Vu à la télé

SÉANCE INTERDITE (Juin - Juillet 2008)

En espérant que cette chronique ne soit pas une épitaphe, tant il est vrai qu'on ne voit pas arriver la nouvelle saison des "Séances interdites" de l'ami Yannick Dahan sur Canal +, et qu'il y a fort à craindre que cette aventure télévisuelle hors du commun ne soit hélas terminée, je reviens sur la fin de la saison précédente avec quatre productions horrifiques sur lesquelles je ne pouvais décemment pas faire l'impasse et qui ramènent pas mal de vitalité dans le genre que nous affectionnons. Au passage, on notera le cosmopolitisme de cette sélection qui nous propose des oeuvres en provenance des States, de notre doulce France, de Hong-Kong, et bien entendu de la désormais inévitable Espagne. Allez, c'est parti pour un petit tour du monde de la déjante!

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JEEPERS CREEPERS 2

de Victor Salva (2002)

Dans les "Mollards" de Juin 2006, je vous confiais à quel point "Jeepers Creepers" premier du nom avait constitué une agréable surprise, Victor Salva nous ciselant un pur horror-flick mâtiné de road-movie haletant, nerveux, et d'autant plus méritoire qu'il évitait de se la péter comme tant de slashers interchangeables qui nous cassent les rouleaux avec un pseudo second degré, cherchant à nous faire passer les lieux communs les plus éculés pour autant de clins d'oeil référentiels et parodiques. Avec son boogeyman impossible sorti d'on ne sait où, sorte d'amalgame d'"Alien" et de psycho-killer insectoïde drapé dans un cache-poussière à la Sergio Leone et utilisant des gadgets batmaniens pour perpétuer ses massacres, Salva jetait sur les écrans un personnage déjà suffisamment décalé dans sa conception pour qu'il fût besoin d'en rajouter dans la parodie appuyée. Au contraire, et c'est ce qui fit tout le charme de cet opus 1, le réalisateur nous gratifia d'un roller-coaster d'une efficacité d'autant plus foudroyante qu'il restait positionné sur un premier degré décliné avec une morgue imperturbable, multipliant les morceaux de bravoure avec une belle virtuosité formelle. Ceci pour vous dire combien fut grande ma surprise de voir ce "Jeepers Creepers 2" s'embarrasser dès l'ouverture d'un autocar rempli de basketteurs bas du front, accompagnés de leurs incontournables pom-pom-girls et débitant un chapelet de vannes bien lourdasses... Alors voilà où on en est, me dis-je fort dépité: comme tant d'autres après un premier opus des plus remarquables, le pauvre Salva s'était laisser embarquer par quelque épicier de producteur dans une exploitation slasherisée de sa franchise, désormais dévolue à promouvoir la vente de pop-corn, et l'on était de nouveau parti pour un massacre à la chaîne d'adolescents imbéciles... Je vous rassure immédiatement: il n'en est rien, et cette première demi-heure ne tarde pas à s'avérer une fausse piste mise en place par un Salva malicieux jouant avec les clichés. De plus, cette intro va se révéler rétrospectivement extrêmement efficace en regard de ce qui va suivre, et notamment dans la mise en condition du spectateur qui, bluffé par ce simulacre, se retrouve retourné comme une crêpe. Si le massacre annoncé a bien lieu, on replonge insensiblement et sans à-coups dans l'impitoyable chasse à l'homme du premier opus, le script passant de la claustrophobie du "film de siège", lorsqu'il s'agit d'empêcher le Creeper d'ouvrir une brèche dans l'autobus échoué au bord de la route, à l'agoraphobie d'une fuite éperdue à travers une campagne qui s'étend à perte de vue, sans aucun refuge à l'horizon. Cette dernière séquence est d'ailleurs l'occasion, pour un Salva toujours aussi techniquement irréprochable, de nous gratifier de quelques travellings à couper le souffle et d'illustrer sa grande maîtrise de la louma. Alors que les quelques survivants se retrouvent en situation désespérée et que, compatissant à leur sort sans restriction, nous sommes agrippés à nos fauteuils tous ongles dehors, le film prend sans crier gare un virage à 180° avec l'arrivée fracassante du très déjanté Ray Wise (qui incarnait le père indigne de Laura Palmer dans "Twin Peaks"), moderne capitaine Achab décliné à la sauce "Mad Max" pourchassant le monstre de façon obsessionnelle à bord d'une jeep customisée équipée d'un harpon gigantesque! On le voit, ce n'est pas parce que Salva se désolidarise d'une certaine conception "campy" du film d'horreur qu'il se prend au sérieux pour autant. En effet, si la soudaine apparition de cet hallucinant équipage ne manque pas de nous divertir par son hénaurmité, le réalisateur n'en maintient pas moins le cap, ne laisse jamais tomber la vapeur et nous offre l'apothéose d'un combat final dont nous ne sortirons que copieusement ébouriffés! Une fois n'est pas coutume, voilà une séquelle qui tient la dragée haute à l'original, et ce après nous avoir pernicieusement fait croire le contraire pour mieux nous prendre à revers. Y'a pas à dire, c'est très fort!

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À L'INTÉRIEUR

de Julien Maury & Alexandre Bustillo

(2006)

Les lecteurs du magazine "Mad Movies", dont il est régulièrement question sur ce blog, connaissent bien Alexandre Bustillo pour en avoir été l'un des plus prolixes rédacteurs durant plusieurs années. Avec ce premier film, co-écrit et co-réalisé en compagnie de Julien Maury, "La Bustille" saute enfin le pas et passe à l'acte proprement dit, ce qui demande un certain courage que nous ne manquerons pas de saluer car, plus que tout autre, le ci-devant chroniqueur est attendu au tournant, et gare à ses plumes en cas d'échec! Ceci dit, pas d'inquiétude de ce côté-là, vu que Maury et Bustillo réussissent un sans faute - en plus de la performance d'être parvenu à réaliser un film d'horreur hardcore au pays des Ch'tis - et que ce coup d'essai s'avère un coup de maître. Par le fait, "À l'Intérieur" est le film "Mad" par excellence (les chiens ne font pas des chats!), c'est-à-dire à la fois déviant, fun, frontal, graphique, sans concession, techniquement irréprochable et ancré dans le genre de manière radicale. Le script, des plus linéaires, ne s'embarrasse point de ces circonvolutions à la mode hollywoodienne pleines de twists et d'anti-twists, mais tente au contraire le huis-clos dans le respect le plus absolu de la fameuse règle des trois unités. Une future maman, déprimée après l'accident de voiture qui a coûté la vie au père de son enfant à naître, est persécutée chez elle par une femme en noir aussi mystérieuse que psychopathe, bien décidée à l'ouvrir comme un lapin pour s'emparer de son foetus. Cette terrifiante banshee, en laquelle la génialement allumée Béatrice Dalle trouve un rôle à sa démesure, va se mettre à bousiller systématiquement à coups d'objets tranchants, perforants, contondants, et j'en passe, tout ce qui pénètre dans la maison, des parents aux amis en passant par des flics velus et enfouraillés jusqu'aux dents... Sinueuse et obsessionnelle, la caméra explore les moindres recoins de la bâtisse, de la cave au grenier, glissant tout au long des escaliers dans d'amples et interminables errements, si bien que le spectateur finit par se sentir aussi désespérément piégé que les infortunées victimes par cette suffocante unité de lieu. Notons à cet égard l'ambivalence du titre, qui fait à la fois référence à cet intérieur a priori douillet dont on ne sort qu'à l'occasion de quelques rares plans se limitant aux abords immédiats de la maison, et l'intimité corporelle de l'héroïne qui abrite le foetus convoité: par le fait, la sécurité du ventre maternel s'avèrera tout aussi illusoire que l'appartement très cosy où Allyson Paradis se recroqueville en position quasi foetale, dans ce film décidément très pessimiste qui joue la carte de l'horreur pure dans un contexte de noirceur désespérée. Contrairement à ce à quoi on pourrait s'attendre a priori, la linéarité d'un script dont la simplicité n'est qu'apparente est le meilleur atout de cette oeuvre, qui démultiplie le temps jusqu'à l'insoutenable au rythme d'un montage d'une perfection impitoyable, dans un crescendo de violence qui nous laisse tout pantelants. En fait, ce premier opus a tout d'un exercice de style maîtrisé d'un bout à l'autre, les auteurs ne cédant jamais à la facilité et se montrant inventifs à chaque plan, cadrage, éclairage ou mouvement de caméra. C'est en quoi "À l'Intérieur" comblera les amateurs de beau cinéma aussi bien que les fans hardcore du genre, jouant habilement avec les codes du slasher tout en en contournant les clichés, et cherchant systématiquement le renouvellement et l'originalité dès que l'on se trouve en situation connue. De la sorte, le spectateur est continuellement pris à contre-pied et parvient jusqu'au dénouement inattendu sans lâcher une seule seconde les accoudoirs de son fauteuil. Tiens, ça ne serait que de moi, je décrèterais ce film monument national!

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THE EYE (Jian gui)

de Danny & Oxyde Pang (2002)

Encore une belle réussite en provenance de Hong-Kong! "The Eye" est en effet une petite perle de série B qui, si elle ne s'éloigne que très peu des codes du fantastique asiatique, n'en transcende pas moins le classicisme de ses thèmes par une mise en scène assez époustouflante et pleine d'inventivité. En deux mots, il est question d'une jeune aveugle qui recouvre la vue après une greffe de cornées, et qui acquiert par la même occasion le pouvoir de voir les âmes errantes des morts, sans parler de la Mort elle-même, qui prend l'apparence d'un inquiétant homme en noir... Si l'originalité n'est certes pas à rechercher dans ce script que l'on pourrait définir comme un brassage des "Yeux de Laura Mars" d'Irvin Kerschner (1978) et du "Sixième Sens" de Shyamalan (1999) qui tournerait sur sa fin au film de fantômes nippon à la "Ring", il en va tout autrement du traitement qu'en donnent les Pang Brothers. Leur réalisation est en effet un modèle du genre, tant elle touche à la perfection. Ainsi, chaque plan et chaque détail entrant dans le champ d'un cadrage millimétré semble avoir fait l'objet d'une attention particulière, tant ils sont pensés, léchés, pourléchés et bichonnés dans une série d'opérations qui n'est pas loin d'évoquer la taille des diamants. Chacune de ces images somptueuses prend alors sa juste place dans un montage irréprochable dont les variations de rythme, soutenues par une partition remarquable à la fois d'épure et d'efficacité, vont nous promener d'une langueur pleine d'angoisse et d'inquiétude à la soudaine hystérie de climax assénés comme autant de coups de marteau. C'est ainsi qu'on en arrive à distinguer certaines séquences d'anthologie comme, par exemple, celle où l'héroïne Moon se retrouve en compagnie d'un mort dans la cabine d'un ascenseur: débute alors un voyage interminable durant lequel le temps se démultiplie par la magie d'un montage dont le rythme s'accélère inexorablement et de cadrages qui, fort habilement, s'avèrent bien plus inquiétants par ce qu'ils cachent que par ce qu'ils montrent, et qui se résout par un effet choc littéralement tétanisant. Par ailleurs, si le synopsis qui fixe les grandes lignes du script restent, comme nous l'avons dit, dans les limites d'un classicisme certain, en revanche l'ensemble des thèmes illustrés le sont avec une profondeur psychologique et philosophique qui ne manque pas d'interroger le spectateur. Par exemple, le thème du handicap est traité avec un relativisme inhabituel, et qui va à l'encontre de pas mal d'idées reçues. Loin de quémander la compassion pour leur héroïne aveugle, les frères Pang nous montrent au contraire une personne parfaitement adaptée à sa cécité et qui, paradoxalement, angoisse à l'idée de recouvrer la vue, le gain d'un nouveau sens étant contre toute attente vécu comme une perte de repères: ainsi, Moon se trouve incapable d'identifier à vue les objets plus usuels, cette reconnaissance ne pouvant se faire qu'au toucher... Ajoutons à cela que l'acquisition de la vue se fait dans la douleur, un peu comme si Moon accouchait du monde en tant qu'image, et que le "cadeau" qui lui est fait exigeait une contrepartie. Dès lors, par la révélation de son étrange pouvoir, son accession à la "normalité" prend l'aspect d'un marché de dupes passé avec un diable trompeur, et dans lequel Moon ne cesse d'accuser des déficits: l'orchestre d'aveugles dans lequel elle joue du violon l'exclut en tant que désormais voyante, et cette voyance qui dépasse la simple vue la fait passer pour folle, au point qu'elle ne retrouve la sérénité qu'en fermant les yeux pour régresser à son état antérieur. Mine de rien, c'est à un complet renversement des valeurs du genre fantastique que se livre "The Eye", l'obscurité passant de paradigme d'angoisse à facteur de sécurité, puisque les monstres habitent ici la pleine lumière... Corollaire de cette problématique "de l'oeil", le thème du miroir est abordé de manière éminemment lacanienne: dès lors que sa conscience d'elle-même cesse d'être purement le fait d'une représentation "de l'intérieur", c'est pour s'aliéner dans le miroir qui lui renvoie l'image d'une autre (en fait, la donneuse de cornées) qu'elle prend pour elle-même, ne s'étant jamais vue. On a ici une parabole de la célèbre théorie de Lacan, selon laquelle la mise en coïncidence du sujet avec sa propre image se double de cette constatation tragique: la prise de conscience du Moi passe nécessairement par une aliénation dans l'autre et le double. Aliénation attestée par la scène où Moon, dans un cri d'horreur, reconquiert son image par l'intermédiaire d'une photographie: plus que jamais, la révélation provient de l'extérieur, soit: de l'autre, qui détient la clef de ce qui nous est le plus intime. On le voit, "The Eye" s'avère une oeuvre d'une intelligence diabolique, et ce malgré une apparence de série B exploitant les sentiers battus du film de fantômes, comme s'il prenait en charge les clichés du genre pour mieux les pervertir de l'intérieur.

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LA NONNE (La Monja)

de Luis de la Madrid (2005)

Ici, le fan se retrouve en terrain de connaissance avec cette série B hispanique produite par la fameuse "Fantastic Factory" de Brian Yuzna, sur un synopsis signé Jaume Balagueró . Quant au réalisateur Luis de la Madrid, dont c'est le premier film, il a auparavant officié en tant que monteur sur quelques petits chef-d'oeuvres du genre produits par "Filmax" (la maison mère qui abrite la "Fantastic Factory"), comme le cruellissime "La Secte sans Nom" (2000) du sus-cité Balagueró ("Mollards" de Mars 2007), l'émouvant "L'Échine du Diable" (2001) du génie mexicain Guillermo del Toro ("Mollards" de Mai 2007), ou encore le très halluciné "The Machinist" (2003) de l'étonnant outsider Brad Anderson ("Séance interdite" de Décembre 2006). Une stricte entreprise familiale, donc, que cette histoire de nonne fanatique et adepte des châtiments corporels hardcore qui revient, après quelques décennies, régler leur compte à ses anciennes pupilles devenues adultes, qu'elle martyrisa dans un antique couvent jusqu'à ce que celles-ci n'en pussent plus et lui fissent subir un mauvais sort. Réapparaissant sous forme d'un spectre aqueux qui se véhicule par voie d'eau à travers le vaste monde, elle transforme en menaces potentielles les lavabos, baignoires, chiottes et autres sanitaires, ce qui m'a amené à la conclusion suivante: ceux qui par bonheur lui échappent doivent tout de même puer grave! Bref, il ne faut surtout pas chercher la moindre originalité dans cette oeuvrette de pure exploitation qui louche méchamment vers le film de fantôme nippon en général, et vers le "Dark Water" de Hideo Nakata en particulier - notamment dans le traitement qu'elle donne de l'élément liquide en tant que vecteur de terreur et qui, il faut bien le dire, confine souvent au plagiat pur et simple. D'un classicisme quasi fonctionnaire, le scénar prend bien soin de ne pas s'écarter d'une tradition éprouvée, allant jusqu'à nous ressortir la bonne vieille recette des meurtres thématiques à la "Seven", les victimes étant ici décimées de la même manière que les saintes martyres dont elles portent le prénom, assurant par là le quota de gore réglementaire. Enfin, on aura également droit au sempiternel twist final bien tiré par les cheveux, et qui remet en question in extremis toutes les certitudes acquises. Donc, rien a priori susceptible de séduire l'amateur un tant soit peu exigeant... Néanmoins, et en dépit d'une fainéantise scénaristique qui frise le foutage de gueule, "La Nonne" demeure un film du samedi soir tout à fait regardable et devant lequel on ne s'ennuie pas trop, grâce principalement au soin apporté à la production et à la réalisation. On reconnaît bien là la marque de fabrique de la "Fantastic Factory", qui a toujours su torcher des B-movies de très bonne tenue formelle sans pour autant mobiliser des budgets extraordinaires, et parfois même nous surprendre avec des oeuvres de réelle qualité comme, par exemple, le "Darkness" de Balagueró (2002 - voir "Mollards" d'Août 2008). Bref, et quelle que soit la consensualité parfois pesante qui est souvent le lot des films d'exploitation, le spectateur lambda ne se sent pas trop pris pour un con et en a pour son argent avec une réalisation classieuse (bien que plutôt pragmatique), une photographie ma foi très agréable à regarder et des SFX tout à fait à la hauteur. Quoique très dispensable, "La Nonne" reste un premier film honorable, et l'on peut sans crainte et sans honte, comme les héros de l'histoire, se risquer à faire le détour pour visiter le couvent sinistre où sévit cet abominable monstre en cornette.

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jeeper

Le retour du Creeper: la faim justifie les moyens!

_pouvantail

Un épouvantail qui n'effraie pas que les moineaux!

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L'ineffable Ray Wise à la chasse au monstre!

dalle

Béatrice Dalle "à l'intérieur": la louve dans la bergerie

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Alysson Paradis en enfer!

salle_de_bains

Ah! le charme du vermillon dans les salles de bains!

_tonnant

"The Eye": des images étonnantes...

pieds

Apparition d'un fantôme au pied levé!

spectre

Un spectre très agressif!

nonne

"La Nonne": repentez-vous, bande de misérables!

eau

Les hydrophobes apprécieront!

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Et une bonne vieille décapitation pour faire bonne mesure!