16 août 2006
FINAL CUT
Vu à la télé
FINAL CUT
de Omar Naïm (2003)
"Final Cut" fait partie de cette catégorie de films de SF "sociale" et intimiste d'inspiration dickienne, que d'aucuns nomment "anticipation" et qui tourne résolument le dos au sous-genre "space-opera", beaucoup plus spectaculaire et quelque peu impérialiste. Ici la menace n'arrive pas de l'"outer space", mais de l'intérieur même du corps social que quelque chose vient soudainement gangrener. En l'occurrence, la cellule cancéreuse s'appelle "Zoé", une puce implantée à la demande des parents dans le crâne du nouveau-né et qui va garder en mémoire la totalité de la vie du sujet de la naissance à la mort. C'est là qu'intervient le "monteur": disposant d'une quantité astronomique de "rushes", son job consiste à tailler dans la vie du défunt, vue au travers de ses yeux qui tiennent lieu d'objectif, afin de livrer aux familles éplorées une sorte de mémorial enrobé de guimauve, anthologie de morceaux choisis présentant le cher disparu comme un homme de bien - ce qu'il n'était pas forcément, comme le déclare le fils d'un feu tyran domestique: "Vous avez réussi à rendre humain cet enfoiré!"
À partir de cet argument pour le moins original, Omar Naïm, jeune (27 ans!) réalisateur et scénariste d'une extrême intelligence, ouvre un nombre incalculable de pistes d'analyse, à tel point que son film devrait faire l'objet d'un ouvrage volumineux si l'on voulait pousser tous les thèmes abordés dans leurs ultimes implications. L'un des plus évidents, puisque évoqué par le titre même, révèle une profonde amertume à l'égard du Septième Art: le cinéma est en effet ressenti comme un embaumement de la vie, le personnage du "monteur" se voyant régulièrement qualifié de "croque-mort". Le terme de "final cut" sert de fait à désigner le montage définitif d'un film: celui qui par contrat détient le droit de "final cut" possède donc le pouvoir de faire d'un film absolument ce qu'il veut, y compris en changer la signification au gré de sa fantaisie ou... d'impératifs plus commerciaux! On comprend mieux pourquoi les réalisateurs quelque peu concernés par leur art se battent comme des chiens enragés contre des producteurs mercantiles (soient: les fossoyeurs du cinéma) pour parvenir à arracher ce droit. Ainsi, le "monteur" est essentiellement présenté en tant que "caviardeur", voire tout simplement "censeur" et là, "Final Cut" se livre à une remarquable psychanalyse de l'acte de censure qui, comme chacun sait, entretient des liens étroit avec le déni pathologique de réalité.
Ainsi, Alan Hackman (patronyme qui n'est pas sans évoquer le "hacker", soit: celui qui s'introduit dans l'intimité des autres pour en pirater les informations...), interprété par un Robin Williams qui porte le film à bout de bras, est présenté comme le meilleur "monteur" sur le marché, et pour cause: sa vie se confond dans son intégralité avec l'exercice de son métier. S'il a de la sorte sacrifié son existence pour purger celles des autres de tout ce qu'elles pouvaient contenir d'inavouable, c'est que lui-même se trouve rongé de culpabilité par un crime effroyable qu'il a commis alors qu'il n'était qu'un enfant, et qu'il ne peut hélas caviarder de sa mémoire d'un coup de "guillotine" - ainsi est nommée la table de montage! Sa vie idéale - soit: débarrassée de ce souvenir ignoble - se réalise donc par procuration dans le nettoyage de la vie des autres. Son métier, au travers duquel il offre en holocauste son existence entachée, n'est plus qu'une interminable mortification en quête d'une rédemption qu'il sait impossible. Notons également au passage que, d'une déontologie irréprochable, Hackman ne divulgue rien de ce qu'il est le seul à savoir, et incarne par le fait une sorte de figure christique chargée de tous les péchés du monde, qu'il cherche à racheter par le sacrifice de son existence. Et, comme il ne saurait y avoir de Christ sans Judas, Hackman se trouve flanqué du personnage de Fletcher, traître honteux par nécessité idéologique, et accomplira son destin dans son propre "Jardin des Oliviers", en l'occurrence: un cimetière!
Après une longue mais nécessaire exposition de la douloureuse psychologie de ce personnage complexe, coup de théâtre: l'homme aperçoit en cours de visionnage une opportunité de rédemption (ne comptez pas sur moi pour vous en dire davantage). Soudain transfiguré, et obsédé par le désormais possible rachat de sa faute, Hackman se lance à la reconquête de sa vie, aventure qui s'avèrera de plus en plus périlleuse sans qu'il y renonce pour autant: qu'a-t-il à perdre, en tant que mort-vivant? Que le "monteur", apparent démiurge qui fait et défait la vie des gens et les absout par l'effacement de leurs péchés, découvre la clef de sa propre existence dérobée dans celle d'un autre, voilà une ironie à résonance éminemment tragique et qui renvoie au thème lacanien du miroir. L'expérience jubilatoire de sa reconnaissance dans le miroir renvoie simultanément à la tragédie d'une perte d'identité irrémédiable. En d'autres termes, notre identité ne nous est révélée que pour autant qu'elle consente à s'aliéner dans l'autre (1), symbolisé par le miroir, ce qui revient à dire qu'elle nous est dérobée de toute éternité. Hackman illustre parfaitement, me semble-t-il, cette triste condition humaine: incapable de trouver en lui-même les clefs de sa propre rédemption, il s'aliène pour ce faire dans la vie des autres, miroir qui finira par lui apporter la révélation, et l'holocauste morbide de son existence ne prend son sens qu'en fonction de cette quête identitaire. Un twist (que je tairai) surgissant à mi-film le fera d'ailleurs déchoir de sa position de voyeur à celle de "point de vue", et ce n'est qu'au terme de cette dépossession consentie de lui-même qu'il parviendra à se "ressaisir" après une catharsis haletante.
Ces quelques thèmes, que j'ai tenté de rendre sensibles, ne constituent que quelques-unes des idées reflétées par ce fantastique jeu de miroirs qu'est "Final Cut". On pourrait tout aussi bien réfléchir au travers de la puce "Zoé" (qui renvoie à celle de Moreno) sur l'irruption et l'impact d'une technologie nouvelle dans le corps social, et les modifications comportementales qu'elle implique, ce qui entraîne in petto une étude à propos d'une humanité sur-communicante esclave d'une technologie ouvrant des brèches énormes dans son intimité, et qui tend même à substituer au vécu un espace virtuel de communication - McLuhan n'est pas loin! Se pose également le problème de l'utilisation faite des informations collectées - pour ne pas dire dérobées - ainsi que celui du fonctionnaire zélé qui ne remet en question le système qu'il sert qu'à partir du moment où il s'en trouve lui-même victime (thème assez classique, développé entre autres dans "Minority Report" et "Equilibrium", sans oublier l'immense "Brazil" de Terry Gilliam). Citons également le retraitement de la réalité à des fins propagandistes: le travail du "monteur" n'est-il pas similaire à celui du Docteur Goebbels, qui donnait du nazisme une image idyllique de la même façon que Hackman métamorphose les pires ordures en hommes de bien? Procédé ignoble repris à des fins de mercantilisme médiatique avec notre très familière "télé-réalité" dont chacun sait pertinemment tout en feignant de l'ignorer - magnifique solidarité du mensonge social! - que la pseudo-spontanéité y est mise en scène avec une minutie qui confine à de la perversion. Aux militants se révoltant contre la diffusion de plus en plus grande de la puce "Zoé", on répond par ce même credo ultralibéral que TF1 réserve aux adversaires de la "télé-réalité" et de ses dérapages: "Les gens sont demandeurs" - thème sado-masochiste de l'esclavagisme consenti.
On en finirait pas, vous dis-je, d'explorer l'insondable richesse thématique de "Final Cut", tant le film s'avère une somme de toutes les angoisses dans lesquelles baigne ce début de millénaire, et qui semblent s'être données rendez-vous sur le visage de Robin Williams, tout en souffrance intériorisée. Ce jeu sobre et introverti, qui semble être la tendance du Williams nouveau (voir "Insomnia" et "Photo Obsession") nous change agréablement et nous révèle un acteur d'exception, trop souvent dissimulé derrière ce personnage de l'histrion gesticulant, babillant et parfois même irritant qu'il a trop longtemps interprété. Face à lui, la caméra d'Omar Naïm épouse la moindre de ses expressions dans une osmose comme on en voit peu au cinéma. Le réalisateur fouille le visage de son interprète comme si, à l'instar du personnage de Hackman, il cherchait lui-même à retrouver son âme au fond de ces rides douloureuses. À eux deux, ils transforment cette petite production de SF intimiste en un magnifique diamant noir.
Notes
(1): "s'aliéner dans l'autre": j'ai bien conscience du caractère de quasi-pléonasme de cette expression. Néanmoins, elle m'a paru inévitable compte tenu du contexte...
Cliquez pour voir la bande-annonce:
http://www.commeaucinema.com/news.php3?nominfos=34464&Rub=BA
Hackman, un homme obsédé par son métier
Face à la contestation
Delila (Mira Sorvino) tente en vain d'arracher Hackman à sa mortification
Le Christ et son Judas
Hackman dans son propre "Jardin des Oliviers"
Le masque douloureux de Robin Williams
Commentaires
Les gagnants écrivent l'histoire!
Encore un film qui fait partie de cette liste des "manqués", liste réservée aux incontournables, aux classiques, ... et aux films qui ont attiré mon attention (bande annonce, bouche à oreille ...). Final Cut faisant partie de ces derniers.
Le sujet a l'air original et Robin Williams est un acteur que j'apprécie.
Ton analyse m'a beaucoup plu et confirme l'intérêt que ce film me semblait avoir.
pour Céd
Ouais, un exemple réussi de science-fiction "d'auteur". Tu devrais pouvoir le trouver sans difficultés en DVD à la location.
Pas vu ce film tout comme le Romanek "photo obsession" mais j'aimerais bien...
Il joue bien Jesus Christ dans ce film ?
Pour Nio (je fais comme Patchworkman ;-) ).
Photo Obsession est pas mal du tout. Un peu lent par moments, mais il y a une vraie ambiance dans laquelle on plonge pleinement, surtout à la fin. Et le jeu de Robin est remarquable.
Euh Ced ^_^
Euh je faisais référence au Jesus-Jim Caviezel-Christ qui a déjà tourné dans le film "la passion du christ", film qu'a l'époque je m'étais fait une joie d'enfoncer tellement ça frôlait la platitude et la béatification stupide du martyre chrétien (comprendre, avec largement moins de subtilité qu'un cinéaste comme Andréï Tarkovski ou Bergman) en déluge sanglant hyper gore.
Normalement j'aime le gore mais l'interprétation qu'en a fait Gibson est tout bonnement moche et rebutante à souhait, ça me fait penser à Lars Von Trier et ses chantages émotionnels sur le spectateur moyen...
Rahhh je sens que je recommence à m'enerver, pas bon ça...
Sinon Photo obsession, ça confirme le peu de bien que j'en ai entendu...Bon, reste plus qu'a essayer de le chopper en occaz celui-là :)
pour Nio
"Photo Obsession" est effectivement à voir. Williams y tient d'ailleurs un rôle assez voisin de celui de "Final Cut": il y incarne un solitaire très émouvant dont le job consiste à développer des films et des photos de famille. En manque lui-même de famille, il éprouve une sorte d'empathie pathologique pour les foyers dont il développe les photos et finit à travers elles par les connaître comme s'il en faisait partie. Petit à petit, cette empathie glisse vers une obsession qui dérape vers le voyeurisme, puis dans une prévenance maladive à l'égard de ses clients et de leurs proches, puis vers une immiscion de plus en plus pesante dans leur vie, etc... bref une lente descente dans la folie. Sujet original, intéressant et fort bien traité.
"La Passion du Christ" fait partie des films que je boycotte. "J'ai pas vu mais j'aime pas", comme dirait l'autre! Les délires fondamentalistes de l'Amérique bushiste ne m'intéressent pas. De plus, certains Feujs de mes amis (pas spécialement pratiquants) n'ont pas apprécié, mais alors pas du tout!
En revanche, prudence avec le Danois Fou, ses films sont rarement ce qu'ils paraissent être... Personnellement je l'adore... Je suppose que tu fais allusion à ses incursions dans le mélo ("Breaking The Waves", "Dancer In The Dark") mais bon: le genre consiste précisément dans la manipulation des émotions, qui en est la définition même. Par exemple, la "cinéphilie officielle" porte au pinacle un auteur comme Frank Borzage, considéré à juste titre comme le "roi du mélo", et alors là, si tu veux de la guimauve, t'es servi! et à la louche encore! Idem pour Spielberg (là je suis provocateur!) qui ne résiste jamais à l'envie de nous tirer quelques larmichettes dès qu'il se laisse aller à ses mauvais penchants, et on ne peut pas dire qu'il y aille de façon très subtile! En revanche, il y a à mon sens dans les mélos de Lars Von Trier un sadisme sous-jacent tout à fait réjouissant envers ses personnages, et le déluge de catastrophes qu'il fait pleuvoir sur leurs tronches frôle la caricature. Mais comme l'humour de Von Trier est assez pisse-vinaigre, il y a certes sujet à interprétation et à controverse...
Et puis, ne pas oublier qu'il a réalisé "Les Idiots" (pur chef-d'oeuvre en ce qui me concerne) et cette magnifique imposture qu'est la série "L'Hôpital et ses Fantômes", parodie au vitriol d'"Urgences". Qu'il soit inscrit dans les minutes de ce blog que rien de ce que fait Lars Von Trier ne doit être pris à la légère!
pour Céd
Effectivement, "Photo Obsession" fait partie de ces films qui m'ont réconcilié avec Robin Williams.
Pour ce qui est de son rythme lent, cela me semble assez inévitable dès que le sujet d'un film consiste dans la peinture psychologique d'un personnage. Cela ne saurait se réaliser en deux plans! Le quotidien trivial que vit le héros dont la vie se résume en fait à son job (en quoi il est proche du Hackman de "Final Cut") n'a rien de passionnant, ce qui justifie un rythme créant une certaine langueur - le personnage de Williams est d'ailleurs un personnage "languissant" dans sa solitude insupportable. Cette normalité doit être établie avec tout l'ennui qu'elle suppose en ce qu'elle sert de contrepoint à la névrose obsessionnelle que développe le héros, et qu'il ressent comme une porte de sortie. Elle doit donc être établie dans toute sa pesanteur. De plus, la descente dans la folie se fait très graduellement, par petites touches successives, et là encore la réalisation se doit de prendre son temps pour bien faire ressentir le lent travail de sape de la névrose.
Au finish, il me semble à moi que le réalisateur a su trouver le rythme juste. Pour tenter une métaphore musicale, on n'écrit pas une marche funèbre à 200 à la noire! Le cinéma fantastique actuel s'avère la plupart du temps inefficace en ce qu'il veut aller trop vite: je pense qu'il faut au contraire prendre le temps de mettre le spectateur en condition plutôt que d'essayer d'emblée de lui en foutre plein la vue et à fond la caisse!
Pour Nio puis pour Patchworman! ;-)
Nio: Quand je parlais du jeu de Robin Williams, je ne répondais pas à ta question sur le jeu de "Jésus Christ". ;-)
C'était simplement pour parler de Photo Obsession, le jeu de Robin étant un argument favorable au film.
Je n'ai pas vu la Passion du Christ, le sujet ne m'intéressant déjà pas en soi et la façon dont il est abordé me paraissant plus que douteux.
Pour Patchworkman: Je suis d'accord, le rythme est juste pour ce film (Photo Obsession). Néanmoins, rythme juste n'empêche pas certaines lenteurs sur certains passages.
Pour ma part, cela ne m'a pas dérangé. Je ne savais pas à quoi m'attendre quand je l'ai vu et j'étais bien pris dedans.
Mais je reconnais que cela peut déplaire à certains.
Pour tout le monde (sinon on y perd ses petits...)
Photo obsession je compte de toutes façon le voir car j'ai beaucoup de respect pour le travail de clippeur perfectionniste de Mark Romanek à la base (j'ai son dvd de clips tout comme ceux de Corbijn, Gondry et Cunningham). Pensez donc, un clippeur maniaque qui n'hésite pas a brutaliser ses stars et se permettait de nombreuses références à l'art dans ses clips. En plus le monsieur en question semble adore Kubrick, donc il a toute ma confiance. :)
La passion du christ il faut le boycotter de toutes façons. Ce film est immonde et dévalorise grandement le sujet en le traitant dans la boue là où Scorcese avait fait plus humain, subtil et touchant. D'ailleurs à sa sortie, dans mon carnet perso, j'avais fait une chronique assez méchante sur Jesus Fuck par l'ami Gibson.
Au vu des prochaines photos de son "apocalypto", je crains le pire.
Le danois fou, je faisais référence à ses mélos en effet (j'ai adoré "element of crime" et "les idiots"), surtout "dancing in the dark". "Breaking the waves" passe encore (en plus la B.O a sublime, bon goûts le danois), mais "dancer..." pourtant j'ai déjà connu des mélos plus tristes, Spielberg en effet, quel gamin n'a pas été pris en otage par E.T ? D'ailleurs E.T c'est l'un des films que je n'ai plus envie de voir de mon enfance d'ailleurs.
Pour le reste du mélo chez Spielberg, depuis les évènements du 11 septembre, il s'est un peu calmé je trouve, en témoigne la noirceur de "la guerre des mondes" ou "minority report"... Ptêt "A.I" encore que...Non A.I non, peut -être le terminal mais pas vu celui là, je craignais en effet la guimauve spilbergienne (pas disparue, y'en a moins qu'avant mais elle revient de temps en temps) alors...
L'hopital et ses fantômes, depuis que j'en entends parler, j'aimerais bien voir cette série...Tout comme bien d'autres (Six feet under, je veut vouar bon sang !!!!)
sinon parfaitement d'accord avec ça :
"Pour ce qui est de son rythme lent, cela me semble assez inévitable dès que le sujet d'un film consiste dans la peinture psychologique d'un personnage. Cela ne saurait se réaliser en deux plans!"
C'est pour ça qu'il faut pendre Ratner et Anderson, surtout ce dernier quand on voit qu'aucun des personnages d'aliens vs predator n'a de passé ni de personnalité ou presque. Hallucinant...
pour Nio
Dans la série des Spielby bien dégoulinants, tu peux rajouter "Always" (je crois d'ailleurs qu'il s'agit d'un remake d'un film de Borzage: "A Guy named Joe")et "La Couleur pourpre". Pour "Le Terminal", non, ça va, il a su raconter son histoire de façon humaine et avec un certain humour, sans patauger dans la guimauve.
"L'Hôpital et ses Fantômes": je l'ai en VHS (piraté sur Arte) sauf, arrrgggh! le dernier épisode que j'ai loupé. Un "digest" de la série est sorti en salles sous le titre "The Kingdom" - peut-être existe-t-il en DVD? Mais il ne s'agit que d'une version partielle... Peut-être qu'en écrivant à Arte...
"Six Feet under": ces enfoirés de Canal nous ont laissé choir après la saison 2, et F2 a diffusé la saison 3 un mardi sur trois vers 2h du mat (même massacre qu'avec "Millenium").
De Final Cut aux séries ...
Je n'ai jamais regardé "L'Hôpital et ses Fantômes" entièrement, parce que je regardais autre chose et je zappais seulement dessus.
Mais l'ambiance y est très particulière. Je la trouvais saisissante.
Aussi, quand le remake américain, The Kingdom Hospital, est passé, j'en ai profité pour regarder. Sacrée ambiance là aussi, plus spectaculaire car budget et moyens américains. Les acteurs aussi sont bons.
Mais ça n'avait pas tout à fait le même charme.
Pour Six Feet Under, tout pareil que Patch'! Je regrette que Canal n'ait pas poursuivi et que France 2 ... Ben que France 2 ait gâché la série.
Des séries aux films...
J'ai l'impression que côté séries finalement on ne peut plus désormais être satisfait qu'au format dvd vu qu'au format tv erk...
Et encore, il faut attendre fin 2006 pour avoir la confirmation si TF1 vidéos (pourquoi eux ? Snif) sortira enfin twin peaks la série en dvd. On attends sans trop y croire.
Six feet under, un jour j'arriverais à regarder cette série. Un jour !
Always, je l'ai toujours évité. La couleurs pourpre (j'ai failli faire un lapsus du type la culotte pourpre erf, fatigué je suis) par contre j'aurais bien aimé le voir. Celui-là et "l'empire du soleil". Des chroniques du spielberg un jour chez le patch' ?
pour Céd
Ce qui fait surtout défaut à la série du King, c'est l'humour. Le sujet y est traité très sérieusement, comme un film d'horreur, alors que la série de Von Trier était avant tout une parodie (voir les interventions du Danois Fou à la fin de chaque épisode, qui renvoient aux interventions sarcastiques de Sir Alfred dans la série "Alfred Hitchcock présente"). A mon avis, il y a là un vrai contresens...
Je ne décolère pas quant au traitement que le service public réserve à certaines séries. Si c'est pour les traiter comme l'ont été "Millenium", "Les Soprano" ou "Six Feet under", autant qu'ils ne les achètent pas et qu'ils laissent à d'autres le soin de les diffuser correctement. Il est clair qu'ils craignent avec ces séries politiquement incorrectes, voire assez traumatisantes dans le cas de "Millenium", de choquer le public de blaireaux qu'ils disputent à TF1. D'où la relégation dans le ghetto "au-delà de minuit" et, beaucoup plus grave, le traitement infâme réservé à ces séries qui est symptômatique du mépris dans lequel ils tiennent cette frange du public qui s'intéresse à autre chose que le "mainstream" télévisuel: non seulement on diffuse la série à une heure impossible, mais en plus on l'interrompt plusieurs semaines pour cause de tennis, on saute des épisodes ou bien on les diffuse dans un ordre anarchique, on laisse tomber la série en plein milieu, etc, etc... Je veux bien prendre en considération que ces séries ne correspondent pas à leur coeur de cible, mais alors qu'ils les laissent à d'autres chaînes et se contentent de diffuser "Derrick" et "Nash Bridges" comme ils ont toujours fait, et qui ne risquent pas de défriser la permanente de la ménagère!
pour Nio
Spielberg, c'est un vrai problème pour moi. Autant j'adore la plupart de ses films et je lui reconnais un incontestable génie de la mise en scène, autant certains côtés me hérissent, comme son côté mélo ou, pire, son côté businessman quand il commence à jouer les Lucas (voir "Jurassic Park": un logo tous les trois plans, on sent le mec qui assure la promo du merchandising! ...ou encore "AI" - gros paquet de guimauve dont la promo s'est faite sur le nom de Kubrick!). Pour répondre à ta question, oui, j'en traiterais inévitablement quelque jour, mais étant données les réserves que je nourris quant aux attitudes décrites ci-dessus, il faut s'attendre à certains grincements de dents...
ça part de Final Cut et on arrive ... ailleurs.
C'est vrai que France 2 a gâché de nombreuses séries en les diffusant tardivement et de manière assez incohérente (un coup y a, un coup y a pas).
A croire qu'ils ont décidé de commettre les erreurs que TF1 ne fait pas (eux, c'est la censure d'épisodes ou la diffusion dans le désordre).
Je n'ai pas pu suivre "Six Feet Under" jusqu'au bout; je n'ai jamais pu suivre "Les Soprano"; je n'ai pu voir que quelques épisodes de "Millenium".
J'ai eu pas mal de problèmes pour suivre correctement "A la Maison Blanche". Après un coup de gueule, ils ont fait quelques efforts sur cette série (on pourrait presque croire que j'y suis pour quelque chose ;-) ).
Evidemment, France 2 a permis de diffuser d'autres séries intéressantes comme NY 911 ou Boston Public (les deux sont rediffusées, voilà pourquoi j'y pense). Mais combien de séries de qualité (ou ayant en tout cas cette réputation) ont ainsi été mises de côté ... ?
Je préfère quand une série est diffusée par Canal ou M6, on a plus de chance de l'avoir correctement (même si je ne me leurre pas).
Je suis d'accord avec toi sur les films de Spielberg.
AI a été une déception, le nom de Kubrick servant effectivement pour la promo. Je regrette que Kubrick n'ait pas pu faire le film lui-même tant le sujet était intéressant; et j'aurais été curieux de voir l'approche de Kubrick.
Néanmoins, Spielberg est un grand réalisateur et certains de ses films sont effectivement des chefs-d’œuvre.
Ailleurs ? Au délà du réel :)
Le problème de A.I c'est que mis à part quelques scènes assez froides peu Spielbergiennes dans celui-ci, les gens sont allés le voir seulement pour cause de Kubrick (saleté de promo en effet) mais aussi parce que beaucoup se sentaient déçus par le dernier opus du maître Eyes Wide Shut (que je considère pour ma part comme un petit chef d'oeuvre) et espéraient une oeuvre aussi flamboyante, froide et esthétique que "2001" sur A.I. Mais "hey hey, my my" (pour reprendre le père Neil), A.I n'est pas un film de Kubrick, mais de Spielberg et ça, les gens ne l'ont visiblement pas compris.Et comme chaque Spielberg il faut accepter les côtés mélos de A.I pour pouvoir plus entrer dans l'oeuvre. Certe y'a de la guimauve mais moins que dans "Always" ou "E.T" et surtout, l'oeuvre se dote d'un côté dramatique assez hallucinant pour un Spielberg post-11 septembre. La ville noyée sous les eaux (New York d'ailleurs !) et la chute du petit David dans le vide des ruines quand même ! Et puis il y a une intéressante thématique sur ces robots qui veulent ressembler à l'homme, qui veulent être aimés comme des humains, robots adultes comme enfants. C'est aussi l'un des rares Spielberg à aborder un peu le sexe à travers le personnage de Jude Law. En fait A.I, il faut le prendre comme un conte de fée d'où les incessantes références à Pinocchio dans le film. Un simple conte de fée, futuristico bigger than life.
Revoyez A.I avec du recul, vous verrez, il est aussi bien qu'un Minority Report malgré mon amour pour Dick. D'ailleurs parlons en de ce dernier... Il est encore plus bourré de pubs et de marques que Jurassik Park mais visiblement les gens n'ont pas l'air de le remarquer... Pourtant, Nokia, Gap, Lexus, Bückler, Pepsi, Canon...Tout ça ne passe pas innaperçu quand même...
"mais étant données les réserves que je nourris quant aux attitudes décrites ci-dessus, il faut s'attendre à certains grincements de dents..."
> du moment que tu dis du bien de Duel, les dents de la mer, les indiana jones, Minority report (si, si je l'aime beaucoup quand même malgré ses nombreux défauts) et le mal aimé "guerre des mondes" où pourtant Spielby s'amuse comme un petit fou, pond un de ses films les plus noirs (et pour l'anecdote, je ne l'ai pas dit sur ma chronique sur mon blog, mais il se permet même le luxe d'avoir un caméo final avec les acteurs du film de Haskins de 1953. Chapeau. Mais tout le monde est passé à côté de ce film, c'est déprimant)...
Ced, te plains pas trop, Millenium j'ai vu qu'un seul épisode, les soprano, rien du tout et six feet under, rien du tout non plus. Farscape, j'ai pas fini de voir et desperates housewifes, tout m'est passé sous le nez. Dans un sens t'es un peu plus chanceux que moi :)
pour Ced
Ouais, c'est vrai qu'on dérive pas mal, but I like it!
Je regrette simplement que l'on ne soit pas plus à animer le débat...
Pour "Six Feet Under", j'ai laissé tomber en début de saison 3 - soit: quand la série est passée sur F2. Pour "Millenium", j'ai essayé la solution programmation par magnétoscope, et j'ai réussi à enregistrer un certain nombre d'épisodes. Mais là encore y'a problème, car les épisodes commençaient souvent avec une demi-heure, voire quarante-cinq minutes de retard (bravo pour le respect du téléspectateur!), et d'autres fois en avance! D'où impossibilité d'avoir un épisode en entier si on ne prévoit pas au bas-mot une demi-heure de marge en début et fin d'enregistrement: d'où des cassettes pleines de pub ou de programmes indésirables. Bref, le service public, c'est l'enfer! Et pourtant, Dieu sait que je ne suis pas pour la privatisation!
pour Nio
Ouais, je vois qu'on aime à peu près les mêmes films de Spielgerg (néanmoins, "Le Temple maudit" s'en fût mieux porté s'il n'avait pas collé cet insupportable minot dans les pattes d'Indy!)
"Eyes wide shut": bien évidemment, que c'est un chef d'oeuvre. De plus, je suis dingue du morceau de Ligeti de la BO - déjà que j'adorais son "Requiem", utilisé sur "2001"...
"Desperate Housewives": je te signale que la saison est actuellement rediffusée sur M6, et que la saison 2 commence en Septembre sur Canal.
Je vous prends un par un, hop! ;-)
1/ Commençons par les séries.
En fait, je ne sais pas ce qui est le pire: ne pas voir du tout une série, manquer une grande partie d'une série dont on a vu quelques épisodes, ou bien rater les saisons suivantes d'une série qu'on aime.
Enfin pour Desperate Housewives, tu n'as pas de bol quand même Nio: Canal puis M6 l'ont passée, c'est dommage de l'avoir ratée. D'autant qu'elle n'était pas diffusée à une heure indue. Et il n'y avait pas de retard dans la diffusion.
Transition pour répondre à Patch' (on admire): "A la Maison Blanche" connaissait exactement le même problème. J'enregistrais et ... je n'avais pas la fin! D'où mon coup de gueule auprès d'eux.
ça s'est calmé, mais je n'enregistre plus: je regarde en direct, tant pis pour l'heure.
Il n'empêche que j'ai été obligé d'abandonner des séries ("Millenium" et "Six Feet Under" donc).
2/ Continuons avec les films.
J'ai vraiment aimé La Guerre des Mondes. Bien plus que Minority Report, certes bien réalisé mais au scénario somme toute assez commun (désolé pour les fans de Dick).
Merci pour l'anecdote pour la fin. Je l'avais lue quelque part, je ne m'en souvenais plus.
Eyes Wide Shot est admirablement réalisée et interprétée. En revanche, l'histoire est assez obscure. C'est étrange.
3/ Finissons avec le nombre d'intervenants. ;-)
C'est vrai que nous sommes peu nombreux à parler (j'ignore combien de gens passent).
Je me demande comment tu pourrais en faire la pub.
Dommage, ton blog mériterait plus de participants.
Ced tu n'es qu'un cochon... :)
Ced, Patch, Desesperates housewifes je l'ai loupé pas par manque de bol mais par manque de logistique du terrain : C'est mon paternel qui est constamment sur la télé le soir, sinon en période scolaire j'étais en internat, ce qui limite d'autant plus les possibilités de visionnage. Mais pour cette série je ne m'en fais pas trop, je connais une bonne âme qui compte m'envoyer l'intégrale de la saison 1 un jour... Non ce que je veux moi, c'est voir "six feet under", snirfl.
Par contre je n'ai plus canal+ et ce depuis 99 : nous avions avec mes parents étés parmi les premiers à se désabonner de la chaîne pour causes de divergeances dont la plus grande était sportivo-footballistiques très envahissante alors, suite au mondial...
Content que tu ait aimé "la guerre des monde" de Spielberg Ced ! J'en avais fait une chronique géante sur mon forum et mon blog (l'url là...) rien que pour le défendre. Le nombre de gens qui y ont vu du patriotisme dans ce film, m'enfin c'est pas Independance day non plus hein ! Ils veulent du patriotisme les gens ? Qu'ils aillent voir "world trade center" de ce bourrin de Stone et qu'on en parle plus.
Pour l'anecdote, je n'irais pas voir ce film ni le fameux "vol 93" parce que je n'ai pas envie "d'une prise d'otage émotionnelle" (si, si Patch', j'en profite pour le ressortir) avec violons et larmes aussi grosses que celles de Sophie dans "le château ambulant". D'autant plus que les twin towers, je les ai vues, j'y suis allé, avant qu'elles disparaissent donc... -_-
Obscur EWS (ça fait très kodak snapshot un Kubrick en abrégé) ? Ah ? J'y ai surtout vu une magnifique errance désabusée suite aux ravages de nos relations sur le côté fantasmé et personnel des gens, le tout sur notes de piano ténébreuses.
Mais c'est vrai que Ligeti et le piano dans le noir, ça fait obscur, hu hu :)
C'est vrai qu'on est que...3, mais on est entre nous. Après si vous voulez, moi je suis sur plusieurs forums dont "dvdclassik" (je poste beaucoup) et "mad-movies" (a peine 10 posts mais j'attends mon heure c'est tout). J'ai aussi un forum perso crée suite à une lubie passagère mais il m'enerve un peu et me lasse...
Sinon il faut demander à Patch de faire de la pub... :)
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