Sortie en salle

SAW 2

de Darren Lynn Bousman (2005)

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Ça, c'est de la bonne série B. Ça ne révolutionne certes pas le Septième Art, ni même le genre, mais l'amateur y trouve son quota de sensations fortes grâce à un suspense bien mené à la tension efficacement soutenue. Malgré la conventionalité du propos et une certaine tendance à exploiter la schématique du très sympathique "Cube" de Vincente Natali (un groupe de personnages perdu dans un labyrinthe aux pièges mortels), ça se regarde avec plaisir pour peu qu'on accepte de jouer le jeu et on ne se sent pas volé en sortant de la salle, ce qui n'est déjà pas si mal par les temps qui courent. Les esprits chagrins déploreront peut-être le caractère stéréotypé des personnages (le-rationnel-qui-prône-l'union-qui-fait-la-force, le-cynique-buté-qui-veut-se-la-jouer-solo, etc...), voire une certaine concession aux modes du moment (twist final de rigueur, qui laisse fort opportunément la porte ouverte à un éventuel "Saw 3"), mais la conviction, l'honnêteté et l'absence de prétention de l'entreprise finissent par emporter l'adhésion.

Le spécialiste, lui, goûtera en connaisseur les clins d'oeil dont Bousman parsème son film: fosse emplie de seringues qui évoque la pièce envahie de barbelés de "Suspiria", du maître Argento (quand il avait encore du jus), rébus numérique tatoué sur la nuque des protagonistes (qui renvoie à celui des portes de "Cube" - encore lui) et, subtile allusion réservée à quelques happy few, Jigsaw localisant ainsi son théâtre de toutes les horreurs: "C'est la dernière maison sur la gauche" (hommage au Wes Craven des débuts, âge d'or où le réalisateur ne donnait pas dans l'intrigue de cour de récré à la Kevin Williamson).

Louons, pour terminer, la délicieuse perversité du personnage de Jigsaw qui, si Cthulhu lui prête vie, ne tardera pas à rejoindre Jason, Freddy, Pinhead et autres Michael Myers dans le panthéon des mythes modernes du cinéma d'épouvante.

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La fosse à shooteuses: un paradis de junkee!

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Jigsaw: future star du cinéma d'épouvante?