Fin de mois

ET POUR QUELQUES MOLLARDS DE PLUS...

(ou: "Les rubriques auxquelles vous croyiez pouvoir échapper!)

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LA MUTANTE 2 (Species 2)

de Roger Donaldson (1998)

Encore une séquelle inutile. L'opus 1 réalisé par Roger Donaldson - cinéaste capable du meilleur, comme en témoigne le très beau road-movie "Burt Munro" diffusé récemment sur Canal + et interprété par un Anthony Hopkins étonnant de sobriété - s'avérait une petite série B enlevée et nerveuse dont Jonathan Mostow sut largement s'inspirer pour le robot féminin dévastateur de son fadasse "Terminator 3" et qui, faute d'être d'une originalité à casser des briques, sauvait la mise avec son casting cinq étoiles (Ben Kingsley, Michael Madsen, Alfred Molina, Forrest Whitaker) et ravissait au moins les érotomanes grâce à une Natasha Henstridge se baladant à poil durant une bonne partie de métrage. Las, voilà où on en est dans ce deuxième chapitre: la belle mutante (ou plus exactement son clone), séquestrée par le vilain gouvernement, se languit dans sa prison de verre blindé, tandis qu'un cosmonaute revient sur Terre infecté par un virus martien qui ne tarde pas à le phagocyter. Pris de frénésie sexuelle, ce nouveau mutant engrosse toutes les bimbos qu'il croise, ce qui nous vaut d'homériques explosions de gros bides dans de complaisants épanchements de tripaille. Poursuivie mollement par un Michael Madsen apathique qui estime très certainement n'être pas assez payé pour se casser le tronc, la créature n'aura de cesse que de s'accoupler avec Natasha sa promise qui, elle, demeure désespérément habillée. Pour notre plus grand bonheur, le coït finira par avoir lieu, non sans que les deux tourtereaux se soient préalablement métamorphosés en poulpes gluantissimes mi-Alien mi-Chtulhu (conçus par le grand Giger, soit dit en passant), ce qui nous vaut cette scène d'anthologie que n'aurait pas désavouée un Brian Yuzna ou un Stuart Gordon: la créature femelle gratifiant son compagnon d'une fellation dantesque dans un grand désordre de pseudopodes! Rien que pour ça, on est payé de tout le reste!

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Vu à la télé

KING KONG

de Peter Jackson (2005)

Il en en fait du chemin, le galopin de Mme Jackson, depuis l'époque où il dézinguait les moutons au lance-roquettes! Après avoir dans sa prime jeunesse révolutionné le gore rigolard avec une trilogie trash et outrancière ("Bad Taste", "Les Feebles" et "Braindead") puis pris un virage à 180° avec "Créatures célestes", film sublime d'une rare sensibilité, le petit génie néo-zélandais est définitivement entré dans la légende avec le marathon cinémathographique que l'on sait. Après le monument "Le Seigneur des Anneaux", n'importe qui se serait payé quelques années sabbatiques, mais pas Peter Jackson. Boulimique d'images "bigger than life", l'homme embraye in petto sur un remake de "King Kong", challenge d'autant plus risqué que tout le monde garde en mémoire le foirage de la précédente tentative, signée John Guillermin (1976) et interprété par la peluche géante de Carlos Rambaldi - également créateur de l'"étron sur pattes" (1) de "E.T". Avec "Le Seigneur des Anneaux" et "King Kong", Jackson affirme une nouvelle facette de sa personnalité, celle de créateur de super-blockbusters d'un genre très spécial dans lesquels le spectateur n'est jamais pris pour un con, ce qui n'est pas si courant vous en conviendrez. Délocalisant la production de ses monuments aussi loin que possible d'Hollywood, dans sa Nouvelle-Zélande natale, il peut dès lors maintenir intacte sa vision d'auteur et garder en permanence la main sur la formidable logistique que suppose la réalisation de ces oeuvres titanesques. Le résultat ne se fait pas attendre, puisque "King Kong", ainsi que la fameuse trilogie qui le précède, acquièrent à peine sortis le statut de classiques. Cinéaste généreux et bourreau de travail ne mesurant pas sa peine et n'hésitant jamais à payer de sa personne, Jackson nous offre avec ce "King Kong" un blockbuster sincère, jamais esbroufeur, remarquablement écrit et réalisé, et qui sait émerveiller les grands enfants que nous sommes sans jamais laisser tomber la vapeur durant les trois heures que dure sa projection. Cette réussite mémorable est due avant tout à l'humilité avec laquelle Jackson aborde un sujet d'autant plus casse-gueule que l'original de Schoedsack et Cooper fait figure d'icône intouchable. Ainsi, il refuse d'emblée de sacrifier comme la plupart des remakes à un jeunisme formel qui aurait consisté à transposer l'histoire à l'époque contemporaine - option qui a définitivement flingué la version de Guillermin. Cela nous vaut une reconstitution époustouflante de l'Amérique des années 30, contexte de tournage de l'original, qui est l'un des atouts majeurs du film et qui replonge immédiatement le spectateur dans l'Âge d'Or du cinéma d'aventures en adoptant une feinte naïveté de ton tout à fait délectable. L'option n'est pas si innocente que cela puisque par là même, Jackson tourne résolument le dos au cinéma pop-corn sitôt consommé sitôt oublié, et montre envers le spectateur contemporain le même respect qu'il témoigne au chef-d'oeuvre de Schoedsack et Cooper. Je veux dire par là qu'il sait imposer sa vision sans jamais préjuger des attentes du public moderne, faisant entière confiance en sa capacité à s'intéresser à autre chose qu'à un produit standardisé. Bref il nous suppose un cerveau, ce qui est appréciable, et mise avec succès sur notre ouverture d'esprit. Si les techniques de SFX les plus modernes sont mobilisées - et avec quelle perfection! - le synopsis du film original est respecté à la lettre et le script que Jackson cosigne avec sa compagne Frances Walsh ne se met jamais en concurrence avec celui-ci: à tel point qu'il ne me semble nullement hasardeux d'avancer que, si Schoedsack et Cooper avaient tourné "King Kong" au XXIème Siècle et avec des techniques modernes, ils auraient sans doute produit une oeuvre assez proche de celle de Jackson, tant il est vrai que celle-ci est avant tout un hommage sincère, dévoué et plein d'émotion à un film qui a su conquérir son statut de mythe en continuant à faire rêver depuis 1933 des générations entières et successives. À l'inverse de nombre de remakes dans lesquels l'orgueil le dispute à la nullité, il est clair que Jackson n'a jamais eu la prétention de "laminer" son modèle, son intention évidente étant de le prolonger un peu comme un conteur qui, précisément, perpétuerait un mythe. Par le fait, tous les morceaux de bravoure de l'original sont là, recréés avec fidélité et mis en boîte avec une virtuosité déconcertante, y compris, cerise sur le gâteau, cette séquence mythique du "gouffre aux araignées" que Schoedsack et Cooper avaient dû couper de leur métrage et qui, irrémédiablement perdue, a fait fantasmer des générations de fans depuis des décennies. Si ça, c'est pas de la générosité!

Note:

(1): Nio dixit!

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Vu à la télé

SPIDER-MAN

de Sam Raimi (2002)

Comme on le sait, Sam Raimi a toujours rêvé de tourner un film de super-héros - j'en veux pour preuve ce sympathique "Darkman" de 1990 où il faisait ses premières armes dans le genre. On n'est pas non plus sans ignorer que le réalisateur est l'un des fans les plus inconditionnels du Spiderman des origines, celui de Stan Lee et Steve Ditko, qui a bercé son enfance. Dès lors, il ne faudra pas s'étonner de découvrir dans ce premier "Spider-Man" un Sam Raimi faussement naïf qui joue à fond le jeu du premier degré, se refusant obstinément à afficher le cynisme qui afflige le comics contemporain et corrompt notre belle jeunesse. Tous les spécialistes du "Silver Age" vous diront que c'est précisément ce savant dosage entre super-héros et soap-opera, dont Spiderman est emblématique, qui fit en son temps tout le succès des comics de Stan Lee, lesquels réinscrivaient assez génialement les encapés de tous poils dans le quotidien des adolescents, et renvoyaient dans leurs dix-huit mètres leurs homologues de DC par trop désincarnés. Fidèle à cette tradition marvelienne, Raimi se paye donc un bain de jouvence avec cette adaptation dans laquelle ça se frite autant que ça roucoule, et se montre aussi généreux en matière de bastons super-héroïques que malicieux dans l'étalage de guimauve. Or, c'est précisément l'équilibre entre ces deux composantes incontournables qui fera l'objet des quelques réserves que j'ai à émettre sur le "Spider-Man" de Raimi, que je considère malgré tout comme l'une des franchises comics les plus réussies (avec les Batman de Burton et les X-Men de Singer). En effet, si les sub-plots relevant du soap, si efficaces à ferrer les ados, se réglaient en quelques cases dans les comics pour rapidement en arriver à l'essentiel et plonger dans une action débridée, ceux-ci ont dans les adaptations de Raimi une fâcheuse tendance à s'étaler sur des séquences interminables et à quelque peu plomber le rythme, et ce d'autant plus qu'elles sont servies par des acteurs qui, je suis au regret de vous le dire, m'ennuient au plus haut point. En effet, je ne saurais dire qui m'insupporte le plus, de Tobey Maguire avec sa bouche molle et sa tronche de comptable, ou de Kirsten Dunst dont l'éprouvante nunucherie s'accorde assez mal avec le personnage original de MJ dont on ne retrouve pas la fougue malicieuse dans cette interprétation d'oie blanche pleurnicharde - surjouée par surcroît! En revanche, dès que Maguire fout sa cagoule, non seulement on n'a plus à subir sa tronche mais surtout on s'envole en compagnie de Spidey pour quelques fritages en haute voltige avec le Bouffon Vert (Willem Dafoe, savoureux comme toujours en vilain schizo) et c'est là que Raimi donne toute sa mesure. Non seulement c'est fun et exaltant, mais c'est impeccablement rythmé et surtout shooté et monté avec une virtuosité qui laisse pantois. Les combats et cascades parfaitement chorégraphiés savent restituer, jusque dans les postures des personnages, l'impact décoiffant qu'on éprouvait à la lecture des comics de Lee et Ditko, ce qui montre bien à quel point le fan qu'est Sam Raimi maîtrise son sujet. Tout au plus peut-on regretter que le costume du Bouffon Vert semble sorti d'un épisode des "Power Rangers", mais c'est bien peu de choses au regard de l'ensemble. Ouais, je sais, ça fait chier: ces fans de comics, y sont jamais contents!

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Comics

BATMAN: "Secrets"

par Sam Keith

(Panini - coll "DC Icons" - Février 2007)

Grosse claque que cette mini-série publiée aux States entre Mai et Septembre 2006, et qui nous emmène loin des sentiers battus du comics. Auteur avant-gardiste, Sam Keith se situe dans la lignée inaugurée par le génialissime Dave McKean, dont les fans du Dark Knight n'auront pas oublié le sublime "Arkham Asylum". La démarche est similaire: il s'agit de faire coïncider la lecture d'un comics avec la visite d'un musée. Certes, l'idée de faire basculer l'art populaire du comics dans l'art majeur de la peinture n'est pas nouvelle, et il faut peut-être remonter jusqu'aux "New Mutants" de Bill Sienkiewicz pour en trouver l'origine, mais on est loin ici de l'hyperréalisme convenu et un peu agaçant d'un Alex Ross, où même d'un "comics peint" à la "Night Cries" (pour rester dans le registre batmanien), dans lequel le pinceau certes habile de Scott Hampton restait irrémédiablement prisonnier de la case, du découpage scénaristique et d'une sage proportion. Rien de tout cela dans "Secrets" qui, à l'instar de l'oeuvre de McKean, explose les cases et consacre une véritable fusion entre peinture et comics, au point qu'on ne sait plus trop où commence l'une et où finit l'autre. Quoi qu'il en soit, on reste baba devant les exubérances dont Sam Keith éclabousse le papier: son Batman évolue dans un monde raide et grotesque dont les personnages évoquent autant de grosses têtes de carnaval errant dans un improbable labyrinthe de miroirs déformants. De ce chaos dionysiaque et cauchemardesque émerge contre toute attente une rigueur scénaristique qui confirme Keith en tant qu'auteur complet et vient équilibrer son délire de peintre visionnaire. Car tout cet expressionnisme tapageur n'est jamais, une fois de plus, que la projection des folies respectives de Batman et du Joker qui s'affrontent éternellement dans un jeu sado-masochiste duquel nul n'est dupe, les deux personnages allant jusqu'à philosopher sur leur triste condition avec une certaine distanciation humoristique, comme s'ils étaient soudain devenus les lecteurs du comics dont ils sont les héros! De mémoire de fan, on n'avait pas vu ça depuis le fameux "The Killing Joke" de qui-vous-savez!

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Comics

BATMAN: "Face The Face"

par James Robinson, Don Kramer

& Leonard Kirk (DC Comics - 2006)

Pour une fois, nous allons quelque peu devancer l'actualité française grâce à ce magnifique TPB que mon fiston (brave petit!) m'a ramené de Londres, et qui compile un crossover paru de Mai à Août 2006 dans "Batman" # 651 à 654 et "Detective Comics" # 817 à 820. Lesévènements relatés dans ce recueil se situent donc par conséquent "un an après" ce triste embrouillamini qu'est "Infinite Crisis" (chronique bientôt) dont Panini vient tout juste d'achever la publication française. Après un an d'absence passé on ne sait trop où (réponse dans "52", dont la parution vient de débuter chez nous), Batman et Robin sont de retour à Gotham, à l'appel d'un Commissaire Gordon sorti de sa retraite, pour se lancer sur la piste d'un mystérieux criminel qui assassine les anciens adversaires du Dark Knight au moyen d'un flingue à double canon à tir simultané (houla, ça fait mal, ça!). Je n'en dirai pas plus, mais attendez-vous d'ores et déjà à voir un bon nombre de vilains gothamites, dont certains semblaient faire partie des meubles, quitter définitivement la piste - ouais, ça continue à dézinguer grave, chez DC! Dans un script admirable de clarté, mais qui sait ménager efficacement les zones d'ombre en lâchant les informations au compte-gouttes, James Robinson nous introduit entre autre un Harvey Dent repenti au visage remodelé et revenu du côté de la Loi, puisqu'il a remplacé Batman en tant que "gardien de Gotham" durant l'année sabbatique de celui-ci. Mais ne vous inquiétez pas: ses vieux démons le tourmentent plus que jamais... Au rayon des retours appréciés, on citera également un Jason Bard qui, pour remonter du fond des âges, n'en est pas moins dans une forme éblouissante et secondera brillamment notre héros dans cette sombre affaire. Ceci dit, on entre véritablement dans une nouvelle ère avec un Batman plus zen, envisageant sa mission avec une sérénité qui contraste vivement avec le fanatique paranoïaque pré-"Infinite Crisis", et un Robin nettement plus adulte qui, pour la première fois dans l'histoire de DC, fait équipe avec son mentor sur un pied d'égalité, et non plus en tant que simple "sidekick". Pour vous donner une idée, le charisme de son personnage est désormais comparable à celui d'un Nightwing. Ère nouvelle également avec la nouvelle équipe constituée par James Robinson, qui s'annonce un scénariste des plus solides sachant merveilleusement tenir le lecteur en haleine, et les deux dessinateurs Don Kramer (sur "Batman") et Leonard Kirk (sur "Detective Comics") aux traits très personnels, très lisibles et qui trouvent leur efficacité dans une bienvenue sobriété (ce qui est un luxe par les temps qui courent!), magnifiquement rehaussés de teintes sombres en parfaite adéquation avec la ténébreuse atmosphère de Gotham. Bref du tout bon, que vous pourrez découvrir sous peu dans le nouveau mag "Superman & Batman" que Panini lance ce mois-ci.

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Comics

DC UNIVERSE HORS-SÉRIE #4:

"Le Corps des Green Lantern - Recharge"

par Geoff Johns, Dave Gibbons

& Patrick Gleason (Panini - Février 2007)

Geoff Johns, il commence sérieusement à me gonfler! Ça fait un bon bout de temps que je le supporte sans rien dire, mais là je peux plus tenir, faut que ça sorte, depuis des mois qu'il squatte la totalité des pages de "DC Universe" de sa dyslexie hoquetante! Ce qu'il revendique comme un style narratif n'est jamais qu'une accumulation de procédés lassants à force d'être rabâchés, comme ces ellipses dont il abuse avec la plus grande maladresse et qui n'engendrent que hiatus, ou encore le choix des angles les plus propices au contresens, et je ne vous parle pas de ses dialogues qui méritent une AOC 100% pur jus de chique! Le comble, c'est que lorsqu'on fait abstraction de tous ces artifices aussi inutiles que pompeux, on se retrouve immanquablement avec une storyline qui tient sur le cache-sexe d'un pygmée - écueil que Johns dissimule en emberlificotant plusieurs lignes narratives sommaires pour donner une illusion de complexité, et en surpeuplant les planches d'une multitude de personnages aux motivations plus ou moins définies (voir Flash et ses "Lascars") qui grouillent dans tous les coins comme les morpions sur le pubis de Paris Hilton! Dans ces conditions, la lecture d'un comics qui théoriquement devrait être un plaisir devient une corvée fastidieuse, et si je persiste à m'emmerder avec Geoff Johns, c'est dans le seul et unique souci de me maintenir dans la continuité DC - par ailleurs de plus en plus imbitable suite aux interventions absconses de cet incontinent embrumé, comme en atteste "Infinite Crisis" dont je vous parlerai sous peu, et pas en bien! Avec la mini-série "Recharge" qui consacre la renaissance du Green Lantern Corpse, on touche le fond. Je ne sais pas en quoi consiste exactement la contribution de Dave Gibbons au scénario, mais on est indubitablement en présence d'un produit johnsien, et de la pire espèce! Ne reculant devant aucun cliché (instructeur paternaliste fort en gueule mais au grand coeur, duo très "buddy movie" ranno-thanagarien ne pouvant pas se piffer mais copains comme cochons à la fin, anti-héroïne refusant tout engagement mais finissant pas rentrer dans le rang, etc, etc...), Johns nous inflige une histoire nébuleuse de trous noirs reliés entre eux par un réseau arachnéen traversant une sorte d'hyper-espace, et qui s'achève dans le bordel généralisé d'un affrontement entre Végans et Green Lanterns. J'ai pas compris grand chose à ce capharnaüm, je vous l'avoue bien humblement, quoique Johns nous explique ça à grand renfort de logorrhée métaphysico-cosmico-astronomique de mes deux, dans la plus grande tradition matrixienne, si vous voyez ce que je veux dire (1)... Quant au dessinateur Patrick Gleason, franchement je serais bien incapable de vous en dire quoi que ce soit, tant son trait est submergé sous une saturation de couleurs numériques pourraves à vous coller une crise de foie! À tel point qu'il m'est arrivé de retourner dix fois une case sans parvenir à déterminer ce qui était représenté! Bref, ce Green Lantern Corpse remporte haut la main le titre de plus mauvais comics de l'année 2006!

Note:

(1): D'ailleurs, au lieu de massacrer les chefs-d'oeuvre d'Alan Moore (cf "V pour Vendetta"), les Wachowski feraient mieux d'adapter des comics de Johns: tout ce beau monde pourrait dès lors se masturber en couronne et les vaches seraient bien gardées!

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Vu à la télé

BATMAN

de Tim Burton (1989)

On ne présente plus ce film qui, en 1989, ouvre grand la voie au cinéma super-héroïque. Visionnaire génial, Tim Burton transpose son univers baroque dans le monde du comics et subvertit pernicieusement le principe du blockbuster familial avec une oeuvre aux allures de fête foraine de cauchemar. Pas de héros super-positif à l'Américaine ici, mais une créature ténébreuse et schizophrène à la Jekyll / Hyde, un Batman décomplexé hérité des comics urbains de Frank Miller et qui peut désormais, après des décennies de refoulement dans le politiquement correct, devenir enfin ce qu'il est et laisser exploser à la face d'un public médusé une folie latente dont la graine fut semée en 1939 par un certain Bob Kane (consultant sur le film) et que diverses (auto) censures empêchèrent toujours d'éclore. Pareils à ces contes pour enfants qui se révèlent horrifiants pour peu qu'on en gratte le vernis policé, le comics que tout le monde prenait pour une inoffensive pochade réservée aux kids révèle avec Burton toute sa dimension profondément angoissante. Inspirée du "Metropolis" de Fritz Lang, la Gotham City à l'architecture mussolinienne imaginée par le décorateur Anton Furst devient la projection expressionniste des névroses batmaniennes: l'ordre spartiate qu'elle symbolise et qu'incarne le Dark Knight se drape dès lors d'une pesanteur ténébreuse à laquelle s'oppose, dans un subtil renversement des valeurs, le joyeux anarchisme coloré du Joker, interprété par un Nicholson en roue libre et fort pertinemment encouragé dans ses penchants cabotins. Ce déjà chef-d'oeuvre n'est pourtant qu'un galop d'essai pour Burton qui, deux ans plus tard, transcendera sa propre vision de Batman et explosera tous les tabous du blockbuster dans le fabuleux "Batman, le Défi" (voir "Mollards" de Janvier 2007). C'en sera trop pour les costard-cravate de chez Warner, qui lui confisqueront la franchise pour la refiler au tristement célèbre Joel Schumacher, lequel parviendra à ramener Batman au niveau conceptuel de Scooby-Doo. Ouf!

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Vu à la télé

LES QUATRE FANTASTIQUES

(The Fantastic Four)

de Tim Story (2005)

L'infâme Mark Steven Johnson ("Daredevil", "Ghost Rider") a trouvé en la personne de Tim Story un concurrent redoutable qui s'atèle à son tour au massacre organisé des franchises comics. On sait que le premier chapitre d'une saga reste un exercice difficile et ingrat en ce qu'il suppose le passage obligé par la case "origines", préambule incontournable qui nécessite efficacité et concision dans l'écriture du script. Deux qualités que le scénariste Michael France, déjà responsable des foirages "Hulk" et "The Punisher", ne possède visiblement pas. En effet, on n'en finit plus de nous relater la transformation du quatuor, la découverte de leurs pouvoirs ainsi que les conséquences sur son quotidien, et ça dure, ça dure sans que l'action ne démarre jamais, d'autant qu'ici le processus est multiplié par quatre. On parvient ainsi fastidieusement à la moitié du métrage, nous décrochant la mâchoire devant des personnages qui chialent comme des veaux sur leur sort, tandis que Fatalis n'en finit plus de se défigurer en complotant dans son coin. La séquence du sauvetage sur le pont arrive donc à temps pour nous tirer de notre torpeur, mais c'est tellement bâclé à la va-vite et filmé avec platitude que notre excitation ne va pas plus loin qu'un vague froncement de sourcils. Pour prendre un élément de comparaison accablant, la scène du pont de "Spiderman" nous montre à peu près tout ce dont "Les quatre Fantastiques" s'avère incapable, tant du point de vue de l'écriture que de celui de la réalisation proprement dite. Passée cette séquence de prétendue action, le film tire à la ligne en empilant les sub-plots inutiles et inaboutis: apparition d'Alicia tournant rapidement en eau de boudin, cascades à moto de Johnny Storm aussi inopportunes que mal branlées, etc... On se traîne donc jusqu'à la fin, attendant avec impatience mais sans grand espoir le fritage avec Fatalis, qui s'avèrera un modèle dans le genre pétard mouillé. Niveau interprétation, c'est pas mieux: l'ensemble du casting concourt pour le Gérard de l'acteur le plus fade, avec une mention spéciale pour Chris Evans (la Torche) qui est à prendre à coups de gifles! Seul l'excellent Michael Chiklis (remarquable en flic ripoux dans "The Shield", la meilleure série TV de la décennie!) parvient dans le rôle de la Chose à tirer quelque peu son épingle du jeu dans ce four fantastique qu'est "The Fantastic Four"!

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PALE RIDER

de Clint Eastwood (1985)

Depuis 1971, et nonobstant sa brillante carrière d'acteur, Clint Eastwood réalisateur s'est bâti une filmographie abondante et remarquable par son classicisme atypique: classique dans la forme voire les thématiques, mais profondément novatrice dans le traitement de celles-ci. S'atèle-t-il à un western, cela donne "L'Homme des hautes Plaines" (1973), son second film en tant que réalisateur, où le thème hyper-rebattu du justicier solitaire venu remettre de l'ordre dans une ville corrompue se voyait traité d'une manière qui laissa plus d'un cinéphile sur le cul. Eastwood y incarnait en effet un personnage "impitoyable" (déjà!) qui traînait dans la boue le modèle du héros positif fordien en réduisant en esclavage avec force humiliations les habitants malades de culpabilité de la ville dans laquelle il débarquait sans crier gare, faisant preuve d'un sadisme hallucinant en provenance directe des films de Sergio Leone. Sur son extrême fin, "L'Homme des hautes Plaines" nous révélait, du moins dans sa VO (1), que ce vengeur aussi mystérieux qu'implacable n'était autre qu'un fantôme venu réclamer des comptes... Tourné douze ans plus tard, "Pale Rider" s'impose d'emblée comme une relecture de ce western politiquement incorrect en ce qu'il est traversé de la même atmosphère fantastique diffuse, quoiqu'ici d'inspiration biblique. Qui est cet ange exterminateur sorti de nulle part qui, sous la défroque d'un pasteur distribuant de vigoureux coups de gourdin tout en récitant les Saintes Écritures, prend la défense d'un campement de chercheurs d'or qu'opprime une grosse société minière aux appétits impérialistes et aux méthodes expéditives? Apparaissant sur la tombe d'un chien dont l'inhumation fait figure d'invocation, repoussant sans violence mais avec une volonté de fer les avances d'une gent féminine qui se jette impudiquement à sa tête - les anges ne sont-ils pas asexués? - et frappant les méchants avec une rapidité et une efficacité qui évoquent la foudre divine, cet énigmatique personnage porte tout le film sur ses épaules, dynamisant par sa seule présence un script par ailleurs tellement classique qu'il en frôle le lieu commun. Le climax est atteint lors du gunfight final, alors que le tueur à gages engagé par ses ennemis s'effondre sur ses genoux en répétant d'une voix incrédule: "Vous! Vous!". Le "Pale Rider" se confond alors avec le fantôme de "L'Homme des hautes Plaines": peut-être même s'agit-il de la même personne, continuant à errer hors de sa tombe... L'incertitude brillamment entretenue par Eastwood, en dépit d'une succession de signes semblant attester de l'origine surnaturelle de son héros sans toutefois en donner jamais clairement la confirmation, maintient en permanence le spectateur dans une sorte d'excitation frustrée, et finit par le laisser seul et désorienté, mais libre de sa propre interprétation face à cette oeuvre envoûtante. Une vraie curiosité.

Note:

(1): En effet, la VF ruinait littéralement le twist final en présentant le héros comme un frère vengeur, et non comme un revenant. Scandaleux!

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http://www.youtube.com/watch?v=n7_ByjqH8pY

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ABÎMES (Below)

de David Twohy (2001)

Très agréable surprise que cette vigoureuse série B qui nous procure de forts efficaces frissons dans le huis clos des coursives d'un sous-marin hanté. À tel point qu'on se demande comment l'auteur des prétentieux et pitoyables "Pitch Black" (2000) et "Les Chroniques de Riddick" (2004) - dans lesquels on se voyait infliger les poses monolithiques du nullard Vin Diesel, nouvelle icône du cinéma bourrin et acéphale - a pu parvenir à réaliser cette petite perle de suspense sub-aquatique avec si peu de moyens... La réponse est dans le scénar, efficacement ficelé par MONSIEUR Darren Aronofsky, rien moins, dont on se demande ce qu'il fout là mais bon, on va non plus s'en plaindre! Dès lors, Twohy est sur des rails et n'a plus qu'à se laisser glisser pour nous offrir un film de sous-marin classique mais passionnant, c'est-à-dire claustrophobique à souhaits, et dont la tension ne cesse de croître au fur et à mesure que l’équipage se réduit et que les événements effrayants se succèdent selon une gradation savamment dosée, alors que les rapports humains se délitent dans le soupçon et qu’il faut également louvoyer entre les mines que les Boches vous larguent sur les écoutilles - séquence délicieusement suffocante. Le twist final parvient à nous prendre à revers, et on reste captivé jusqu’au bout par cette oeuvrette d’autant plus réussie qu’elle est sans prétention.

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http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18353506&cfilm=42959.html

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L'ÉCHINE DU DIABLE

(El Espinazo del Diablo)

de Guillermo Del Toro (2001)

Il y a deux Guillermo Del Toro: d'un côté le grand enfant fondu de comics qui réalise chez l'Oncle Sam les blockbusters super-héroïques les mieux filmés et les plus funs du moment ("Blade 2", "Hellboy"), et d'autre part un auteur plus grave qui ne craint pas de s'envelopper de ténèbres pour explorer un fantastique "atmosphérique" aux thématiques plus essentielles, et qui vient de laisser tout le monde sur le cul avec "Le Labyrinthe de Pan". Ce Del Toro-là, pas fou, a parfaitement conscience que ce n'est pas à Hollywood qu'il peut réaliser les projets qui lui tiennent le plus à coeur: aussi se délocalise-t-il en Espagne, terre de renaissance du cinéma fantastique moderne, pour filmer en toute liberté ses oeuvres les plus intimistes, dont ce superbe "Échine du Diable" qui ne tarda pas à rafler force récompenses dans diverses manifestations, et notamment le Grand Prix d'un Festival de Gérardmer 2002 au jury exceptionnellement inspiré. S'avançant masqué sous la forme d'un film de fantômes classique, "L'Échine du Diable" est en fait bien plus que cela. L'orphelinat hanté par l'esprit d'un enfant maltraité et finalement assassiné auquel Carlos, le jeune héros, tente de rendre justice, n'est pas présenté d'emblée comme un lieu maléfique du genre "château de Dracula", mais au contraire comme un refuge planté au beau milieu de la Guerre d'Espagne tentant de tenir les pensionnaires (tous fils de résistants républicains ayant pris le maquis) à l'écart de l'horreur franquiste - la bombe plantée dans le sol qui trône comme une statue surréaliste au beau milieu de la cour de récréation est d'ailleurs là pour maintenir vivace la conscience du contexte. Le propos de Del Toro consiste en fait à renvoyer dos à dos la peur inspirée par un fascisme dont on ne voit quasiment jamais les représentants, mais dont la pesanteur mallarméenne écrase en permanence ce microcosme, et celle que suscite cet élément surnaturel qu'est le fantôme. D'abord terrifié par l'aspect cadavérique du revenant, Carlos parviendra peu à peu à apprivoiser sa peur et à comprendre cette âme errante dans un parcours sublime qui nous fera passer très progressivement d'une angoisse tétanisante à une émotion intense, au rythme ample d'une réalisation magistrale. La conclusion est limpide: ce qui est terrifiant, ce ne sont pas les histoires de fantômes tels qu'on vous les montre au cinéma, mais bel et bien les horreurs commises par les hommes lorsqu'ils deviennent fous. Le clou est d'ailleurs enfoncé avec le personnage à la fois infâme et pitoyable de Jacinto, superbement interprété par Eduardo Noriega: ayant passé son enfance et sa vie dans l'orphelinat, l'homme en nourrit un ressentiment inextinguible débouchant sur une cruauté inouïe, la souffrance subie engendrant la souffrance prodiguée et dessinant ainsi la psychologie ambiguë du collaborateur. Glaçant!

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INDEPENDENCE DAY

de Roland Emmerich (1995)

Indiscutablement sacré "l'étron du mois" - oui, je viens de décider que "pour quelques mollards de plus", vous aurez en prime droit à un étron! Alléchant, non? Adonc en voilà, du gros caca qui fume - et dans les lieux publics, en plus! Car "Independence Day" réussit la gageure de cumuler avec une belle opiniâtreté à peu près tout ce qu'il y a de plus gerbant dans le cinéma ricain: patriotisme tonitruant, xénophobie haineuse et revancharde, guimauve à cinq cents le marshmallow, tentative de manipulation de la ménagère au moyen de ficelles scénaristiques aussi discrètes que des baobabs centenaires, héros frôlant la hernie à force de traîner leurs couilles éléphantesques, mesurages de quéquettes en tous genres et son inévitable corollaire "voyons qui pisse le plus haut", punchlines à faire passer Van Damme pour un philosophe de l'École de Vienne, étalage de pognon mal employé via une orgie bourrative de SFX, pyrotechnie et autres cascades et, last but not least, racisme larvé sous sa forme la plus insidieuse, j'ai nommé la "discrimination positive" qui veut que le Feuj (Jeff Goldblum) soit forcément génial (normal, il passe son temps à jouer aux échecs!) et que le Black (Will Smith) nous liquéfie la cervelle à force de rapper dans un interminable numéro de stand up! On reste d'ailleurs étonné qu'ils n'aient pas collé un torchon à carreaux sur la tronche des aliens, mais je suis sûr qu'ils se sont retenus! Spécialistes du blockbuster tout pourri de SF catastrophiste ("Godzilla", "Le Jour d'après"...), Emmerich et son producteur / co-scénariste attitré Dean Devlin font pas dans la dentelle. On amène les équipes sur le lieu de tournage, on les cerne d'une armada de caméras histoire de bien avoir tous les angles, et on envoie le résultat à la post-prod et au montage, qu'ils se démerdent! Dans le métier, on appelle ça un "shooter"... c'est-à-dire tout le contraire d'un metteur en scène!

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INVASION ALIEN (The Invader)

de Mark Rosman (1996)

Ça commence sous les meilleurs auspices avec une poursuite de vaisseaux spatiaux entre un gentil alien et un méchant alien. À voir l’intérieur kitchissime desdits astronefs, qui rappellent délicieusement les bonnes vieilles séries délirantes d’Irwin Allen qui fascinaient le bambin Patchworkboy dans les sixties, je me dis: ça y est, je suis tombé sur un nanar des plus gouleyants ô mes frères, je sens que ça va être fendard! Eh bien des nèfles, des queues, nib, dans tes rêves, va foutre, mon zob! Dès que les aliens se crashent sur terre, le pauvre spectateur y redescend par la même occasion! Première préoccupation des ET: retirer leurs scaphandres et piquer des fringues aux premiers infortunés indigènes qu’il croisent - OK, c’est clair, on est dans un "Terminator" du pauvre, pour ne pas dire franchement lumpen! Là-dessus, le gentil alien débarque dans un bar de rednecks pour se jeter un demi et engrosse une pouffiasse en lui roulant un patin - ben merde, moi qui croyait que les chiards étaient convoyés par voie de cigogne! Sous le fallacieux prétexte de ramener la future maman jusqu'à son astronef où c'est qu'y a tout le matos pour l'accoucher - car ce bébé, bien qu'on sache pas trop pourquoi, c'est l'unique chance de survie de la race du gentil alien par ailleurs massacrée par les méchants aliens - il l'emmène dans les bois. Le reste du métrage se résume à une poursuite d'une heure et demie dans la forêt - ah! on a donc affaire à un "Terminator" bucolique! - entre le gentil alien et le méchant, qui est indestructible et fort comme Hulk avec plein d'armes sophistiquées qui font bzzz, à laquelle ne tarde pas à se mêler le shérif local qui n'est autre que le fiancé cornu de l'encloquée... Ça tourne et vire interminablement comme ça parmi les buissons, le vilain casse quelques gueules sans réelle conviction, et ça finit par ressembler aux aventures des Castors Juniors qu'on pouvait lire dans "Mickey Parade"! Vous voulez que je vous dise? Y'a rien qui m'énerve comme un nanar qui fait pas rire!

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LE MYSTÈRE DU LAPIN-GAROU

(The Curse Of The Were-Rabbit)

de Nick Park & Steve Box (2005)

Géant! Le magicien de la pâte à modeler est de retour! Après le génial "Chicken Run" (2000), remake malicieux de "La grande Évasion" transposé dans un poulailler, ce nouveau chef-d'oeuvre d'animation consacre ces stars attachantes que sont Wallace et Groomit en leur offrant enfin le long métrage qu'ils méritent. Une fois de plus, on reste médusé par la virtuosité indescriptible de Nick Park, qui parvient - et avec quelle perfection! - à faire jaillir sans oublier le moindre détail un monde fourmillant de créativité, d'action et de gags au moyen de techniques d'un autre âge, là où d'autres ne parviennent qu'à nous emmerder prodigieusement avec une technologie de pointe. N'en déplaise à John Lasseter (que j'adore!), aucune oeuvre en images de synthèse ne parvient à la cheville des animes de Park dès qu'il s'agit de faire jaillir la vie d'une simple boule de pâte à modeler: les logiciels les plus performants, dont les images les plus rythmées paraissent soudain désespérément inertes, déclarent forfait, et les personnages de ce génie en remontrent même à certains acteurs de chair et d'os pour ce qui est du charisme et de la présence à l'écran! Le secret de cette réussite sans précédent, c'est la capacité de Park à occuper le moindre recoin du champ, à tel point que l'on a envie de multiplier les visions de ses oeuvres de peur de louper quelque chose, voire de faire de constants arrêts sur image afin de goûter toute la richesse du moindre plan de cet univers complètement gonzo. Les décors, tant intérieurs qu'"extérieurs", sont façonnés avec une précision maniaque et par le fait définissent merveilleusement les personnages qui y évoluent, eux-mêmes caractérisés jusque dans le moindre bouton de culotte, et il en va de même de chaque ustensile (les inventions brindezingues de Wallace). Dans ce milieu sur mesure, les gags les plus ahurissants se multiplient avec un rythme et une frénésie dignes de la fréquence de reproduction de cette armada de lapins que pourchassent nos héros et ne tardent pas à déborder notre entendement bien trop lent pour suivre la folie débridée de Nick Park: chaque séquence nous laisse ainsi à la fois positivement épuisés, mais également éperdus de bonheur.

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LES FRÈRES GRIMM (Brothers Grimm)

de Terry Gilliam (2005)

Nous aimons tous Terry Gilliam. D'abord pour avoir explosé toutes les limites de l'humour non-sensique en trois films et une série télé mythique avec les non moins légendaires Monty Pythons, et ensuite pour nous être fait grave trouer le cul avec le chef-d'oeuvre "Brazil". D'autant plus profonde en est la déception que nous éprouvons à la vision de ce "Frères Grimm". Pourtant tout ce qui fait le style inimitable de Gilliam est bien là: même reconstitution boueuse et hyperréaliste du contexte historique, même parodie du blockbuster hollywoodien au travers d'effets spéciaux volontairement approximatifs, mêmes machineries primitives autant que frappadingues que n'aurait pas reniées le Wallace de Nick Park, même mélange de franche rigolade et de cruauté sadique, et bien entendu mêmes saillies non-sensiques héritées des Pythons. Néanmoins la mayonnaise ne prend pas et, si l'on suit sans déplaisir les péripéties que traversent les célèbres frangins, force est de reconnaître que l'on reste sur sa faim et que l'on n'éprouve que rarement l'émerveillement poético-drôlatique que savait si bien prodiguer "Les Aventures du Baron de Münchhausen", dont "Les Frères Grimm" semble un pâle remake. Est-ce précisément ce recyclage de vieilles recettes qui commence à faire long feu? Est-ce la faiblesse d'un script qui se conclut d'ailleurs dans le n'importe quoi? Est-ce la Bellucci qui se la pète un peu trop dans un caméo tourné pour la plus grande partie avec une doublure? Ou Gilliam se prend-il trop au sérieux dans le traitement d'un sujet qui aurait requis plus de légèreté de ton? On ne saurait trop dire, mais le fait est là: sans aller jusqu'à crier au navet, le film apparaît tout de même comme un sévère ratage.

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CHRISTINE

de John Carpenter (1984)

"Christine" est le premier film réalisé par Carpenter pour une major (Columbia). On sent que le réalisateur est encore "à l'essai" et qu'on lui a confié un budget très raisonnable, comparativement à ses deux précédents films "New York 1997" (1981) et "The Thing" (1982) qui, bien que tournés pour des indépendants, mobilisaient davantage de moyens. Et c'est tant mieux car, je le dis et je le répète au risque de me faire à nouveau sévèrement vilipender par mes homologues et néanmoins amis blogueurs fantasticophiles, Carpenter n'est jamais aussi bon que lorsqu'il est appelé à mettre en scène un script linéaire ne nécessitant pas l'étalage de moyens pharaoniques, lesquels sont à mon humble avis profondément antithétiques de son style épuré par essence. Il faut avoir vu le parti qu'il sait tirer des quelques rues désertes d'un quartier résidentiel dans le cultissime "La Nuit des Masques" (1979) et de quelques nappes de brouillard dans "Fog" (1980), accompagnés d'une musique dont tout l'impact réside précisément dans un minimalisme savamment entretenu (car l'homme est également compositeur), pour se convaincre que Carpenter est avant tout un réalisateur "atmosphérique" bien plus habile à faire peser de sourdes menaces indéterminées qu'à jeter de la poudre aux yeux par l'accumulation d'éléments plus graphiques. Et j'en trouve confirmation dans ses deux films suivants: "Starman" (1985), insupportable étalage de guimauve tourné pour Columbia, et "Les Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin" (1986) réalisé pour la Fox, blockbuster assez peu convaincant bien qu'assez fun. Le flop de ce dernier ramènera d'ailleurs Carpenter dans le giron des indés, ce qui comme par hasard donnera lieu à deux petites perles de série B: "Prince des Ténèbres" (1986) et "Invasion Los Angelès" (1988). "Christine" a donc le difficile statut de film charnière en ce qu'il constitue de toute évidence une oeuvre de commande dont le script n'est pas signé Carpenter - ce qui est également le cas de "Starman" et de "Jack Burton", soit dit en passant... Cela qui ne l'empêche pas toutefois d'être un produit éminemment carpentérien, l'homme ayant su imprimer sa marque de fabrique à une thématique qui est typiquement celle de Stephen King - à savoir: la cruauté adolescente en milieu estudiantin, présente dans l'oeuvre du Maître dès "Carrie", son premier roman publié. "Christine" est donc à voir comme un exercice de style à partir d'un sujet qui n'est pas a priori la tasse de thé de Carpenter, mais dont le thème pivot - une hantise assez classique dont on ne sait finalement que peu de choses, en dehors des effets néfastes qu'elle engendre - laisse planer suffisamment d'indétermination pour que le réalisateur y trouve la place de respirer et de faire ce pour quoi il est le plus doué: asseoir un climat oppressant qui va croissant selon une gradation diffusée à doses homéopathiques par une mise en scène au rythme délicieusement lancinant et scandée par les quelques notes lugubres de Carpenter compositeur, assisté de son arrangeur attitré Alan Howarth. Puisque on en est à parler son, signalons également le florilège de rock fifties concocté par la radio de Christine et tout à fait représentatif du style de King, dont l'oeuvre complète est parsemée de tous les tubes qui ont jalonné son existence, hommage évident de la part d'un Carpenter qui réussit le tour de force de rendre suprêmement angoissante cette musique pourtant plutôt primesautière, et qui devient ici annonciatrice du pire. Il est d'ailleurs étonnant de voir la manière dont le cinéaste sert l'oeuvre de l'écrivain avec respect sans pour autant se renier lui-même: le thème social de la beaufitude, martelé par King avec hargne à longueur de romans, trouve ici au travers du thème privilégié de la voiture en tant que substitut sexuel et symbole de pouvoir un traitement impeccable, notamment dans le triangle amoureux formé par Arnie, sa girlfriend et Christine. Cette concordance remarquable tient bien entendu au fait que les deux grands hommes ont une démarche similaire et simplissime dans leur approche de la terreur: en montrer le moins possible, en suggérer un max, et différer jusqu'à l'extrême limite les séquences les plus démonstratives. Ainsi le spectaculaire se cantonne-t-il ici aux scènes d'auto-réparation de Christine, par ailleurs bluffantes pour l'époque, et les SFX ne sombrent jamais dans cet impérialisme trop facile qui a plombé tant de films d'horreur. Oeuvre moins mineure que certains se sont plus à le dire, force est de reconnaître que, plus de vingt après, cette vieille guimbarde de Christine conserve une excellente tenue de route!

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BROTHERHOOD 3: ENSORCELÉS

(Brotherhood 3: Young Demons)

de David DeCoteau (2002)

Je me devais de rendre hommage un jour ou l'autre à David DeCoteau, ainsi qu'à ses petits camarades Fred Olen Ray et autre Jim Wynorski, tous représentants d'une génération éclose dans les années 80 et ayant depuis porté bien haut l'étendard bigarré du nanar américain avec une opiniâtreté qui ne s'est jamais démentie et qui a fait les beaux jours de la rubrique de San Helving (1). Au milieu de cette digne relève cormanienne, David DeCoteau est tout de même un cas sacrément particulier (2): en effet, après une carrière bien remplie entamée en 1986 et dont les millésimes les plus productifs alignent jusqu'à cinq films l'an, l'homme sort soudainement du placard en 1998 avec "Leather Jacket Love Story", un curieux film "homo-érotique" (comme ils disent!) dans lequel il s'investit sincèrement et qui tranche singulièrement sur le tout-venant de sa filmo zédeuse. Virage crucial puisque, à compter de 1998, DeCoteau a cette idée magnifique - et à ma connaissance inédite - d'inventer le NANAR D'HORREUR GAY!!! Dès lors, ses films se peuplent d'une profusion de jeunes éphèbes musculeux en slip moulant du plus bel effet que l'ami David caresse langoureusement du bout de son objectif! Bonne nouvelle: la série des "Brotherhood" (en français: la "fraternité", tout un programme!), qui est sur le point de s'enrichir d'un opus 5, fait partie de cette catégorie depuis devenue la marque de fabrique de DeCoteau. Mais rassurez-vous - ou déplorez-le le cas échéant - tout cela demeure très soft, et on n'est tout de même pas dans "My Own Private Idaho"! Comme souvent chez DeCoteau, l'intrigue minimaliste de ce "Brotherhood 3", tourné en CINQ JOURS, se déroule sur un campus (lieu de drague privilégié, il est vrai) où une bande de jeunes crétins beaux comme des camions, sous la coupe d'un MC charismatique tout de noir vêtu, se laissent enfermer nuitamment dans les bâtiments déserts pour se livrer à un jeu de rôles dans lequel ils sont censés se massacrer virtuellement avec des épées en plastoc. Mais, car il y a un mais, un mystérieux tueur en armure rôde évidemment dans les couloirs, ainsi d'ailleurs qu'une entité plus ou moins définie que le MC pas si clair que ça a invoqué au moyen d'un vieux grimoire genre Necronomicon. Tous les participants vont donc se retrouver "ensorcelés" et se bousiller l'un l'autre en état hypnotique, car bien entendu quelqu'un a remplacé les fausses armes par des vraies. Ce script est d'autant plus foutraque que, vous vous en doutez bien, l'intérêt de DeCoteau est complètement ailleurs: comment expliquer sinon que l'un des participants éprouve subitement l'envie de prendre une douche EN SLIP - effet "poutre apparente" garanti! - tandis que cet autre se trouve ligoté à un poteau en grande tenue SM et gentiment peloté par ses congénères? Par le fait, hors de ces moments de bravoure, DeCoteau tire à la ligne tant qu'il peut et nous balade interminablement dans les couloirs en abusant d'un gimmick de réalisation dont il est visiblement très fier, à savoir faire tanguer sa caméra un coup à gauche, un coup à droite lors de ses incessants travelling avant, un peu comme si elle se trouvait sur une barque chahutée. En conséquence, je ne saurais trop vous conseiller l'ingestion d'un cachet de Nautamine avant le visionnage de "Brotherhood 3", sous peine de gerber irrémédiablement votre quatre heures!

Notes:

(1): San Helving (je vous laisse savourer l'anagramme) occupe la noble fonction de recenser et chroniquer dans "Mad Movies" la multitude des nanars qui sortent chaque mois. Complètement gonzo, l'homme s'exprime dans une langue émaillée de jeux de mots et de vannes à deux balles souvent très borderline et se torche joyeusement du "politiquement correct". Il va sans dire que je suis un fan inconditionnel de ce sale gosse!

(2): Dans la série "Le jeu de mot tout pourri auquel vous croyiez pouvoir échapper", notez bien que j'aurais pu écrire "parti culier"! Voilà, ça c'est une vanne à la San Helving!

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http://www.youtube.com/watch?v=HmQ9TRST3rY

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Vu à la télé

THE BACKWOODS (Bosque de Sombras)

de Koldo Serra (2005)

Et c'est reparti! Encore une petite merveille en provenance d'outre-Pyrénées! Première réalisation d'un jeune cinéaste d'à peine trente balais tournée pour Filmax (firme bien connue des amateurs pour abriter la filiale "Fantasy Factory" dirigée par un Brian Yuzna en pleine forme) avec un casting international (Gary Oldman, Virginie Ledoyen...), "The Backwoods" consacre une fois de plus le pays de Cervantès comme leader actuel du cinéma fantastique de qualité. Par le fait, Koldo Serra s'enracine profondément dans une certaine tradition du fantastique espagnol contemporain définie par des prédécesseurs aussi prestigieux que Balagueró , Amenabar ou Del Toro, et qui consiste à traiter le cinéma de genre avec la sobriété du cinéma d'auteur. Et pourtant, rien ne prédestinait "The Backwoods", en sa qualité de vibrant hommage au "Délivrance" de John Boorman, à être autre chose qu'un survival de plus, et surtout pas son argument central qui fait s'affronter pour la énième fois, dans un Pays Basque de tous les dangers, des citadins ramenards et des autochtones aux limites de la civilisation. Seulement voilà: non seulement Koldo Serra sait insinuer sa caméra entre les arbres des fameux "sous-bois" avec une virtuosité époustouflante et faire monter la pression comme personne, mais de plus "The Backwoods" bénéficie d'un script qui s'avère un petit chef d'oeuvre de subtilité. D'emblée, Serra évite un traitement rentre-dedans tel qu'on a pu le voir dans le néanmoins excellent "Haute Tension" d'Alexandre Aja (voir "Séance interdite" d'Août 2006) et préfère filmer la violence avec une sécheresse de ton digne du "A History Of Violence" de Cronenberg: un coup de fusil part, un être meurt, le pire est fait et c'est irréversible, point! Mais surtout, le script évite avec finesse tout manichéisme facile en mettant en scène d'une part des citadins qui ne sont pas si irréprochables que le veut leur statut de "héros" (citons le personnage de Gary Oldman et sa panoplie de gros beauf chasseur au comportement paternaliste, mais également la séance de T-shirt mouillé prodiguée impudiquement par Virginie Ledoyen dans le troquet du coin), et d'autre part des autochtones pas aussi débiles que veut bien le croire la condescendance citadine, comme le montre contre toute attente la conclusion du film, d'un humanisme poignant. Et je m'empresse de vous annoncer, sans m'avancer davantage, que cette séquence finale va quelque peu vous laisser sur le cul en ce qu'elle offre une alternative inédite à tout ce qu'on a pu voir en matière de conclusion d'un survival. Cette éclatante réussite nous fait attendre avec impatience le prochain film de Koldo Serra en espérant une sortie en salles dont a été privé "The Backwoods", scandaleusement négligé par ces gros cons franchouillards qui se prétendent distributeurs!

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http://www.youtube.com/watch?v=207cDTJ239Y

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Grâce à Giger, la Mutante a enfin muté!

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"King Kong": putain, il est mal, l'arbitre!

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"Spider-Man": casse-toi, Bouffon!

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"Secrets": le monde grotesque de Sam Keith

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Batman et Robin s'affrontent eux-mêmes dans "Face The Face"

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"Green Lantern Corpse": heureusement, il y a Guy Gardner!

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"Batman": le doux sourire de Jack the Jok!

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C'est "Les quatre Fantastiques", ou les trois Stooges?

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"Pale Rider": un revenant dont les bastos n'ont rien de fantômatique!

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Un couple qui va bientôt se retrouver "abîmé"!

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Le spectre pathétique de Guillermo Del Toro

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"Independence Day": un remake à peine déguisé de Pearl Harbour

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Le Lapin-Garou défraie la presse à sensations!

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"Les Frères Grimm": bonnet d'âne pour la Bellucci!

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La reine Christine, plus belle que Garbo!

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Quand DeCoteau se lâche sur les tenues fétichistes!

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"The Backwoods": de l'art de mettre un peu de plomb dans la cervelle des bouseux!