31 août 2007
L'HOMME DES HAUTES PLAINES
Vu à la télé
L'HOMME DES HAUTES PLAINES
(High Plains Drifter)
de Clint Eastwood (1973)
Je vous ai déjà entretenus de ce pur chef-d'oeuvre, à classer parmi les dix meilleurs westerns de tous les temps, à l'occasion de ma chronique sur "Pale Rider" (voir "Mollards" de Mai 2007) qui en constituait le remake biblique. Si, en effet, le fantomatique pasteur de cette relecture était devenu un ange exterminateur mandé par la justice divine pour châtier les méchants, son ancêtre de 1973, plus brut de décoffrage, pourrait bien en constituer le versant satanique, comme en témoigne cette vision hallucinante d'une ville entière repeinte en rouge et rebaptisée "Hell".
Réinvestissant dans ce second film (en tant que réalisateur) tout ce qu'il a appris auprès de son mentor Sergio Leone, dont l'influence est ici évidente, Clint reprend son personnage amoral de "l'Homme sans Nom", inventé à l'occasion de la fameuse "Trilogie des Dollars" et archétype de l'anti-héros post-fordien, pour en pousser le concept jusqu'à ses limites les plus extrêmes. Combattant le feu terrestre par le feu de l'enfer, ce vengeur impitoyable oppose au libéralisme fondateur américain à visage inhumain son propre potentiel fascisant, autrement plus redoutable. Le mythe du fameux "esprit pionnier" cher à John Ford est ici joyeusement foulé aux pieds, et la ville de braves citoyens honnêtes et travailleurs tombe le masque pour dévoiler sa corruption fondamentale et la veulerie répugnante de ses membres. Dans son "Léviathan", Hobbes a montré comment l'assomption (ou l'inassomption) de la violence physique a déterminé la structure de la société féodale, se distribuant entre une caste guerrière et une classe de fermiers lui ayant délégué contre tribut l'exercice exclusif d'une violence en théorie protectrice. Le problème, c'est que la délégation de violence équivaut à une délégation de pouvoir: il n'est pas en ces matières de "gentlemen's agreement" possible, comme les serfs médiévaux ont pu en faire la cruelle expérience. Déléguer le pouvoir contre protection revient à signer un pacte avec le Diable, et c'est précisément ce que font les habitants de Lago, que Clint prend sous son aile: demandez à une prostituée quel est le sens du mot "protecteur", et vous serez vite fixés!
Adonc, cette bourgeoisie naissante et fondatrice de la soi-disant "civilisation" américaine, vecteur de violence sociale et économique, se refuse par veulerie à assumer une violence physique dont elle est pourtant directement responsable, et qui menace de se retourner contre elle incessamment... Elle conclut donc un pacte avec ce diable apparu dans le flou des tremblements d'un air surchauffé, pour ainsi dire venu d'un mirage... Conférant les pleins pouvoirs à ce cavalier fantomatique et s'engageant à lui donner "tout ce qu'il désire", elle se place par rapport à lui en état de servage consenti dans une configuration éminemment hobbesienne. Devenu "seigneur" au sens féodal du terme, le personnage aristocratique campé par Eastwood ne tarde pas à leur renvoyer en pleine face le manque de noblesse (à tous les sens du terme) qui est l'apanage de leur classe roturière, et la vanité de leurs prétendues valeurs morales qui se limitent à un profit aveugle et immédiat. De fait, leur désormais "seigneur et maître" va leur infliger une cuisante leçon sur la signification du mot "pouvoir". Dès lors, ces notables imbus d'eux-mêmes et si fier de cette toute-puissance en vertu de laquelle ils s'estimaient au-dessus des lois et de la morale - toutes choses dont, par ailleurs, ils se gargarisent avec une belle hypocrisie - se trouvent ravalés à l'état de sales gosses pleurnichards que notre (anti) héros fesse à tour de bras, les humiliant et les dépouillant méthodiquement avec un cynisme provocateur les poussant jusqu'aux derniers retranchements de leur veulerie qui, hélas, s'avèrera sans limite.
Dans ce jeu de massacre, nul ne sera épargné, et surtout pas les femmes: loin d'incarner "l'avenir de l'homme", elle se révèlent les dignes égales du mâle en matière d'ignominie - voilà qui devrait satisfaire les défenseurs de la parité! Car, en bon "seigneur de la guerre", notre homme compte bien exercer son droit de cuissage, et celles-là mêmes qui tenteront de le soudoyer en usant de leurs appas devront en payer le prix cash sans rien obtenir en retour: c'est bien connu, le Diable est menteur et arnaqueur, et tout contrat passé avec lui ne saurait être qu'un marché de dupes. Ainsi, telle qui cherche machiavéliquement à se placer du côté du manche par des faveurs qu'elle croit accorder s'apercevra, mais un peu tard, qu'elle n'est rien d'autre que l'instrument de l'humiliation de son mari (que par ailleurs elle méprise), lequel mettra pour les mêmes raisons ses cornes dans sa poche. Telle autre, fausse élégante mais vraie putain qui joue les vierges effarouchées en cherchant à exploiter le désir qu'elle croit fort orgueilleusement inspirer, finira violée sur un tas de foin sans autre forme de procès! En fait, il semblerait que cette misogynie, certes provocatrice de la part d'un Clint Eastwood qui s'en donne à coeur joie dans l'abjection, soit surtout la parabole savoureuse d'un moraliste sur les alcôves du pouvoir... Au temps pour les "first ladies" et autres "putains de la République"!
Passons au suivant: dans cette tuerie organisée, il eût été impardonnable d'oublier la curetaille! Caution divine indispensable de toutes les vilenies commises par ses ouailles, le pasteur se verra fort ironiquement renvoyé dans ses dix-huit mètres dès qu'il s'aventurera à entretenir notre héros de charité chrétienne. La réponse est cinglante: le seigneur ayant besoin d'un château, il exproprie tous les clients de l'hôtel et propose au tartuffe de faire acte de charité en les relogeant chez lui! Lorsque le Diable se mêle de donner des leçons de morale dans la cité, c'est que celle-ci est abandonnée de Dieu et promise au destin de Sodome et Gomorrhe: un état de fait que souligne notre héros en la faisant repeindre aux couleurs de l'Enfer. Comme attesté dans "Pale Rider", dont le titre même fait référence à l'Apocalypse, le Dieu d'Eastwood est un "Dieu de colère".
Mais l'homme ne se contente pas de prêcher la charité avec une ironie socratique, il la met également en pratique en appliquant non moins sarcastiquement le principe des vases communicants cher à Robin des Bois. Ainsi, les laissés-pour-compte et autres minorités opprimées trouvent en lui un ami inconditionnel quoique peu communicatif, tel ce vieil Indien méprisé de tous et au bénéfice duquel il dépouille le magasinier qui lui interdisait l'entrée du drugstore, ou encore ce nain préposé aux basses besognes qu'il nomme maire et shérif de la ville, dans une superbe parodie de l'empereur Caligula. Cet humanisme aussi soudain qu'inattendu vient à point nommé tempérer la dureté du personnage, et inviter à la réflexion ceux qui seraient tentés de le qualifier un peu hâtivement de fasciste. Prolongement du mythe grec de Prométhée, Lucifer n'est-il pas étymologiquement le "porteur de lumière" qui se révolte contre l'obscurantisme divin, relayé ici par le pasteur hypocrite? La parodie iconoclaste atteint encore un sommet lorsque, usurpant une fois de plus les prérogatives d'un Dieu bergmanien, il offre aux damnés sur lesquels il règne une chance de rédemption en leur collant un fusil entre les mains. La boucle est dès lors bouclée à travers cette critique intransigeante de la délégation de pouvoir: ce n'est qu'en assumant la violence - dont ils sont par ailleurs vecteurs - qu'ils s'affranchiront de leur condition d'esclaves en l'absence d'un Dieu qui a remis la justice entre les mains du Diable, tandis qu'eux lui remettaient les clefs de la ville, la corde au cou tels les Bourgeois de Calais.
Cette carence du divin, qui débouche sur le principe d'autodétermination des peuples ("ni Dieu, ni maître"), pose le héros en tant qu'anarchiste en dépit de ses méthodes fascisantes, lesquelles ne constituent en fait qu'un retournement ironique de la violence autoritaire contre ceux qui en sont les chantres et les instigateurs. On est ici au point dialectique - et parfois névralgique - où l'absence de pouvoir - soit: l'anarchie - rend possible toutes les modalités imaginables de ce même pouvoir, y compris les plus totalitaires, ce que traduit parfaitement les agissements paradoxaux du héros: à tel moment, il viole une femme comme le dernier des porcs fachos, et l'instant d'après il restitue symboliquement aux Indiens ce dont l'Amérique les a spoliés. Eastwood se garde bien de prendre position, préférant se délecter à soumettre le spectateur à une perpétuelle douche écossaise et le laissant se dépatouiller avec ses propres jugements éthiques face à ce personnage qui porte haut la bannière de l'ambiguïté politique et morale.
Sous couvert d'un western relatant une classique histoire de vengeance, et qui d'ailleurs fonctionne parfaitement au premier degré, le grand Clint nous gratifie d'un film-valise dont on n'a pas fini d'analyser toutes les ramifications, tant il finit par acquérir la valeur d'un traité de philosophie politique sans jamais se montrer lourdement théorique. À cet égard, j'estime qu'on devrait le projeter à tous les étudiants de sciences-po et autres énarques qui entrent dans la carrière, juste histoire de leur éviter quelques illusions dangereuses pour nous autres leurs futurs administrés! Quant à l'électeur de base, "L'Homme des hautes Plaines" pourrait bien l'inviter à plus de discernement avant que de déterminer dans quelles mains il va déposer le kärscher!
À ce savant mélange des genres, dans lequel Eastwood s'amuse comme un petit fou à brouiller les cartes, vient encore se superposer la dimension fantastique que le réalisateur, toujours ambigu, se contente de suggérer sans jamais l'affirmer de façon claire et nette... D'un bout à l'autre du film, le statut de spectre de l'impitoyable justicier ne dépasse jamais le stade de la simple hypothèse, mais ce postulat ne peut à aucun moment être définitivement écarté, transparaissant en permanence et de façon lancinante dans la surhumanité / inhumanité du personnage. L'énigmatique conclusion, au cours de laquelle le nain Mordecai met enfin un nom sur la tombe (1) du shérif martyr que Clint est venu venger, constitue un retour en force de ce fantastique diffus et rebondit sur un questionnement qui restera définitif. S'enquérant du nom de l'énigmatique vengeur, le nain s'entend répondre: "Tu es en train de l'écrire" avant que notre héros ne retourne se perdre dans le mirage dont il était issu. Ce twist, qui produit tout de même son petit effet dans la VO, effarouchera visiblement des distributeurs français aussi imbéciles que conformistes puisque la VF croit bon de rajouter "Prends-en soin: c'est celui de mon frère!" Cette simple phrase suffit à ruiner en grande partie l'un des intérêts majeurs du film, qui de western fantastique devient par la magie d'une cuistrerie interprétative - à moins qu'il ne s'agisse tout connement d'une basse considération commerciale! - une histoire de vengeance des plus triviales (2). J'aimerais bien savoir, histoire de rigoler, comment les auteurs de ce coup bas rendent compte dès lors de cette scène où le personnage ressort indemne d'une baignoire dans laquelle on vient de vider un chargeur! À croire que l'originalité leur fait peur - à moins que ça ne soient les fantômes!
Notes
(1): ...dans un cimetière où trônent également des stèles aux noms de Sergio Leone et Don Siegel!
(2): La formulation exacte de la VO est: "You know it. Take care." ("Tu le connais. Fais gaffe."). On notera la traduction plus qu'approximative du "take care": si les paroles prononcées par l'inconnu avaient réellement été "Prends-en soin", cela aurait donné en anglais: "Take care of it." Les ultimes paroles de Clint en VO, non contentes d'entretenir le flou dans lequel il va finir par se fondre physiquement, ont de surcroit une résonance sinistre qui pourrait très bien être interprétée comme suggérant une origine diabolique du personnage...
Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:
http://technorati.com/videos/youtube.com%2Fwatch%3Fv%3DQJpoWH14z7Y
Le retour définitif de l'"Homme sans Nom".
Clint entre en ville dans l'un des plus beaux travellings de l'histoire du western.
Lago repeinte aux couleurs de l'Enfer.
Les braves citoyens du mythe américain.
Clint nomme un nouveau shérif.
11 août 2007
MASTERS OR HORROR - saison 2 - ép 5-6
Série Télé
MASTERS OF HORROR - Saison 2
série créée par Mick Garris (2006)
Voici une livraison militante. Dario Argento, que l'on n'attendait plus, prend sur les traces de B.B. la défense de ces pauvres ragondins que l'on écorche pour habiller les demi-putes mondaines, et les venge en dépeçant son casting à grand renfort de gore. De son côté, John Carpenter part en croisade pour la liberté de l'avortement et organise un de ces simili-westerns dont il a le secret autour du siège d'une clinique. Autre point commun entre ces deux épisodes: au risque de s'aliéner leur public, les deux réalisateurs n'hésitent pas à basculer dans le second degré, et à employer des procédés dignes des pires nanars - qui, comme chacun sait, sont les meilleurs! Bref, il semblerait que la série de Mick Garris soit en train de devenir la cour de récréation des "Maîtres de l'Horreur"!
J'AURAI LEUR PEAU (Pelts)
de Dario Argento (épisode 6)
Voilà un Argento pour le moins inhabituel et qui consacre un changement de style radical. Les ceusses qui aiment que ça bouge et que ça décape seront ravis, vu que le père des Trois Mères, pour n'être pas un enfant de choeur question horreur graphique, ne s'était jamais montré aussi outrancier. Totalement décomplexé, Argento y va franco de port et d'emballage et nous offre un épisode digne du Grand Guignol qui n'est pas sans rappeler le bis transalpin le plus bassement racoleur, celui des Deodato, Lenzi et autre Joe d'Amato - exception faite de la mise en scène, qui est tout de même moins rudimentaire. Cet Argento new look, pour fun qu'il soit, ne manquera pas de quelque peu déconcerter le fan de la première heure qui ne retrouvera pas l'horreur lyrique et classieuse d'"Inferno" ou "Suspiria", remplacée ici par une débauche de gore craspec dont la complaisance semble frappé du sceau de la gratuité. Mais il y a plus: dans ses chefs-d'oeuvre d'antan, Argento nous avait habitués à un érotisme suggestif à base de symboles et de romantisme noir. Les fragiles lolitas au teint de porcelaine qui traversaient ses films dégageaient une charge érotique d'autant plus efficiente qu'elle était aussi éloignée que possible d'une quelconque pornographie, et même les éventuelles et fugitives scènes de nu s'en démarquaient par un esthétisme élaboré. On sera donc surpris de découvrir, au travers des prestations de la strip-teaseuse qui obsède le héros, une vulgarité inaccoutumée qui, là encore, rappelle immanquablement le racolage fessier du nanar, via un érotisme de boui-boui à base de tortillages de croupions dignes d'un clip de rap. Bref, tout se passe comme si Argento se livrait à une parodie en règle du Z italien car, à l'instar de sa pulpeuse héroïne qui ne loupe pas une occasion de tomber le soutif, il étale avec ostentation ces deux mamelles du nanar que sont le sexe et la violence. Nulle surprise donc à ce que cette classique dialectique se résolve dans un climax apocalyptique et hilarant où l'on peut voir le héros s'écorcher vif et s'arracher la peau du torse comme on enlève un pull-over! Car cette parodie de strip-tease, coïncidant avec le moment où l'homme accède enfin à l'objet de ses désirs exacerbés, se donne évidemment comme le contrepoint ironique de l'exhibitionnisme constitutif de l'héroïne. Cette sanguinolente conclusion, qui joue sur le préliminaire intensément érotique du déshabillage des amants, consacre le dépassement du désir dans la mort au travers du martyr consenti de la chair. En dernière analyse, cette débauche de gore dont on était tenté au premier abord de stigmatiser la prétendue gratuité répond à l'étalage provocateur de la nudité féminine, pareillement suspecté de complaisance. Rusé et pervers, Argento joue sur les deux tableaux et, derrière cette modeste production de genre qui feint de cultiver un premier degré "populiste", maîtrise parfaitement son sujet et développe une thématique illustrée notamment dans des oeuvres telles que "L'Empire des Sens" d'Oshima où le désir exacerbé s'abolissait dans la castration, ou encore "La Bête aveugle" de Musumura où il se consommait dans le démembrement. Sauf qu'en tant qu'auteur de genre, Argento chasse de préférence sur les terres d'un Clive Barker et de son très déviant "Hellraiser". Oeuvre éminemment charnelle tant par son étalage de sexe que par ses débordements de tripaille, cette épisode consacre la "peau" - comme annoncé dans le titre - en tant que frontière et ultime tabou dans l'abolition du désir considéré comme pathologie: franchissant cette limite, l'exercice du sexe ne peut que s'abîmer dans le gore, comme "approfondissement" (!) du désir au-delà de la peau (1). "McGuffin" de l'intrigue, mais surtout référence évidente à "La Vénus à la Fourrure" de Sacher Masoch - confirmée par le masochisme voluptueux du héros trouvant un écho dans le sadisme de sa "maîtresse" qui exacerbe le désir tout en s'y soustrayant machiavéliquement - le maléfice du manteau de fourrure par lequel le scandale arrive tient lieu de fétiche et désigne de façon symbolique le tabou de la peau qu'il convient de transgresser pour accéder à la plénitude de la chair qui se dérobe. Il est par ailleurs intéressant de noter que cette situation scabreuse, conformément à la dialectique hégélienne dite "du maître et de l'esclave", se dénoue en s'inversant une fois la transgression consommée. Le rapport passe ainsi de la soumission à la domination (et vice-versa) dès lors que le héros, au travers de l'offrande symbolique de la fourrure, fait don de sa peau à sa belle tortionnaire (2). Enfin on pourrait même, en se montrant aussi pervers qu'Argento, observer que cet épisode si mal dégrossi en apparence s'avère d'une profondeur thématique assez remarquable pour peu que l'on prenne la peine de le "disséquer"!!!
Notes
(1): Un humoriste fameux - je crois me souvenir qu'il s'agit du regretté Reiser - s'amusait des outrances du cinéma porno, notant qu'à force de démonstrativité, et cherchant à pénétrer toujours plus avant le sexe féminin, on en viendrait quelque jour à se masturber devant un estomac... Et de conclure: "Quoiqu'un estomac bien maquillé, avec des porte-jarretelles..." La démarche humoristique d'Argento me paraît assez similaire à ce trait d'esprit typiquement "hara-kirien"!
(2): Un disciple de Lacan vous dirait qu'"elle lui coûte la peau"!
PIÉGÉE À L'INTÉRIEUR (Pro-Life)
de John Carpenter (épisode 5)
Et c'est reparti! Toujours obsédé par son film fétiche, le monument du western "Rio Bravo" du grand Howard Hawks, John Carpenter nous gratifie une fois de plus d'un "film de siège" comme l'indique le titre français - stupide, au demeurant - de l'épisode. Cela fait maintenant plus de trente ans, depuis le mythique "Assaut" (1976) récemment remaké par notre Jean-François Richet national, que Big Dad explore avec une opiniâtreté qui confine à la monomanie les diverses variations de ce thème de prédilection: outre "Assaut", on peut citer les excellentissimes "Fog" (1979), "Prince des Ténèbres" (1987), "The Thing" (1982) (1), ainsi que les deux aventures de Snake Plissken qui développent la variation plus spécifique de l'"enclave". Parallèlement se développe une thématique corollaire de la "résistance", dans laquelle Carpenter investit ses préoccupations les plus militantes: à savoir que les personnages assiégés constituent une minorité résistante à la tendance majoritaire assiégeante d'où émane la menace terrifiante, et qui devient ici le paradigme de tout ce que l'Amérique, voire le monde, compte de forces réactionnaires et fascisantes. Avec Carpenter, nous sommes donc en présence d'un fantastique "de gauche", pour ne pas dire franchement libertaire, ce qui n'est à y bien regarder pas si fréquent que ça... En effet, dans son excellent essai "Anatomie de l'Horreur" (2), Stephen King insiste à juste titre sur le caractère essentiellement réactionnaire du genre fantastique, qui fonctionne le plus souvent selon le principe de punition systématique de la transgression, dans lequel l'élément surnaturel devient la manifestation d'une justice immanente garante de l'ordre établi. Pour ne prendre qu'un exemple parmi une multitude, les intégristes religieux de tous poils ne pouvaient rêver mieux que la fameuse série des "Vendredi 13" qui, par l'entremise de son ange exterminateur Jason, met un point d'honneur à éradiquer tout ado picoleur, fornicateur ou fumeur de pétards: "la peine de mort pour toute transgression", tel pourrait être le slogan de la franchise! Carpenter s'inscrit donc à contre-courant de cette tradition droitiste et judéo-chrétienne profondément enracinée dans le genre. Pour résumer, nous dirons que le héros carpentérien, assiégé et résistant aux forces réactionnaires, fait sienne la devise "nous contre le reste du monde", radicalisée dans des oeuvres telles que "Invasion Los Angeles" (1988) ou "L'Antre de la Folie" (1995). "Piégée à l'Intérieur" ne déroge pas à la règle et respecte cette configuration à la lettre: une candidate à l'avortement se réfugie dans une clinique qui ne tarde pas à se retrouver assiégée par une tribu de "Pro-Life" (titre original de l'épisode) menée par son propre père, et qui ne reculera devant aucune extrémité pour "sauver le bébé". Comme toujours, le discours militant de Carpenter est parfaitement au point, comme par exemple lorsqu'il pointe les contradiction de ce fanatique incarné par Ron Perlman (dont la trogne impossible est impeccable de monolithisme buté), et qui n'hésite pas à sacrifier la vie de ses fils dans le but absurde de préserver une existence hypothétique. Impitoyable, Carpenter pousse la métaphore dans ses derniers retranchements: non seulement l'avorton est le fruit d'un viol, mais s'avère en outre une créature contrefaite, sorte de crustacé à tête de nourrisson (3), puisque son père biologique n'est autre qu'un démon de l'enfer avec les cornes, les sabots et tout le tremblement! C'est d'ailleurs là que l'épisode touche à ses limites car, particulièrement après le magistral "La Fin absolue du Monde" de la première saison, on reste interloqué que, sur un sujet aussi grave que la liberté de l'avortement, Carpenter nous ponde une telle pochade de carabin... Pire, le monstre en plastoc qui vient récupérer sa progéniture non moins hilarante nous précipite sans crier gare dans les abîmes nanardesques les plus gratinés! Avant que de conspuer Carpenter comme l'on fait un peu vivement nombre de blogueurs et internautes, je me sens tout de même tenu d'émettre l'hypothèse d'un plus que probable second degré: il semblerait en effet qu'en lieu et place du sempiternel retournement de situation scénaristique, cet incorrigible anti-conformiste ait préféré nous déconcerter par un twist "dans la forme", c'est-à-dire en consommant un changement de style et de ton aussi soudain que radical. Comment expliquer en effet que les responsables des SFX Howard Berger et Greg Nicotero, dont la réputation dans le genre n'est plus à faire et qui se montrent nettement plus convaincants sur l'ensemble des autres épisodes de la série, nous gratifient soudain d'une créature aussi approximative dans sa conception, si ce n'est pour appliquer les directives d'un réalisateur facétieux? En tous cas, cela me semble un argument viable, et il est pour moi évident que Carpenter s'amuse beaucoup, la question restant en suspens étant de savoir si l'on s'amuse avec lui: l'amateur pervers de nanars sans aucun doute, le pisse-vinaigre certainement pas, et pour les autres ce sera avant tout un problème de critères... Sinon, exception faite de son final délibérément grandguignolesque qui est relativement nouveau et, partant, produit son petit effet, Carpenter fait du Carpenter et ne sort ni de sa thématique ni de son militantisme idéologique habituels. Fidèle à sa passion de toujours, il filme l'invasion de sa clinique comme un western où l'on se canarde joyeusement d'un coin de couloir à l'autre, et où l'on claque autant de portes que dans un film de Lubitsch sauf que là, on échange plus de bastos que de bon mots dans une aimable débauche de boîtes crâniennes volantes!
Notes
(1): Mention spéciale pour celui-là, puisqu'il s'agit d'un remake d'une production de Hawks, en majeure partie dirigée en sous-main par le Maître.
(2): "J'ai Lu" n°s 4410-4411
(3): ...et on applaudit bien fort la Crevette Zombie dans son tout premier rôle à la télé: on sait désormais ce qui se cache derrière le célèbre masque à gaz!
Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:
http://www.youtube.com/watch?v=M0uL-aZhbGw
Argento joue les comiques tripiers!
Couture? ...ou coup dur?
C'est ce qui s'appelle "perdre la face"!
Ron Perlman claque les portes!
Vite! Elle est en train de perdre les os!
Ça, c'est du "craignos monster"!
03 août 2007
MASTERS OF HORROR - SAison 2 - ép 1-2
Série Télé
MASTERS OF HORROR - Saison 2
série créée par Mick Garris (2006)
Amateurs de Grand Guignol salissant, réjouissez-vous: la deuxième saison des "Masters Of Horror" débarque sur Canal +. Sans bouder notre plaisir, on déplorera que la chaîne cryptée ne diffuse à nouveau qu'une sélection de morceaux choisis, politique qui suppose le passage à la trappe d'un certain nombre d'épisodes et qui risque, comme ce fut le cas lors de la première saison, de produire son lot de grincements de dents. Par exemple, j'ai personnellement mal compris que des segments aussi plébiscités que le "Jenifer" d'Argento ou "La Maison des Sévices" de Miike aient été laissés pour compte au profit d'épisodes nettement plus faiblards, tels "La Survivante" de Don Coscarelli, course-poursuite dans les bois sans grande originalité, ou encore le très autosuffisant "La Cave" de ce bouffon de William Malone. À se demander s'il n'y aurait pas quelque (auto) censure là-dessous car on remarquera que, parmi toute les séries câblées diffusées par Canal, aussi excellentes que provocatrices dans leur concassage des tabous télévisuels (voir notamment: "The Shield", "Dexter, "The L Word", "Deadwood"...), "Masters Of Horror" est la seule à n'avoir pas bénéficié d'une diffusion intégrale et, face à un auteur aussi dérangeant que Miike, on peut légitimement se poser quelques questions... Second bémol: on aurait tout de même aimé un peu plus de variété dans le choix des "Maîtres" représentés et, si l'on est toujours heureux de retrouver des talents confirmés tels que Carpenter, Hooper, Gordon, Dante ou Argento, force est de constater qu'à quelques exceptions près, il n'y a pas de grandes différences de casting entre la première et la deuxième saison. Outre le fait que les grands absents (Romero, Cronenberg) le soient toujours autant (du fait d'un calendrier de tournage chargé, nous dit Garris), une certaine ouverture vers la jeune génération ne serait pas du luxe - on pense à des gens tels que Rob Zombie, James Wan, Neil Marshall... - et surtout vers cet extraordinaire vivier qu'est l'Espagne avec des auteurs comme Balagueró , Koldo Serra, Nacho Cerda ou encore, bien que mexicain mais opérant souvent outre-Pyrénées, notre bien-aimé Guillermo del Toro, qui suggéra à Garris le concept des "Masters Of Horror". Mais il est vrai qu'"Ibère rien pour attendre", puisque nos amis espagnols ont produit avec les fameuses "Scary Stories" (dont nous reparlerons bientôt) leur version locale des "Masters Of Horror". Et puis tiens, tant qu'on y est, citons quelques Grands Anciens oubliés comme Brian Yuzna, dont le style inénarrable est complètement dans l'esprit carabin de la série, ou encore l'infortuné Michele Soavi qui, malgré les films admirables dont il nous gratifia (sublime "Dellamorte Dellamore"!), croupit toujours dans les oubliettes de la RAI et enfin, pourquoi pas, cette vieille baderne de Wes Craven qui, en dépit de tout ce qu'il a à se faire pardonner, mériterait bien un petit hommage pour l'ensemble de sa carrière en dents de scie. Toutefois, parmi les quelques nouveautés de cette seconde fournée, on notera l'arrivée d'un des réalisateurs les plus atypiques et les plus intéressants du moment, j'ai nommé Brad Anderson, en espérant que Canal ne zappe pas son épisode qui s'annonce comme l'un des plus excitants... En attendant, ouvrons les festivités avec John Landis et Tobe Hooper, deux signatures que les amateurs connaissent bien.
(Family)
de John Landis (épisode 2)
On est bien content de retrouver John Landis, dont on n'avait plus de nouvelles depuis longtemps dans notre hexagone, d'autant que "La Belle et la Bête", son épisode de la première saison, faisait partie des laissés-pour-compte de la sélection de Dahan. Et puis tout de même, Landis mérite le respect pour son désormais classique "Loup-Garou de Londres" (1981), qui réussissait la performance de marier comédie et film d'horreur avec un exceptionnel bonheur, c'est-à-dire sans qu'aucun des deux genres ne nuise à l'autre comme c'est hélas bien trop souvent le cas dans ce genre d'entreprise. Bref, avec cette comédie horrifique, Landis réalisait un petit miracle d'équilibre dont de nombreux cinéastes cherchent encore la recette. Disons le tout net, l'homme fait partie des joyeux drilles du genre, et on serait assez tenté de le classer aux côtés d'un Joe Dante dans la catégorie "histrions", bien qu'il préfère le comique de situation à la satire politique et sociale. Avec "Une Famille recomposée", il se livre à un curieux exercice de style, et on jurerait qu'il a décidé de se montrer délibérément décevant tant il met un soin particulier à accumuler les lieux communs: quartier résidentiel à la "Desesperate Housewives" tourné en ridicule selon les canons les plus éculés de ce genre de satire, couple on ne peut plus nunuche plein de bonnes intentions confronté à un voisin schizo et serial-killer qui doit tout à Norman Bates, mise en place de situations à la fois macabres et cocasses dans la meilleure tradition de l'humour noir hitchcockien, et au cours desquelles le monstre se montre d'autant plus mielleux que ses desseins sont funestes, etc... Car ce bon gros père prévenant occupe ses loisirs de retraité à dissoudre ses victimes dans une baignoire d'acide, afin de se constituer une famille de squelettes dignes de la momie de "Psychose" qu'il habille comme des poupées et dont il entend les voix dans sa tête bien malade, ce qui donne lieu à quelques conversations du plus haut comique. Or, ne voilà-t-il pas qu'il est sur le point de divorcer d'avec son actuelle épouse décharnée, jalouse de ses vues sur l'élément féminin de notre gentil couple... Parvenu aux trois quarts du métrage et à ce stade où l'on est censé s'inquiéter pour ces héros, sympathiques au point qu'ils en frôlent le crétinisme, on se dit bon, il est bien gentil Landis, et on a beau être bon public et sourire de bon coeur à ses aimables facéties, mais il serait temps qu'il nous propose autre chose qu'une sitcom à l'humour bon enfant, aussi relevée de gore soit-elle... Las, ça continue de la sorte jusqu'à la dernière extrémité, qui est précisément le moment qu'attendait le salopiaud pour nous balancer un bon vieux twist des familles! Tout s'éclaire alors, et on réalise le peu d'importance des événements relatés dans un script qui n'est lui-même qu'une simple formalité, sans autre finalité que celle d'amener ce fameux retournement de situation. Certes, on pourra objecter que le twist non plus ne brille pas par son originalité mais, là encore, cette critique serait hors de propos. Car c'est dans sa structure même que réside tout l'intérêt de l'épisode et ce n'est que rétrospectivement, une fois le twist consommé - bien que le script sème çà et là quelques indices qui n'échapperons pas aux plus observateurs - que l'on saisit la démarche de Landis: par le fait, son segment est narrativement organisé comme l'un de ces bon vieux EC Comics des années 50 et, en tant qu'hommage évident, est à rapprocher d'une série telle que "Les Contes de la Crypte", qui est l'adaptation directe des célèbres bandes de William H. Gaines, ou encore du "Creepshow" de Romero. Pour ceux qui ne connaîtraient pas les comics EC, ni ceux de la firme Warren ("Creepy", "Eerie", "Vampirella"...) qui en prolongèrent le style dans les années 60 et 70, sachez que ces bandes proposaient des histoires d'horreur relativement classiques et dont tout l'intérêt résidait dans leurs chutes généralement très noires, cyniques et tarabiscotées. Le corps proprement dit du récit n'avait donc d'autre utilité que d'amener ce fameux twist, et par conséquent ne s'éloignait que très rarement d'une certaine tradition horrifique. On le voit, on retrouve point par point dans "Une Famille recomposée" l'essence même des comics de Gaines: récit traditionnel au point de passer pour une enfilade de lieux communs (ce qu'il est, mais de façon délibérée), chute déstabilisante justifiant in extremis ce qui précède, et débauche des mêmes procédés purement horrifiques (étalage complaisant de gore) qui secouèrent en leur temps le petit monde du comics et valurent à Gaines les pires démêlés avec la censure. En conclusion, "Une Famille recomposée" est à regarder, si on ne veut pas passer à côté, comme une oeuvrette en forme de clin d'oeil à une certaine catégorie de fans, mais ça, on ne l'apprend qu'à la fin puisqu'il s'agit d'un film qui s'avance masqué, remarquablement agencé par un John Landis toujours aussi malicieux.
Cliquez sur le lien pour voir quelques extraits:
http://www.sho.com/site/video/player.do?video=/224/2006/episodes/224_128586_a&seriesid=224
LES FORCES OBSCURES
(The Damn Thing)
de Tobe Hooper (épisode 1)
Avec "La Danse des Morts" (voir chronique "Masters Of Horror" du 17 Décembre 2006), Tobe Hooper avait réussi à créer la surprise lors de la première saison, en adaptant une nouvelle très macabre de Richard Matheson, dans un style assez avant-gardiste qui en avait agacé certains par son agressivité délibérément chaotique. Que l'on ait apprécié ou pas, l'exercice témoignait au moins d'une belle volonté de renouvellement de la part d'un cinéaste dont on pensait depuis longtemps qu'il n'avait plus rien à dire. Plus classique dans sa forme et dans son inspiration, et quoi qu'on puisse en penser au final, "Les Forces obscures" restera toutefois comme l'un des épisodes les plus représentatifs du concept de la série, en ce qu'il ne rassemble pas moins de trois "maîtres de l'horreur": Hooper bien évidemment, mais également l'immense Ambrose Bierce dont il adapte ici l'une des nouvelles les plus éprouvantes, laquelle se trouve elle-même scénarisée par l'illustre Richard Matheson, qui semble désireux de pérenniser son association avec l'auteur de "Massacre à la Tronçonneuse". Linéaire de bout en bout, ce segment nous compte l'histoire d'une malédiction: contre l'avis de tous, le shérif Reddle continue à vivre dans la maison parentale, dans laquelle son père, possédé par les fameuses "Forces obscures", massacra jadis sa mère et tenta de lui faire subir le même sort, avant que de finir écartelé par la terrifiante entité. Unique survivant d'une ancienne ville pétrolière détruite lors d'événements aussi mystérieux qu'épouvantables, le shérif se vit à la fois comme la victime inévitable desdites forces, dont il est persuadé qu'elles sont à sa recherche et ne manqueront pas de le retrouver, et comme l'ultime rempart contre la malédiction. Bien évidemment, c'est cette obsession même qui précipitera l'avènement de l'horreur et consommera son destin ainsi que celui de ses administrés... Sur ce canevas très simple, Hooper ne va pas chercher midi à quatorze heures et nous offre du pur "fun for fans", avec tout ce qu'il faut en matière de gore et de bouseux zombifiés, filmé avec un dynamisme sans temps morts, voire même assez mode si l'on en juge par une certaine tendance à l'"hyper-cut". Bref, si l'épisode se regarde sans déplaisir, en revanche il ne laissera pas un souvenir impérissable. Certes, Hooper est avant tout un réalisateur graphique, mais je déplore pour ma part que les possibilités offertes par le matériel de base n'aient pas été davantage exploitées. On sait que Bierce fut un auteur engagé - au point de revendiquer l'amitié de Pancho Villa dont il couvrit la révolution en tant que journaliste - et l'origine des "Forces obscures", entités souterraines quasi cthoniennes réveillées de leur sommeil séculaire par un forage malheureux et dont les maléfices précipitent une folie meurtrière débouchant sur un massacre, peut facilement être interprété comme une parabole. En effet, d'une part Bierce a connu le boom pétrolier, et d'autre part son oeuvre littéraire est profondément ancrée dans une vision très critique de l'Histoire américaine. Comment dès lors ne pas être tenté d'établir un parallèle entre cette période troublée où des fortunes se firent et se défirent dans un contexte de concurrence acharnée souvent générateur de violence sociale, et la folie homicide engendrée par une entité maléfique d'autant plus métaphorique qu'elle est issue des nappes pétrolifères? Là où un Romero ou un Carpenter n'auraient pas manqué d'exploiter cet angle social avec la verve libertaire qu'on leur connaît - et particulièrement dans le contexte irakien qui est le nôtre! - Hooper passe complètement à côté et se contente de rester dans les limites superficielles du genre. Pareillement, l'ambivalence psychologique du héros, à la fois adversaire et vecteur de la malédiction, aurait mérité un approfondissement que ne lui donnent ni le réalisateur, ni son scénariste. .. Enfin, je pense qu'une démarche davantage axée sur une attente lourde de menaces et l'approche inexorable des "Forces obscures" eût été préférable au rythme adopté par Hooper, qui file à cent à l'heure d'un bout à l'autre de l'épisode sans jamais prendre le temps d'instaurer un quelconque climat, secouant le spectateur comme un prunier mais omettant fâcheusement de lui faire peur. Ainsi, si le résultat demeure honorable, surnage toutefois une sensation de rendez-vous manqué ou d'erreur de casting, comme si le sujet et le réalisateur étaient en constant décalage. Car quel que soit le respect qu'on éprouve pour Hooper et pour Matheson, il reste évident que Bierce est un auteur qui réclame un peu plus de profondeur et de subtilité...
Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:
http://www.youtube.com/watch?v=GwrEYNhHBz4
Quelques extraits ici:
http://www.sho.com/site/video/player.do?video=/224/2006/episodes/224_128586_a&seriesid=224
De l'art de se fabriquer une famille...
Surtout bien décaper...
Et voilà le travail!
Le shérif Reddle a bien des problèmes...
...et ça ne s'arrange pas!
Hooper rien pour attendre!






















