombie" poussant leurs caddies, en passant par la torture ignoble d'une pauvre créature mutilée qui renvoie bien sûr au "Jour des Morts-Vivants". Chez Dante comme chez Romero, le zombie est aussi pathétique que l'humain est infect, et c'est à lui que va toute notre compassion. Je vous laisse découvrir la multitude de gags grinçants qui émaillent la douloureuse quête de ces revenants, laquelle s'achève sur un final très "Contes de la Crypte". "Vote ou crève" constitue donc une excellente mise en bouche à cette diffusion française de "Masters Of Horror", en même temps que le retour en pleine verve de Joe Dante, qui nous offre ici la quintessence de son style humoristico-socio-horrifique. Sacré cocktail, en vérité.

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.dailymotion.com/video/xacku_promo-homecoming

carpenter

LA FIN ABSOLUE DU MONDE

(Cigarette Burns)

de John Carpenter (épisode 8)

Là on rigole plus, nom de Dieu! Après le pitoyable "Ghosts Of Mars" (2001) - sans doute le pire navet de sa longue carrière - Big Dad Carpenter nous revient en force et nous plonge dans l'horreur la plus intransigeante. On pourra certes regretter que le script de cet épisode s'avère un démarquage certain de "La neuvième Porte" de Polanski (1999), en même temps qu'une relecture de son propre chef-d'oeuvre "L'Antre de la Folie" (1995), mais on n'en restera pas moins bluffé par la virtuosité de la réalisation, et surtout par le climat vénéneux qu'elle parvient à distiller. Bref, faute de nouveauté, on s'en remettra corps et âme au talent de conteur de Carpenter, qui nous embarque dans un trip nauséeux émaillé de visions cauchemardesques. Reprenant donc son fameux thème "de l'artiste démiurge", le cinéaste met en scène un collectionneur milliardaire quelque peu perturbé (hommage à Forrest J. Ackerman?), interprété par l'excellent et épileptique Udo Kier, qui engage un loser impécunieux pour retrouver "La Fin absolue du Monde", un film maudit rarissime et à la réputation sulfureuse. À ce que l'on murmure, sa seule et unique projection publique au fameux Festival de Sitges a vu les spectateurs, soudain saisis d'une folie collective et meurtrière, se jeter les uns sur les autres, et l'affaire s'est soldée par quatre morts et la destruction par le feu de la salle de cinéma, sans parler de nombreux blessés et de gens devenus fous... On fait également allusion de rares projections privées ayant pareillement tourné à l'Apocalypse... C'est donc dans la quête du film d'horreur ultime que nous entraîne Carpenter, sur les pas de cet enquêteur de l'occulte qui va rapidement se retrouver en enfer... La première moitié du métrage consiste principalement en un film de dialogues. Carpenter laisse la réputation du film parler pour lui, au travers des propos de plus en plus inquiétants des personnages très glauques que notre héros rencontre sur son chemin. Qu'on ne s'y trompe pas toutefois: bien qu'essentiellement dialoguée, cette première partie ne suscite pas l'ennui que l'on pourrait craindre, et l'absence d'action y est brillamment compensée par la qualité de la mise en scène, la prestation habitée des acteurs qui savent à merveille rendre leur angoisse contagieuse et des décors de cauchemar nimbés d'une lumière irréelle. Arrivés à mi-film, donc, on se rend compte qu'on est en train de s'enfoncer entre les coussins de son canapé avec l'espoir d'y disparaître, tant la tension instaurée par le cinéaste nous agace les nerfs... C'est évidemment le moment que choisit Carpenter pour nous balancer une putain de scène d'horreur de la mort de sa race qui nous tombe dessus sans crier gare comme un pot de géraniums largué du quatrième étage, je vous dis pas la secousse! La séquence en question, que je me garderai bien de vous détailler, car vous méritez bien pour m'avoir lu jusqu'ici de vous la prendre en pleine poire, n'a rien de révolutionnaire en soi, et on en a vu des centaines de similaires dans moult films d'horreur de qualité variable. En revanche, la violence avec laquelle elle nous est assénée navigue sur des crêtes auxquelles seules peuvent prétendre une poignée de chefs-d'oeuvre du genre, et je pèse mes mots! Dès lors, c'est l'hallali, et les abominations vont aller bon train jusqu'au final en apothéose pour lequel Carpenter renoue avec la tradition du Grand Guignol. Plus notre héros s'approche de l'objet de sa quête, plus il est assailli de visions cauchemardesques et subliminales s'inscrivant dans des cercles, comme autant de brûlures de cigarettes pratiquées dans le tissu de la réalité - d'où le titre original - et qui laisseraient entrevoir des instantanés de l'enfer... Cette altération du réel est d'ailleurs magnifiquement illustrée par un gimmick de mise en scène absolument génial: au montage, Carpenter pratique plusieurs coupes sombres dans la continuité de certaines séquences, ce qui suggère fort efficacement que des lambeaux d'existence sont arrachés à la vie du héros par quelque entité transcendante et malveillante... Magistral! Signalons enfin que Carpenter sacrifie également à l'hommage, à l'instar de Joe Dante. La chose semble d'ailleurs être de mise dans la série, et on peut s'attendre à voir les Maîtres se congratuler systématiquement l'un l'autre au détour de tel ou tel plan, petit jeu amusant à l'usage des fans. Ici, c'est Dario Argento qui se trouve honoré: en effet, la salle de cinéma dont notre héros est propriétaire projette fort pertinemment "Les Frissons de l'Angoisse", chef-d'oeuvre absolu du réalisateur transalpin. Ajoutons que le physique poupin de l'acteur principal Norman Reedus rappelle immanquablement celui du regretté David Hemmings, et vous obtenez un "tribute" en bonne et due forme. Oyez, oyez, mortels, Carpenter est de retour, en génie et en os, et il faudra désormais compter "La Fin absolue du Monde" parmi les pièces maîtresses de sa déjà prestigieuse filmographie.

Cliquez sur le lien pour voir un extrait + la bande-annonce:

http://www.allocine.fr/series/fichenews_gen_carticle=18393209.html

Diffusions sur Canal+:

- le Vendredi vers 22h 30

- le Dimanche vers Minuit

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Des zombies comme qui dirait... dantesques!

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Le Besancenot de la révolution zombienne!

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La scène du cimetière: un petit air de Roméro...

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Installez-vous confortablement, la séance commence...

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Oui, ça dérange quelque peu les mises-en-plis!

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Un rescapé de "La Fin absolue du Monde"

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En voilà un qui a du sushi à se faire!

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L'épouse du réalisateur maudit: je la sens critique...

Posté par patchworkman à 11:34 - Série Télé - Commentaires [27] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

hé hé hé

Hééééé oui les grands esprits se rencontrent !! petite question , me reste toujours a voir celui de Mckee et Miike , mais ma question est , selon toi cigarette burn est il le meilleur episode des masters of horror??

Bon euh cela dit t'y vas fort avec Ghost of mars , pas son meilleur film mais un grand moment de barbarie malgré tout , carpenter n'a JAMAIS réalisé un mauvais film!! JAMAIS!! vais me facher moi!!:D

Posté par kitano jackson, 20 novembre 2006 à 12:24

pour Kitano

Euh, on reste calme sur les "Masters of Horror", moi j'ai pas encore vu les autres, je commence à peine. N'ayant pas les DVD, je suis la série sur Canal, donc quand j'aurais tout vu, je pourrai te dire quel est mon préféré!
Malheureusement et je le déplore, en dépit de tous les chefs-d'oeuvres dont il nous a gratifiés, y'a quand même quelques films qui m'ont profondément fait chier dans sa filmo, et de préférence quand il a du budget: "Starman" (on patauge dans la guimauve!), "Jack Burton" (trop bourrin pour moi!), "Les Aventures d'un Homme invisible" (et ça les fait rire!) et enfin "Ghosts Of Mars" (Rambo chez les Martiens!).
En revanche, il n'est jamais meilleur que quand il donne dans la série B! Crois-moi, Carpenter, le pognon ça le rend feignant!
Bon, je vais enfiler mon kevlar!

Posté par patchworkman, 20 novembre 2006 à 12:39

bin mon cher patch

Carpenter est l'un de mes trois réals favoris et je ne suis pas d'accord avec toi une seule seconde:

jack burton d'abord , grand film d'aventure fantastique qui fait office d'oeuvre visionnaire et nostalgique a la fois , un de mes favoris du maitre.

Starman: une tres belle ballade nostalgique et tendre au pays des indiens , c'est beau a en chialer poetique et c'est selon moi tout sauf de la guimauve, jeff bridges y apparait excellent mais ça c'est comme d'habitude!!

Les aventures d'un homme invisible c'est une petit comedie fun et legere , sympa , qui ne casse pas de briques mais qui se regarde avec un grand plaisir , et les effets pseciaux sont excellents.

Et enfin Ghots of mars qui est justement tout sauf un rambo chez les martiens , big john y effectue un veritable retour au source de son cinéma en remakant son premier film assaut , il y délivre une critique acerbe de la societée (en décrivant notemment un futur de societée matriarcale) et fait preuve d'une impertinence a toute épreuve dans sa description de héros bad ass comme on en fait plus, il créé en plus une futur icone du fantastique : big daddy mars...

en plus c'est quand même étrange tu dis que carpenter n'est jamais aussi bon que quand il faiot du B... en citant en contre exemple les films les plus B qu'il ait fait.... ;) mais bon j'entends et comprends ton point de vue cela dit.

Sinon pour ce qui est des masters , mon favori reste le argento , mais le carpenter est excellent (bien que finalement assez décevant point de vue mise en scène, mais c'est quand même énorme)

Posté par kitano jackson, 20 novembre 2006 à 20:49

Roh !

Grumpf.

" avant de faire naufrage dans la comédie familiale cul-cul avec les nullards "Explorers" (1985), "L'Aventure intérieure" (1987), censé remaker à coups d'humour lourdingue le superbe "Voyage fantastique" de Richard Fleisher (1966), et l'autoparodie lamentable que constitue "Gremlins 2, la nouvelle Génération" (1990)"

> Tss tss, Explorers cul cul ? C'est quand même fait pour les gniards ce film, tudieu ! J'aime bien Exporers moi, c'est juste les 15 dernières minutes qui plombent tout je trouve. Pas le rêve, mais la séquence avec les extraterrestres. On aurait mieux fait de ne pas les rencontrer telement ça vire n'importe nawak, sinon tout le reste du film est chouette. Et L'aventure intérieure ? Rooooh Dennis Quaid y est sublime là dedans et Meg Ryan n'y a jamais été aussi mignonne et puis bah c'est quand même bien fendard non ? Rahlàlà dur le Patch'...
Gremlins 2, je le trouve très bien aussi même si inférieur au 1er (ahhh le final a la tronçonneuse...Traumatisant !).

Sinon bah "Starman"...ça reste gentil je trouve. Une très bonne alternative à E.T-telephone-maison si on aime pas la crotte sur patte de Spielberg (j'invente rien il en a même la couleur... !).

Ensuite pour les masters of horror, je ne les ai pas tous vus pour ma part, d'ailleurs pas vu celui de Carpenter car je craignais qu'il nous fasse une redite de l'antre de la folie, par contre bien aimé celui de Dario Argento, "jennifer". Si tu en loupes sur canal, tu peut les trouver facilement en dvd. :)

Posté par Nio, 20 novembre 2006 à 20:57

Pour Kit'

"Les aventures d'un homme invisible c'est une petit comedie fun et legere , sympa , qui ne casse pas de briques mais qui se regarde avec un grand plaisir , et les effets pseciaux sont excellents."

> Yeah ! J'en garde encore un bon souvenir...

"Et enfin Ghots of mars qui est justement tout sauf un rambo chez les martiens , big john y effectue un veritable retour au source de son cinéma en remakant son premier film assaut , il y délivre une critique acerbe de la societée (en décrivant notemment un futur de societée matriarcale) et fait preuve d'une impertinence a toute épreuve dans sa description de héros bad ass comme on en fait plus, il créé en plus une futur icone du fantastique : big daddy mars..."

> Mouais mais comme il le dit dans l'hilarant commentaire audio, son big daddy est très proche de Marylin Manson...
Pour moi le film a de bonnes idées et Ice Cube en Napoleon Wilson du futur est une des bonnes idées du film mais sans que j'arrive a dire pourquoi, je trouve ce Carpenter très branquebalant quand même. Faudra que je le revoit...

"Sinon pour ce qui est des masters , mon favori reste le argento , mais le carpenter est excellent (bien que finalement assez décevant point de vue mise en scène, mais c'est quand même énorme)"

> Les grands esprits se rencontrent, dommage que ma connection merdouille sinon mon message serait passé en premier mwarf ! :)

Posté par Nio, 20 novembre 2006 à 21:01

pour Kitano

Moi aussi, je considère Carpenter comme faisant partie de mon top ten des meilleurs réalisateurs du genre - il n'en est jamais sorti depuis "Halloween". Mais qui aime bien châtie bien, et lorsqu'il me déçoit, je le ressens plus vivement que pour tel ou tel réal dont je n'attends rien (Bay, Emmerich, l'écurie Silver...)et dont les films me sont indifférents. Ceci pour dire que si tu me trouves excessif, c'est bien d'un excès de passion dont il est question!
Bien. S'il faut reprendre la filmo de Big Dad, n'hésitons pas. Je vais aller vite, et être scandaleusement subjectif:
1°) Les chefs-d'oeuvre: "La Nuit des Masques" ('videmment!), "Fog", "The Thing", "Prince des Ténèbres", "Invasion Los Angelès", "L'Antre de la Folie" et, après m'être bien tâté, "La Fin absolue du Monde", oui oui, finalement...
2°) Les films que j'aime bien mais sans plus: "Assaut", "New York 1997", "Christine", "Body Bags", "Le Village des Damnés", "Vampires", "Los Angeles 2013".
3°) Les films que je n'aime pas: tu les connais déjà...
4°) Ceux que je n'ai pas vu: "Dark Star" (oui, j'ai honte, mais n'oublie pas que je croupis en province...), "Pro Life" (Masters 2) et "The 13th Apostle", que j'attends avec impatience.
5°) Les télé-films: j'ai adoré "Le Roman d'Elvis". "Meurtre au 43ème Etage" = oeuvre de jeunesse anecdotique mais pas désagréable...
Bon, si je considère cette partition, je remarque que mes chefs-d'oeuvre sont les films où Carpenter cisèle une ambiance, et n'hésite pas à ralentir son rythme pour mieux travailler le spectateur de l'intérieur. C'est à mon sens la démarche la plus noble du fantastique, et il se trouve que Carpenter y excelle.
Pour sauter directement à "mes" navets, tu remarqueras qu'il s'agit de films dans lesquels il s'essaie à autre chose et tente de sortir de son style - fatale erreur: il n'est pas très doué pour la comédie, ("Jack Burton", "Les Aventures d'un Homme invisible"), un Joe Dante est bien meilleur que lui à ce jeu-là: lui, au moins, il fait vraiment rire! Ensuite viens la question du budget, qui lui permet de s'offrir des SFX à la hauteur, et là il tombe dans le piège classique: faire de l'étalage systématique ("JB", "HI" toujours), ce qui affecte à la fois le rythme (la pratique du SFX à haute dose implique un montage très "cut") donc l'ambiance, et le scénar (l'action de démultiplie, donc le script est moins riche en éléments dramatiques). Je ne suis pas d'accord pour dire que "JB" est une série B: c'est même le premier blockbuster de JC, à l'époque il a vécu l'expérience comme un cauchemar et lui-même n'a pas une grande estime pour ce film. C'est d'ailleurs pourquoi il retourne chez les indépendants juste après et nous sort coup sur coup, avec des moyens dérisoires, deux petites merveilles de série B: "Prince des Ténèbres" et "Invasion Los Angelès". Nio a raison de rapprocher "Starman" de "ET" (que je déteste - autant "Rencontres du 3ème Type" fonctionnait sur l'émotion pure, autant "ET" est un mélo épouvantable qui tente en tant que tel de manipuler lesdites émotions avec des effets lourdingues): le film semble un calque de Spielby dans ses pires tendances cul-cul-gnan-gnan. A notre grand soulagement, ce fut la seule tentative de JC dans le mélo - qui n'est pas plus son trip que la comédie - ça sent d'ailleurs méchamment le film de commande... Quant à "Ghost Of Mars", nonobstant son scénario quasi inexistant puisqu'il s'agit de bourriner à donf (là encore, le rythme s'en ressent), le style "bad ass" que tu soulignes à juste titre me semble à moi du racolage pur et simple: comme dans trop de films mode, on a des personnages poseurs qui se résument au look branchouille du moment - le rapper surburné et le gothique satanisant, autant de stéréotypes... Tant qu'à faire dans l'actionner, je préfère de loin les deux Snake Plissken: on y retrouve davantage la signature filmique, et surtout rythmique, de JC, qui parvient à un équilibre intéressant entre l'aspect "atmosphérique" et la composante "roller coaster" de ces deux films. Quant à la thèse "Ghost Of Mars" remake d'"Assaut", ce n'est pas vraiment une nouveauté. "Assaut" lui-même est un remake avoué et transposé du monumental "Rio Bravo" d'Howard Hawks, qui est le film fétiche de JC. Si tu passes en revue sa filmo tu verras qu'elle est constituée à 90%, quand on y réfléchit cinq minutes, de remakes transposés dudit "Rio Bravo", réitérés selon diverses variations. En gros la structure scénaristique de l'enfermement des héros subissant la pression croissante d'un siège à la "Alamo" est constante pour ne pas dire obsessionnelle.
Voilà. J'espère avoir été exhaustif, précis, et avoir fourni une critique équilibrée de ce grand réalisateur qui, comme nous tous, a aussi ses moments de faiblesse.

Posté par patchworkman, 21 novembre 2006 à 08:25

pour Kit (post-scriptum)

Ouais, à propos de thunes, il y a série B et série B. Il faut bien faire la distinction entre les films indépendants et ceux produits par des majors (quand bien même il ne s'agit pas de blockbusters à proprement parler).
Depuis le début des 90's grosso-modo, Carpenter bosse pour des majors. Faut-il s'étonner dès lors qu'exception faite de "L'Antre de la Folie", les films de cette période soient au mieux honnêtes mais sans plus. En fait, il faut attendre de le voir tourner pour la télé et dans l'ambiance mécénique instaurée par Mick Garris pour le voir reprendre du poil de la bête.

Posté par Patchworkman, 21 novembre 2006 à 08:48

pour Nio

Bon, pour Carpenter, voir ci-dessus.
Pour Dante, tu auras noté que c'est avec sa période Spielberg que je me montre le plus critique. Après "Hurlements" (un de ses films les plus personnels) et le carton du déjà plus populaire mais néanmoins excellent "Gremlins", tout se passe comme si Spielberg producteur refilait à Dante tous les scénars qu'il n'a pas le temps de tourner lui-même. Or, Spielberg producteur, on le sait, c'est surtout Spielberg businessman et son engouement pour les gentilles comédies familiales bien propres sur elles (dont: les films pour gniards, justement). On a l'impression qu'il tient en laisse le côté politiquement incorrect qui fait tout l'intérêt de Dante, ce qui est un manque de considération pour la personnalité de celui-ci en tant qu'auteur. Joe Dante n'est dès lors plus que l'employé de Spielberg, et ça se sent... Car Spielby est un producteur interventionniste: j'en veux pour exemple le "Poltergeist" de Tobe Hooper que d'aucuns qualifient de film de Spielberg déguisé. En fait il y a bien deux films dans un, ce qui donne au finish une oeuvre intéressante mais bancale, tiraillée entre le pur film d'horreur (Hooper) et le film fantastique familial (Spielberg). On a l'impression de deux chiens se disputant un os: ainsi Hooper nous gratifie de séquences horrifiques très choc (la grandiose scène du miroir, qui rappelle "The Big Shave" de Scorsese, ou encore celle de la piscine), mais qui se voient désamorcées par l'imagerie plus féérique de Spielberg (les trop esthétiques "monstres blancs"), voire par un message très américanisant (l'insupportable famille de blaireaux) quand il n'est pas tout simplement niais (la tirade confondante de cul-cul-gnan-gnan de Zelda Rubinstein sur "les gens qui refusent d'entrer dans la lumière"). Pour être méchant, la guimauve de l'un fait très mauvais ménage avec le cynisme horrifique de l'autre. Hooper n'a d'ailleurs pas traîné chez Spielberg! Joe Dante, en revanche semble plus malléable, et c'est pourquoi ses comédies de la période Spielberg me gonflent quelque peu: on y sens trop la poigne sous-jacente du Spielby-businessman draguant la ménagère! Il a du prendre Dante pour le Zemeckis de service! Quaid dans "L'Aventure intérieure", je le trouve au contraire insupportable de cabotinisme, et l'aspect fantastique du film se heurte continuellement à des gags dignes du club Dorothée! Quant à la tronçonneuse de "Gremlins 2", bof, ça m'a pas impressionné: depuis le classique de Hooper, tout le monde derrière lui est allé dévaliser les rayons de Mr Bricolage, alors un de plus un de moins...
En revanche, que Dante floppe ou soit placardisé dès qu'il exprime son insolente et hilarante personnalité, voilà qui me dérange davantage... De là à dire que ce Dante-là est un handicap pour Spielby...
Je termine sur une note d'optimisme: que Kitano et toi-même me disiez du bien du "Jenifer" d'argento me comble de joie. Après toutes les merdes dont il nous a gratifiés ces dernières années, le grand maître transalpin serait-il de retour? Vous me voyez trépignant de voir ça!

Posté par patchworkman, 21 novembre 2006 à 09:56

je vote pour ...

Posté par Pim's, 21 novembre 2006 à 11:38

patch

La serie b est avant tout devenu un genre a part entiere , un état d'esprit , une maniere de faire et d'assumer son film , rien a voir avec les majors ou les indépendants , d'ailleurs je n'aime pas vraiment faire la distinction entre ces deux modes de fonctionnement qui se valent amplement et qui ont leurs lots de merde et de chef d'oeuvres.

En ce ui concerne jack burton je crois sincerement que tu n'as pas su voir le film tel qu'il était , a savoir le premier film referentiel bien avant tarantino et autre au cinéma de kung fu asiatique, carpenter avait tout compris avant les autres...
Tu sembles reprocher l'étalage des effets speciaux , reproche qui avait été fait a a the thing a l'époque, ensuite je pense sincerement que tu devras revoir le film , il fait partie des carpenter les mieux mis en scene et jouit de scene hallucinantes.
En ce qui concerne le rythme encore une fois tu fais une categroisation qui n'a pas lieu d'être, qu'est ce qui définit le rythme d'un film? le genre auquel il appartient? ou le film en lui même? jack burton est un film d'action aventure comme on en fait plus, au rythme trepidant qui va a 100 a l'heure , et parfaitement maitrisé de bout en bout, qui distille une magie absolument incroyable (voir la scène finale ou encore la transformation de Lo-pan).


en ce qui concerne starman tu devrais jeter un oeil au commentaire audio.... carpenter dit lui même que starman est sans doute l'un des films qu'il prefere dans sa filmo....

Pour ghost f mars assaut bla bla bla tu ne m'apprends rien mon cher patch, mais je persiste et signe , tu évites soigneusement la question en répondant sur des theories que tout fan de carpenter devrait connaitre si il s'interesse un tant soit peu a sa filmo... et ne contredis en rien ce que je dis plus haut, ensuite il me semble que la seule veritable chose que tu reproches a ghost of mars c'est son coté bourrin , soit , tu n'aimes pas les films bourrins, mais de la a qualifier le film de merde je crois qu'il faut pas pousser non plus...
Le cinéma se définit a mon sens d'abord par sa mise en scène, ghost of mars fait étalage d'une inventivitée et d'un sens de la mise en scène a toutes épreuves (sans thunes et sans effets peciaux éllaborés, la façon dont carpenter travaille le mieux selon toi mais j'y reviens dans le dernier paragraphe c'est a dire maintenant. :D)mais bon bref je n'ai pas l'intention d"e dire que ghost of mars est un chef d'oeuvre et il ne restera de toute maniere pas dans mes classiques de carpenter même si je l'aime beaucoup, je reviendrais juste sur son non scenario qui est exactement le même que celui d'assaut ou rio bravo... voila voila.

Sinon bin je trouve dommage que tu fasses des categorisation sur les systemes de productions, d'autant que le paradoxe veut que sur tous tes films favoris de carpenter la moitiée ait été produit par des grands studios... je crois que carpen,ter est un grand metteur en scene et que cela passe par autre chose que l'argent ou un mode de production, cela passe par un sens aigu de la mise en scène, a mon sens Carpenter n'a jamais réalisé de nanar, il a eu des moments de faiblesse (puisque je vis que tu essaies de passer par cet argument mais je le contre un petit peu avant que tu ne dévellopes plus)comme tous les réals, mais ses moments de faiblesses a lui valent beaucoup de moment de grace de nombre de réalisateurs...

bon passons a joe dante , l'un de mes reals favoris également...
Je pense que tu fais encore une fois fausse route , oui ces meilleurs films sont incontestablement ceux qu'il a signé avant spielberg, mais sa collaboration avec spielby reste néanmoins un grand moment qui lui permet d'assumer pleinement certains délires (dans les quelles d'ailleurs il s'enfoncera par la suite) , ainsi gremlins est une pure satire hyper méchante qui tape sur l'american way of life comme c'est pas permis (une constante chez spielberg quoiqu'on en dise qui a trop vite été catalogué cinéaste american way of life alors qu'il en représente l'anti these a mon sens, notemment dans la maniere subtile dont il aborde les themes famille patrie... mais c'est un autre sujet) et Dante peut enfin se revendiquer de ce qu'il aime a savoir le cartoon, Gremlins 2 se pose ainsi comme le meilleur exemple de comedie cartoon (avec kung fu hustle), y en a dans tous les coins de lécran , les gags pleuvent, c'est ultra réferentiel et mine de rien c'est encore une fois plutot mechant, bien sur on est deux crans en dessous de la veritable mechancetée du premier mais tout ça reste carrément drole et inventif.
L'aventure interieure, encore une fois , bien sur on peut regretter que l'insolence du pere joe se noit dans des approches plus gentilles , mais force est de constater que Dante livre un film d'aventures trépidant AVEC DES GAGS ENORMES!!! (la transformation du cow boy, le professeur et sa bande retrecis, la femme au psitolet briquet...) qui encore une fois se réferrent aux cartoons de chuck jones....

Et puis je constate que vous ne citez pas l'und e ses meilleurs films, a savoir les banlieusards , comedie noir hyper mechante, qui tape comme gremlins sur l'american way of life et n'epargne personne...

bon sinon je reviens vite sur POLTERGEIST, patche sur ce coupe je suis dirons nous plus ou moins d'accord , disons que je partage ton avis sur le coté bancal du film, mais a mon sens et c'est la que je diverge, les deux parties si elles ne sont pas homogenes fonctionnent parfaitement l'une et l'autre... et je n'y vois pas un film pro ricain bien au contraire, le film parle quand même des indiens dont on va violer les sepultures pour installer des petites familles ricaines.... je veux pas dire mais on peut faire pus pro americain dans le genre.

Bon bin sinon je pense que tu vas prendre ton pied avec jennifer d'argento, une tuerie hyper gore et malsaine.. qui peche juste par une mise en scene que j'aurais souhaité plus outrancere (mais c'est une constante dans les masters of horror , je trouve les mises en scene assez impersonnelles en fait ..par exemple on ne m'auarit pas dit que c'était carpenter qui avait réalmisé cigarette burn je l'aurais pas su..).

bon bah voila c'est un plaisir de taper la discute avec toi en tout cas amigo.
j'aime bien les débats, surout quand ça se passe dans un certain respect des uns et des autres et que personne ne prend la mouche. ;)

-kitano jackson-

Posté par kitano jackson, 21 novembre 2006 à 12:16

Patch' / Kit'

On va faire pour les deux, je me couche bientôt, je me lève dans 5 à 6h, désolé... -_- (sic)

Patch', je suis d'accord avec toi pour le côté businessman de tonton Spielby mais c'est un peu grâce à ça qu'on obtiendra les meilleurs divertissements américains des 80's (ahhh les Goonies), alors ne boudons pas notre plaisir. :)

Néanmoins pour le Poltergeist, je suis aussi de l'avis de Kit' en ce sens que je ne ressens pas deux parties bancales mais une imbrication qui fonctionne bien. Bien sûr on retrouve un peu de Hooper avec un peu de thématique Spielby (la lumière fonctionnant comme espoir ou danger mais je reviendrais un jour prochain sur la thématique de la lumière qui traverse constamment l'oeuvre de Spielby) mais ça marche très bien.

Quaid cabotin dans l'aventure intérieure ? Mais que dire alors du pauvre Martin Short qui nous imite presque constamment Woody Allen (en moins hypocondriaque mais quand même), hmm ? :)

"l'aspect fantastique du film se heurte continuellement à des gags dignes du club Dorothée!"
> pas d'accord, le club dorothée n'a lui,jamais réussi à me faire rire ou sourire je signale.
Et puis Corbier fait franchement peur... :)

Et la tronçonneuse, c'était dans Gremlins le premier justement, pas dans le deuxième. Le deuxième, on a cet effet de "cartoon" si bien rendu (ahhh la mire de télé a tête de gremlins...), d'ailleurs Kit' fait bien de citer Chuck Jones puisque Dante en est un grand fan et que justement il l'invite à jouer un court rôle dans l'avanture intérieure ! (d'où les gags cartoon du film que kit indique) :)

"Je termine sur une note d'optimisme: que Kitano et toi-même me disiez du bien du "Jenifer" d'argento me comble de joie. Après toutes les merdes dont il nous a gratifiés ces dernières années, le grand maître transalpin serait-il de retour? Vous me voyez trépignant de voir ça!"

> Ne t'attends pas non plus à un chef d'oeuvre mais honnêtement, ça fait plaisir à voir, donc rien est perdu...


Pour Kit' maintenant...

Je ne pense pas qu'il faille voir dans "ghosts of mars" une merde, enfin du moins Patch ne l'a pas dit comme ça mais je comprends qu'on soit déçu après ce film. Certes un Carpenter sera toujours mieux que d'autres films mais voilà : quand j'ai vu le film en 2001, j'avais tellement adoré que le jour même je m'achetais la B.O. En 2006 je revoit le film et là, consternation : c'est sympa mais bof, où est mon Carpenter qui savait décliner si bien son style western dans l'horrifique et le fantastique dont il était coutumier ? Même si je trouve que le film a de bonnes idées (le matriarcat, Pam Grier, la narration "destructurée", le gunshot dans le couloir...Bien mais trop court, la musique --désolé Patch' je sais que tu n'aimes pas le metal, moi je trouve que Carpenter aux claviers et pro-tools entouré de gratteux déchaînés et britistes dont Steve Vai me fait plaisir--), il déçoit pour moi sur d'autres points : les SFX (certains sont très beaux, en témoigne l'explosion du dirigeable, d'autres boarf : ayant la chance d'avoir un projecteur dans le home cinéma, voir les séquences en image de synthèse des anciens habitants de Mars semblent tirées d'un jeu vidéo bâclé), les personnages secondaires qui passent à la trappe d'un coup (ben merde c'est expéditif mais quand même), les décors sublimes qu'on a même pas le loisir d'admirer (autant on pouvait largement les voir dans Total Recall, autant là non pas trop, dommage alors que c'est ce qui a le plus coûté dans le film en plus) ainsi que des choix de mise en scène qui ne passent pas pour moi (faire exploser "big daddy mars" hors champ et le faire ressortir à peine âbimé comme dans un dessin animé, juste grognant et noirci, aie aie, comment ne pas rire et casser encore plus l'ambiance du film ?). Bref Ghosts of mars pour moi, c'est sympa mais un peu décevant face à d'autres Big John...

"Et puis je constate que vous ne citez pas l'und e ses meilleurs films, a savoir les banlieusards , comedie noir hyper mechante, qui tape comme gremlins sur l'american way of life et n'epargne personne..."

> si, si le patch' le cite dans sa chronique au début... :)

Voilà, voiloù... ;)

Posté par Nio, 21 novembre 2006 à 22:50

oups

Autant pour moi en ce qui concerne les banlieusards...

sinon Nio je suis bien d'accord sur ghost of mars... mais jusqu'a preuve du contraire j'ai jamais essayé de vous faire croire que c'était un chef d'oeuvre non?
Je dis juste que si il n'est pas exactement le meilleur carpenter c'est quand même pas un mauvais film bien loin de la...

Bon bin sinon voila voila.... Masters of horror saison 2 apparemment c'est vachement bien.

et l'antre de la folie sort en DVD le 9 janvier.

Posté par kitano jackson, 21 novembre 2006 à 23:38

pour Kit

Voilà ce que c'est de défier les puissances des ténèbres! Depuis hier, y'a un mec en imper avec un chapeau, le nez emmitouflé dans une écharpe et la démarche trainante, qui me suis partout en produisant des bruits de succion et en laissant des traces humides sur le sol...
Plus sérieusement, je suis bien d'accord avec toi sur un point: si les catégories constituent des concepts bien commodes pour les pauvres humains que nous sommes, il ne faut toutefois pas en systématiser la pratique car, comme l'expérience le prouve, lesdites catégories s'avèrent souvent "poreuses". Il m'est même arrivé de m'amuser beaucoup avec les catégorisations - je te renvoie à ma chronique "De la Théorie du "Bon-Mauvais"! Aussi suis-je prêt à admettre avec toi que blockbuster n'est pas forcément synonyme de mauvais film, de même que les mauvaises séries B sont légion (mais je maintiendrai toutefois que les plus mauvaises séries Z sont les meilleures!). Néanmoins, tu admettras que le plus souvent, quand une masse de pognon est investie dans un film, la production cherche à ratisser large, ce qui a tendance à tirer le film vers le bas, c'est-à-dire le consensuel, pour ne pas dire le lieu commun. Je remarque seulement que dans ce milieu-là, un cinéaste revendiquant un tant soit peu le statut d'auteur (ce qui est le cas de Dante et Carpenter, à mon avis) risque fort d'être gêné aux entournures, mais ce n'est pas une règle absolue: certains parviennent à contourner le système assez génialement: Tim Burton, par exemple, ou encore Guillermo del Toro avec son "Hellboy". Il n'en demeure pas moins que Tim Burton s'est fait virer de la franchise Batman après deux films géniaux (faut voir par qui il a été remplacé, et le résultat!), quant à del Toro, il passe par d'autres voies lorsqu'il tourne des films plus personnels. Je pourrais encore te citer les persécutions dont fut victime Orson Welles et particulièrement "La Splendeur des Ambersons", ou encore la lutte acharnée que dut mener Terry Gilliam pour garder le contrôle sur "Brazil"...
D'où ce théorème selon lequel l'interventionnisme décroit avec le budget, dont tire avantage la liberté créatrice - une liberté que les majors se hâtent de récupérer soit en circonvenant l'auteur, soit en le copiant jusqu'à en épuiser la substance, mais dans tous les cas en l'édulcorant. Certains entrent en résistance (Romero), certains font très fort et mettent les majors à leur botte en se rendant incontournables (Kubrick), et d'autres encore y perdent leur âme (Craven).
Quoi qu'on en dise, et toutes sensibilités de spectateurs respectées, je trouve personnellement (et c'est le cas de Carpenter) que ses films, aussi excellents qu'ils soient, n'ont pas la même saveur lorsqu'on sent quelqu'un qui regarde par dessus son épaule, ou encore qu'on le sent se griser lui-même par les moyens mis à sa disposition.
Et puis les plus grands chefs-d'oeuvre ont été tournés avec deux bouts de ficelle ("La Nuit des Morts-Vivants", "Massacre à la Tronçonneuse"...), comme si la disette aiguillonnait l'inventivité... On peut donc craindre (mais non conclure à) un certain "embourgeoisement" des auteurs, dès qu'on leur confie un budget plus important. En musique, je pourrais pareillement te citer nombre de premiers albums enregistrés dans l'urgence dont les auteurs n'ont jamais pu par la suite reproduire l'impact...
Bon, je reprendrais (peut-être) plus tard, parce qu'il faut que je me casse à la kiné.
En tous cas, soit certain qu'aussi animés que soient les débats, je suis bien d'accord sur les notions de respect que tu mets en avant. CE blog a été fait dans cet esprit de communication rationnelle et "non-violente". Le jour où j'aurais envie de me friter avec un blaireau, j'irai sur Caramail!

Posté par patchworkman, 22 novembre 2006 à 09:36

bon...

bin t'as pas de pot avec moi mon cher patch , mon film preferé celui que je n'échangerai pas contre tous les DVD du monde se nomme .... le seigneur des anneaux... hé oui!!

Parce que ce que tu cites comme exemple pour appuyer ta these est tres juste certes , mais je pourrais citer également moults exemples allant dans mon sens.... le probleme c'est que le débat ,'avan,cerait pas d'un iotta , car ce n'est pas dans l'exemple que l'on fait avancer un dévat mais bel et bien dans la philosophie que l'on dévellope, tu sais mon cher patch si tu as parcouru mon blog tu as du remarquer que j'étais un grand fan de cinoche d'exploitation bien BIS , or la particularitée du cinoche d'exploitation n'est il pas de racoler au maximum? et c'est la que nos avis convergent car a mon sens , des ambitions commerciales énormes ne sont pas incompatibles avec une veritable ambition créative , l'important encore une fois c'est la vision que nous offre le cinéaste, faudrait quand même être de mauvaise foie pour qualifier ghost of mars, jack burton , gremlins, poltergeist et autres de films consensuels a l'aune de leur mode de production....

enfin je crois que l'on s'est compris, et c'est bien quand le dévat avance.
MAIS MERDE REVOIS JACK BURTON!!!!!! :D

-kitano jackson-

Posté par kitano jackson, 22 novembre 2006 à 19:41

sinon

L'episode de joe dante est mou , rigolo 5 minutes mais on a quand même serieusement envie de lui dire de passer la deuxieme!!

Posté par kitano jackson, 22 novembre 2006 à 19:42

eratum

"nos avis divergent" et pas convergent.... suis con moi desfois:!

Posté par kitano jackson, 22 novembre 2006 à 20:55

pour Kitano

Comme on parle ici d'un point de vue esthétique, on ne peut procéder que par jugements réfléchissants, c'est-à-dire allant du particulier au général, un peu comme dans un diagnostic médical. Je veux dire par là que si l'on doit établir des propositions ayant un tant soit peu valeur de principe (attention, je ne parle pas de dogmes!), on ne pourra y parvenir qu'à partir des "symptômes", soit: des exemples PARTICULIERS. Et c'est bien le problème de toute démarche esthétique: elle ne se laisse pas appréhender selon des principes établis de façon définitive, il n'y a pas en ce domaine d'équivalent du théorème de Pythagore, dans lequel l'exemple sert d'illustration du principe. En esthétique, l'exemple est la base même du raisonnement, d'où ces discussions sans fin que nous avons tous connu autour d'un demi en sortant du cinoche: les exemples succèdent aux exemples, et on ne gagne pas un pouce de terrain. Tout au plus peut-on tomber d'accord sur quelques propositions générales âprement négociées à force d'arguments dûment appuyés... d'exemples! Mais de principe définitif, point! Tu parles d'avancer des philosophies, mais il me semble à moi que la seule philosophie que l'on puisse avancer en cette matière, c'est que le jugement esthétique est désespérément condamné à la subjectivité - ce qui n'est pas un scoop, j'en conviens! D'un autre côté, c'est ce qui en fait toute la noblesse: car même (et surtout) en l'absence de principe fondateur, le jugement esthétique n'en persiste pas moins à rechercher une universalité qu'il sait impossible et en cela, il a la beauté de ces utopies anarchistes ou phalanstériennes. Nous avons ainsi des moments de communion (lorsque je te dis que "The Thing" est un chef-d'oeuvre) dont nous savons pertinemment qu'il ne vont pas durer (lorsque je te dis que "Ghosts Of Mars" m'a gavé!). Déjà, en matière esthétique, considérer un film dans le contexte d'une oeuvre, ce qui est pratique courante, peut être considéré comme abusif. L'ami Céd s'étonnait de me voir dire du bien de "Bound" des Wachowski Bros. après les tombereaux de merde que j'avais déversé sur eux à propos des "Matrix" et de "V pour Vendetta". Je ne te gonflerai pas en te réitérant que "Bound" est un petit polar B bien sympa tourné avec trois fois rien, et que le trois fois blockbuster "Matrix" est... ce qu'il est. Tout simplement, ayant apprécié "Bound", j'ai fourni un contre-exemple à un principe que j'avais moi-même avancé, à savoir: film des Wachowski = gros caca fumant. Car il y a un monde entre "Bound" et le reste. Tu admettras dès lors qu'établir un rapport entre les budgets et les résultats n'est pas une idée dénuée de tout fondement. Ça me rappelle un peu ces leaders politiques qui partent purs et arrivent complètement ripoux, où ces soixante-huitards devenus bobos (dans le meilleur des cas!). Les Wachowski de "Bound" sont perdus pour la cinéphilie, et c'est bien dommage. J'ai vu trop de cinéastes perdre ainsi leur âme pour n'avoir pas une méfiance viscérale envers les majors. Néanmoins, c'est un principe qui vaut dans un contexte bien précis, et je t'en donnais moi-même des contre-exemples hier matin.

Pour le reste, ne prends pas mes propos pour plus excessifs qu'il ne sont. C'est vrai que j'ai détesté "Ghosts Of Mars", toutefois je ne le mets pas au même niveau que certaines bouses pénibles que j'ai pu voir par ailleurs. Ainsi, l'adjectif "pitoyable" que j'ai employé est à la mesure de la déception éprouvée par un pur fan de Carpenter, il était véritablement dicté par la passion, n'en doute pas, même s'il s'agit en l'occurrence de passion frustrée. On peut certes lui reconnaître certaines qualités formelles, après tout, le minimum qu'on puisse demander à un réalisateur digne de ce nom c'est de savoir mettre en scène - et ça Carpenter sait faire, ô combien! - mais ça ne suffit pas toujours (voir par exemple le cas Christophe Gans). Pour "Jack Burton", je veux bien tenter une troisième vision, faudra juste que je mette mon casque spéléo et que je parte en expédition parmi les 500 VHS entassées dans mon garage - tu noteras que malgré tout, j'en ai un exemplaire, de même que pour l'homme invisible et "Starman", d'ailleurs. C'est quand même un signe, non? Ceci dit, il est vrai que je ne suis pas un grand spécialiste des kung-fu movies et autres wu-xia-pian (ce qui ne m'empêche pas de les apprécier à l'occasion), donc je t'accorde qu'il est fort possible que certaines références destinées aux happy few me soient passées au-dessus de la tête. C'est ce qui fait la force et la faiblesse d'un cinéma ultra-référentiel: tu cites Tarentino, mais les références chez celui-ci sont tellement abondantes qu'à moins d'être une véritable encyclopédie du cinéma-bis, on peut s'estimer heureux lorsqu'on en a repéré la moitié!

Sur la question des séries B, tu vas sans doute m'accuser encore de "catégoriser", mais je fais une distinction entre la série B de pure exploitation opportuniste (reproduction de grands succès du moment au travers de sous-produits) et celle qui constitue au contraire un laboratoire pour des gens plus créatifs entrant dans la carrière (là c'est le contraire qui se produit, et la nouveauté est récupérée par le mainstream). Comme dans tout cinéma (sauf peut-être l'art-et-essai pur et dur), l'objectif est de toucher le max de public, certes, mais on peut avoir affaire à des procédés plus ou moins faciles: ce que perso j'appelle "ratisser large", c'est une sorte de mélange des genres plus ou moins heureux censé capturer le max de coeurs de cibles: le black surburné t'attire un public de rappers et de lascars, le "Marilyn Manson" les goths, les fans d'actionner sont dragués à coups de gros flingues et d'explosions, ceux de SF (un peu volés sur ce coup) par le contexte martien de l'aventure, ceux de fantastique par le côté vampiresque des méchants, etc, tu auras compris de quel film je parle! Bien sûr c'est bien réalisé mais, pour ainsi dire, qui trop embrase mal étreint, et Carpenter, cinéaste de genre assumé, travaille dans trop de genres à la fois pour que cette cuisine ne ressemble pas à une grosse opération commerciale, et moi, perso, ça me gêne quand ça devient trop ostentatoire. En d'autres termes, on sent trop le calcul derrière les images et le film en souffre.

Bon, j'arrête là pour aujourd'hui, parce que si je commence à argumenter sur Dante (c'est vrai que le rythme est mou, mais bon, le sujet est plus social qu'horrifique, les zombies ne sont jamais qu'un prétexte, et, comble de tout, ils sont pacifistes!) ou encore sur l'aspect interventionniste de Spielberg-producteur, mais j'en aurais encore pour des plombes. Quand je commence, c'est affreux - j'ai l'impression qu'il en va de même pour toi, non? C'est ça, la passion!

Posté par patchworkman, 23 novembre 2006 à 08:40

pour Pim's (que j'avais oubliée)

Oui je ne t'avais pas remarquée (mille excuses!), tant ton intervention est discrète - 3 mots coincés entre deux logorrhées patchworkmano-kitaniennes, ça passe un peu inaperçu!
Tu votes pour, certes. Mais pour qui? pour Argento? Pas pour Sarko, j'espère!

Posté par patchworkman, 23 novembre 2006 à 09:13

ha la la

Lorsque je parle de philosophie mon cher patch, je veux bien évidemment dire que c'est ce qui régit notre vision , et qu'en ce sens forcément lorsque l'on discute d'art (donc de cinoche) on met en avant une certaine philosophie , une vision des choses....

Ainsi bien sur donner des exemples peut s'averer utile , mais il me semble qu'uil est plus aisé de cerner le raisonnement de l'autre lorsque celui s'expose et expose donc une maniere de voir et de penser.... car le cinéma n'est pas qu'estethique , et je suis sur que nouss erons d'accord la dessus.

Pour en revenir au débat, oui je trouve que tu categorises car il mes emble que l'on peut ratisser large et être créatif, les années 70 et 80 l'ont amplement prouvé , je retrouve quelque part dans ce que tu dis l'éternel combat entre "films d'auteurs" et "divertissement" (même si ce n'est pas la ton propos nous somems d'accord) je pense que le cinéma comme tout processus de création ne se résume pas a des procédés manichéen, ainsi on peut avoir toute la sinceritée du monde et pas de moyens et faire des films atroces (jean rollin, jean jacques rousseau par exemple hein) , et on peut être un petit roublard qui bouffe a tous les rateliers et être un brillant créateur (Lucio fulci , Tarantino , Fukasaku , Misumi et j'en passe) l'inverse est également fréquent comme tout un tas d'autres combinaisons qui rendent pour mmoi impossible toute categorisation..
Du moins cela empeche toute categorisation d'ordre qualitatif et cela n'entraine jamais une quelquonque hierarchie.

je pense que c'est la encore une fois que tu fais une erreur , un pan entier du cinéma te passe sous le nez si tu qualifies d'ores et déja le film d'exploitation de sous produits, du moins je pense, car si il faut en effet passer outre un racolage hardcore (qui fait sopuvent sourire de toute maniere) le bis recele de veritables perles d'invention que tu ne devrais pas manquer.... et pourtant on ne fait pas plus commerciale comme cinoche...

Sinon pour jack burton fais toi un cycle cinéma honk kongais , refais toi les shaw brothers , les bruce lee , jackie chan et autres et mets toi jack burton juste derriere.. c'est imparrable.

Sinon bin oui c'est ça la passion , et ça fait plaisir de voir quelqu'un qui tient le rytme!! (bon y'a nio aussi!!)

-kitano jackson-

Posté par kitano jackson, 23 novembre 2006 à 21:50

a quand tes prochains articles ! j'ai hate de te lire a+

Posté par aspirine, 17 décembre 2006 à 00:09

A patch (post du 21 nov. 2006 - o8.25)

Bonjour tout le monde, et notamment toi patch, c'est mon premier passage sur ton blog!

Je suis comme toi un fan de Carpenter, et je trouve l'ensemble de son oeuvre d'une confondante cohérence. Bizarrement tu sembles lui reprocher d'avoir changé de direction et de s'être diversifié tout au long de sa carrière, ce qui est assez curieux de la part d'un fan comme toi.

Premièrement, tu dis que "Les Aventures de Jack Burton" est un blockbuster (à savoir un gros succès au box-office), tu dis même que c'est le premier blockbuster de Carpenter, ce qui est totalement faux; bien au contraire, c'est un gouffre financier, à savoir un film à budget conséquent - bien faire la différence - qui s'est gravement ramassé au box-office et c'est ça qui a fait revenir Carpenter aux productions fauchées que l'on connait. Je suis tenté de dire que c'est tant mieux que Jack Burton se soit planté, ça a permis justement à Carpenter de revenir vers la pure série B et de nous donner des perles dans le genre de l'horreur et de la SF.
Pour parler du film en lui-même, "Jack Burton" était en avance sur son temps et c'est la raison de son échec - un pur film d'arts martiaux pendant les années Reagan, et à une époque où personne en Amerique ne connaissait encore le genre, ça ne pouvait pas fonctionner... S'il avait été réalisé au milieu des années 90, il aurait rencontré un grand succès. Regarde le DVD du film, sorti justement dans la deuxième moitié des années 90, et qui a fait un tabac. Ce que j'ai trouvé gonflé dans ce film, c'est la façon dont Carpenter a traité son 'héros', un frimeur incapable qui ne comprend rien à rien, un pantin constamment dépassé par les événements qui passe son temps à courir derrière ses amis asiatiques tout en posant au héros invincible et sans peur. Carpenter a voulu se moquer des héros infaillibles et propres sur eux, engendrés par le système hollywoodien et ça marche très bien; Jack Burton ne fait absolument rien tout au long du film, jusqu'à ce qu'il plante un couteau dans la tête du méchant. Et il n'embrasse même pas la belle nana à la fin! C'est un peu comme jouer au salle gosse au sein des gros studios. Tu dis que Carpenter n'est pas doué pour la comédie, pourtant pendant les projections-test du film, tout le monde se tordait de rire dans la salle (dixit Carpenter)... C'est pas parce que Joe Dante te fait rire qu'il faut dire que Carpenter, dont les films sont beaucoup plus sombres, n'est pas aussi doué pour ça - les deux réalisateurs ne sont pas vraiment des clones.

A propos de "Starman", ce film est une version foncièrement adulte de l'insupportable E.T. - avec des acteurs adultes qui reprennent les rôles tenus par des nourrissons dans le film de Spielberg, donc quand tu dis que le film de Carpenter est cul-cul-gnan-gnan, c'est aller un peu vite en besogne. Personnellement j'ai trouvé ce film très agréable, qui égratigne en passant la bêtise et la crauté des humains. Pour moi c'est donc beaucoup plus intéressant que E.T. Je te rappelle aussi que "Starman" n'a rencontré qu'un succès d'estime à sa sortie, ce qui est curieux pour un film de commande hollywoodien censé être calqué sur un blockbuster à la Spielberg.

"Ghosts Of Mars"? J'ai adoré!! D'abord ce n'est pas un remake d'"Assaut", c'est un patchwork - euh, désolé - de tout ce que Carpenter a fait dans sa carrière; bien entendu le thème du siège rappelle "Assaut", mais il y a aussi cette poussière rouge qui transporte les fantomes, et qui renvoie au brouillard de "Fog", le Big Daddy Mars qui renvoie au Blake de "Fog" et à ce clochard inquiétant joué par Alice Cooper dans "Prince des Ténèbres", la possession des corps rappelle "The Thing" et "Prince des Ténèbres"... bref ne nous enfermons pas dans des conclusions rapides, en disant que l'oeuvre de Carpenter se résume à 90% à des films de siège à la Alamo (??). D'ailleurs à supposer que ce soit le cas, alors ne va pas lui reprocher d'être sorti de son style. Les films de Carpenter sont des westerns déguisés.
Avec "Ghosts Of Mars", qui est d'abord un western spatial, Carpenter a pris les States alors qu'ils en étaient au début de leur colonisation: les étendues désertiques de Mars rappellent celles du Far West américain, et les Martiens eux-mêmes renvoient aux Indiens d'Amérique (et non a Marilyn Manson, comme beaucoup le disent stupidement). Carpenter a également anticipé l'invasion et l'occupation de l'Irak, ce qui n'est pas rien - ce qu'on voit dans le film, c'est exactement ce qui se passe en Irak. C'est donc une fable gonflée sur la colonisation à l'américaine qui, 21 ans apres "Fog", dénonce la facon dont les Yankees s'appliquent depuis des lustres à s'imposer partout en massacrant d'autres communautés. Le tout en renversant adroitement le thème classique du film d'invasion extra-terrestre style "La Guerre des Mondes": ici, l'action se passe sur Mars et les envahisseurs, c'est nous, les Terriens!! Tu parles de scénario inexistant et de film bourrin à donf, là tu montres tout simplement que tu n'as pas compris grand-chose à ce que Carpenter a voulu faire (comme un tas d'autres personnes, malheureusement). Faire ce genre de film au sein d'un grand studio (Sony) est déjà très fort de café, alors n'allons pas chercher quelques toutes petites bébêtes, et s'en servir pour descendre le film. D'autant plus que le film s'est ramassé au box-office - ce qui était à prévoir. Donc Carpenter n'a pas fait ce film pour s'embourgeoiser et s'en mettre plein les poches, contrairement à ce que t'as insinué ("avec le pognon, il devient feignant"). Il a fait "Ghosts Of Mars" en visionnaire, non en gestionnaire, sans le box-office en ligne de mire.
Mais ce qui est le plus fort dans ce film, c'est là encore la manière dont Carpenter y est allé avec ses deux héros: l'un (Ice Cube) est un chef de gang, l'autre (Natasha Henstridge) est une femme-flic droguée, poursuivie par sa supérieure lesbienne (Pam Grier) et par un macho rouleur de mécaniques (Jason Statham), le tout dans une société matriarcale, dominée par les femmes. Personnellement je trouve très osé d'avoir présenté des personnages aussi peu sympathiques dans un cadre pareil, dans cette ère qui est la notre, macho et obsédée par les héros sans reproche... tu parles de stéréotypes concernant les personnages du film, je ne suis pas du tout d'accord, pas un instant.
Et je trouve l'action plutôt bien menée et l'atmosphère d'angoisse très bien rendue (Carpenter est d'ailleurs l'un des derniers à savoir le faire dans des productions mineures), dans ta critique tu ne fais que t'arrêter sur des détails (les SFX, etc.) qui ne pèsent pas bien lourd...
Bien entendu "Ghosts Of Mars" est assez inférieur aux classiques du cinéaste, notamment ceux qu'il a pondus à la fin des années 70 et au début des années 80, ce n'est pas une oeuvre majeure mais ça reste quand même un sacré morceau de cinéma corsé et libertaire, plein de bruit et de fureur, comme on n'en fait plus.

Carpenter ne se montre jamais plus fort que quand il fait des films en respectant sa vision personnelle de notre monde, ce qu'il a toujours fait, même dans ses films de commande - dont certains n'ont pas eu le succès escompté, à cause justement du respect de Carpenter à sa vision toute personnelle des choses.
Ce qui donne tout son prix à son oeuvre.

Pour un premier passage, c'est pas mal, hein??

Posté par Felson, 11 janvier 2007 à 04:49

A Patch - volume 2

Tiens, ah oui j'avais oublié: à quand une chronique d'un film de Carpenter sur ton blog?

Posté par Felson, 11 janvier 2007 à 05:31

pour Felson

Aïe! Voilà la polémique carpentérienne qui resurgit une fois de plus de sa tombe comme un vieux zombie décati et qui menace de me poursuivre jusque dans la mienne!
Tout d'abord, bienvenue sur ce blog où les polémistes sont toujours accueillis à bras ouverts, et où j'espère te revoir bientôt en dépit de cette divergence que j'espère ponctuelle. C'est vrai que pour une entrée en matière, tu attaques assez fort. Mais c'est tant mieux, ce genre d'intervention rend ce blog plus vivant, et j'engage tous mes visiteurs à suivre ton exemple.
Pour "Jack Burton", en dépit du flop qui l'a sanctionné et dont tu proposes une explication pertinente, le film n'en a pas moins été pensé comme un blockbuster, au sens de grosse production: y'a de la thune et ça se voit. C'est en ce sens que j'ai parlé de blockbuster, et en aucun cas je n'ai conclu à un quelconque succès commercial. Pareil pour "Ghosts Of Mars": si j'ai fait allusion à une enveloppe budgétaire confortable, je n'en ai pas pour autant inféré que "Carpenter s'en mettait plein les fouilles". La thèse que j'ai développée dans ma discussion avec l'ami Kitano, qui est tout à fait personnelle et n'engage que moi, c'est que c'est souvent dans la restriction budgétaire, l'urgence et le système D que naissaient les oeuvres les plus marquantes, voire les classiques (j'ai cité et je re-cite "La Nuit des Morts-Vivants" et "Massacre à la Tronçonneuse"). Ceci dit, cette tendance souvent constatée (et qui n'est en aucun cas une règle absolue) souffre des contre-exemples et des exceptions (là, je re-cite Burton et Del Toro ou, dans le cas qui nous intéresse, "The Thing"). Or, Carpenter illustre parfaitement cette tendance à mon sens, et il ne me fais jamais autant vibrer que lorsque ses ambitions sont restreintes par des moyens limités: comme tu le fais toi-même remarquer, le retour de Big John à la série B après l'échec de "Jack Burton" débouche sur deux perles: "Prince des Ténèbres" et "Invasion Los Angelès", qui restent deux des oeuvres les plus marquantes de sa carrière, comme si la disette lui avait fait découvrir en lui-même des ressources insoupçonnées. Là, on parle de Carpenter, mais les exemples sont multiples de cinéastes ayant perdu leur âme dès lors qu'ils ont eu accès au mainstream et à des enveloppes substantielles. On peut imputer la chose à l'interventionnisme des majors pour partie, toujours promptes à censurer, ou à tirer les oeuvres les plus originales vers le consensus commercial. Quoi qu'en dise l'ami Kitano, qui me voit comme un infâme classificateur dogmatique (mais je t'aime quand même, Kit!), et malgré tout le relativisme que l'on puisse injecter dans cette affirmation, c'est une tendance forte et qui existe, et les confirmations en sont plus fréquentes que les infirmations. Nonobstant, je soupçonne également qu'une grosse enveloppe budgétaire soudain confiée à un réal qui a passé sa carrière à galérer doit constituer une expérience grisante: on doit avoir envie de balancer à l'écran tous les délires mégalos qui nous passent par la tête, et ce n'est pas forcément la meilleure façon de produire une oeuvre convaincante. Je ne sais pas si je l'exprime bien, mais il me semble que c'est ce qui s'est produit avec des films comme "Jack Burton" et "Ghost of Mars". Je vais peut-être te paraître excessivement ascétique, mais j'ai l'impression que l'adversité budgétaire est bien plus stimulante pour les réalisateurs que l'orgie cinématographique qui incite à la facilité. Je n'entends pas autre chose lorsque je dis que le pognon rend feignant. En ce sens, il y a beaucoup plus de profondeur dans un film comme "Prince des Ténèbres" que dans les deux opus cités. Et puis comme j'ai eu l'occasion de le dire par ailleurs (dans ma chronique sur "Fragile", je crois), on ne recherche pas les mêmes sensations dans un tour de grand huit comme "Jack Burton" que dans un fantastique plus intimiste qui travaille sur la mise en condition du spectateur et cherche à mobiliser des émotions autrement plus difficile à obtenir, et qui réclament une réelle maîtrise de son sujet et des son art. Perso, je prise plus cette approche que la première, plus tape-à-l'oeil, mais c'est une option tout à fait personnelle et là, que veux-tu, on ne se refait pas!
La comparaison Carpenter / Dante: je n'ai jamais traîté ces deux réals comme des clones. A ce sujet, il me semble la chose est claire dans les deux chroniques ci-dessus, qui sont faites sous deux tonalités bien différentes. Celle sur Carpenter commence par ces mots: "Là, putain, on ne rigole plus". Certes Carpenter est plus sombre, alors que Dante est un histrion. Chacun son style, et il me semble l'avoir bien marqué. La critique sociale est beaucoup plus grave chez Carpenter que chez Dante, ce dernier en faisant plus volontiers ressortir le ridicule, ce qui débouche sur un comique de situation savoureux qui s'oppose au comique plus slapstick de "Jack Burton", plus proche de la pantalonnade, il faut bien le dire. Ceci dit, je répète que je ne suis pas un spécialiste du film d'arts martiaux, et qu'à ce titre il est certain que de nombreuses références dont je ne doute pas qu'elles aient pu fort divertir les fans du genre, me sont passées au-dessus de la tête. Enfin bon, si j'ai souri à certains gags de JB, je n'étais pas non plus "tordu de rire". Quant à l'aspect anti-héroïque du personnage de Jack Burton: bien qu'il soit évident, la démythification du héros hollywoodien classique n'est pas vraiment nouvelle au moment où sort le film (des gens comme Robert Altman avec "John McCabe" ou Arthur Penn avec "Little big Man" ont depuis longtemps génialement épuisé le sujet), si bien qu'elle m'apparait plutôt comme un cliché.
Pour "Ghosts Of Mars", je suis plutôt d'accord avec ton idée de "rétrospective de la carrière de Carpenter", et c'est à mon sens là que le bât blesse. On a l'impression d'un film fourre-tout. Certes, la thématique est riche, et peut-être même trop. Qui trop embrasse mal étreint, et on a l'impression que les nombreuses thématiques que tu cites ne sont malheureusement que survolées. La parabole sur le génocide indien est pertinente et louable, mais on est habitué chez ce cinéaste que tu qualifies fort justement de "libertaire" à ce genre de thématique. Mais, oserai-je dire, elle m'apparait comme tout à fait anecdotique en l'occurence. Idem pour la structure sociale (le matriarcat) que Carpenter met en place: bien que non inintéressante en soi, elle tombe un peu comme un cheveu sur la soupe et n'apporte rien de plus au déroulement de l'histoire. A tout prendre, j'aurais préféré un film carrément centré sur ce thème et poussant à fond les possibilités scénaristiques qu'il offre, plutôt que ce vague survol sans réelle nécessité, qui s'aparente à une coquetterie de scénario et qui ne débouche sur pas grand chose, si ce n'est quelques punchlines foireuses de la part du macho, et l'affrontement cliché entre un femme phallique et les biceps bodybuildés d'un Ice Cube plus poseur que jamais dans la rap-attitude à deux balles, qui fonctionne finalement comme une énième version de buddy-movie - encore un cliché. Quant à la bad-ass attitude de l'ensemble des personnages, elle est plutôt mode par les temps qui courent et en ce sens particulièrement racoleuse. Bref, que Carpenter s'amuse à parsemer son film d'illustrations des idées progressistes qui lui sont chères est une affaire entendue et contribue à nous le rendre sympathique, mais cela ne suffit pas à faire de ce film autre chose qu'un bourrinage à base de gros flingues - et là encore, l'affrontement Henstridge / Ice-Cube se résume à un mesurage de quéquettes dans les toilettes du lycée! Je pèse d'autant plus mes mots que, suite à mon débat avec Kit, je me suis récemment revisionné le DVD. Je persiste et je signe: ce film est pour moi une frustration permanente, ce n'est ni fait ni à faire, et je m'y fais toujours aussi profondément chier! Désolé, les gars!
Je termine sur Carpenter et le western: que la filmo de Big John soit souvent constituée de westerns déguisés ne me gêne nullement, et loin de moi l'idée de réduire son oeuvre à un éternel remake de "Rio Bravo". Néanmoins, comme le fait remarquer Kit, c'est une tarte à la crème que de le souligner, et force est de reconnaître que le thème "Alamo" (siège et confinement) est présent dans nombre de ses films les plus réussis: "Fog", "Assaut", "The Thing", les deux Snake Plissken, "Prince des Ténèbres", "Le Village des Damnés", le final de "L'Antre de la Folie", etc, etc... J'avais un prof de philo qui prétendait qu'un grand auteur est souvent l'homme d'une seule idée obsessionnellement réitérée, et je pense qu'il n'avait pas tort. Cela ne nuit pas à mon sens à la qualité d'une oeuvre. Par exemple, Visconti a passé sa carrière à ressasser le thème de la décadence sous tous les angles possibles et imaginables, ce qui ne l'a nullement empêché de produire une oeuvre somptueuse. C'est également ce que je pense de Carpenter dans ses rapports avec le western en général, et "Rio Bravo" en particulier. A ce sujet, l'attente du fameux train dans "Ghosts Of Mars" nous donne encore du grain à moudre, et il n'est pas interdit d'y voir un hommage à quelques grands classiques comme, évidemment, "Le Train sifflera trois Fois", ou encore "Le dernier Train de Gun Hill" de John Sturges, récemment diffusé à la TV. Quand à l'attaque dudit train par les morts-vivants martiens, tu as cent fois raison: c'est bel et bien d'Indiens dont il est question!
Bien, voilà. Pour un premier passage sur ce blog, tu avoura que tu n'as pas été volé!
J'espère te relire bientôt. Quant à Carpenter, j'y reviendrai fatalement, sois tranquille.

Posté par patchworkman, 11 janvier 2007 à 21:23

A Patch

Attention, là tu parles presque de Carpenter comme s'il s'agissait de Michael Bay! C'est-à-dire un prétendu cinéaste - en fait un lamentable tacheron reconverti en requin de la production -, totalement immergé dans le système et qui ne pense qu'à mettre dans sa poche le plus gros pourcentage possible de pantins lobotomisés à coup d'effets spéciaux lourdingues et de scènes guimauve. Carpenter est quand même d'un genre un peu différent, c'est non seulement un cinéaste farouchement indépendant mais un très grand cinéaste - bon, là-dessus, je ne t'apprends rien -, qui fait ses films comme tel (en indépendant), qu'il évolue dans ou en-dehors du système hollywoodien, que je méprise autant que toi.
Je suis parfaitement d'accord avec toi quand tu dis que c'est en-dehors de Hollywood et dans les moyens les plus restreints qu'on peut produire ce qu'il y a de meilleur. Et là-dessus justement, Carpenter en est un exemple frappant, puisque paradoxalement - ou plutôt, logiquement, vu le nihilisme du monsieur - c'est quand il s'est retrouvé à travailler pour les grands studios qu'il a connu ses échecs les plus graves, tant artistiquement que (surtout) commercialement. Tu persistes à dire que Carpenter devient feignant quand il a du pognon, mais si c'était vraiment le cas, il se serait alors contenté de pondre - en gros flemmard qui se respecte - des gros films tous publics qui ne prennent pas la tête, genre "Le Seigneur des Anneaux", "Harry Potter" ou "Spy Kids", j'en passe et des meilleurs (ou des pires, selon l'humeur). C'est le genre de films que Carpenter a toujours été totalement incapable de faire, et il le répète à longueur d'interviews. Il se décrit lui-même comme un rebelle genre Peckinpah, un anti-John Williams (pour le compositeur), dont les films sont secs, nerveux, sans le côté propret et politiquement correct cher aux mastodontes de chez Teen Hollywood. Ca veut tout dire. Ce n'est pas Spielberg ou Michael Bay qui auraient pu créer un anti-héros de la trempe de Snake Plissken.

Si Carpenter a fait des films à Hollywood, c'est tout simplement parce que l'ampleur des projets concernés ne lui donnait pas trop le choix. Et non par opportunisme volontaire, comme tu tentes désespérément de le démontrer. Sinon, crois-moi, il aurait fait ces films en totale indépendance! "Jack Burton" a coûté 25 millions de dollars - une somme énorme à l'époque -,"Ghosts Of Mars en a coûté 30, "Los Angeles 2013" quasiment deux fois plus... difficile de trouver des sommes pareilles en-dehors du giron hollywoodien! Carpenter a toujours ressenti une intense frustration avec Hollywood, notamment le fait qu'on le prive du 'final cut' et donc qu'on lui enlève le contrôle de ses oeuvres. Car pour lui, c'est ça, Hollywood, et je suis entièrement d'accord avec lui: un perpétuel parcours du combattant pour arracher le contrôle artistique d'un film. Ca et pas autre chose. Quasiment tous les films que Carpenter a faits à Hollywood ont été charcutés par les producteurs, notamment "Les Aventures d'un Homme Invisible". Carpenter n'est pas du genre à virer feignasse en travaillant dans ces conditions, bien au contraire, ça n'a fait que le renforcer dans son cynisme et sa résignation. Le truc du 'avec du pognon on devient feignant', c'est valable pour plein de réalisateurs mais pas pour lui, et c'est ça qui le met à part. Ce n'est pas pour rien si aujourd'hui ses films sont remakés à la chaine par les grands studios, dans le but unique de leur enlever la patte "carpenterienne" et de les rendre accessibles à un public plus large. Il y a un numéro Mad Movies Hors-Série Réalisateurs consacré à Carpenter (le premier), si tu ne l'as pas lu je te conseille de te l'offrir vite fait. Je te conseille aussi de t'offrir le DVD de "Invasion Los Angeles" - si tu ne l'as pas déjà, bien entendu - et de regarder en bonus une interview de Carpenter par un étudiant français, et pendant laquelle le cinéaste tombe à bras raccourcis sur à peu près tous les cinéastes de sa génération, qui ont fini par laisser tomber le cinéma bricolé, engagé et libertaire des années 70 pour aller faire du fric à Hollywood.

Le plus fort, c'est que tu parles de "Ghosts Of Mars" comme s'il s'agissait d'une série A - budget confortable, moyens dantesques et tout et tout - tout en critiquant les effets spéciaux et les décors quelque peu ratés, bref son aspect série B. Bizarre! Et tu reproches à Ice Cube de poser dans la rap-attitude, ce qui est assez déplacé. D'accord c'est un rappeur dans la vie, mais ici on est dans un film et Ice Cube ne fait que son métier d'acteur. Et il ne pose pas du tout en rappeur, il se contente de camper un personnage sociopathe, et son look s'y prête bien, c'est tout. Je trouve donc que là, et comme te l'a reproché kitano, tu tombes dans la catégorisation rapide et facile, le genre de piège dans lequel il est aisé de tomber.

Je trouve également que tu en demandes beaucoup trop à Carpenter, que tu te montres trop exigeant sur certains points. Un piège dans lequel tombent beaucoup de fans, qui réclament toujours plus à leurs idoles jusqu'à demander la lune. Tu reproches à "Ghosts Of Mars" son aspect fourre-tout (ce qui n'est pas un défaut en soi) pour ensuite critiquer le 'survol' de certains aspects du film. Là encore c'est un peu rapide. On ne peut pas traiter plusieurs thématiques à fond dans un pur film de fiction censé divertir. Surtout quand il s'agit d'un film d'action. Mais dans "Ghosts Of Mars", film qui, comme beaucoup d'autres dans sa filmo, mélange les genres (SF, action, horreur et western) Carpenter s'en est tiré avec les honneurs, je trouve. Le matriarcat est très présent ici, et fait au contraire partie intégrante de l'histoire, vu que là ce sont les femmes qui commandent, qui donnent les ordres (dans cet exercice, on voit Natasha Henstridge succéder à Pam Grier), ce qui est très rare dans un film d'action, qui plus est produit par un grand studio. Je ne vois donc pas où est le 'survol'. La parabole sur le génocide indien, tu la trouves anecdotique, pourtant si Carpenter n'avait pas intégré cette parabole dans son film, celui-ci aurait mieux fonctionné auprès du public américain. Je te rappelle quand même que le peuple américain vit toujours dans une mauvaise conscience liée à ce génocide, et à l'histoire de son pays, qui s'est construit sur leur sang et leurs terres qu'il leur a volé. Donc non, cette parabole n'a rien d'anecdotique, c'est d'ailleurs le thème central du film. Tu parles d'un soi-disant 'affrontement' Henstridge/Ice Cube qui en réalité n'existe pas vraiment, vu qu'ils finiront par s'allier sans ressentir la moindre attirance physique l'un pour l'autre - ce qui est, là encore, totalement inédit dans un film d'action. Quant à la bad-ass attitude de l'ensemble des personnages, au contraire elle n'est pas du tout mode, vu que justement cette mode est de nos jours aux personnages lisses et propres sur eux - regarde ce que font les frères Wachowski -, et donc elle n'a rien de racoleur, d'autant plus que le film est loin d'avoir rassemblé les grandes foules à sa sortie. C'est l'échec - cuisant - de "Ghosts Of Mars" (bizarre pour un film racoleur!), conjugué à ceux de ses deux précédents films, "Vampires" et "Los Angeles 2013", qui a fait perdre pour de bon à Carpenter la confiance des producteurs hollywoodiens - ce qui n'est pas plus mal, tu me diras. Carpenter est maintenant contraint de travailler pour la télé, comme un malpropre. C'est le seul réalisateur à avoir participé aux deux premières saisons des "Masters of Horror".
Voilà, j'ai fini!! Tu vois, j'ai pas tardé pour te donner l'occasion de me relire sur ton blog. Sinon voilà, tu reproches à Carpenter d'avoir fait certains de ses films avec les grands studios sans chercher à comprendre qu'il ne pouvait pas faire autrement - vu l'ampleur de ces projets - et que malgré tout il n'a jamais perdu son style si personnel et sa vision de vue. Evidemment la qualité de ses films s'en est ressentie, mais qu'est-ce que tu veux... ce qui compte à Hollywood, c'est le fric, le cinoche passe après et c'est vraiment très con. Malgré tout Carpenter s'en est pas mal tiré, et ses films sont restés reconnaissables en dépit de toutes les concessions qu'il a dû faire.
En passant, j'aimerais beaucoup connaitre ton opinion sur "Halloween" et "Fog", ces deux chefs-d'oeuvre du genre. Pour ma part, "Halloween" est un film immortel, mais "Fog" me touche plus.

Posté par Felson, 12 janvier 2007 à 04:02

pour Felson

Wah, ça devient hot, I like it!
Bon, t'y vas un peu fort je trouve, et tu me prêtes une excessivité dans le propos que je n'ai pas. Mais peut-être ne suis-je pas assez précis dans mon expression, aussi vais-je essayer de clarifier tout ça...
Tout d'abord, je n'ai jamais, je le répète, considéré Carpenter comme un faiseur de fric à tous crins. De ce fait, et bien que n'aimant pas (ou moins) certains de ses films réalisés pour des majors, je ne le considère absolument pas comme un quelconque Michael Bay - je me demande ce qui dans mes propos a bien pu te faire penser ça: là, soit dit avec tous le respect que je te dois, c'est toi qui te montres quelque peu excessif, et j'avais l'impression de m'être exprimé de façon un peu plus nuancée. Ne nous y trompons pas: je considère que Carpenter est l'un des maîtres du genre qui est la raison d'être de ce blog, et il vient encore de le prouver en produisant peut-être le meilleur épisode de la saison 1 des "Masters Of Horror" - par ailleurs ma chronique est assez élogieuse, à ce qu'il me semble. Et je ne l'ai jamais considéré comme un vendu à Hollywood: je ne lui reproche même pas de faire des films avec des majors, comme on cherche à me le faire dire, car j'estime qu'il est bien légitime qu'un cinéaste cherche à se donner les moyens matériels de faire le meilleur film possible. Parfois ça marche à donf ("The Thing", les deux Plissken), et parfois ça floppe... Lorsque j'estime qu'un film est plus faible, j'essaie d'analyser ce qui me chagrine, et c'est ce que j'ai fait pour, par exemple, "Ghosts Of Mars". J'adore Carpenter, mais je ne lui voue pas une dévotion aveugle au point de refouler le fait que ce film m'a fait chier - ce qui serait, pour le coup, de la vraie malhonnêteté. Néanmoins, et tu le fais remarquer toi-même à diverses reprises, lorsque Carpenter fraye avec les majors, et étant donné, précisément, le caractère libertaire et le statut d'auteur que revendique l'homme, ça tourne souvent à la déconfiture pour lui, du fait des compromissions auxquelles il doit se plier à son corps défendant, et notamment de ce problème de final cut auquel tu fais allusion. Ce que j'essaie de dire n'est pas très compliqué: il est évident que Carpenter est un cinéaste surdoué qui a besoin d'une totale liberté d'expression artistique pour donner le meilleur de lui-même, et dans l'acceptation d'une grosse enveloppe, il a peut-être objectivement et paradoxalement plus à perdre qu'à gagner. On peut certes déplorer que le flop de "Ghost Of Mars" le renvoie dans les dix-huit mètres de la téloche mais, s'il tu me permets un certain égoïsme de spectateur, j'aurais plutôt tendance à m'en réjouir, si cela doit nous valoir des oeuvres de la trempe de "La Fin absolue du Monde". Je ne prends pas cet exemple au hasard, puisque le maître-mot de la série de Mick Garris est de laisser une totale carte blanche aux réalisateurs, et que Carpenter n'a besoin de rien d'autre pour être génial. Je suis fondamentalement sûr que Carpenter se ressource dans cette mise au placard.
Par ailleurs, à propos de l'affrontement Hensridge / Ice Cube, que tu décris comme une opposition de deux êtres dissemblables se résolvant dans une alliance fondée sur un respect mutuel transcendant les différences constatées, tu apportes de l'eau à mon moulin. Ce genre de situation, que je persiste à qualifier de cliché, est précisément la définition même du buddy-movie dont on a depuis longtemps épuisé toutes les variations imaginables dans nombre de productions souvent très consensuelles (pour rester poli!). On a eu droit aux tandems black / white (quinze mille films), jeune / vieux (les "Arme fatale"), Terrien / ET ("Futur immédiat"), macho / meuf libérée, homme / clébard, keuf / malfrat, flic rétro flanqué d'un as du kung-fu, etc, t'en veux encore? J'en ai des tiroirs pleins! A chaque fois, le schéma est le même: on se blaire pas au début, puis chacun fait ses preuves et on apprend à s'apprécier, et à la fin on est copains comme cochons. Le duo Hensridge / Ice Cube, que j'ai défini selon la variation macho / femme phallique, ne fonctionne pas autrement et, désolé si je te fais de la peine, mais il s'agit bel et bien d'un cliché, et parmi les plus éculés qui plus est!
Bon, on va se réconcilier pour terminer (comme dans les buddy-movies!). "Halloween" est bien sûr un chef d'oeuvre absolu. Je le regardais encore récemment, et je restai halluciné de constater à quel point ce film est parfait. Le twist final (la révélation de l'immortalité de Myers) égare magistralement le spectateur en consacrant un retour en force du fantastique pur et dur tout à fait déstabilisant. La conclusion, assez provocatrice eu égard aux canons de l'époque, nous laisse comme deux ronds de flan - dommage qu'elle ait été récupérée pour justifier le navet de Rosenthal qui a suivi. Quant aux déambulations de la caméra à travers les rues désertes et tirées au cordeau de la Haddonfields, elles te foutent une pression rarement égalée, notamment avec le petit jeu de cache-cache derrière les haies, le tout sur la musique entétante de Carpenter (là je suis bien d'accord avec toi: l'homme est un maître de la partoche minimaliste, et tous les philarmoniques du monde n'auraient su être plus efficaces que ces quelques notes sinistres et obsédantes). Et puis j'adore Donald Pleasance, et puis je préfère de loin la Jamie Lee avec ses petites socquettes et ses jupes plissées que la version body-buildée option wonderbra - oui, tu as le droit de me traiter de vieux pervers! Et puis j'arrête, parce que je n'en finirais pas!
Quant à "Fog", je ne l'ai vu qu'une fois, à sa sortie, et je me souviens avoir adoré! Toutefois, cela remonte à loin, et je n'en ai pas une mémoire suffisante pour en parler de façon précise et pertinente. Néanmoins, une forte impression de chef-d'oeuvre subsiste!

Posté par patchworkman, 12 janvier 2007 à 12:51

ho hé

Patche tu te fais assaisonner par les fans!!
Felson je te rejoins entierement sur carpenter et je vais paraphraser yannick dahan " Carpenter n'a jamais fait de nanar!! JAMAIS FAIT DE NANAR!!"

bon sinon je crois que pour ma part j'ai tout dit, même si finalement résumer l'oeuvre de carpenter avec quelques mots s'averent impossbile dans un sens comme dans l'autre.

Sinon Patch tu confonds les codes du buddy movie et els codes du western, et accuses donc a l'occasion carpenter de piller des codes qu'il a lui même mis en place, la relation Henstridg ice cube dans ghost of mars est bel et bien basé sur la même trame que ceux des deux personnages principaux de Assaut, on est loin de la connerie incroyable du genre que tu fustige, mais on est bel et bien dans une structure a la rio bravo avec un détournement des mythes ricains hautement subversifs.
Ensuite Carpenter ne prend pas ice cube pour avoir le dernier rappeur a la mode dans son film mais il le prend comme une rprésentation de la contre culture (un black et une femme fondamentalement les deux classe sociales les moins respectés aux states)et les érige en nouveaux héros americains, mais dans son grand nihilisme (je rappelle quand même que carpenter a maintes fois décrit la fin du monde comme une solution (los angeles 2013) ou comme une fatalitée(the thing, l'antre de la folie)..)il n'oublie aps de les décrire également comme de pauvres cons incapables, menteurs et abusant de leur pouvoir et tuant ceux dont ils ont volé les terres, carpenter dit de lui " autrefois je me sentais comme un cow boy, mais depuis je suis passé du coté des indiens" c'est la différence fondamentale entre assaut et ghost of mars, Carpenter y détourne son thème favori pour vriller son raisonnement et l'inverser litteralement, nous sommes les envahisseurs, et le retournement des valeurs peut faire mal au foie, Big Daddy Mars est bel et bien le héros de ghost of mars, le résistant, carpenter joue de notre conditionnement et nous force a entretenir une relation d'admiration envers les fils de pute de son film.... comme le fit verhoeven avec starship troopers.

Ghost of mars outre ses défauts due en grande partie a son budget est une oeuvre qui allie burrinage hardcore comme on en faisait plus a l'époque (et encore une fois moi j'appelle ça un acte de rsistance et ça ça mérite le repsect) mais c'est en plus une oeuvre qui met en avant le lien du spectateur avec ce qu'il voit et entend... et ça c'est la grande classe.

Bon j'espere que c'est clair car je suis crevé et si c'est pas clair faudra que je réexplique, alors bon si c'est pas clair on le dit et tonton kitano il refera en plus clair!!

sinon bin... un polemiste de plus patch!! avoue que ça te fait palisir!!

Posté par kitano jackson, 12 janvier 2007 à 23:46

A patch

Tu te démènes drôlement, mon vieux!
D'accord, tu n'as jamais dit que Carpenter était un faiseur de fric, ni qu'il s'était vendu à Hollywood. Pas de problème. Mais bon, je ne pense pas avoir voulu te prêter ce genre de propos, même si mon allusion à Michael Bay était, il est vrai, un peu excessive - dûe, certainement, à une gentille petite dose d'ironie.
Seulement quand tu prends cette formule "avec du pognon on devient feignant" et quand tu l'appliques à Carpenter, là tu lui reproches clairement - et je reprends tes mots - d'avoir sombré dans la facilité, de s'être laissé aller et d'avoir dilué son style, voire de s'être laissé séduire puis engloutir par la machinerie hollywoodienne. (Donc, d'être devenu un peu comme Michael Bay! Hi hi hi! je rigole). Mais c'est un peu ça, non? Et ça expliquerait donc que les films qu'il a réalisés à Hollywood soient moins bons, voire carrément daubesques.
Tu oublies quand même que, comme par hasard, la plupart des films qu'il a faits avec les majors sont aussi ses moins personnels, dont il n'a pas écrit les scénarios: "The Thing", "Christine", "Starman", "Jack Burton", "Les Aventures d'un Homme invisible", "L'Antre de la Folie", "Le Village des Damnés"... Parmi tous ces films, seul le tout premier ("The Thing") est une totale réussite artistique - tous les autres, hormis "L'Antre de la Folie", sont considérés comme mineurs par Carpenter lui-même -, mais son rejet intégral par le public a tellement marqué Carpenter qu'il est devenu moins courageux par la suite. Il a donc dû, comme qui dirait, 'rentrer dans le rang' et faire des films plus radoucis pour se refaire une crédibilité sur le devant de la scène (d'où un film comme "Starman", qu'on peut qualifier comme une antithèse apportée à "The Thing", histoire de faire amende honorable et de se laver des soi-disant excès de ce dernier film). Evidemment, la qualité s'en est ressentie, on a eu droit à des films de Carpenter sans vraiment du Carpenter, sans le caractère linéaire et rentre-dedans de ses propres scénarios et sans l'intégralité de sa vision et de son style uniques, mais on ne peut pas réellement le lui reprocher et encore moins lui en attribuer toute la responsabilité, faut pas pousser non plus. Carpenter est lui-même certain que sa carrière aurait pris une toute autre tournure si "The Thing" avait marché.

Quand tu estimes qu'un film est plus faible, bien sûr tu analyses, pas de problème là-dessus non plus, c'est ce que nous faisons tous. Mais de là à massacrer "Starman" qui n'est, comme je l'ai dit, qu'une version foncièrement adulte - donc beaucoup plus courageuse et moins commerciale - de E.T., en même temps qu'un road-movie très réussi, et surtout de qualifier "Ghosts Of Mars" de film pitoyable, voire de navet... Tu considères la relation Henstridge/Ice Cube comme cliché, calquée sur un de ces principes genre macho/femme phallique chers à Hollywood, mais non, pas du tout, d'abord il s'agit d'une relation keuf/malfrat, et ensuite je regrette, cette relation-là, et comme kitano te l'a rappelé, c'est Carpenter qui l'a inventée dans "Assaut"! Ce genre de duo n'a pas du tout été secrété par le système hollywoodien, je ne vois donc pas du tout où tu veux en venir quand tu parles de "Ghosts Of Mars" comme d'un vulgaire buddy-movie comme on en voit tous les jours. Aucun film n'avait presenté un duo pareil avant "Assaut", et même les westerns de Hawks ne se sont jamais aventurés sur ce terrain glissant - et certainement pas "Rio Bravo". Pour "Ghosts Of Mars", Carpenter n'a fait que reprendre cette relation - qu'il a donc lui-même mise en place au cinéma - tout en rajoutant une autre barrière, celle du sexe qui vient s'additionner à celle de la loi. Et il a le culot de faire de la femme l'élément dominateur (sur un truand noir, en plus, la brute par excellence!). C'est très gonflé, ça, et on n'est pas près de revoir ce genre de duo au cinéma, et certainement jamais dans un film réalisé par quelqu'un d'autre que Carpenter. Ca n'a donc absolument rien de cliché. Seulement le public (et aussi le gotha des critiques) compte un nombre incalculable de machos abrutis et de bigots à l'esprit étroit, qui n'ont pas apprécié cette inversion des codes, qui n'ont jamais été capables d'encaisser la vision de femmes faisant toutes les lois, possédant les tribunaux, donnant des ordres aux hommes pour s'en tirer peinardes; comme ils n'ont pas apprécié le message global du film (une leçon d'histoire, ni plus ni moins), du coup, bon... on connait la suite. Concernant cette relation macho/femme phallique dont tu parles assez bizarrement à propos de "Ghosts Of Mars", le macho, ce n'est pas Ice Cube mais Jason Statham, et la femme phallique, je ne vois pas trop qui c'est dans le film. Tu peux préciser? Comme ça, pour rigoler.

Une petite rectification aussi, tu as décrit les deux Plissken comme des films produits avec les majors, ce qui n'est qu'à moitié vrai: c'est uniquement "Los Angeles 2013" qui a été produit à Hollywood. "New York 1997" est un film indépendant. Encore heureux, dis donc! Pour moi, "Los Angeles 2013", plus qu'une suite et/ou un remake de "New York 1997", c'est d'abord une version hollywoodienne, en plus d'une satire du cinéma d'action hollywoodien, enfermé dans ses stéréotypes, et une critique au vitriol des Etats-Unis, qui présente l'ile de Los Angeles comme le seul espace de liberté d'expression sur tout le territoire américain, tout le reste étant tombé sous la coupe d'un état policier et répressif, et de son représentant à la Maison Blanche - un dictateur crétin façon Bush, magnifiquement campé par Cliff Robertson. Quand on pense que "Los Angeles 2013" est sorti avant que Bush n'arrive au pouvoir, on en reste les bras ballants.

Je me demande également en quelle version tu regardes les films de Carpenter. Moi, personnellement, je le fais toujours en VO. Trois fois sur quatre, le doublage français des films de Carpenter est une catastrophe - "Halloween", "Prince des Ténèbres", "Invasion Los Angeles" et surtout "Fog", notamment. Je te conseille de revoir "Fog" en VO sous-titrée de préférence, c'est un film incroyable, plastiquement superbe, le premier film purement fantastique du réalisateur, en même temps que son premier brûlot jeté à la face de l'Amérique triomphante.

Posté par Felson, 13 janvier 2007 à 02:05

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