Fin de mois

ET POUR QUELQUES MOLLARDS DE PLUS...

(ou: "Les chroniques auxquelles vous croyiez pouvoir échapper!")

Mille excuses platissimes pour mon récent absentéisme: il n'est pas question de démotivation comme certains d'entre mes lecteurs ont pu le craindre, mais tout bêtement de problèmes de bécane ayant nécessité l'intervention de gens plus compétents que moi - un grand merci à Philippe pour sa patience et son abnégation à me sortir de la merde du tristement célèbre "blue screen", un effet très spécial et hautement indésirable... Je soupçonne d'ailleurs les frères Wachowski de s'être bassement vengés en m'expédiant une quelconque vérole matricielle, ce qui ne m'empêchera pas de leur dire que je leur pisse au cul à trente mètres sans en toucher les bords, et que le "Watchmen" de Zack Snyder (chronique bientôt) renvoie leur pitoyable "V pour Vendetta" dans les oubliettes de leur grandiloquente médiocrité. Rien à voir avec les "Mollards" ci-dessous, me direz-vous, mais bon, quand Patchworkman fâché, Patchworkman toujours taper sur les Watchowski, même si on sait pas pourquoi, eux ils le savent! Un dernier mot: je vais répondre incessamment à tous les commentaires faits sur les récentes chroniques, je m'en serais déjà acquitté si j'en avait eu la possibilité, mais voilà... maudits Wachowski!

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Comics

DC UNIVERSE HORS-SÉRIE #11

"L'Attaque des Amazones" (2)

par Will Pfeifer & Phil Woods

(Panini - Octobre 2008)

Ma foi, je n'ai pas grand chose à rajouter à ce que j'ai déjà exposé dans ma chronique du #10 de "DC Universe Hors-Série" ("Mollards" d'Août 2008) qui présentait les trois premiers épisodes de la mini-série "Amazons Attack". La saga est certes fort intéressante et bien réalisée, tant d'un point de vue scénaristique que graphique, mais l'on retrouve toujours les mêmes trous dans la narration entre les différents épisodes, puisque le tome 2 des aventures de Wonder Woman qui complète ce crossover "en alternance" est toujours attendu chez nous dans la collection "DC Heroes". Dès sa parution, et en ajoutant les #48 et 49 des "Teen Titans" (parus dans "DC Universe" #36 et 37) qui participent aussi du crossover, on pourra enfin s'offrir une lecture complète et cohérente de la saga. Enfin... "relativement" complète, car entre les épisodes 4 et 5, Batman disparaît subitement pour faire un crochet dans "Catwoman" #69, séquence dont on peut d'ores et déjà faire son deuil puisque la série n'a jamais été publiée en France, et n'est pas près de l'être... Au terme du #6, on restera sur un cliffhanger des plus sadiques, la mini-série s'achevant sans s'achever sur un coup de théâtre assez inattendu, dont on n'obtiendra le dénouement que dans "Final Crisis" (publication annoncée à compter de Juillet 2009 par Panini), ce qui pose "Amazons Attack" en tant que prélude de cette énième "crise". Ceux qui pensaient pouvoir se lire une mini-série DC tranquilles, c'est-à-dire sans s'immerger à nouveau dans l'enfer céphalo-méningé d'un mega-crossover, en seront donc pour leurs frais... sans parler de l'organisation du calendrier des parutions chez Panini, qui s'est avérée un peu légère sur ce coup...

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Comics

SUPERMAN & BATMAN HORS-SÉRIE #6

"Le jeune Prodige" (5)

par Frank Miller & Jim Lee

(Panini - Décembre 2008)

Après une pause réservée au "All-Star Superman" de Morrison et Quitely dans son #5, la revue "Superman & Batman Hors-Série" reprend la saga "All-Star Batman" avec les épisodes #9 et 10. Fort de l'impunité éditoriale que confèrent les réalités alternatives, Frank Miller se montre de plus en plus délirant et irrévérentieux, comme le prouve l'entrevue entre Batman et Green Lantern qui occupe la quasi-totalité du #9. Un épisode anthologique dont la particularité est d'être presque entièrement COLORISÉ EN JAUNE (!!!) puisque, comme le savent tous les fans de GL, ce dernier est quelque peu allergique à cette couleur... C'est donc afin de neutraliser son anneau que Batman repeint tout le décor en jaune - y compris lui-même et Robin!!! - ce qui nous vaut un grand moment de comics foutraque! La conversation qui s'ensuit ne l'est pas moins car, au-delà d'un Green Lantern qui, en tant que messager de la JLA, vient reprocher ses méthodes par trop viriles à un Batman décidément imbuvable, ce ne sont rien moins que deux conceptions du comics qui s'affrontent: d'une part la vision urbaine, crépusculaire, nietzschéenne, hyper violente et politiquement incorrecte qui caractérise la manière habituelle de Miller, et d'autre part la conception du comics mainstream qui, pour lui devoir beaucoup et s'être affranchie de pas mal de tabous, n'en semble pas moins encore trop édulcorée au goût de l'auteur de "Year One"... Mieux: si je ne craignais pas de me faire taxer de partialité, je tenterais volontiers un brin d'exégèse de cette "méta-textualité" pour y voir une descente en flammes de la série "Green Lantern" de Geoff Johns, scénariste-star de DC qui donne le ton à toute la production de la firme... Car ce pauvre Hal Jordan se voit tout de même tourné en bourrique d'un bout à l'autre de l'épisode, pour finir copieusement dérouillé et envoyé à l'hosto par un Robin qui, sans doute trop bien formé, dépasse son maître en infamie! Après ce règlement de comptes par super-héros interposés, on replonge plus profondément que jamais dans le style sordo-crépusculaire, avec un #10 qui donne la vedette au commissaire Gordon. Affligé d'une femme alcoolo qui casse de la tôle et du mobilier urbain avant de terminer à l'hosto, ainsi que d'une fille qui se fait ramasser par les keufs en costume de Batgirl, il se sent soudain très vieux... Accessoirement, on apprend (résurgence de "Year One") qu'il a une maîtresse, dissimule quelques cadavres dans ses placards, et entretient une relation officieuse à la "je-t'aime-moi-non-plus" avec notre Dark Knight... Bref, deux épisodes millerissimes, et qui ne laissent pas de nous mettre l'eau à la bouche quant à ce que ce diable d'homme garde en réserve pour la suite de cette saga où la noirceur le dispute à la bouffonnerie.

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DVD

BUVEURS DE SANG (I Drink Your Blood)

de David E. Durston (1970)

"Mad Movies" attaque très fort en proposant, avec son n°214 de Décembre 2008, ce chef-d'oeuvre absolu du nanar américain, à propos duquel Robert Rodriguez ne tarit pas d'éloges. Pur produit de drive-in, circuit dans lequel les films étaient exploités par paires, "I Drink Your Blood" (chez nous: "Buveurs de Sang") fut projeté à sa sortie en 1970 en compagnie d'une autre zéderie fort pertinemment intitulée "I Eat Your Skin", ce qui était en fait un retitrage de "Zombies", vieux navet réalisé en 1964 par un certain Del Tenney et déterré par le producteur Jerry Gross - auquel l'Internationale nanardeuse devrait élever un monument! D'ailleurs, mon flair me dit qu'on va voir "I Eat Your Skin" resurgir incessamment, dans un prochain numéro de "Mad", par exemple... Mais revenons à nos vampires, en attendant les cannibales: l'histoire est abracadabrantesque au possible, les acteurs superbement mauvais, le budget subliminal, la mise en scène approximative, les effets spéciaux réalisés par Buitoni, mais putain que c'est bon! Le nanar idéal, de la plus parfaite imperfection, si vous voyez ce que je veux dire... L'argument en lui-même mérite au moins un prix Nobel: une bande de hippies à peine caricaturaux et un peu satanistes sur les bords, genre "Manson Family", sème la terreur à Plouc-City. Pour se venger de ces affreux qui ont obligé son grand-père à bouffer un acide (attention séquence d'anthologie: le pépé en plein trip!), un sale gosse prélève le sang d'un clébard enragé et le réinjecte dans les tourtes au poulet (spécialité locale!) qui constituent leur repas. La bande est alors saisie d'une frénésie meurtrière qui va les porter aux extrêmes limites du... comique involontaire!!! À ce sujet, le réalisateur n'est pas en reste et, à l'entendre commenter son nanar dans les boni du DVD, on jurerait qu'il a réalisé pour le moins l'équivalent de "Citizen Kane"! Bref, que du plaisir, et un must définitif pour tous les fondus de nanars!

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.youtube.com/watch?v=WOC2z_cDc5E

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Vu à la télé

LES QUATRE FANTASTIQUES ET LE

SURFER D'ARGENT

(4: Rise Of The Silver Surfer)

de Tim Story (2006)

Là, on n'a plus la trop fameuse excuse "de l'acte d'exposition", et pourtant le sous-doué Tom Story foire encore sa copie de façon plus que lamentable. Par ailleurs, on ne va pas tirer sur les ambulances et s'appesantir sur la triste condition de yes-man de ce réalisateur qui, comme tant d'autres, se contente de faire très précisément là où on lui dit, ce qui prouve simplement que c'est un bon toutou auquel on a appris le caniveau. En revanche, s'intéresser de façon plus générale à la politique des studios en matière de films superhéroïques, et en particulier à l'approche d'Avi Narad, producteur et principal coordonnateur entre Marvel et la Fox, me paraît nettement plus significatif. Car au moment où l'univers des comics se fait de plus en plus adulte et flirte avec un pessimisme réaliste digne des meilleurs romans noirs, les adaptations ciné (à ces quelques exceptions près que sont Nolan, Miller et autre Singer) suivent exactement le mouvement inverse et proposent des films de plus en plus infantiles, à tel point qu'en comparaison les productions Disney ressemblent à des sommets de politiquement incorrect! Bon, que "Les Quatre Fantastiques et le Surfer d'Argent" soit un film pour les gniards, je n'ai rien contre à la limite, mais ça n'excuse pas pour autant l'extrême médiocrité de l'entreprise, et surtout pas celle d'un script qui, brassant des épisodes aussi historiques que "Bedlam At The Baxter Building", la célèbre "Trilogie de Galactus" ou encore l'arc fameux de la rencontre Fatalis / Surfer (1), restitue au final un brouet indigeste à force de compression réductrice des diverses storylines qui, à trop vouloir en dire, finit tout simplement par ne rien raconter du tout. Je passe rapidement sur le mariage de Reed et Sue, réduit à une séquence digne de n'importe quelle sitcom débile où l'on voit Mr Fantastic danser avec des pouffiasses façon Paris Hilton, pour vous parler du tour de force de cette ébauche de scénario qui a tout de même réussi à ramener des personnages aussi charismatiques que le Surfer d'Argent et le Docteur Fatalis à l'état de simples figurants. Mais l'apothéose est atteinte avec Galactus, bâclé avec quatre ronds de fumée! Visiblement, ni Tom Story ni les scénaristes (parmi lesquels on est navré de retrouver Mark Frost, co-créateur avec David Lynch du chef-d'oeuvre télévisuel "Twin Peaks") ne savent quoi foutre de leurs personnages, et préfèrent tirer à la ligne avec d'interminables bavardages pseudo-scientifiques, ou encore les engueulades de Reed avec une ganache galonnée. Pour tout arranger, les CGI sont d'une hideur et d'une indigence proprement honteuses par rapport au budget alloué à cette merde, et les acteurs sont toujours à prendre à coups de gifles. L'attrape-gogo typique, avec le Surfer dans le rôle de l'effet d'annonce!

Note:

(1): "Bedlam At The Baxter Building": publié dans "Fantastic Four Annual" #3 - publication française chez Panini dans l'Intégrale "Fantastic Four 1965" (voir chronique éponyme). Quant à la "Trilogie de Galactus" ("Fantastic Four" #48-50), vous la trouverez dans le volume 1966 de cette même Intégrale, ainsi que le "Fantastic Four" #57 qui voit le début de la confrontation Surfer / Fatalis, celle-ci s'achevant dans le #58 qui ouvre le volume 1967 (voir "Mollards" de Juillet 2008).

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18731066&cfilm=109443.html

Voir également la chronique de l'ami Erwan (et tant que vous y êtes, exhortez-le à reprendre son blog):

http://misterwan.canalblog.com/archives/2008/04/18/index.html

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Vu à la télé

DRAGON ROUGE (Red Dragon)

de Brett Ratner (2002)

Voilà encore une preuve éclatante, si besoin en était, de la nullité abyssale de Brett Ratner - plus connu dans le milieu sous le sobriquet très valorisant de "The Rat". Après le magistral "Le Silence des Agneaux" de Jonathan Demme (1) et le potable "Hannibal" de Ridley Scott, le marchand de soupe Dino de Laurentiis décide d'allonger le potage en adaptant "Dragon Rouge", premier épisode des aventures de notre cannibale favori, feignant d'ignorer l'existence de la remarquable version qu'en a tiré un Michael Mann en état de grâce sous le titre "Manhunter" (en France: "Le sixième Sens"). Las, Ratner n'est ni Demme ni Scott, et on s'ennuie ferme devant l'effarante platitude de sa réalisation, qui enchaîne les plans sans âme à la manière d'un fonctionnaire municipal rendant un rapport circonstancié sur l'état des ronds-points de la commune! À aucun moment, Ratner ne se montre capable de susciter la moindre émotion, ce qui est tout de même un comble lorsqu'on adapte un thriller de Thomas Harris, dans lequel ce ne sont pourtant pas les occasions qui manquent, étant donnée la noirceur du matériau de base. On n'a jamais peur, pas plus que l'on horrifié, ni même intéressé un tant soit peu par le déroulement de l'intrigue, et surtout l'on ne parvient à s'identifier à aucun des personnages, tant les acteurs semblent démotivés. Entre un Anthony Hopkins cabotin et limite cacochyme et un Harvey Keitel qui pense à ces putains d'impôts qu'il va enfin pouvoir payer, ce n'est certes pas la prestation léthargique de cette saucisse d'Edward Norton qui nous fera oublier l'interprétation habitée que William Petersen donnait du profiler Will Graham dans la version de Mann... Pire: même Ralph Fiennes, pourtant habituellement excellent dans le registre psychopathe (voir le "Spider" de Cronenberg), ne parvient pas à tirer son épingle du jeu, et à remédier à l'incroyable carence de climat et de tension de l'ensemble. Bref, on oublie, et on se précipite dans le premier vidéo-shop s'offrir le DVD de "Manhunter".

Note:

(1): Voir "Mollards" de Mars 2007

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18673448&cfilm=39178.html

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Vu à la télé

THE HOLE

de Nick Hamm (2000)

Quatre ados, inévitablement bas du front et sortis d'un collège pour gosses de riches, qui se laissent enfermer par le geek de service, et pour d'obscures raisons dont les scénaristes eux-mêmes n'ont pas la moindre idée, dans un bunker souterrain, ça vous branche? Une seule, l'héroïne, en sortira vivante... Mais que s'est-il passé durant ces trois jours de claustration volontaire? Pas grand-chose, vous pouvez m'en croire, si ce ne sont les habituelles vannes à deux balles débitées par ce quarteron de stéréotypes (la blondasse bimbo, le bel et non moins blond athlète viril, le fils de milliardaire américain pourri par le fric, et l'héroïne timide et transie d'amour pour le précédent), qui ne s'arrêtent de dire des conneries que pour partouzer et picoler et fumer des oinjs... On tourne donc en rond dans ce bunker où l'on s'ennuie ferme, au fil d'une série de flash-back donnant chacun une version différente de l'affaire, car figurez-vous qu'en plus les auteurs de ce navet se la jouent façon "Quatuor d'Alexandrie"! Mais ni les retournements de situation artificiels, ni les twists poussifs ne parviendront à nous garder les yeux ouverts... C'est donc sans regret que je renvoie cette bande de jeunes imbéciles dans le "trou" dont ils n'auraient jamais dû sortir!

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18654601&cfilm=35097.html

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Comics

TOM STRONG - Tome 4

par Alan Moore, Chris Sprouse,

Howard Chaykin & Shawn McManus

(Panini - coll "100% ABC - Juillet 2008)

La parution de ce quatrième volume de "Tom Strong" me donne l'occasion de féliciter Panini pour le beau travail réalisé, dans la continuité des défunts "SEMIC-Books", sur les séries de la ligne de comics "ABC", créée par Alan Moore pour Wildstorm, firme rachetée depuis par DC. Autant pour "Tom Strong" que pour "Promethea" ou "Top Ten", Panini n'a pas laissé tomber les fans de Moore et a assuré la continuité de la publication des séries en France, les reprenant comme si le passage de relais n'avait jamais eu lieu, et qui plus est dans une formule largement inspirée des "SEMICS-Books", tant du point de vue de la présentation (on trouve même le fameux marque-page découpable sur le rabat de la couverture) que de celui d'un rapport qualité / prix optimal. Adonc, ce tome 4 regroupe les #15 à 19 (Mars 2002 - Avril 2003) d'une série qui s'acheva en Janvier 2006 avec son #35 - la contribution de Moore prenant fin quant à elle avec le #22. On y retrouve évidemment tout ce qui fait le charme du Maître, à savoir un mélange tout à fait fascinant de parodie et d'hommage respectueux aux comics du Golden Age, et on se perd une fois de plus dans cet univers hyper-référentiel où les vieilles légendes américaines (l'affaire des disparus de "Croatan") côtoient les théories les plus avancées - et souvent assez loufoquement détournées - de la physique moderne, ainsi que les codes, non moins malmenés, du comics classique et d'une certaine littérature populaire (rappelons que Tom Strong a été pensé sur le modèle du célèbre Doc Savage, star de la littérature enfantine qui fut aux States une sorte d'équivalent de notre Bob Morane national). Par le fait, Tom Strong se trouve être un héros absolument positif, et la narration habile de Moore ne se permet jamais d'appuyer la parodie au point de le ridiculiser, l'approche humoristique se tournant plus volontiers vers une sincère nostalgie d'une certaine "innocence perdue" du comics, reconstituée avec une naïveté à la fois feinte et paradoxalement très émouvante. Car ce n'est pas le moindre des charmes discrets de Moore, auteur de comics définitivement inclassable, que cette légèreté avec laquelle il développe les différents niveaux (nostalgiques, parodiques, idéologiques, etc...) de sa narration, et au bout du compte la séduction opère de façon imparable sans qu'on puisse jamais en décrire les raisons de façon satisfaisante. Certes, dans l'œuvre de Moore, "Tom Strong" peut sembler, du fait même de cette légèreté de ton, quelque peu anecdotique par rapport à d'autres séries beaucoup plus essentielles, mais l'anecdote elle-même prend chez lui de telles proportions qu'elle demeure encore un modèle pour l'ensemble du monde du comics.

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Comics

WALKING DEAD #7

"Dans l'Oeil du Cyclone"

par Robert Kirkman & Charlie Adlard

(Delcourt - Janvier 2009)

Déjà sept volumes parus de la série-fleuve de Robert Kirkman et Charlie Adlard, et c'est toujours autant de la balle! Pas le moindre signe d'essoufflement dans cette chronique au jour le jour d'une communauté de survivants dans un monde envahi par les zombies et qui pourrait bien être, pour ce que l'on en sait, celui-là même dans lequel se déroule la fameuse saga de George A. Romero, tant il est vrai que tous les codes sont là. Ce qui ne manque pas de nous laisser sur le cul, c'est: comment une série de conception aussi classique, déclinée qui plus est dans un noir et blanc impitoyable, sans fioriture et brut de décoffrage, peut-elle s'avérer d'une telle efficacité? Peut-être précisément parce que Kirkman et Adlard nous racontent leur histoire "à l'ancienne", sans aucun de ces artifices formels narratifs ou graphiques à la mode, plus ou moins heureux selon qui les emploie. Avec Kirkman et Adlard, le lecteur redécouvre les joies de la rigueur et du scénar ficelé aux petits oignons, sans aucune concession faite à la facilité, aux effets inutiles, aux tirages à la ligne et à l'auto-contemplation. On retrouve cette notion de "roman graphique", chère à la défunte revue "À Suivre..." et que l'on croyait typiquement européenne, tant cette saga renoue avec une dimension romanesque que l'on trouve rarement dans le comics. Par le fait, c'est aussi rigoureusement composé que "La Comédie humaine" ou les "Rougon-Macquart" - sauf que, ben ouais, ça se passe chez les zomblards, ça on peut pas dire le contraire... Mais là encore, et toujours comme chez Romero, les morts-vivants ne sont jamais que le prétexte pour pousser dans ses derniers retranchements sociologiques une humanité toujours prête à régresser jusqu'en son point zéro, et que c'est bien là le thème que Kirkman a décidé de disséquer dans la moindre de ses variations. D'une manière ou d'une autre, et ce depuis "La Nuit des Morts-Vivants", mettre l'humain face au zombie, c'est confronter la tentation du pouvoir aveugle et autodestructrice à l'innocence du pur instinct. Au moment où je vous cause, nos héros ont d'ailleurs affaire à une autre communauté voisine et néanmoins antagoniste, puisque ayant lâché la bride à ses plus immondes pulsions pour fonder une micro-société totalitaire (on y retrouve d'ailleurs le thème romérien des zombies utilisés pour "les jeux du cirque", directement importé de "Land Of The Dead"), gouvernée par un vilain d'autant plus inquiétant qu'il s'est vu arracher quelques membres et organes divers dans le volume précédent, ce qui ne l'empêche pas de revenir à la fin de ce tome pour réclamer vengeance, à la tête d'une véritable armée. Ça va saigner grave, dans le tome 9!

Voir également la chronique de l'ami Erwan (y'en a que pour lui ce mois-ci! Allez, reviens, Erwan):

http://misterwan.canalblog.com/archives/2008/02/26/index.html

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"L'Attaque des Amazones": le torchon brûle entre Wonder Woman et Hippolyte...

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Batman et Robin: yellow is beautiful!

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"Buveurs de Sang": le nanar qui vous prend la tête!

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Le Surfer plaqué argent, ou le retour du bling-bling mochasse!

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"The Hole": ça nous en fera pas un autre!

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"Dragon Rouge": en fait, on l'a dans le dos!

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"Tom Strong": de la technologie considéré comme l'un des Beaux Arts!

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Cool! y'a un nouveau vilain dans "Walking Dead"!

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Et pendant ce temps-là, notre ami Bruno dessine toujours...