Fin de mois

ET POUR QUELQUES MOLLARDS DE PLUS...

(ou: "Les chroniques auxquelles vous croyiez pouvoir échapper!")

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Vu à la télé

AMITYVILLE (The Amityville Horror)

d'Andrew Douglas (2004)

Alors que Dark Castle, la boîte de Joel Silver spécialisée dans la production de navets pseudo-horrifiques, semble s'être quelque peu calmée dans son entreprise de massacre systématique de classiques de l'épouvante sous forme de remakes à deux balles, voici que Michael Bay, chantre de la bouse friquée récemment passé à la production, prend le relais. Ce qui nous vaut ce nouvel "Amityville" à faire passer l'original de Stuart Rosenberg (1979), pourtant assez pitoyable, pour un chef-d'oeuvre en comparaison. Histoire de racoler du djeun, Bay embauche Andrew Douglas, ci-devant réalisateur de clips plus soucieux de produire des effets visuels aussi chiadés que creux que de chercher à faire passer une quelconque émotion. Jouant la surenchère systématique et le démonstratif complaisant mais consensuel, le film de Douglas se résume en fin de compte à un défilé de spectres envahissants et à une succession d'effets-choc annoncés au mégaphone. Ainsi, cette ambition affichée de ne pas laisser le spectateur souffler une seconde ne parvient en fait qu'à le faire soupirer une heure et demie durant. Maladresse classique, la surabondance de visions horrifiques est telle que nous nous y accoutumons assez rapidement, ce qui a pour effet de les banaliser et, partant, de les désamorcer irrémédiablement. Paradoxalement, cette culture du paroxysme à tout prix ne débouche que sur un nivellement abolissant toute notion de gradation, de contraste ou de surprise. Cela s'avère fâcheux, particulièrement dans le contexte d'un film de maison hantée, sous-genre qui exige au contraire un travail à l'économie et une sobriété proche de l'ascèse, comme le démontre brillamment "La Maison du Diable" (1963), chef-d'oeuvre inégalé de Robert Wise. Visiblement, Ni Bay ni Douglas ne connaissent grand-chose à leur sujet, puisque ce qui est évident pour n'importe quel étudiant en première année de cinéma leur passe largement au-dessus de la tête - incompétence d'ailleurs partagée par les tâcherons de Dark Castle, tels Jan de Bont ou William Malone, qui développent les mêmes tares. Faussaire de l'outrance mais véritable brasseur de vent, Douglas accumule mécaniquement les effets horrifiques les plus éculés sans jamais avoir les couilles de se montrer un tant soit peu transgressif ou dérangeant - au sens où peuvent l'être un James Wan ou un Eli Roth. Et, puisqu'on cultive la quantité pour pallier grossièrement à la carence qualitative et qu'il n'est jamais question d'autre chose que de noyer le poisson, il est assez logique que l'esbroufe visuelle soit reine, et c'est là que l'on retrouve tout l'art du clipeur, qui s'apparente le plus souvent à une forme sans fond. Ainsi, on ne coupera pas - enfin, façon de parler! - au sempiternel débitage de la pellicule en copeaux de celluloïd dès que l'action s'emballe un peu, histoire de donner l'illusion du rythme. Autre procédé assez gonflant dont abuse Douglas: l'effet stroboscopique qui consiste à filmer une scène à la lueur des éclairs de l'orage, et qui revient avec l'affligeante régularité d'une feuille d'impôts, avec toutefois quelques variantes genre clignotement des ampoules. Sans parler de l'ennui profond qu'il ne pouvait qu'engendrer, "Amityville" laisse surtout le sentiment d'une vaste entreprise de camouflage mobilisant une agitation de tous les instants et une déperdition d'énergie proportionnelle à son manque d'inspiration. D'où sans doute cette impression de comique involontaire qui accompagne immanquablement chaque nouvelle tentative de nous horrifier...

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18389323&cfilm=57921.html

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Presse

DC COMICS #6: "Robin"

(Eaglemoss - Mai 2008)

Bon, je n'ai rien de particulier à vous dire concernant Robin, je tenais simplement à vous signaler cette revue bimensuelle facilement trouvable dans tous les points-presse et dont le principal intérêt est de proposer, avec chaque fascicule, une figurine de plomb à l'effigie d'un super-héros DC à un prix abordable - parce que, faut bien le dire, les prix pratiqués par les magasins de BD et autres comics-shops pour ce genre de produits sont tout simplement scandaleux! Au premier chef, ce sont donc les amateurs forcenés de "para-BD" qui sont évidemment concernés car - je peux vous en parler pour m'être procuré celles relatives au Bat-verse - les figurines sont vraiment cool. Pour ce qui est du reste, soit le contenu du fascicule de vingt pages, c'est selon... La partie la plus intéressante est celle consacrée à l'historique du personnage, ma foi assez détaillée, et qui permettra au profane qui prend le train en marche d'être suffisamment informé pour ne pas trop se sentir perdu dans la continuité souvent complexe des comics. Voire même, le fan plus aguerri, mais qui n'a pas la chance d'avoir un accès facile aux VO, pourra lever le voile sur certaines interrogations concernant les épisodes inédits en France. Une critique toutefois: quelques références chronologiques et numérologiques n'eussent pas été du luxe mais bon, d'un autre côté, c'est vrai qu'on est pas dans "Scarce" ou dans "Comic Box"... La suite est assez anecdotique: quelques fiches sans grand intérêt sur les armes, véhicules et gadgets du héros, une vague galerie des personnages connexes souvent laconique, et une bibliographie dont la sélection est parfois discutable (exemple: une biblio de Robin sans "A Death In The Family", ça craint quand même un peu...). Déjà parus: Batman, Superman, Flash, le Joker, Catwoman et Robin. Actuellement en vente: Green Lantern. À venir: Wonder Woman, mais comme les figurines sont peintes à la main, vous pourrez pas vous amuser à la foutre à poil, bande de cochons!

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Vu à la télé

CROCODILE 2

(Crocodile 2: Death Swamp)

de Gary Jones (2002)

Pas de "Mollards" sans grosse bébête qui mord, donc c'est reparti: braquage, avion détourné par les vilains, défourraillages dans la carlingue, dépressurisation et chute dans les marais putrides de la jungle mexicaine où sévit devinez quoi? heureusement pas Céline Fion, mais bel et bien un crocodile géant qu'il conviendra de ne pas confondre avec le "Krocodylus" du mois dernier: d'abord, celui-là nageait dans l'eau salée (parfaitement, ça existe! même que je l'ai lu dans un "Oncle Paul"!), et ensuite il était nettement plus drôle, avec ses bimbos exhibitionnistes! Las, ce "Crocodile 2" - qui fait suite à un premier opus de l'ami Tobe Hooper - est bien ennuyeux, se contentant de suivre les errements bavards et convenus des survivants coincés entre les braqueurs agressifs et le saurien en question... Lequel doit être vieux comme mes robes si l'on en juge ce que raconte le pilote d'hélicoptère, qui le tient des Indiens locaux (curieusement absents du casting), qui se le transmettent de bouche à oreille d'une génération à l'autre, ce qui me permet de relater à mon tour, afin que vous puissiez faire la joie de votre descendance, cette belle histoire que lesdits autochtones arlésiens ont recueillie auprès du seul survivant d'une escouade de conquistadors qui se virent jadis mâchouillés par le monstre, ce qui ne nous rajeunit pas! Circonstance aggravante: pas un poil de fouffe à se mettre entre les dents! Bref, les seuls qui y trouveront leur compte sont ces étranges sectateurs avides "d'attaques de requins blancs sur hélicoptères" - ça aussi, ça existe, je l'ai lu dans un post de l'"Oncle Nio" (1) - qui se régaleront ici d'une variante saurienne de ce sport inventé par notre compatriote Jeannot Szwarc dans "Les Dents de la Mer - 2ème Partie" (2). Par le fait, j'ai été rudement bien inspiré de vous raconter l'histoire des conquistadors, sans quoi, après le crash de l'hélicoptère et subséquemment de son pilote, elle aurait été définitivement perdue. Ce qui, vous en conviendrez, eût été fort dommageable pour les générations futures...

Notes:

(1): Vous me croyez pas? Cliquez là-dessus: http://dvdtator.canalblog.com/archives/2006/12/index.html (post du 25/12/06)

(2): Faut dire que "Les Dents de la Mer 2", ça le faisait moyen!

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.youtube.com/watch?v=8nTVajTxtd8

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DVD

LE PIÈGE (Tourist Trap)

de David Schmoeller (1979)

S'il y a quelqu'un qui mérite le titre d'héritier de Roger Corman, c'est bien Charles Band. En effet, la boîte de ce producteur-réalisateur prolixe a littéralement inondé les écrans des années 70-80 d'une tapée de petites séries B d'exploitation qui, si elles ne brillaient pas forcément par leur originalité, étaient toujours réalisées avec soin, à tel point que certaines d'entre elles ont fini par acquérir auprès des fantasticophiles le statut de "petits classiques" du bis. "Le Piège", que "Mad Movies" nous propose sous son titre original "Tourist Trap" avec son numéro de Mai, en fait partie et constitue donc une sélection idéale pour une collection de DVD intitulée "Le Meilleur des B-Movies". Ce "piège à touristes", qui n'a rien à voir avec ces gargotes qui foisonnent chez moi sur la Côte d'Usure et où l'on sert de la soupe de poissons en boîte à des gogos extasiés, se présente comme une maisonnette isolée en rase campagne proposant un menu tout aussi indigeste, puisque c'est là que sévit un psychopathe doté de pouvoirs télékinésiques et fabriquant des automates meurtriers à ses heures perdues. Ne reste plus qu'à lui donner un peu de groins à moudre, et c'est là que débarque la traditionnelle bande de jeunes crétins perdue au milieu de nulle part, avec son gynécée de bimbos en petits shorts moule-raie - parmi lesquelles Tanya "j'ai de somptueux" Roberts (1), qui connut son heure de gloire en tant que James Bond's girl dans "Dangereusement vôtre" (John Glen - 1985). Manifestement, le script ne va pas chercher midi à quatorze heures et nous ressert, comme tant d'autres, un argument de base à la "Massacre à la Tronçonneuse", allant même jusqu'à employer le talentueux décorateur Robert A. Burns qui concocta l'hallucinant ossuaire de la maison de Leatherface. L'homme dresse ici un capharnaüm d'inquiétants automates constituant incontestablement l'atout majeur du film, d'autant que le réal David Schmoeller a pris l'heureuse option de travailler ses climats plutôt que de miser sur le sempiternel déballage de gore, et de faire souligner ceux-ci par une partition des plus convaincantes signée de l'excellent Pino Donnagio - qui fut à Brian DePalma ce que Bernard Herrmann était à Hitchcock. L'ensemble fait son petit effet, et témoigne d'une qualité de réalisation constante et tout à fait remarquable dans un B-movie. Le fait que l'on retrouve aux côtés de Schmoeller, en tant qu'assistant réal, le très compétent Ron Underwood (auteur en 1989 du rétro et très sympa "Tremors"), n'est sans doute pas étranger à l'affaire. Citons enfin le futur réalisateur Ted Nicolaou, bien connu des amateurs de bis, qui assure ici un montage efficace et, dans le rôle du boogeyman, l'excellent Chuck Connors, acteur à forte mâchoire ex-champion de base-ball qui fit une notable carrière dans le bis et fut dans sa jeunesse la vedette de "L'Homme à la Carabine", une série TV dont seuls les vieux croûtons comme moi se souviennent encore. Bref, un film tout à fait recommandable malgré la modestie de l'entreprise, et qui vous fera passer un vrai bon moment de fantastique. Ma femme n'a même pas râlé pendant le visionnage, c'est dire!

Note:

(1): Pour ceux qui chercheraient à la replacer: ça marche aussi avec Julia!

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http://www.cinemotions.com/modules/Films/fiche/38051/Tourist-Trap.html

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Vu à la télé

LA NEUVIÈME PORTE (The Ninth Gate)

de Roman Polanski (1999)

Être un cinéaste majeur n'est pas toujours une sinécure: dès qu'on fait dans le cinéma de genre, la critique ne vous loupe pas. "La neuvième Porte" est pourtant nettement au-dessus de la plupart des productions fantastiques de son époque, et de loin. Alors qu'est-ce que l'on reproche à Polanski, au juste, pour lui infliger des critiques au mieux tiédasses et condescendantes, et au pire franchement négatives? On se demande parfois où est la cohérence, comme lorsque l'on voit "Télérama" casser dans un même numéro "La neuvième Porte" (qualifié de "kitsch" et "ridicule") et l'excellent "Ouvre les Yeux" d'Amenábar ("rebondissements grotesques"), pour encenser quelques pages plus loin le pitoyable "Scream 3" de Wes Craven (1). D'autant que Polanski, qui a déclaré un jour "plus vous voulez être fantastique, plus il vous faut être réaliste", ne déroge pas à cette règle, déjà en vigueur dans ses chefs-d'oeuvre "Rosemary's Baby" (1968) et "Le Locataire" (1976). En effet, loin de se ruer dans des effets faciles et tonitruants, Polanski tient en permanence les éléments fantastiques non pas à distance, mais à la lisière du réel, entretenant toujours cette indécidabilité qui maintenait le spectateur dans l'incapacité de trancher entre l'hypothèse d'une paranoïa de ses héros et celle d'une irruption effective de forces surnaturelles. Ici, il ne procède pas autrement, et si son héros, improvisé détective de l'occulte et menant une enquête des plus rationnelles dans son déroulement, met au jour des indices de plus en plus troublants, l'indécidabilité persiste et rien d'effectif ne permet jamais de conclure, concernant la fameuse "Neuvième Porte" censée déboucher sur l'Enfer, à autre chose qu'à une chimère entretenue par une confrérie de dangereux fanatiques exaltés. Y compris d'ailleurs le dernier plan, dont la fugacité tient presque du fantasme et ne fait finalement que prolonger notre perplexité au-delà du générique de fin - comme pour nous dire que le silence qui suit, c'est encore du Polanski! Certes, le cinéaste se permet quelques facéties, comme ce sabbat de satanistes encapuchonnés, effectivement très kitsch pour le coup, mais c'est pour immédiatement tourner cette scène en ridicule avec l'irruption tragi-comique du personnage de Frank Langella: à la limite, cette séquence aurait pu s'inscrire sans hiatus dans une oeuvre telle que "Le Jour de la Bête" du frappadingue Alex de la Iglesia (2). Big up pour finir au grand Johnny Depp, qui nous donne ici une interprétation à la mesure de sa légende, en campant à la perfection un anti-héros cynique, veule et pour tout dire délicieusement puant, sorte de cousin dégénéré du Jack Gittes de "Chinatown". En ce qui me concerne, c'est la troisième fois que je vois "La neuvième Porte", et à chaque visionnage je suis un peu plus envoûté par l'art de Polanski... C'est grave, Docteur?

Notes:

(1): Voir "Mollards" d'Octobre 2006

(2): Voir "Mollards" d'Août 2007

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http://www.cinemovies.fr/players/player.php?IDfilm=2547&IDBA=11586

blaze_couvLivres

BLAZE (1973)

de Stephen King / Richard Bachman

(Albin Michel - Avril 2008)

Attention: ce "Blaze" n'est nullement "le dernier King", mais tout simplement une oeuvre de jeunesse miraculeusement sauvée de l'oubli par une collaboratrice zélée qui eût la bonne idée d'en faire un double avant que le Maître n'en égare le manuscrit original. Comme dit dans la préface, King caressa à diverses reprises l'idée de publier ce roman, mais finit par y renoncer avant de l'oublier et de le perdre purement et simplement. Chronologiquement, l'écriture de "Blaze" (1973) précède immédiatement celle de "Carrie" (1974), premier opus publié de King que l'on peut considérer comme fondateur du mythe (en partie grâce au classique qu'en tira Brian DePalma en 1976), ce qui fait officiellement de cette oeuvre le "sixième roman de Richard Bachman" - d'où la double signature sous laquelle elle nous est aujourd'hui présentée. L'ayant déjà fait dans ma chronique de l'excellent "Histoire de Lisey", à laquelle je vous renvoie, je ne vais pas réitérer ici un examen des rapports ambigus qui lient le King à son alter ego pseudonymique, mais me contenter de souligner en quoi ce roman me semble emblématique de la période Bachman. Tout d'abord, à l'instar de "Chantier" et du désormais introuvable "Rage" (1), "Blaze" est l'oeuvre d'un auteur en herbe qui manifeste à l'époque un intérêt certain pour le roman noir à caractère social. On pourrait même le qualifier de "polar redneck" s'inscrivant quelque part entre le grand Jim Thompson (dont King reconnaît l'influence dans sa préface) et les films des frères Coen - en particulier "Arizona Junior" (1986) qui raconte une histoire assez similaire. Délaissant les grandes métropoles du polar "hard boiled" classique pour s'enfoncer dans la cambrousse de l'Amérique profonde qui lui est chère et qu'il sait décrire comme personne, King / Bachman nous conte les aventures tragi-comiques de Blaze, un colosse aux pieds d'argile et à la cervelle défaillante qui se lance en solo dans le kidnapping d'un bébé. Handicapé mental totalement dénué de malice, Blaze laisse derrière lui suffisamment d'indices pour se retrouver rapidement avec la totalité des flics de la Nouvelle-Angleterre aux basques, situation compliquée par le fait qu'au contact du nourrisson, une émouvante fibre maternelle s'est éveillée en lui. On est donc confronté à une histoire assez banale, dont on sait dès l'abord qu'elle se terminera en catastrophe... Mais fort heureusement, il y a le "personnage" de George, ancien partenaire en délinquance de Blaze et "cerveau" du tandem, qui a eu la mauvaise idée de se faire tuer lors d'une partie de poker, laissant notre héros seul dans la réalisation d'un plan foireux de kidnapping. Or, et c'est là l'idée extraordinaire de ce roman, au moment où George meurt, Blaze l'intériorise en tant que seconde personnalité schizophrénique, au travers de laquelle une certaine intelligence se réveille à l'arrière de son crâne. Cette présence fantomatique de George, sorte de grand frère bienveillant avec lequel Blaze se livre à des conversations à la fois émouvantes et hilarantes, acquiert peu à peu une dimension fantastique sous la plume déjà habile de King et, au-delà de l'intrigue assez convenue, c'est dans cette illustration assez personnelle du thème du double que réside l'intérêt principal du roman, et particulièrement lorsqu'on la rapporte à la double signature sur la couverture qui engendre a posteriori une mise en abyme des plus inquiétantes... Sans être une oeuvre majeure, "Blaze" a toutefois le mérite de nous montrer en action un jeune auteur à l'imagination déjà débordante et au potentiel incontestable. La suite fait partie de l'Histoire...

Note:

(1): En effet, suite au drame du lycée de Columbine, King décida de retirer "Rage" de la vente et d'en interdire toute nouvelle édition de peur que le roman, qui raconte une histoire étrangement similaire à ce tragique fait divers, n'incite d'autres adolescents à se lancer dans le massacre organisé.

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Sortie en salles

IRON MAN

de Jon Favreau (2008)

"Iron Man" est une sorte de première, en ce que Marvel s'est ici partiellement affranchie des contraintes d'un partenariat avec Paramount en créant ses propres studios, et donc en s'assurant un meilleur contrôle sur les adaptations live de ses comics les plus emblématiques. Bien sûr, il est encore trop tôt pour affirmer qu'un virage a été pris et pour en évaluer les effets, mais il n'en demeure pas moins que, sans casser des briques, "Iron Man" est un film très sympathique et qui nous en donne pour notre argent d'un strict point de vue "entertainment". Certes, il s'agit d'un acte d'exposition et, en tant que tel, le script est assez peu original, balayant les figures imposées (1) avec une application digne de la fonction publique: se succèdent ainsi les origines, l'apprentissage du métier de super-héros, la prise de conscience des responsabilités impliquées par ledit statut, le doute, le passage à vide, et enfin le sempiternel et apocalyptique combat final. Pour tout dire, et toute proportion gardée, "Iron Man" s'apparente quelque peu au "Batman Begins" de Christopher Nolan en ce qu'il nous raconte surtout, quoique sur un ton beaucoup plus fun, le parcours initiatique d'un personnage qui se construit progressivement. Ainsi, le film a tendance à s'appesantir sur l'environnement high-tech du héros, et à négliger des scènes d'action réduites à la portion congrue où Iron Man, faute d'un adversaire consistant, malmène à grand renfort de pyrotechnique virtuelle quelques moujaïdins dépenaillés - quoique le nom de la secte malfaisante, "Les dix Anneaux", laisse présager d'une empoignade avec le Mandarin dans "Iron Man 2", dont la sortie est prévue pour 2010. En dépit de ce script convenu et peu passionnant, le film est fort heureusement transfiguré par la prestation remarquable que Robert Downey Jr nous donne de Tony Stark, conférant à la pellicule le rythme que la réalisation assez impersonnelle de Jon Favreau peine à lui imprimer, et portant littéralement l'oeuvre sur ses épaules avec un dynamisme proprement hallucinant. Autre atout majeur du film: les SFX sont d'une perfection absolue, et parviennent à donner un impact peu commun aux scènes d'action. Deux avantages qui suffisent à nous faire oublier les nombreux défauts d'"Iron Man" et à en faire une réussite. Un mot pour terminer: il est impératif que vous restiez dans la salle après le générique de fin: vous bénéficierez ainsi d'une agréable surprise, et serez par le fait informés des projets d'adaptations de Marvel Films, extrêmement excitants, il faut bien le dire...

Note:

(1): Le seul "opus 1" à s'être affranchi de cette structure contraignante, et ce avec une habileté assez remarquable, est le "X-Men" de Bryan Singer.

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18809690&cfilm=53751.html

amityville

"Amityville": un film à enterrer profond!

croco

Le croco, il veut un bisoouuuu!

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Tanya Roberts: une touriste qu'on a plaisir à piéger!

9e_porte

"La neuvième Porte": ce sabbat m'atterre!

IM

Les débuts d'Iron Man, dans la fameuse armure "poële à charbon"!