patchworkman's blog

Ce blog concerne tous les fans de fantastique sous toutes ses formes et dans tous les arts: cinéma, télé, littérature, BD, comics, etc... Vous y trouverez mon actualité de fantasticophile au jour le jour, ce que j'ai vu, lu, aimé, détesté, etc...

30 octobre 2006

MASSACRE A LA TRONCONNEUSE

DVD

MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE

(The Texas Chainsaw Massacre)

de Tobe Hooper (1974)

aff

Avant que de devenir le classique que l'on sait, "Massacre à la Tronçonneuse" fut surtout un mythe. Ses apparitions à grand tapage en 1976 au Festival de Cannes (1), et à celui d'Avoriaz où il remportait le Prix de la Critique (2), relayées par une presse unanimement dithyrambique et prolixe en superlatifs (film insoutenable, sommet de l'horreur, limites du supportable explosées, etc...) en firent une oeuvre "prématurément culte" - j'entends par ce paradoxe qu'elle se trouva spontanément et universellement adulée avant même que d'avoir été vue, allant même jusqu'à se poser en étalon de la production horrifique contemporaine. Aujourd'hui reconnu comme le chef d'oeuvre qu'il est effectivement, le film de Tobe Hooper fut d'abord pour le public français une sorte de fantasme universel à la pesanteur mallarméenne, sa réputation sulfureuse se trouvant d'autant plus exacerbée qu'il demeurait invisible dans l'hexagone. Car la censure n'était pas un vain mot sous la présidence du soi-disant très libéral Giscard d'Estaing, lequel n'avait à cet égard rien à envier à ses prédécesseurs gaullistes. Ainsi, "Massacre à la Tronçonneuse" se vit in petto interdire dès son arrivée dans nos contrées, exemplaire en cela de l'inquisition dont furent victimes nombre de films d'horreur durant le septennat de l'accordéoniste diamantaire. L'un des cinéastes les plus persécutés fut sans aucun doute l'infortuné Lucio Fulci (3), alors dans sa période la plus explicitement macabre, qui vit plusieurs de ses très dérangeants brûlots amputés de leurs saillies les plus transgressives, partageant ainsi le sort de son illustre inspirateur George A. Romero, dont le mythique "Zombie" se fit quant à lui purement et simplement interdire. Et, puisqu'on est au rayon des classiques maudits, citons également le "Mad Max" de George Miller qui subit quelques véhéments coups de ciseaux avant que d'entamer une seconde carrière en version intégrale après l'avènement de Tonton.

On peut toujours se demander si, sans son interdiction, "Massacre à la Tronçonneuse" eût été l'objet de vénération qu'il est devenu. L'interdit exacerbe le désir, c'est un lieu commun de le dire. À mon sens, le phénomène est beaucoup plus subtil et tient à ce que les censeurs, pour réactionnaires qu'ils fussent, se montrèrent insuffisamment réactifs! En effet, comme je l'ai signalé, le film connut quelques diffusions festivalières avant que de tomber sous l'anathème: cette brève période de rémission suffit à enclencher le mécanisme du mythe, au travers d'une tradition orale mise en place par les quelques happy few qui avaient eu la chance de le voir. Je puis vous en parler pour l'avoir vécu, alors adolescent: dans le Landerneau du fantastique, l'immense frustration des fans engendra un buzz croissant au fil du temps qui s'enfla au point de prendre des proportions délirantes. Personne n'avait vu le film, mais tout le monde en parlait comme s'il eût été urgent de le sauver de l'oubli auquel le vouaient les censeurs. Il se trouva même quelques mythos (j'en ai rencontré...) pour prétendre l'avoir vu à telle ou telle occasion exceptionnelle, et pour relater avec force détails quelques scènes plus ou moins imaginaires et de préférence outrancières, lesquelles se mettaient immédiatement à circuler comme autant de légendes urbaines, s'enrichissant à chaque transmission. Chacun mentait effrontément, et feignait de croire au mensonge de l'autre qui lui rendait la politesse mais, à travers ce délire affabulateur, le film, même réduit à l'état de fantasme, demeurait culturellement vivant: les censeurs avaient perdu la partie!

Puis Tonton arriva, et l'on fut enfin en mesure de le voir dès 1982 sans restrictions ni coupures, de même que son compagnon d'infortune "Zombie" (4). On aurait pu raisonnablement craindre une certaine déception, à confronter ainsi la réalité au mythe, mais il n'en fut rien. "Massacre à la Tronçonneuse", lors de sa sortie officielle en France et visionné sur grand écran, je me le suis pris dans la gueule dans toute son hystérie traumatisante, j'ai fermé les yeux comme une midinette, j'ai labouré les accoudoirs, j'ai demandé pardon et appelé ma maman, j'ai prié Dieu, moi, le mécréant, pour que ça s'arrête mais ça ne s'arrêtait pas, oh que non, le cauchemar s'étirait interminablement et empirait de minute en minute, bref je suis sorti de là chancelant avec l'impression d'avoir été passé à tabac... et absolument ravi!

Après cette sortie tardive, on était en droit de penser que le soufflet allait retomber, mais non... les geeks en parlaient toujours autant, et le film continuait à défrayer la chronique, plus culte que jamais... Pire, je me suis rendu compte que le délire continuait, et que certaines gens qui avaient à présent EFFECTIVEMENT vu l'oeuvre lui avaient superposé un autre film, fantasmatique celui-là, plein de sang, de tripes, de mutilations diverses, et que ces spectateurs-là ne mentaient pas, ou du moins pas délibérément: la puissance suggestive de "Massacre à la Tronçonneuse", sans doute aidée en cela par un mythe développé depuis des années, les avait tout bonnement fait halluciner!

Évidemment, une vision "objective" nous persuade qu'aucune de ces horreurs n'est ostensiblement montrée dans le film de Hooper: tout ce qui est mutilation se passe indéniablement hors champ, ou à l'abri de paravents qui viennent fort opportunément s'interposer entre le spectateur et une horreur par trop démonstrative, tel par exemple le dossier du fauteuil roulant qui nous épargne le découpage du paralytique. Le procédé du meurtre hors champ n'est pas nouveau dans le cinéma, il est même aussi vieux que l'autocensure. Mais là où Hooper se montre génial dans sa manipulation de nos émotions, c'est qu'il parvient à nous persuader qu'il ne s'autocensurera pas, qu'il nous montrera tout et nous demeurons convaincus qu'il va nous infliger jusqu'à la lie et in extenso le spectacle tant redouté. Lorsqu'il se décide à changer d'angle, il est trop tard: les spectateurs les moins endurcis ont déjà les yeux fermés pour échapper à ce qui s'annonce comme insoutenable. C'est ainsi, j'imagine, que certains d'entre eux ont pu en toute bonne foi substituer un fantasme des plus horribles à l'objectivité des images.

Cet effet magistral, réitéré tout au long du film, tient sa réussite d'une mise en condition préalable et sans faille du spectateur: d'un bout à l'autre, nous restons convaincus que Hooper est capable de tout et ne nous épargnera rien. Dès lors, il joue avec la durée et nous emmène à la limite de l'inconcevable, un peu comme dans un simulacre d'exécution. À chaque climax, nous nous retrouvons au bord du pire, mais celui-ci nous est épargné in extremis, avec en filigrane cette idée insupportable que ce n'est que partie remise. Hooper s'amuse de nos nerfs comme un "escroc du gouffre", pour reprendre une expression de Cioran, équilibriste flirtant avec la ligne rouge du gore sans jamais la franchir, quoi que certains aient cru voir...

Si le réalisateur réussit ce sublime coup de bluff qui ne parvient à rien moins qu'à faire douter le spectateur de ses sens et de sa mémoire, c'est qu'il a su préalablement le mettre au bord de la crise de nerfs avec une atmosphère telle qu'on n'en avait jamais vue auparavant. De fait, nous sommes littéralement et perpétuellement agressés: ambiance hystérique, personnages hurlants, plans approximatifs, image crade et poisseuse, caméra hyper mobile et chaotique, acteurs poussés dans leurs derniers retranchements par un réalisateur sadique, d'où une atmosphère psychotique palpable sur le plateau, tout est fait pour déstabiliser le spectateur et l'immerger dans la plus extrême confusion: de là vient qu'il n'est plus certain de ce qu'il a pu voir, des lambeaux d'hallucinations collés aux paupières et se souvenant du film comme d'un mauvais trip d'acide, ce à quoi "Massacre à la Tronçonneuse" ressemble indubitablement.

On s'émerveillera toujours du résultat obtenu par Hooper eu égard aux moyens ridicules dont il disposait. Plutôt que de mettre les petits plats dans les grands et de chercher à louvoyer avec les apparences, il assume totalement le caractère cheap de son métrage et va même jusqu'à en rajouter plusieurs louches dans le style "film d'amateur". Aidé en cela par le génialissime chef-op Daniel C. Pearl, Hooper se vautre dans l'interdit stylistique en simulant une technique défaillante: contre-jours intempestifs, cadrages foireux, surexposition, caméra portée mais plus volontiers secouée, acteurs non professionnels, gros grain dû au 16 mm gonflé, autant de "défauts" qui font ressembler l'objet à un film de vacances tourné par un profane sans technique. Or, quoi de plus réaliste qu'un film d'amateur? En singeant le cinéma familial par la reproduction des faiblesses qui en font le style, Hooper confère à son film une charge naturaliste sans pareille. Loin des artifices des studios, en plein décor naturel et avec une équipe de tournage réduite à sa plus simple expression, Hooper actualise le manifeste édicté par les Truffaut, Rohmer, Rivette, Godard et filme une oeuvre que l'on peut qualifier sans hésiter de "Nouvelle Vague horrifique", sur les traces de Romero qui revendiquait une approche similaire du genre avec "La Nuit des Morts-Vivants". Ce style très particulier, parfois désigné sous l'appellation nauséeuse de "sick-movies", sera notamment illustré par les deux premiers opus de Wes Craven "La dernière Maison sur la Gauche" (1972) et "La Colline a des Yeux" (1977), ou encore, plus près de nous, par le fameux "Projet Blair Witch", qui radicalise l'amateurisme assumé en donnant la caméra aux acteurs.

Mais sous ce faux semblant d'approximation, "Massacre à la Tronçonneuse" est un film d'une maîtrise rare et d'autant plus surprenante qu'il s'agit d'une première oeuvre. Cela explique qu'il continue à fonctionner au quart de poil plus de trente ans après sa réalisation, même si le temps, les disciples zélés et les multiples pompages ont quelque peu émoussé (mais si peu!) son impact originel. On s'étonnera toujours, là où certains claquent des millions dans des effets aussi foireux que prétentieux, de voir le parti que tire Hooper de trois fois rien: le décor hallucinant construit avec un ossuaire provenant de débris animaux par Robert A. Burns, chef décorateur en état de grâce dont l'oeuvre mériterait d'être exposée en permanence, parvient presque à nous faire sentir l'odeur de décomposition des cadavres. Filmée en plans tordus et rapprochés par une caméra au bord de la panique, agrémentés d'inserts décalés jusqu'au surréalisme (la poule dans sa cage), la pièce-ossuaire dans laquelle débarque l'infortunée Pam crée un malaise autrement efficace que tout le gothisme de pacotille d'un "Van Helsing". Il faut dire que la maison de l'infernale famille, ses diverses exactions nécrophiliques, l'art macabre élaboré à partir de restes humains ou animaux - à commencer par le fameux masque de Leatherface - s'inspirèrent des abominations bien réelles commises par l'une des plus fameuses figures de serial killers, j'ai nommé Ed Gein, alias le "Boucher de Plainfield" (5). Là encore, on le voit, Hooper joue la carte du naturalisme en s'inspirant de l'actualité la plus sinistre...

À souligner aussi, et plutôt deux fois qu'une, l'incroyable bande-son: dans les moments "calmes", quand tout n'est pas que hurlements hystériques, ricanements maniaques ou vrombissements de tronçonneuse, la tension est maintenue au plus haut niveau par les improvisations déstructurées, essentiellement à base de cymbales, cloches et autres percussions au timbre agressif, exécutées par Wayne Bell (ça ne s'invente pas!) et Tobe Hooper himself. Dans la fameuse scène de l'"ossuaire", cette cacophonie savamment orchestrée fait écho à un visuel déjà éprouvant et évoque assez bien les craquements et fractures de ces squelettes martyrisés. Ajoutant encore à la confusion de l'ensemble, cette BO élaborée comme tout le reste avec des moyens dérisoires s'avère bien plus efficace que tous les philharmoniques du monde. Quant au country omniprésent qui déverse en sourdine ses plaintes saccharinées au travers de toutes les radios de l'état, ses résonances ringardes ne tardent pas à devenir un facteur d'inquiétude durable, en tant que symbole d'un Texas que Hooper décrit comme une terre peuplée de ploucs ivrognes, violents, dégénérés, et qui n'est pas sans renvoyer à l'Amérique de tarés dépeinte dans les oeuvres de Romero. Car c'est bien dans une furieuse charge sociale et politique que les auteurs des deux plus grands classiques du cinéma d'horreur se rejoignent. Hooper paye d'ailleurs son tribut à Big George dans cette scène où Jerry taquine son ami paralytique de la sorte: "Ils vont venir te chercher, Franklin!" - un clin d'oeil que les fans n'auront pas laissé passer!

Bien que la chose ne soit pas évidente de prime abord, la charge sociale est menée par le biais d'un humour féroce, et qui s'illustre de préférence dans un comique de situation faisant la part belle au sarcasme. Ainsi, la communauté de tarés, nonobstant ses abominables agissements, se présente comme une famille américaine type animée d'un sens intransigeant des valeurs morales. Tout juste s'ils ne récitent pas le benedicite avant que de se livrer au cannibalisme! Évidemment, tout le décalage humoristique provient de la cohabitation de ces valeurs familiales traditionnelles avec l'horreur des pratiques exercées par ailleurs. Il n'est que de voir les deux fils, tueurs redoutables entre tous, se trouver ravalés au rang de petits garçons turbulents par un père prenant très au sérieux leur éducation! Entre autres moments savoureux, citons Leatherface se faisant engueuler pour avoir bousillé une porte d'un malencontreux moulinet de tronçonneuse ("Tu n'as aucun respect pour ta propre maison!") , ou son frère dûment calotté pour ses exactions dans le cimetière local: en effet, on ne lui reproche nullement d'avoir violé des tombes et profané des cadavres (ce qui est somme toute normal!), mais d'avoir risqué de se faire repérer! La pauvre Sally, capturée par le gang, est pareillement infantilisée dans l'anthologique séquence du repas familial, où on la voit bouder son assiette de chair humaine comme une gamine capricieuse refusant de manger ses légumes! Notons en outre qu'elle est ficelée sur une chaise agrémentée de bras humains en guise d'accoudoirs - soit une "arm-chair": Hooper invente le premier jeu de mot visuel de l'histoire du cinéma! (6)

Pour toutes ces raisons, et bien d'autres encore, ce chef-d'oeuvre absolu et définitif se doit de figurer dans toute vidéothèque digne de ce nom. Ça tombe bien: vous le trouverez en ce moment à 9,90 € chez Géant Casino, dans sa réédition "Studio Canal". Que demande le peuple?

NOTES

(1): Dès son apparition à Cannes, "Massacre à la Tronçonneuse" défrayait la chronique, certains culs serrés bien pensants ayant organisé une alerte à la bombe pour empêcher sa projection!

(2): Il s'agissait de la première édition du célèbre festival. Le Grand Prix fut remporté par "Carrie" de Brian DePalma, ce qui fut vécu comme un scandale par un public plébiscitant le film de Hooper.

(3): Voir rubriques "Le Chat noir" et "Zombi 3".

(4): Notons qu'une sortie VHS des deux films précéda de peu leur sortie officielle en salle, chez René Chateau dans sa fameuse collection "Les Films que vous ne verrez jamais à la Télé".

(5): Parmi les nombreux auteurs inspirés par Ed Gein, citons Robert Bloch et Alfred Hitchcock pour le Norman Bates de "Psychose", ainsi que Thomas Harris et Jonathan Demme pour le Buffalo Bill du "Silence des Agneaux" - la technique de kidnapping de ce dernier, en revanche, est empruntée à Ted Bundy!

(6): Quant au second jeu de mot visuel de l'histoire du cinéma, on le trouve dans "Re-Animator" de Stuart Gordon, lorsque le Docteur Hill décapité place sa tête entre les jambes de la malheureuse Barbara Crampton: en argot américain, le cunnilingus est en effet désigné par l'expression "to give head"! Si vous en avez repéré d'autres comme ça, communiquez-les moi, je suis friand de ce genre de trucs!

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://us.imdb.com/title/tt0072271/trailers-screenplay-E12978-6-3

Et un petit extrait, ça vous dit?

http://www.commeaucinema.com/bandes-annonces-1937.html

leatherface

Leatherface, star du film devenu figure mythique du cinéma fantastique

auto_stoppeur

L'auto-stoppeur, une inquiétante tronche de cake!

marylin

Marilyn Burns in hell!

family

Photo de famille

poursuite

Leatherface, le remède miracle contre l'obésité!

meurtre_1

L'art et la manière d'emballer les meufs!

BobBurns_TCMProps

Robert A. Burns plante le décor!

ed_gein

Ed Gein, inspirateur du film: un faciès peu engageant!

Posté par patchworkman à 09:06 - DVD - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Une chronique pas du tout massacrée!

C'est fou comme tu arrives à donner envie de regarder un film qui appartient à un genre qui n'est pas le mien!
J'ai particulièrement aimé les moments où tu partages ton expérience personnelle vis-à-vis de ce film, ce y compris avant que ledit film ne soit diffusé.

Ton blog devrait être lu par tous les amateurs de genre!
Bravo!

Posté par Céd, 30 octobre 2006 à 14:28

hé beh

Me voila admiratif devant cette bien belle critique plus que complete!!!
je te remercie pour les commentaires sur le cinoche des cancres et j'espere t'y retrouver bientot pour discuter HPL ou autres auteurs déviants (adaptés bien sur en film).

A bientot et felicitations pour ce blog qui sent bien fort la passion!!

A bientot

-KJ-

Posté par kitano jackson, 03 novembre 2006 à 19:37

pour Céd

Effectivement, j'ai eu deux expériences de ce film: l'une réelle et l'autre fantasmatique. Il m'a semblé intéressant d'essayer de faire revivre cette atmosphère de délire qui s'était développée durant les années d'interdiction du film, car, comme disait John Wayne dans "L'Homme qui tua Liberty Valance": "Lorsque la légende dépasse la réalité, il faut imprimer la légende". Moi j'imprime les deux, demerdez-vous avec ça!
Ceci dit, le fantasme est plus vivace que jamais.
Petite scène de la vie quotidienne: il y a une quinzaine, alors que je rédigeait ma chronique au boulot (oui, j'écris mes chroniques pendant les heures de travail, immoral, non?), une collègue de la génération suivant la mienne me branche:
- T'écris quoi?
- Une chronique pour mon blog.
- Ca parle de quoi?
- "Massacre à la Tronçonneuse".
- Putain je l'ai vu ce film, c'est une vraie boucherie!
CQFD!!!

Posté par patchworkman, 03 novembre 2006 à 20:01

pour Kitano Jackson

Ouais, j'aime bien le principe de ton blog.
Si tu as un peu parcouru le mien, tu sais que je ne crache pas non plus à mes moments sur certaines "cancreries"!
En ce qui concerne HPL, je prévois pour un de ces quatre une chronique sur le grand homme, plus précisément sur certaine pièce de collectionneur que je viens d'acquérir et qui mérite amplement de figurer ici, mais chût... say no more...
A te revoir, sur l'un ou l'autre blog, pour des échanges que je pressens fructueux!

Posté par patchworkman, 03 novembre 2006 à 20:16

Tiens, tu es allé chez KJ ? Bon alors tu va devenir toi aussi un ptit cancre ? ^_^

Sinon excellente chronique pour un excellent film. Je garde précieusement ma VHS chez moi, encore de très bonne qualité, il faut dire. Mais sinon...Rah quel bon film ! Et puis l'humour comme tu as si bien dit...

"Crétin ! Tu as encore défoncé la porte !"

"Frappe grand père, frappe !"

Posté par Nio, 04 novembre 2006 à 02:16

pour Nio

Ah! content de te revoir parmi nous!
Finie la déprime? Faut que tu te blindes, mon vieux, tu vas pas te mettre dans des états à chaque fois qu'un blaireau te fait une réflection désobligeante!
Remarque je dis ça, mais ça ne m'est pas encore arrivé... Mais qu'y z'y viennent pour voir, je te leur mets un shoggoth de mer aux basques!
J'ai vu que tu as zappé ton blog Nilas. Dommage. D'un autre côté, ça va peut-être remédier à ton côté "dispersé" - moi qui peine à animer un seul blog, je me suis toujours demandé comment tu faisais! Ceci dit, j'ai bien aimé ton dessin d'adieu avec les tortues. J'en ai plein mon jardin, de ces bestioles (elle me font même des petits!) et je puis te dire qu'elles sont bien plus sociables que le veut leur réputation - un peu comme toi, quoi!
A part ça, oui, j'ai été ches KJ, et je m'y suis senti chez moi, je pense que je vais me faire une petite place à côté du radiateur!
Pour "Massacre à la Tronçonneuse", heureux que tu aies apprécié ma chronique: j'ai mis plusieurs mois à l'écrire, j'ai déchiré au moins dix fois mon travail, à un moment j'ai même abandonné le blog tellement ça me foutait les boules! Puis j'ai trouvé le bon angle d'attaque(l'aspect "fantasmatique" du film), et le reste est venu tout seul.
C'est une bonne chose de l'avoir en VHS. A mon sens, la qualité DVD doit certainement nuire quelque part à l'esthétique volontairement approximative de l'oeuvre.

Posté par patchworkman, 04 novembre 2006 à 07:38

LE DVD DE CALL OF CHTULHU

Apres une petite recherche tu peux acquerir le DVD de Call of Ctulhu ici:

http://www.cthulhulives.org/store/store.lasso?1=product&2=8
Jette toi dessus et viens m'en dire des nouvelles , sinon hé béh j'attends de voir tout ça avec impatience.

-KJ-

Posté par kitano jackson, 04 novembre 2006 à 08:46

hé hé

Ne te met pas près du radiateur y'a déjà une dame dedans...Humour Lynchien à part, n'oublie pas de répondre à mon mail Patch' si tu peut. :)

Pour le côté dispersé, j'en suis fier attention ! :)
Récemment un ami qui faisait les mêmes études que moi me demandait comment je faisait en seconde année pour trouver le temps de regarder des films, faire ds chroniques blog/forum, lire 2,3 bouquins en même temps tout en ayant une montagne de travail à faire. A ce moment là, je me souvenu du sketch de "les nuls" : "chier c'est du temps perdu, pas chier, c'est du temps gagné, alors NE CHIEZ PLUS !" Mwaaarf :)
> chronique de l'intégrule sur le blog dvd prochainement au fait. ;)



KJ une chronique avec extraits photos de "Chtulhu" serait sympatique de ta part. Quoi ? Non j'ai rien dit, je suggère hu hu...:)

Posté par Nio, 04 novembre 2006 à 11:30

pour Nio

Ben à part les blogs multiples, ma vie ressemble un peu à la tienne, sauf que moi je bosse et que j'ai la possibilité d'écrire au boulot! Et encore, en ce moment je suis en arrêt-maladie!
Je suis venu à bout des comics en stock, mais j'ai une tapée de BD en attente et de DVD à visionner et, question bouquins, je viens de terminer un Brautigan très chouette, j'ai attaqué "Le Capital" de Marx que j'alterne avec une exégèse sur Lautréamont, sans parler d'une littérature plus légère (voir rubrique "Ca sent le book!") Résultat: mes Mollards sont encore en retard!
KJ: Y'a même mieux que des photos, y'a carrément le trailer sur son blog (bluffant!)
Pour ton mail c'est OK quand tu veux, dans la mesure de mon temps disponible. Tu me fais signe. Mais pourquoi un changement de pseudo? Ils te harcèlent à ce point-là?

Posté par patchworkman, 04 novembre 2006 à 13:51

pour Kitano Jackson

Merci beaucoup et infiniment.
Mais pour ce genre d'objet, faut un lecteur multizone, non?

Posté par patchworkman, 04 novembre 2006 à 13:54

Urf :)

Non, c'est plus par méfiance le changement et parce qu'a chaque fois j'ai souvent changé de pseudo après une grande période où je remet les compteurs à zéro et démarre une nouvelle vie. Sur mon blog, ça change bien souvent de pseudo. Certains restent et reviennent souvent, d'autres s'en vont parce qu'au fond, je ne les trouve nullement approprié. Et puis je change constamment parce que je n'aime pas la lassitude, je change toujours mes habitudes de vie pour éviter le train-train quotidien.

Mais of course, je reste Nio pour ton blog et mon blog dvd ;)

> "Ben à part les blogs multiples, ma vie ressemble un peu à la tienne, sauf que moi je bosse et que j'ai la possibilité d'écrire au boulot! Et encore, en ce moment je suis en arrêt-maladie!"

Mwarfhaha, je fais pareil, au boulot ou chez moi. Je l'ai toujours fait : je préfère faire passer aux autres des choses plutôt que m'occuper de mon propre travail mais c'est un choix conscient de se sacrifier pour les autres (même ma copine) plutôt que soi-même que j'applique depuis un bon bout de temps.

> "j'ai attaqué "Le Capital" de Marx"

Rassure moi tu aimes te faire mal non ? Après Massacre à la tronçonneuse, Marx.
Enfin bon je lis bien pour mes cours Merleau-Ponty, Kant (l'horreur...) et André Bazin (le plus accessible). ;)


> "Ca sent le book!"

Je viens d'ailleurs à l'instant de capter le jeu de mot, mwarf.

Posté par Nio, 04 novembre 2006 à 18:11

pour Nio

Question pseudo, tu m'as mal compris: pourquoi devrais-je changer le mien - car c'est bien ce que tu me demandes, non? Tu crains que les forces des ténèbres ne remontent jusqu'à toi par mon intermédiaire, c'est ça?
Marx, c'est juste pour compléter ma culture philosophique. Plus personne ne lit Marx, et surtout pas les communistes! Je crois que le libéralisme a réussi à persuader les gens - y compris les communistes! - qu'il n'y avait plus de lutte de classes. Récemment, un mec de la CFDT m'a sorti que c'était un concept dépassé (normal, de la part d'un social-traître!). Moi, ce que j'essaie de saisir, c'est comment une philosophie aussi généreuse que le marxisme a pu déboucher sur l'horreur stalinienne. J'ai l'air de digresser, comme ça, mais d'ici une dizaine de jours, vous aurez droit à une chronique où il sera question de démonologie derrière le rideau de fer!
Pour ce qui est d'écrire au boulot, attention: je ne voudrais pas qu'on me prenne pour un glandeur. C'est juste que, les bons jours, mon job consiste en 90% de présence pure pour 10% d'intervention effective. Donc on s'occupe. Rien à voir avec de l'altruisme (comme disait Gotlib: "Je ne connais aucun altruiste en ce bas-monde, sauf peut-être l'altruiste de Schubert!").
Kant: je me suis suis fadé les 3 Critiques, plus quelques oeuvres mineures. Qui dit mieux? Bon, moi à l'époque c'était mon métier, mais toi, quel genre d'études fais-tu pour qu'on t'oblige à lire du Kant, ou du Merleau-Ponty - tiens, j'ai sa "Phénoménologie de la Perception" qui attend sagement d'être ouverte... Bon, tu patientes, Merleau, j'en finis avec Marx et je m'occupe de toi, pas moyen d'être tranquille cinq minutes!

Posté par patchworkman, 05 novembre 2006 à 05:50

hé oui...

Il faut un lecteur multizone mais c'est pas bien compliqué de dézoner son lecteur , va donc faire un tour par ici :

http://www.dezoner.com/
-KJ-

Posté par kitano jackson, 05 novembre 2006 à 17:57

pour kitano jackson

Tu es un homme précieux. Tu as vraiment réponse à tout!

Posté par patchworkman, 05 novembre 2006 à 18:22

ha ha ha

a tout je ne crois pas mais je fais ce que je peux dirons nous , merci du compliment en tout cas , et j'espere que tu apprecieras ce call of chtulhu si tu as l'occasion de le voir.

Posté par kitano jackson, 05 novembre 2006 à 18:33

Completement d'accord^^

Texas Chainsaw Massacre ...
Ce film pour moi c'est avant tout ma jeunesse, ou le COMMENT POURRAIS JE LE VOIR ??
Comme vous pouvez vous en douter, je suis assez jeune, j'ai en effet 21 ans, et lorsque j'étais jeune je vouais une passion féroce pour le film de genre que ma mere m'a transmis.
Bon, comme vous le savez, Canal + fut pendant longtemps une référence pour les films de genre, et j'avoue avoir été élevé au cinéma de Quartier de Dionnet et avoir passé deux ans de mon adolescence avec le quartier interdit du mercredi soir, mais je me souviens aussi du film d'horreur du samedi soir à 23 h ou minuit (ça dépendait du match de boxe d'avant^^)...
Bref un certain mois mythique, Canal proposait trois films dérangeant pour le mois avec l'exorciste de Friedkin, Evil Dead de Raimi et Texas Chainsaw Massacre de Hooper...
J'avais tellement envie de le voir que je l'avais regardé en crypté dans ma chambre (mes parents ne voulaient pas que je le vois, à cause des dires des gens concernant ce chef d'oeuvre)...
Bref j'étais frustré, je voulais le voir et un jour un ami qui avait enregistré le film m'a prêté la précieuse VHS enregistrée qui contenait en premiere partie Re-Animator et ensuite le génialissime Texas de Hooper !!
J'ai vu le film, et depuis il est devenu un de mes films préferés, sûrement mon film d'horreur préferé aux côtés d'Halloween (ça aussi c'est toute une histoire, et Halloween m'a fait aimer Big John notamment^^) Zombies et The Devils' Rejects (un chef d'oeuvre).
Je me souviens encore cette immersion totale par cet aspect amateur du metrange et cette petite phrase au début qui nous dit que le film est tiré de faits réels.
Puis un écran noir, on entend des bruits, des respirations et un gros flash servit par un son à nous glacer le sang... Je pense que je m'en remettrais jamais^^
Puis apres nous avons tous ces plans mythiques qui ont influencé énormement de jeux vidéos comme Resident Evil ou Silent Hill (oui je suis de la génération jeu vidéo^^) et cette façon de montrer une violence brute, et suggestive à la fois. Hooper réussit à nous immerger totalement dans l'ambiance qu'il a voulut construire et à nous faire imaginer des scenes gores qui n'existent pas grâce à une façon de filmer et de suggerer les choses absolument extraordinaire !!!
Leatherface et son look de boucher est aussi génial, ce n'est pas un type froid comme Michael Myers ou barbare comme Jason... Non, lui il est fou, il ne parle pas, ne fait que des bruits d'animaux et se leche constamment les levres à travers de son visage en peau humaine ... Il est angoissant, flippant et son arme si expeditrice donc Franklin fait les frais pour un meurtre tout en suggestion mais à couper le souffle ...
Non, Texas Chainsaw Massacre est à mon sens et comme tu le dis tres bien, un pilier et la nouvelle vague et montre un cinéma intelligent, sans consession et particulierement novateur. Dommage que depuis ce film Hooper n'ait pas réussi à nous refaire pareil métrage ... :/

En tous cas, ton contexte historique est tres intéressant, car étant relativement jeune je ne connaissais pas tous les détails concernant ce film, et j'avoue que ton histoire avec les mythos et toute la légende urbaine qu'à pu créer ce film qui ets devenu mythique pour toute une génération avant même qu'il soit sortit est vraiment génial^^
Merci pour ce point historique^^

Posté par Calintzounet, 30 juillet 2007 à 14:47

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