Fin de mois

ET POUR QUELQUES MOLLARDS DE PLUS...

(ou: "Les chroniques auxquelles vous croyiez pouvoir échapper!)

ataque

Vu à la télé

LE RETOUR DES MORTS-VIVANTS

(El Ataque de los Muertos Sin Ojos)

de Amando de Ossorio (1973)

Yo! Les morts-vivants sont dans la place, et ils vont déchirer leur race... Euh, non... ça va pas, là... faut que je me reprenne... s'cusez, c'est l'émotion... les morts-vivants d'Ossorio, ça me fait toujours ça... Adonc: les Templiers sont de retour sur les clochers des alentours - là, vous conviendrez, ça le fait tout de suite mieux! D'abord, ils sont pas "dans" la place, mais "sur" la place, celle de la mairie dans laquelle sont assiégés un groupe de survivants qui ne perdent rien pour attendre! Mais quoi, mettez-vous un peu "à" leur place, aux Templiers: de leur temps, ils s'abreuvaient tranquillement du sang des vierges pour s'assurer la vie éternelle - ce qui est tout de même mieux qu'une épargne-logement - quand ils ont vu débarquer du village voisin une horde dépenaillée de bouseux très colère - on se demande bien pourquoi - venus là tout spécialement pour leur brûler les yeux. Du coup, non contents d'être lents comme des koalas, les voilà mirauds comme des taupes... C'est dire que, pour réussir à se faire choper par eux, faut vraiment être tanche! Toutefois, la performance n'effraie pas le casting qui y parvient sans coup férir, ce qui fait rire! Car en effet, quelques siècles plus tard, les lascars de la ZUP du couvent descendent éclater la chetron de ces bouffons du village et... merde, voilà que ça me reprend! Donc, tout cela nous ramène à la mairie, dans laquelle se terrent une poignée de survivants, comme je vous disais... Bon, je vous la fais brève: après les scènes de cul réglementaires, dont une tentative de viol (ouais, chez Ossorio, c'est une manie!), et quelques sorties malheureuses, ne restent qu'un keum, une meuf et une pisseuse (dont les dabs ont été équarris) qui risquent un slalom silencieux entre les Templiers plantés "sur" la place comme des piquets, tandis que soleil se lève. Le challenge, c'est de fermer son claque-merde à la morveuse parce que, comme disait Daredevil au Hurleur, les morts-vivants, ils sont peut-être aveugles mais ils ne sont pas sourds! C'est d'ailleurs ainsi qu'on finit par découvrir que, bien que droits dans leurs bottes, il n'en sont pas moins tous crevés. Comme Cendrillon, ils ont laissé passé l'heure et il faut bien nous rendre à l'évidence: ils sont lents, aveugles, et cons comme des balais! Voilà. On s'arrête là avec la tétralogie des Templiers, vu qu'Arte stoppe sa programmation après ce second chapitre, et ne diffusera donc ni "Le Monde des Morts-Vivants", ni "La Chevauchée des Morts-Vivants". Dommage, j'étais bien chaud pour continuer, moi...

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http://www.blue-underground.com/show_trailer.php?trailer=http://www.blue-underground.com/dev/quicktime/rtnevildeadsm.mov&width=240&height=159

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Vu à la télé

DREAMCATCHER

de Lawrence Kasdan (2002)

Certes, ce n'est pas la meilleure des adaptations du King, mais tout de même: le film de Kasdan (surtout connu en tant que scénariste des "Aventuriers de l'Arche Perdue") ne méritait pas les critiques assassines dont il a fait l'objet à sa sortie. Malgré une mise en scène quelque peu "fonctionnaire" et soucieuse avant tout de pragmatisme, "Dreamcatcher" n'en tient pas moins la gageure d'être fidèle au pavé dont il est tiré et nous amène jusqu'à la conclusion sans que l'on ait le temps de s'ennuyer. Ceci dit, le thriller de SF horrifique concocté par King est tellement bien ficelé dans sa composition que, pour louper le film, il aurait vraiment fallu le faire exprès! On est sur des rails et on n'a qu'à se laisser rouler, ce que fait Kasdan sans génie particulier, mais sans démériter non plus, parvenant même à nous surprendre par moments, comme avec la superbe scène de la fuite des animaux, au climat très onirique. À l'actif du film, on soulignera la très belle photo des forêts enneigées du Maine, qui dessinent un labyrinthe oppressant et lourd de menaces, et on applaudira Morgan Freeman qui nous offre une performance de vieille ganache galonnée et complètement siphonnée à rendre John Wayne (dont il possède d'ailleurs le flingue!) vert de jalousie! Au passif, on pourra déplorer un étalage complaisant de gore flirtant volontiers avec la scatologie mais, à la décharge de Kasdan, toutes ces scènes préexistent dans le roman du King, qui devra donc en assumer toute la responsabilité! Néanmoins, ce dernier nous dépeint une fois de plus un de ces "Kâ-Têt" de personnages dont il a le secret et qu'il sait comme personne nous rendre attachants pour, dans un second temps, nous déchirer le coeur en les décimant avec un sadisme hallucinant! Kasdan le suit sur ce terrain, toujours fidèle, et va jusqu'à mettre en images cette idée magnifique de la "bibliothèque mentale" de Jonesy. Bref, quand je fais le bilan, je ne vois toujours pas pourquoi la critique s'est montrée si dure avec ce film...

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http://www.warnerbros.fr/movies/dreamcatcher/cmp/main-fr.html

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Vu à la télé

HELLBOY

de Guillermo del Toro (2004) 

J'ai écrit suffisamment de vannes sur les blockbusters amerloques pour pouvoir me permettre de changer un peu de disque: OUI, les bons blockbusters ça existe! La recette est simple: au lieu de mettre aux manettes un shooter sans âme du style Michael Bay ou Joel Schumacher, vous prenez comme réalisateur un auteur à forte personnalité, genre notre pote Guillermo del Toro et surtout, Messieurs les Producteurs, vous évitez de lui casser les alibofis avec vos sordides histoires de tiroir-caisse... Vous lui refilez un bon vieux comics de derrière les fagots - l'homme en est dingue! - et vous obtiendrez un "Hellboy" à grimper aux rideaux au lieu d'un "V pour Vendetta" à vomir son quatre heures! À la place d'un Alan Moore furax vouant Hollywood aux gémonies, vous aurez un Mike Mignola aux anges ne demandant qu'à remettre le couvert (c'est pour bientôt, soyez patients...). Ça s'appelle "respecter les auteurs" - message reçu, les Wachowski? Que vous dire de plus? Que Guillermo del Toro est une étoile montante du cinéma fantastique? Vous le savez déjà, si vous avez vu les superbes "Chronos" et "L'Échine du Diable". Qu'il est l'adaptateur number one de comics? Vous le savez aussi, puisque vous avez adoré son "Blade 2", seul opus de la trilogie à tenir solidement la route en dépit d'un Wesley Snipes insupportable! Qu'on peut très bien s'éclater au premier degré comme à la fête foraine et sans se prendre le chou? Ben ouais: suffit, comme disait Nietzsche, d'avoir "le pied léger". Fun, déjanté, délirant, esthétique, juvénile, musclé, virevoltant, écarlate, bouffant comme quatre et le cigare planté dans le bec tel un bras d'honneur à Governator, voici venir: "Hellboy"!

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http://www.cinoche.com/trailers/298/277

hitchcock

Vu à la télé

VOUS AIMEZ HITCHCOCK?

(Ti piace Hitchcock?)

de Dario Argento (2005)

Bon, on n'est pas encore revenu sur les sommets d'antan, mais on a tout de même affaire à un Argento qui a quelque peu repris du poil de la bête, comparé au récent et navrant "The Card Player" (voir chronique du 29 Mars). L'originalité n'est certes pas au rendez-vous puisque, comme le titre l'indique, Argento joue ici la carte de l'hommage avec un scénar qui démarque volontairement "Fenêtre sur Cour" et "L'Inconnu du Nord-Express", tout en citant volontiers "Sueurs froides" dans son épilogue, ou encore "Psychose" dans une séquence où la douche est ironiquement remplacée par une baignoire! Le problème, c'est que son film manque de personnalité et pèche par une imitation un peu trop flagrante des nombreux hommages que Brian DePalma a lui-même rendu au grand Hitch. On pourra également déplorer un certain mou dans le scénar, mais cela n'est pas nouveau: même à l'époque de sa splendeur, les scripts d'Argento n'étaient pas toujours des modèles de cohérence et de vraisemblance, mais cette faiblesse se trouvait alors transcendée par la flamboyance du style hérité de Mario Bava, et surtout par le psychédélisme des situations surréalistes et des visions hallucinées. Pour «Vous aimez Hitchcock?» - et cela est à porter à l’actif du film - Argento accorde un soin tout particulier à ses plans et à ses éclairages, derrière lesquels on sent bien un réalisateur à la recherche de son génie perdu. Ainsi, on rencontre au détour de telle ou telle séquence un élément déclenchant en nous comme un flash réminiscent qui entrebâille une porte et nous laisse entrevoir le grand maître que fut Argento, telle les deux sorcières échevelées de la séquence d’ouverture, qui ne sont pas sans évoquer la Mater Suspiriorum de «Suspiria» et la Mater Tenebrarum d’«Inferno». De même, la caméra caresse amoureusement les façades de vénérables bâtisses, comme à la recherche de terribles secrets dissimulés dans leurs murs et leurs fondations, ou la plastique irréprochable de jeunes beautés transalpines, rappelant celles qui jadis livraient leurs chairs pulpeuses à la symbolique pénétration des armes blanches et agonisaient extatiquement dans la grande tradition du «giallo». Hélas, ces quelques madeleines conservent un goût de trop peu...

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Vu à la télé

PLANÈTE ROUGE

(Red Planet)

de Anthony Hoffman (2000)

Yes! de la bonne série B qui décape et comme on aimerait en voir plus souvent! Tournée parmi une multitude de films - dont le magnifique «Mission to Mars» de Brian DePalma - cherchant à exploiter l’engouement du public pour la mission Pathfinder, «Planète rouge» sait susciter notre intérêt d’un bout à l’autre grâce à un scénar rusé qui articule space-opera et survival. C’est en effet la sueur au front, les mains moites et les mâchoires serrées que l’on suit le combat sans merci d’une expédition martienne se réduisant comme une peau de chagrin face aux menaces conjuguées d’un environnement hostile, d'insectes anthropophages et d'un robot killer. Avec des moyens modestes mais toujours exploités de manière optimale, «Planète rouge» remplit son contrat à la perfection, ne pète pas plus haut que son cul, s’applique sans faillir à maintenir un spectacle d’une constante qualité et ne se fout jamais de la gueule du spectateur. Pour faire bonne mesure, l’interprétation est solide - Val Kilmer et Carrie Anne Moss, quand même! - et les SFX convaincants, voire d’une esthétique très agréable. Si l’ensemble de la profession - tous budgets confondus - montrait le même respect de son public que le réalisateur Anthony Hoffman, on vivrait tous au paradis des cinéphiles.

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DVD

DÉMONS

(Demoni)

de Lamberto Bava (1985)

Et voici le DVD "Mad Movies" du mois! Mais, pour commencer, une anecdote: La première fois que j'ai vu "Démons", c'était en 1985 à Nice, à l'occasion de la Quinzaine du Cinéma Italien où le film passait en avant-première et, s'il vous plaît, en présence de son producteur (et co-scénariste): il maestro Dario Argento en personne! Adonc je faisais la queue avec un pote pour acheter mes tickets, quand un quidam me branche et me propose de me faire cadeau de deux invitations gratuites dont il n'a pas l'utilité. J'accepte, le remercie chaleureusement et nous rentrons donc à l'oeil. Le film commence: dans les couloirs du métro, un patibulaire à la gueule à moitié arrachée - les morceaux manquants sont remplacés par des prothèses métalliques du plus bel effet! - distribue devinez quoi? des TICKETS DE CINÉMA GRATOS pour la promotion d'une nouvelle salle qui, coïncidence, projette un film d'horreur! À ce moment-là, mon pote se penche vers moi et me murmure à l'oreille: "Tu trouves pas qu'il avait un air bizarre, le mec qui nous a refilé les tickets?" Je ne sais pas ce qu'il s'est passé alors dans mon faible intérieur, mais je dois vous avouer que, l'espace de cinq secondes, j'ai vraiment eu TRÈS PEUR!!! Ça a d'ailleurs été la seule fois durant toute la projo, parce que pour le reste, j'ai passé mon temps à ricaner tout au long de ce navet ridicule! Car premièrement, Lamberto Bava est très loin d'avoir le talent de son illustre père et deuxièmement, Argento aurait pu pour son premier film en tant que producteur nous proposer autre chose qu'un pompage opportuniste du "Evil Dead" de Sam Raimi, qui cassait la baraque à l'époque, mâtiné de "La Rose pourpre du Caire" de Woody Allen, autre succès du moment. Tout débutait pourtant sous les meilleurs auspices avec une mise en abyme des plus intéressantes, le film projeté dans la salle maudite établissant un parallèle avec les événements dont les spectateurs piégés se retrouvaient victimes. Dans "La Rose pourpre du Caire", le film débutait véritablement à partir du moment où le héros sortait de l'écran et que les deux univers, réel et cinéma, fusionnaient. Dans "Démons", c'est le contraire qui se produit: au moment où l'un des protagonistes crève l'écran, le film s'arrête, perd tout intérêt et enchaîne les pires poncifs. Sur fond d'enfermement, de contagion et de multiplication des démons prétexte à moult débordements gore à base de bubons explosant en répandant un pus verdâtre, l'action piétine rapidement et les auteurs n'ont d'autre choix que de jouer la surenchère. Ainsi, le sommet du ridicule est atteint lorsque le héros enfourche une moto pour faire du trial sur les rangées de sièges tout en fauchant du zombie avec un sabre de samouraï! ...ou encore lorsqu'un hélicoptère défonce le toit du cinéma pour se retrouver dans la salle! Mais Argento et Dardano Sacchetti, scénaristes, ne se démontent pas et en profitent pour nous resservir une scène coupée du montage européen du "Zombie" de Romero (dont Argento, rappelons-le, est responsable), à savoir le dézinguage de zombies à coups de pales d'hélico! On ne s'étonnera donc pas que cette production d'un opportunisme commercial à gerber marque le début du déclin du maître Argento: à pactiser avec le Diable, on y perd son âme...

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Vu à la télé

MATRIX RELOADED

de Andy & Larry WACHOWSKI (2002)

Haaaaa! mes vieux copains les Wachowski! C'est parti pour une volée de bois vert, putain je vais me régaler! Bon, pas la peine de s'éterniser, vous connaissez le style du tandem: du Luc Besson avec un gros budget, mais pas plus de cervelle! Tiens, je vais même me payer le luxe de vous retranscrire le scénar in extenso: pif! paf! vlan! boooom! vroum-vroum! roaaar! Comment? Bien sûr que je déconne: y'a quand même des scènes dialoguées entre deux séquences de kung-fu en apesanteur et en images de synthèses pourraves! Par exemple, cet épisode fort divertissant où notre Lambert Wilson national découvre - mieux vaut tard que jamais! - les catégories aristotéliciennes, et plus particulièrement celle de causalité. C'est que, voyez-vous, "Matrix Reloaded" est un film éducatif, et on sort de cette dissertation, développée avec un air pénétré, considérablement enrichi sur le plan intellectuel, puisque l'on y apprend que tout effet est le résultat d'une cause!!! En tous cas, on ne sait pas trop si l'on doit se sentir soulagé ou consterné lorsque les bastons aériennes reprennent de plus belle, pour culminer dans une poursuite en bagnole cent pour cent numérique, avec les protagoniste bondissant d'un véhicule à l'autre en continuant à se friter, et pif! et vlan! et ça dure, mais ça dure! et ça permet surtout aux frangins de tirer une demi-plombe de métrage sans écrire une ligne de scénar, tout bénef! De baston en poursuite, les Wachowski, au bout de deux heures de pelloche, se retournent vers leur film et réalisent soudain qu'ils n'ont ABSOLUMENT RIEN raconté! Alors hop! pour tout nous expliquer on nous sort d'un chapeau le fameux "Architecte", concepteur de la matrice, ou programme à l'image de celui-ci, ou duplication du programme d'un logiciel, allez savoir, de toute façon tout le monde s'en fout de sa logorrhée absconse, sauf les geeks à qui ça permet de faire les intéressants sur les chats en traitant les profanes de boulets! Enfin, pour tous ceux qui se demandent pourquoi Keanu Reeves a l'air si constipé tout du long, j'ai un scoop: en fait, pour donner l'illusion de l'apesanteur, les techniciens SFX lui ont vissé profondément un manche à balai dans l'anus, puis l'ont baladé devant un blue screen, un peu comme une pancarte dans une manif, voyez... Après, y'a plus qu'à effacer numériquement le manche à balai et miracle! Keanu Reeves vole! Comme quoi les programmes informatiques peuvent avoir mal au cul comme tout le monde!

Cliquez sur le lien pour voir la bande annonce:
http://www.allocine.fr/film/video_gen_cfilm=28540.html

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Ossorio: les Templiers sont "sur" la place!

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Le "Kâ-Têt" devant le dreamcatcher

hellboy

Hellboy: red is beautiful!

argento

Y'a du mieux: Argento chiade ses plans!

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Val Kilmer: seul sur Mars et sans ouvre-boîte!

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L'un des "Démons" de Lamberto Bava: on rit tous en choeur!

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Matrix, ou l'art de se regarder filmer à l'infini!