Fin de mois

ET POUR QUELQUES MOLLARDS DE PLUS...

(ou: "Les rubriques auxquelles vous croyiez pouvoir échapper!")

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Sortie en salles

SAW 4

de Darren Lynn Bouseman (2007)

Les "Saw" se suivent et se ressemblent, et l'on se languit de voir si cette entreprise de charcuterie en gros va se pérenniser jusqu'à atteindre ce "Saw 6" dont on est au moins sûr que le titre nous fera marrer! Voilà où j'en suis personnellement: j'ai applaudi à sa juste valeur le tonique "Saw" originel de James Wan (voir "Séance interdite" de Décembre 2006), je me suis montré assez bon public pour le "Saw 2" (voir chronique éponyme), j'ai zappé le 3, et je me demande après avoir vu ce quatrième opus si Bouseman ne va pas finir par mériter son patronyme... Ne sachant pas trop où aller, il prend l'option (facile) de nous faire rendre notre quatre heures avec une séquence introductive des plus dégueulbif, laquelle détaille en temps quasi réel et avec complaisance l'autopsie de ce bon vieux Jigsaw qui, pour le coup, mérite également son nom de scène si l'on en juge par la manière dont il est éparpillé aux quatre coins de la morgue! Oui mais, si Jigsaw il est mort, alors y'a pus de film, se lamente le spectateur censément dépité, du moins c'est ce qu'espèrent secrètement les scénaristes bourrins qui nous prennent vraiment pour des buses! Et la vengeance posthume, tu connais? Ouais, au moins depuis "La Proie du Mort" (1941) de W.S. Van Dyke, répond le cinéphile impitoyable à qui on ne la fait pas! Blague dans le coin, une fois l'argument exposé et la machine lancée dans le sempiternel jeu de pistes émaillé de devinettes trouvées en dépiautant des papillotes, "Saw 4" sacrifie à tous les lieux communs à la mode dans les séries B horrifiques du moment, servile suiveur de prédécesseurs bien plus créatifs dont on galvaude ici les idées avec opportunisme. Ainsi, l'on exploite à outrance l'esthétisme crade mis au goût du jour par le "Saw" de James Wan et le "Hostel" d'Eli Roth - deux authentiques réussites, quant à eux - et, lorsqu'il est question de justifier le cachet de Tobin Bell, interprète de Jigsaw, on sacrifie à la vogue de la préquelle, toujours bien commode dès qu'il s'agit de relancer une franchise qui s'essouffle. C'est dont parti pour une série de flash-back qui, en parallèle avec la ligne narrative principale, nous révèle les origines du monstre, pourquoi il est si méchant et tout ça... Bref, un film qui plaira à Nicolas Hulot, tant il pratique un recyclage intensif!

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces=87227.html

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Vu à la télé

KROCODYLUS a.k.a. TERREUR BLEUE

(Blood Surf)

de James D.H. Hickox (2000)

Heureusement qu'il existe des boîtes de production comme "Trymark Pictures", sans quoi on se demande ce que San Helving et les collègues de "Nanarland" pourraient bien mettre dans leurs chroniques! Pur produit de packaging propice à l'alimentation des foires aux DVD (j'adore!), "Krocodylus" est le typique nanar d'exploitation moderne, pompant sans vergogne la franchise des "Dents de la Mer" dont il nous reproduit divers morceaux de bravoure, tels le-macchab-planqué-dans-l'épave, les-héros-qui-courent-sur-une-jetée-dont-le-monstre-détruit-un-à-un-tous-les-pilotis, ou encore l'horrible-mort-de-Robert-Shaw! Sinon, c'est la routine habituelle: sempiternelle bande de jeunes crétins insupportables débitant des dialogues consternants - ici, leur kif consiste à surfer au milieu des requins après s'être entaillé un pied, vous dire s'ils sont cons! - bimbos peu avares de leurs charmes, vieux baroudeur buriné auquel on ne la fait pas, etc... Histoire de rallonger une sauce déjà bien délayée, on a même droit à une bande de guérilleros dépenaillés aux motivations obscures, dont la seule préoccupation semble être de se pécho les meufs de la bande pour faire la fête à Popaul! Les attaques du croco se contentent de montrer chichement (ce qui est une sage décision) la tête du monstre, fruit d'une animatronique des plus rudimentaires. Enfin, y'a tout de même de bons moments nanardesques, comme celui où une protagoniste, venant d'échapper à la sale bête, nargue celle-ci en lui montrant ses nibards - au demeurant birkiniens! Pas grand chose à se mettre sous la dent, tant il est vrai que les oeufs sur le plat sont peu prisés de la gastronomie saurienne!

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://movies.nytimes.com/movie/241397/Blood-Surf/trailers

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Vu à la télé

TYCUS, LA DERNIÈRE MÉTÉORITE

(Tycus a.k.a. Forbidden Target)

de John Putch (1998)

On reste dans le même registre que ci-dessus avec cette oeuvrette de SF catastrophiste, dans laquelle on aura au moins la consolation de croiser un Dennis Hopper cachetoneur... Sans péter des briques, et nonobstant un budget étique et une réalisation des plus plates, la première moitié de l'histoire sait susciter un certain intérêt, le script parvenant assez bien à brouiller les pistes pour mieux exciter notre curiosité. Ainsi, nous sommes à mi-film lorsque les pièces du puzzle s'emboîtent et que le sujet nous est enfin révélé. Du coup, évidemment, tout l'intérêt retombe, et la seconde moitié verse dans un mélo pour ménagères fort malvenu, avant de se conclure dans un Armaggedon du pauvre, illustré par des SFX d'une assez poétique naïveté. En effet, ceux-ci ne manqueront pas de raviver la nostalgie des nanardeux pratiquants, tant ils évoquent les destructions massives jadis perpétrées dans "Godzilla" et autres "keiju-eiga", ou encore la cultissime série de Gerry Anderson "Les Sentinelles de l'Air". Anecdotique, certes, mais pas sans charme...

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http://www.telephant.com/Tycus_la_derniere_meteorite-vb-16772210-2236-1.html

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Vu à la télé

TIMECOP

de Peter Hyams (1994)

Flic du temps, c'est un dur métier... Non seulement faut aller chercher dans le passé les zouaves qui mettent à profit leur connaissance du futur pour des raisons de lucre, mais en plus, quand tu reviens dans le présent, c'est tout juste si tes potes ingrats se souviennent de toi, vu que personne n'a conscience du fait qu'un crétin a encore modifié la ligne temporelle... sauf J.C. Van Damme, forcément, puisque lui il est "aware"! Tout ce boxon chronologique truffé de clichetons n'est bien sûr prétexte qu'à l'habituelle distribution de coups de lattes - et finalement c'est tant mieux puisque ça fait plaisir aux amateurs de pif-paf, mais surtout pendant ce temps-là JC ferme sa gueule et nous épargne le traditionnel chapelet de conneries mystico-portnawak et autres rots intempestifs! De plus, son personnage est on ne peut plus monolithique, ce qui lui évite d'essayer de jouer: tout bénef pour le spectateur! Heureusement, il y a ce vieux briscard de Peter Hyams aux manettes qui, illustrant un script pas trop mal foutu, parvient à surmonter une carence budgétaire évidente pour nous pondre une série B nerveuse, efficace et formellement irréprochable. Et puis JC parvient à nous placer son grand écart, désormais aussi légendaire que les caméos du père Hitchcock!

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.youtube.com/watch?v=fgZHhUaW71c

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Vu à la télé

DES SERPENTS DANS L'AVION

(Snakes On The Plane)

de David R. Ellis (2005)

J'avoue que j'ai du mal à comprendre l'indulgence qu'a montré la critique spécialisée face à ce pur produit de consommation sans aucune originalité. S'il est vrai que cette série B de luxe bénéficie d'une réalisation honnête et d'une narration efficacement rythmée, le script n'en est pas moins bourré d'invraisemblances (ce qui n'est pas très grave en soi) et de lieux communs (ce qui est plus gênant). Cette fainéantise scénaristique a beau tenter de se dissimuler derrière un mélange de genres (film catastrophe, horreur animalière jouant sur les phobies, huis clos claustro, le tout saupoudré d'humour campy mal dégrossi) qui relève plus de l'art d'accommoder les restes que d'une véritable inspiration, la mayonnaise ne prend pas, tant les événements sont prévisibles de par leur caractère éculé: rien de nouveau depuis "L'Aventure du Poséidon" version seventies, et l'on sait dès l'embarquement qui va clamser et qui va survivre, tant les protagonistes sont taillés à coups de serpe. Plus grave, les traits d'humour dont s'embarrasse le scénar s'adressent essentiellement à un public de beaufs amateurs d'esprit de caserne et de concours de pets: on a droit successivement à la bimbo topless qui trimballe un reptile pendu à son mamelon, au serpent jaillissant de la cuvette des chiottes pour agripper la teub d'un mec en train de pisser, ou encore à celui-ci qui se glisse entre les cuisses d'une grosse mama occupée à faire un rêve érotique, pour ressortir en se faufilant entre ses nibards - classe! Comble de tout, vous ne pourrez même pas me reprocher ces quelques spoilers, puisque vous aurez vu arriver les "gags" quinze plans à l'avance!

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces=58991.html

saw

"Saw 4": Jigsaw se marre à gorge déployée!

kroco

Scène d'anthologie: l'art et la manière de narguer un "Krocodylus"!

tycus

Dennis Hopper (rien pour attendre!) dans "Tycus"!

timecop

"Timecop": le poing et le couteau, plus une bonne tranche de Van Damme!

serpents

"Des Serpents dans l'Avion"... et une couille dans le potage!