Fin de mois

ET POUR QUELQUES MOLLARDS DE PLUS...

(ou: "Les rubriques auxquelles vous croyiez pouvoir échapper!")

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Comics

BATMAN HORS-SÉRIE #5:

"Ra's Al Guhl: Année un"

par Devin Grayson & Paul Gulacy

(Panini - Juin 2006)

Récemment décédé dans la mini-série "Death And The Maiden", qu'on a pu lire dans "Batman Hors-Série" #1 et 2, Ra's Al Guhl revient tourmenter le Dark Knight par-delà la tombe, via une missive postée avant sa mort et porteuse de sinistres secrets. En détruisant tous les "Puits de Lazare" qui assuraient à Ra's sa pérennité à travers les siècles, Batman (qui fait rien que des conneries, en ce moment!) a rompu un équilibre entropique naturel... Résultat: la mort se met en grève, le temps biologique s'inverse, les vivants refusent de mourir quand bien même on les passe à la chaise électrique, les défunts sortent de leurs tombes, les cadavres putréfiés voient se réparer peu à peu les outrages du temps et envahissent les rues de Gotham, suppliant qu'on les rende à leur repos éternel... Batman n'a d'autre solution que de se lancer dans une course contre la montre et autour du monde pour réunir les ingrédients nécessaires à la création d'un nouveau Puits afin que la mort reprenne ses droits, opportunité que Ra's, provisoirement de retour sous forme de mort-vivant, guette depuis ses limbes - on peut d'ores et déjà s'attendre à le voir ressurgir un de ces quatre pétant de santé, je vous en fous mon billet. Le principe des "Year One", censés redéfinir les origines des personnages DC dans l'univers "Post-Crisis", est ici quelque peu battu en brèche. En effet, cette histoire dont la plus grande partie se déroule dans le présent, loin de nous relater les origines de Ra's, ne nous gratifie en tout et pour tout que de deux flash-back retraçant sa quête de l'immortalité à travers les siècles: l'un où on le voit traverser le Japon médiéval, et l'autre où il navigue en compagnie de Christophe Colomb, rien moins! Le scénar complexe mais impeccablement découpé de la talentueuse Devin Grayson - qui connaît bien le "Bat-Verse" pour avoir longtemps oeuvré sur les titres "Gotham Knights" et "Nightwing" - est un modèle de précision narrative. Quant au trait élégant et racé du vétéran Paul Gulacy, il contraste vivement avec les séquences très gore que la scénariste soumet à ses crayons. Il faut avoir vu Ra's, dans la séquence japonaise, débiter au katana et à la hache de malheureux immortels dont les tronçons continuent à s'agiter pour l'éternité, le tout illustré dans le style très poétique des estampes: contempler ces peintures pleines de sérénité soudain vandalisées de grandes éclaboussures écarlates relève d'une perversité qui a de quoi surprendre et déstabiliser. Véritable BD d'horreur, oscillant entre un gore à la "Vendredi 13" et de longues cohortes de zombies que ne renierait pas George A. Romero, "Ras Al Guhl: Year One" fait franchir une nouvelle étape dans la violence graphique à un comics moderne dont la noirceur ne cesse de s'amplifier. Signe de la désespérance des temps, sans aucun doute...

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Vu à la télé

LA RÉVOLTE DES DINOSAURES 

(Anonymous Rex)

de Julian Jarrold (2004)

Vous pensiez que les dinosaures avaient disparus? Naïfs que vous êtes! En fait, ils marchent toujours parmi nous, mais comme on nous cache tout et qu'on nous dit rien, on n'était tout simplement pas au courant, malgré des indices pourtant évidents tels que tous ces dragons que combattaient les preux chevaliers d'antan... Certes, on en voit beaucoup moins de nos jours, et ce pour une excellente raison: nos chers dinos ont évolué, sont devenus intelligents, ont adapté leur régime alimentaire (merci Gaylord Hauser!) et ont pris forme humaine. C'est d'ailleurs là que réside la grosse arnaque de ce déplorable navet (tiré du roman d'un certain Eric Garcia fort heureusement inédit en France): avec un titre pareil, on en était en droit de s'attendre au minimum à un figurant dans un costard à écailles piétinant avec enthousiasme des maquettes de balsa comme au bon vieux temps de Godzilla, mais maccache! on se contentera de soi-disant sauriens se dissimulant sous la défroque d'acteurs humains trop humains et encore plus lamentables. Adonc les dinos d'aujourd'hui sont des flics, des avocats, des toubibs, des gangsters, des livreurs de pizzas, tout ce que vous voudrez pourvu que ça épargne le famélique budget de ce navrant téléfilm. De temps en temps, ils abandonnent leur camouflage sophistiqué, et c'est là que ça devient franchement hilarant: on leur colle sur la tronche une espèce de casque lézardiforme inarticulé, on plante deux paluches griffues dans les manches du costard, et roule casquette! Vous voyez Casimir? Ben c'est exactement ça!!! Que des bestiaux de plusieurs tonnes puissent être comprimés dans une défroque humaine, voilà qui n'inquiète guère le scénariste, lequel va jusqu'à nous montrer les combinaisons en latex imitation chair que les monstres sont censés endosser pour se perdre dans la masse, y'en a qui n'ont vraiment peur de rien! Bref, tout ce petit monde parfaitement intégré vaque paisiblement à ses occupations sans que personne ne s'en doute et constitue une sorte de franc-maçonnerie corporatiste au sein de la société, jusqu'aux meufs dinos qui sont de vrais bombasses avec des nibards comacs et préfèrent le missionnaire à la levrette, ce qui est un signe indiscutable de civilisation! Tout cela aurait pu être l'occasion idéale de torcher une série Z mémorable, mais comme le réalisateur oscille sans cesse entre une parodie qu'il n'assume que très ponctuellement (comme avec cette idée frappadingue des dinos se défonçant aux herbes de Provence, qui sont pour eux l'équivalent d'un rail de coke) et un sérieux bien mal venu étant donné l'énormité du postulat de base, on obtient au final un produit qui, s'il nous fait occasionnellement sourire par son incroyable indigence, nous précipite la plupart du temps dans des abîmes d'ennui. Comment tourner un film de dinosaures quand on a le budget d'un paquet de Pépito? en filmant un polar poussif où de gentils pseudo lézards en costard enquêtent sur de méchants pseudo lézards en costard pour protéger cette humanité qui les a si généreusement accueillis en son sein nourricier - il est vrai que toutes les minorités n'ont pas cette chance! En fait Sarko n'a rien compris: il suffirait d'un peu de latex pour résoudre le problème des banlieues! Mais ne soyons pas médisants, car il y a au moins deux authentiques dinosaures dans ce film en les personnes d'Isaac Hayes et Faye Dunaway, sans doute là pour payer leur lifting!

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Vu à la télé

TROUBLE JEU (Hide And Seek)

de John Polson (2004)

Robert DeNiro cachetonne dans ce rôle de veuf inconsolable élevant seul sa petite fille tout aussi éprouvée, au point de se créer un compagnon imaginaire pour compenser le manque maternel. L'entité en question, prénommée Charlie et fort respectueuse du cahier des charges, commet exaction sur exaction selon un crescendo savamment étudié qui culmine comme de bien entendu avec un homicide - en l'occurrence par défenestration. À ce stade-là, l'heure est venue de nous balancer l'incontournable twist censé nous laisser comme deux ronds de flan, du genre "c'est celui qui dit qui est'" ou, si vous préférez, "le plus schizo des deux n'est pas celui qu'on pense", parlez d'une trouvaille! C'est bien simple, depuis que des auteurs tels que M. Night Shyamalan ou David Fincher ont ébranlé le petit monde du thriller avec leurs retournements de situations diaboliques, oeuvrer dans le genre sans y coller du twist à tort et à travers est devenu impensable à Hollywood. Problème n°1: l'utilisation de ce procédé nécessite une rigueur d'écriture que sont loin de maîtriser la plupart des scribouillards qui traînent sur le marché. Problème n°2: le réservoir des twists disponibles s'épuise, ce qui se traduit par un éternel retour des mêmes poncifs, appelés par des pitchs non moins interchangeables torchés en deux coups les gros par des scénaristes feignasses et représentatifs de ce genre de purs produits d'exploitation. Problème n°3: devant cet affaiblissement du procédé à force de redondance, on assiste à une surenchère, certains tâcherons n'hésitant pas à accumuler les twists au détriment de leur intrigue, et aboutissant à des scénars auxquels eux-mêmes ne comprennent plus rien tant y abondent les contradictions. S'il n'atteint pas ce niveau de décrépitude ultime, on ne peut pas dire pour autant que "Trouble Jeu" brille par son originalité: on suit donc d'un oeil au mieux complaisant et jusqu'à leur final convenu ces péripéties déjà vues cent fois par ailleurs. Sinon y'a un budget confortable et c'est très correctement réalisé, photographié et interprété par DeNiro et Famke Janssen. Mais honnêtement, y'a pas de quoi écrire à ses parents.

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.commeaucinema.com/news.php3?nominfos=35550&Rub=BA

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LILIOM

de Frank Borzage (1930)

Oyez, oyez, braves gens, la triste et lamentable histoire de Liliom, bonimenteur de foire, apache au regard enjôleur et tombeur de bonniches en pâmoison devant les bad boys, racontée par Frank Borzage, roi incontesté du mélo hollywoodien qui fit vendre plus de Kleenex qu'un pandémie de tuberculose! Amoureux certes, mais bien mauvais mari, Liliom glande d'importance tandis que son épouse en cloque bosse comme un docker pour rapporter quelques subsides au ménage. Las! L'impitoyable fatalité et sa longue cohorte de catastrophes, toujours prêtes à fondre sur le paletot mité des déshérités de la vie, ne tardera pas à ramener le mauvais garçon sur sa pente naturelle, et Liliom n'abandonnera son canapé favori que pour se fourvoyer dans un casse foireux, au terme duquel il mettra fin à ses jours pour échapper à la police, bouhou, snif! À mi-film - et c'est ce qui justifie la présence de ce mélo dans mes colonnes - l'âme de Liliom, entachée de mille péchés dont le moindre n'est pas le suicide, se retrouve donc devant un Saint-Pierre fagoté comme un expert-comptable et, après d'âpres négociations, se voit condamnée à quinze ans de Purgatoire au terme desquels, si son repentir est sincère, il gagnera le droit de retourner sur Terre durant une journée afin de rencontrer sa fille qu'il n'a pas vu naître. Pendant ce temps, fidèle par-delà la tombe, sa nunuche d'épouse repoussera tous les prétendants et continuera à se crever la paillasse pour élever leur progéniture, bouhouhouhouhou! Borzage reprend ici son thème de prédilection, celui de l'amour éternel et incorruptible qui triomphe de tout et que rien ne peut entamer, pas même cette épreuve ultime qu'est la séparation dans la mort, et c'est précisément ce qui justifie le recours à un fantastique cul-béni dans plusieurs de ces films - voir la fin hilarante de "Trois Camarades" (1938) où les âmes séparées, ayant achevé leurs vies douloureuses, sortent de la tombe et partent vers le paradis en se tenant la main! La séquence "céleste" de "Liliom" nous transporte ainsi dans un paradis surréaliste dont la poésie n'est pas sans évoquer les oeuvres d'un Méliès ou d'un Segundo de Chomon. À ce titre, la voie ferrée suspendue en plein ciel, où circule le train à destination du Purgatoire et qui se perd dans un horizon de brumes luminescentes, est l'un des moments les plus intéressants du film. Cette oeuvre, emblématique des débuts du parlant, se caractérise également par une interprétation expressionniste s'inscrivant tout à fait dans la norme de l'époque, l'acting ne s'étant pas encore détaché de la gestuelle outrancière imposée par le muet, ce qui la date impitoyablement et tend à faire sourire de nos jours. Ainsi la démarche de fier-à-bras de Liliom, bras écartés à angle droit et futal remonté jusque sous les aisselles, n'est pas sans évoquer Popeye et s'avère des plus divertissantes pour le spectateur moderne! Citons enfin la mort tragique de Liliom dans les bras de son épouse qui lui lit l'Évangile afin de le sauver de l'Enfer: un grand moment d'outrance mélodramatique! Tiré d'une pièce du dramaturge hongrois Ferenc Molnar qui cassa la baraque à l'époque, "Liliom" fit l'objet d'un remake réalisé par Fritz Lang en 1934, interprété par un Charles Boyer juvénile, et qui se démarque par sa distance ironique du mélo pur et dur de Borzage. Cette curiosité est surtout connue comme unique film français de Lang, et constitue une parenthèse entre sa période allemande expressionniste et sa carrière hollywoodienne. Enfin, on signalera la version musicale "Carrousel", réalisée en 1956 par Henry King.

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Comics

ALL STAR BATMAN "2

de Frank Miller & Jim Lee

(Panini - Août 2006)

Ben c'est pas trop tôt, depuis Février qu'on l'attendait! Il faut dire que Miller et Lee mettent en gros un trimestre pour pondre un numéro - ce qui n'est pas étonnant, vu à quel point les planches sont chiadées. Il en résulte pour la France un comics semestriel, puisque Panini nous octroie deux épisodes par numéro. Avec ces chapitres 3 et 4, le scénar de Miller prend une étrange tournure: le développement dramatique en lui-même y est quasiment nul, ce qui est une façon polie de dire qu'il ne s'y passe rien... Toutefois, on aurait tort de conclure à un comics sans intérêt: cette révision au vitriol des origines de Robin nécessite la mise en place progressive d'un univers gothamite inédit, bref un "elseworld" pour employer le jargon des spécialistes. Miller interrompt donc brusquement le récit démarré à cent à l'heure dans les deux premiers épisodes pour poser un certain nombre de jalons sans rapport apparent avec le coeur de l'histoire, et dont le fin mot se trouve différé aux chapitres ultérieurs. Construit de façon pour le moins étrange, le #3, dans lequel Batman et le futur Robin se contentent de faire de la figuration, nous plonge dans des abîmes de perplexité en nous immergeant sans transition dans un flash-back des plus déstabilisants, qui met en scène une Black Canary très chaudasse se contentant de décimer à coups de talon dans les gencives la clientèle lumpen d'un boui-boui infâme où elle a échoué en tant que serveuse, et où elle se fait quelque peu pincer les fesses. Cet holocauste titanesque qui occupe la moitié du comics demeurera pour l'heure sans aucune justification, et l'épisode se terminera de façon encore plus bizarre avec l'arrivée d’un Superman introduit tout à fait incongrûment. Le #4, qui relate la découverte de la Batcave par le jeune Dick Grayson, relève essentiellement de l’étude de caractère. Miller nous y présente un Batman plus ignoble que jamais, cruel, tyrannique, inhumain, un rictus sadique lui crispant la mâchoire. Au jeune Dick qui se plaint de la faim, il propose de bouffer les rats qui infestent la Batcave. Pour sauver Vicky Vale qui se meurt à l’hosto après s’être fait défoncer le museau dans l’épisode 2, il ordonne à Alfred de mander "le clown de Metropolis" (entendez: Superman!) pour ramener un chirurgien de Paris. Au passage, nous apprenons que Batman tient le Kryptonien à sa botte en exerçant sur lui un chantage à l‘identité secrète. Bref, le Dark Knight manipule et rudoie son monde avec arrogance et sans aucune considération, allant jusqu’à s’embrouiller grave avec le brave Alfred lui-même, révolté par l’attitude de son boss. Si notre intellect reste quelque peu sur sa faim avec ces épisodes "de transition", notre oeil se régalera en revanche des planches remarquables de Jim Lee, qui n’a définitivement pas usurpé son statut de superstar du comics et profite des temps morts ménagés par Miller pour démultiplier l‘action en un kaléidoscope de vignettes plus hallucinantes les unes que les autres. Les nombreuses "slash-pages" dont il nous gratifie généreusement, et devant lesquelles nous tombons régulièrement en arrêt, font de ces comics une sorte de "musée Jim Lee" dans lequel nous déambulons sans bouder notre plaisir. Le délire graphique culmine dans un dépliant de six pages qui nous fait découvrit la Batcave comme dans un travelling interminable, et au dos duquel Panini a eu l'excellente idée de reproduire les couvertures originales, éditions collectors comprises. Bref, de la très belle ouvrage, et qui mériterait amplement, une fois achevée, une édition intégrale en album. En attendant, à l'année prochaine, pour la suite...

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Vu à la télé

MÉMOIRE EFFACÉE (The Forgotten)

de Joseph Ruben (2003)

Encore un sous-produit de luxe, à classer aux côtés de "Trouble Jeu" dans la série "les pitchs surexploités jusqu'à plus soif avec twist obligatoire et non moins éculé (de sa mère!)". Telly a perdu Sam, son petit garçon de huit ans, dans un accident d'avion, mais elle a du mal à en faire son deuil, d'autant que son mari, son psy et tout le reste de la planète ne cessent de lui répéter qu'elle n'a jamais eu d'enfant. Une fois de plus, une fois de trop, on est censé se demander si elle est folle ou si tout cela n'est qu'une vaste conspiration. Comme la thèse de la folie est solidement avancée dans la première demi-heure, nul besoin d'être extralucide pour supputer qu'un twist des familles ne va pas tarder à nous tomber sur la gueule avec la légèreté d'un pot de fleurs, au terme duquel on découvrira, bon sang mais c'est bien sûr, que la malheureuse est victime d'un complot gouvernemental. Remarquez, on s'en doutait un peu, vu le nombre de "men in black" au mètre carré, aussi discrets qu'une cravate vert pomme sur un plastron fuchsia! Je vous parlais plus haut de cette pénible surenchère dans l'accumulation de twists tirés par la perruque, et ben là on est en plein dedans: on découvre ainsi successivement, grâce à un effet spécial d'escamotage hilarant que le réal ne cesse de réitérer tellement il en est content, que les gouvernementaux collaborent avec des E.T. malveillants venus kidnapper nos fils et nos compagnes, et que Sam, ô surprise, n'est pas mort: il est alors grand temps de s'acheminer vers un improbable happy end au cours duquel notre héroïne, aidée par un ivrogne repenti, met en déroute toute l'armada extraterrestre par la seule force de sa volonté inébranlable, rien moins! S'il vous plaît, ne venez pas me reprocher d'aligner les spoilers: le film le fait très bien tout seul tant il est désespérément prévisible! Le scénar pioche sans vergogne dans toute le catalogue du film de complot à la David Fincher et se démarque à peine du très honnête "Complot Mortel" de Richard Donner, un autre classique du film à twists interprété par Mel Gibson. Pour se donner l'air original, on prend à mi-chemin un virage vers la SF avec une bonne louche de "X-Files", et emballez c'est pesé! La bouillabaisse est cautionnée comme toujours par un budget confortable, un solide artisan rompu à tous les styles (Joseph Ruben), une image léchée, et des stars cachetonneuses telle que l'inquiétant Gary Sinise dans le rôle du psy, et une Julianne Moore hystérique qui nous fait l'effet d'une craie sur un tableau noir! Mon verdict: à effacer de votre mémoire!

Cliquez sur le lien pour voir la bande-annonce:

http://www.allocine.fr/film/video_gen_cfilm=51728.html

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FILM HORREUR #9:

"La Vengeance du Vampire"

de Alfonso Corona Blake

(ed. Skandia - 1976)

Vous me connaissez, je ne résiste jamais au plaisir de chroniquer un de ces bons vieux romans-photos importés directement d'Italie. Celui-là, trouvé sur l'étal d'un brocanteur, s'avère particulièrement intéressant en ce qu'il est l'adaptation d'un film de vampires mexicain de 1960. Dénicher cette info m'a demandé pas mal de recherches: le film demeurant inédit en France, il m'a d'abord fallu découvrir qu'il était sorti en Italie en 1962 sous le titre "La Vendetta del Vampiro". Derrière ce retitrage, signé qui plus est du pseudo américanisant de Henry G. Richards, se dissimulait en fait "El Mundo de los Vampiros" d'Alfonso Corona Blake, petit maître du bis mexicain dont je désespère de jamais voir un film. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le cinéma d'horreur mexicain - souvent confondu avec les productions espagnoles similaires - fut particulièrement vivace dans les années 60 et 70, certaines oeuvres parvenant même jusqu'à notre hexagone via ces irremplaçables cinémas de quartiers et autres séances de minuit: il s'agissait principalement des aventures de deux catcheurs masqués, Santo et Blue Devil, extrêmement populaires au Mexique et qui affrontaient des versions locales des grands monstres de l'Âge d'Or Universal, à savoir vampires, momies, savants fous et autres simili-créatures de Frankenstein. L'Alfonso Corona Blake en question apporta d'ailleurs sa contribution à la franchise avec "Santo contra la Mujeres Vampiro" (1962), sorti chez nous sous le titre quelque peu abusif de "Superman contre les Femmes Vampires", et "Santo en el Museo de Cera" (1963). C'est dire à quel point ce numéro de "Film Horreur" est précieux, en ce qu'il nous donne l'occasion inespérée de nous faire une idée sur un incunable mexicain, dans lequel les aficionados du Z millésimé trouveront largement leur compte. Trois cents ans après que son ancêtre ait été vaincu, le vampire Serge Subakai (interprété par un magnifique spécimen de bellâtre hidalgo aux tempes grisonnantes) sort de sa tombe pour se venger de la famille Tassman, dont les aïeux furent responsable de cette défaite. S'ensuit une histoire rocambolesque dans laquelle un héros à la moustache virile poursuivra le vampire jusque dans les souterrains truffés de pièges du château, afin de sauver sa bien-aimée. On se réjouira de moult effets spéciaux approximatifs, très bien rendus par le roman-photo - vampires affublés de masques hilarants en carton bouilli, chauve-souris à tête de meuf - ainsi que de quelques innovations frappadingues: le héros musicien fait fuir les vampires en jouant une certaine mélodie importée de Transylvanie, sa main gauche se couvre de poils après qu'il ait été mordu par une vampire, sans oublier l'orgue de Subakai dont les tuyaux sont constitués de tibias surmontés de crânes humains! Bref, tout ce qu'on aime! Je ne désespère pas de dénicher quelque jour d'autres exemplaires de "Film Horreur" (version française de l'italien "Suspense Presenta") dont parurent à l'époque une dizaine de numéros. Le cas échéant, vous en serez les premiers informés - non, non, ne me remerciez pas!

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Vu à la télé

LA GRANDE MENACE 

(The Medusa Touch)

de Jack Gold (1978)

Imaginez que vous ayez le pouvoir d'attirer toutes sortes de catastrophes apparemment naturelles sur la tête des fâcheux, du genre freins qui lâchent, peau de banane dans l'escalier, Sarkozy élu au premier tour... Je sais pas ce que vous feriez, mais perso et toute honte bue, je ne résisterais que très difficilement à la tentation d'éclaircir le paysage et de rendre le monde meilleur... Je pense que je commencerais par faire choir une statue de Jeanne d'Arc sur le gros verrat borgne et sa progéniture Miss Piggy, déjà on y verrait plus clair... Las, ces choses-là n'existent qu'au cinéma, et n'arrivent qu'à ce veinard de Richard Burton - le bretzel de Bush, c'était lui! Enfin, veinard c'est vite dit, vu que le malheureux se voit dès le générique sauvagement agressé au point de terminer sur un lit d'hosto, réduit à l'état de légume - un vrai rôle de composition! Déboule alors notre Lino Ventura national, chargé de mener l'enquête, et qui plonge dans le passé de la victime en compagnie de sa psy, la belle Lee Remick aux yeux vairons. Casting international trois étoiles donc, pour cette co-pro franco-britannique à la mode des seventies, époque bénie où des artisans comme Jack Gold savaient torcher des films de genre efficaces et passionnants sans avoir recours à toute une panoplie d'effets spéciaux envahissants, à la seule force de leur conviction et de celle de leurs acteurs. Film en forme de flash-back, "La grande Menace" retrace au travers de l'enquête de Lino Ventura et Lee Remick la vie pathétique d'un homme doté d'un pouvoir exceptionnel qu'il vit comme une malédiction et qui finira par le dominer et le corrompre, ses appels à l'aide ne rencontrant qu'incrédulité. À ce titre, l'intérêt majeur du film réside dans le parcours intellectuel de l'inspecteur Ventura, qui voit ses certitudes de frenchy cartésien basculer dans le doute au fil de ses incroyables découvertes, d'autant plus que, depuis son lit de douleur, le surdoué Burton dont le cerveau demeure des plus actifs continue ses facéties... L'inquiétude et la tension vont ainsi croissant jusqu'à un climax que ne renieraient pas les plus fameux des films-catastrophe, et qui débouche sur un final d'un pessimisme déprimant. Bref, une petite perle à redécouvrir d'urgence.

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Batman se peigne avec les zombies!

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Fay Dino-way!

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Le "Trouble Jeu" de l'entité Charlie: rien que des bêtises!

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Liliom, tombeur de bonniches naïves!

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La famille décomposée de Julianne Moore!

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Black Canary fait grimper la température!

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L'orgue en tibias du vampire Subakai

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Batgirl vue par Alfonso Corona Blake!

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Lino Ventura et Lee Remick face à un Richard Burton fantômatique...