Fin de mois

ET POUR QUELQUES MOLLARDS DE PLUS...

(ou: "Les rubriques auxquelles vous croyiez pouvoir échapper!")

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Vu à la télé

TOY STORY 2

de John Lasseter, Ash Brannon & Lee Unkrich (2000)

On ne présente plus John Lasseter, un des grands de l'anime à avoir révolutionné le genre avec ses images de synthèse sympas et pas chiantes. Ce qu'il y a de cool avec Lasseter, c'est que ses cartoons peuvent se regarder aussi bien au premier qu'au dixième degré: ainsi, que l'on participe naïvement aux tribulations d'une troupe bigarrée de personnages frappadingues et attachants dans un quotidien qui, vu à hauteur d'enfant, devient un formidable terrain d'aventures, ou que l'on prenne une distance d'adulte pour s'intéresser aux considérations philosophiques que l'auteur fait passer en douceur sans prétentions ni lourdeur didactique, on sera de toutes façons conquis par un spectacle de très grande qualité, tant dans la forme que dans le fond. Lasseter fait partie de cette récente tendance qui mise sur l'intelligence intuitive des kids, et conquiert par contrecoup l'enthousiasme des grands enfants qu'il a su réveiller en nous. Le premier opus nous contait les angoisses de Woody, le cow-boy qui craignait d'être mis au rebut suite à l'arrivée de Buzz, un jouet plus moderne, et mettait en garde les têtes blondes contre le consumérisme développé par une industrie cynique qui ne considère le monde de l'enfance que comme un marché de plus à conquérir, et ce par l'émission d'un message simple: "Ton jouet est ton ami", ce qui mérite d'être rappelé à l'époque des consoles vidéo... Ce deuxième épisode voit débarquer parmi les jouets, outre la joyeuse équipe que l'on connaît, toute une troupe de cow-boys dont le style suranné renvoie bien évidemment aux héros oubliés qui ont bercé l'enfance de Lasseter, et celui-ci en profite pour évoquer avec une émotion communicative la disparition de nos écrans de ces bons vieux westerns qui ont tant fait rêver les gamins que nous étions. Au passage, il égratigne une fois de plus les mercantiles au travers d'un vilain qui ne voit dans ces vieux jouets chargés de nostalgie que leur valeur marchande de collectors. Heureusement, Woody, Buzz et leur bande sont là pour y mettre bon ordre dans une débauche d'aventures menées à cent à l'heure et de gags tous plus réjouissants les uns que les autres. À partir d'un thème très simple, le fantasme enfantin et universel de voir les jouets prendre vie et nous entraîner dans leurs aventures, Lasseter a su créer pour notre plus grand plaisir un univers aux possibilités scénaristiques inépuisables, et il n'est pas impossible que la joyeuse troupe de Woody et Buzz ne fassent un de ces quatre leur come-back sur les écrans. Tant mieux, parce qu'on en redemande!

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DVD

LE CHÂTEAU DE LA TERREUR

(The Terror)

de Roger Corman (1963)

Parler de Corman, c'est parler d'une légende du cinéma fantastique. À la tête de sa compagnie AIP, l'homme s'est acquis une réputation de "producteur le plus radin de l'histoire du cinéma", vu l'extrême maigreur de ses budgets, mais aussi de roi de la démerde. Fort de ces atouts, il a inondé les drive-in de ses productions, souvent tournées en moins d'une semaine, tout au long de sixties et des seventies. Mais il est surtout connu pour une série d'adaptations assez réussies des nouvelles d'Edgar Poe, dans lesquelles il emploie de vieilles stars du genre alors en perte de vitesse, telles Vincent Price ou Boris Karloff, et fut même le premier à tirer un film de "L'Affaire Charles Dexter Ward" de H.P. Lovecraft (auteur réputé inadaptable), intitulé "La Malédiction d'Arkham" et d'une facture plutôt honnête. Corman est également célèbre et respecté pour avoir mis le pied à l'étrier d'un certain nombre de stars alors en herbe, et qui jurent avoir tout appris chez lui. C'est ainsi qu'on trouve dans "Le Château de la Terreur" un Jack Nicholson juvénile et débutant partageant la tête d'affiche avec le vétéran Boris Karloff (qui fut un monstre de Frankenstein inoubliable), de même qu'un certain Francis Ford Coppola crédité comme producteur exécutif, mais responsable de bon nombres de scènes du film, sans oublier Monte Hellman, réalisateur de seconde équipe, par ailleurs auteur de westerns atypiques et du très culte road-movie "Macadam à deux Voies". Ceci étant précisé, ce film, qui nous raconte une très classique histoire de vengeance de fantôme, n'offre guère d'intérêt si ce n'est pour les fans hardcore ou les collectionneurs: Corman rentabilise des décors gothiques vus mille fois dans ses nombreuses productions, ce qui nous vaut des déambulations interminables dans les corridors et cryptes dudit château. Plus volontiers bavard que démonstratif, ce qui ne va pas sans provoquer un certain ennui, "Le Château de la Terreur" est chiche en morceaux de bravoure. Tout dénonce une extrême impécuniosité, que ce soit une nuit américaine omniprésente ou des effets spéciaux rudimentaires se résumant à quelques surimpressions. Un tout petit Corman.                     

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Vu à la télé

MORSURES MORTELLES

(Silent Predators)

de Noel Nosseck (1999)

Ouyouye! Scénario mongolo. Camion roulant dans la nuit. Trimballer serpents génétiquement modifiés par vilains savants fous. Chauffeur bourré. Accident. Serpents s'échapper. Croître et multiplier. Années passer. Pays se développer. Beaucoup touristes débarquer (on se demande pourquoi, vu que pays pourri, trou du cul du monde plein de bouseux stupides). Scénariste pomper à mort script dents de la mer, sauf que là pas requin mais serpents. Promoteur mettre en place grand projet de résidences de luxe en plein sur territoire des méchants crotales. Oui mais touriste mordu. Clabauder dans souffrances atroces. Cris et tressautements. De plus en plus de serpents. De plus en plus de mordus. Beau capitaine des pompiers pousser cri d'alarme: "Y'a des serpents!" Personne l'écouter. Vilain promoteur pas vouloir perdre beaucoup de sous en annulant projet. Maire complice. Faire passer capitaine pour un con. Magouiller à mort. Mettre en danger vie des gens. Ça pas bien. Capitaine enquêter. Baiser un peu secrétaire du promoteur aussi. Serpents toujours mordre, touristes toujours crounis. Appeler grand spécialiste mondial des reptiles. Lui dire ouh la la, situation très grave. Grande battue organisée pour retrouver nid des serpents. Pas de fin à raconter. Patchworkman s'endormir, zzzz!

DERNIERE MINUTE: J'apprends à l'instant que le scénario de "Morsures mortelles" a été pondu par... JOHN CARPENTER!!! Ça vous troue pas le cul, à vous?

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Vu à la télé

STARSHIP TROOPERS 2

(Starship Troopers 2: Hero of the Federation)

de Phil Tippett (2004)

Pas facile de passer derrière le petit chef d'oeuvre d'humour noir de Paul Verhoeven. Adaptant le très belliqueux classique de la SF "Étoiles, garde-à-vous!" du très militariste Robert A. Heinlein, le Hollandais pervers avait pris l'option de tourner le roman en ridicule au moyen d'un humour pisse-vinaigre, dont la moindre finesse n'était pas de feindre l'absence de distanciation par rapport au caractère outrageusement cocardier de sa source d'inspiration. Inutile d'en rajouter, semblait nous dire Verhoeven, Heinlein n'a besoin de personne pour se couler! Malheureusement, cette savoureuse subtilité ne fut perçue outre-Atlantique ni par un public rompu au bourrinage, ni par la grande majorité des critiques qui traitèrent le réalisateur de facho! Pour cette séquelle, Phil Tippett, grand maître ès effets spéciaux responsable de ceux - admirables - de l'opus 1, passe derrière la caméra et joue la carte de la franche caricature, son film débutant par un clip télévisé de propagande militariste exhortant les forces vives de la nation à atteindre à la valeur suprême de l'héroïsme, en allant se faire tailler en pièces par les insectes géants qui ont envahi la Terre. Puis Tippett enchaîne avec humour sur une séquence nous présentant les protagonistes de l'histoire, un peloton de "troopers" que leur héroïsme a mis dans une merde noire, abandonnés par leur état-major au beau milieu des hordes insectoïdes. La troupe se retranchant dans un bastion en ruines, le film abandonne alors curieusement toute dimension humoristique pour se transformer en une sorte de "Fort Alamo" visiblement très inspiré par "The Thing" de John Carpenter, allongé d'une bonne louche d'"Alien". Il s'agit en effet de débusquer un ennemi intérieur dans un huis-clos où personne ne sait qui est qui et où l'ami devient l'ennemi, les insectes ayant réussi à infiltrer la troupe par l'intermédiaire d'une belle blonde nymphomane. Dès lors, la contagion va bon train, et on se vomit des parasites mi-larves mi-crustacés dans le gosier tandis que le cercle des "non-possédés" se restreint. Nanti d'un budget serré qui l'éloigne des somptueuses batailles rangées du film de Verhoeven, Tippett fait de son mieux pour défendre ce scénario convenu et, ma foi, réussit assez bien à nous tenir en haleine et à accoucher d'une petite série B efficace et sans prétention. Ça ne laisse certes pas un souvenir impérissable, mais ça se regarde sans déplaisir jusqu'à la très grinçante conclusion.

pour voir la bande-annonce:

http://www.imdb.com/title/tt0367093/trailers-screenplay-X24276-10-2

poison

Presse

POISON #1-2-3 (Clair de Lune - 2006)

L'arnaque du trimestre. En Janvier dernier, apparition dans les kiosques d'une nouvelle revue de BD du nom de "Poison". Je feuillette: peu de texte et 90% de BD, ça a l'air bonnard, j'achète. Bon, les planches coulent bien, mais y'a pas de quoi écrire à ses parents: il est une fois de plus question de ces sempiternelles histoires d'héroic-fantasy à base de magiciens, barbares, princesses et farfadets qui exploitent jusqu'à la nausée le phénomène "Lanfeust" auquel, je le confesse, je suis assez peu sensible. Porté par le jeu vidéo, ce genre de BD, réalisé par des auteurs la plupart du temps talentueux mais malheureusement interchangeables tant leur style est formaté par les stéréotypes de la mode, squatte actuellement 80% de l'édition BD française et finit par agacer par sa prolifération qui n'a d'égale que son manque d'originalité. Or, l'éditeur provençal "Clair de Lune", qui édite "Poison", en fait ses choux gras et se spécialise sur de jeunes auteurs qui fourbissent leurs premières armes dans ce sous-genre et dans celui, voisin et tout aussi envahissant, du space-opera. Néanmoins, je joue le jeu et j'achète les numéros 2 et 3, ne serait-ce que pour lire la suite des BD, publiées par épisodes de quatre à six pages, car ma conscience professionnelle me commande d'aller au bout d'une oeuvre avant d'émettre un avis quel qu'il soit. Voeu pieu: dans l'édito du n°3, on apprend que c'est la fin de la première saison de "Poison", que la prochaine saison sera publiée en mai avec de nouvelles BD, mais qu'on ne la trouvera qu'en librairie (ce qui signifie très certainement un prix plus élevé), et enfin que si l'on veut connaître la fin des BD que l'on a suivies jusque là il suffit d'acheter les beaux album des éditions "Clair de Lune" en vente dès le mois prochain. Comme je vous le dis! N'appréciant que très moyennement ce genre de coïtus interruptus, j'espère sincèrement que leurs publications sont brochées et non cartonnées, ce qui leur facilitera la tâche pour se les rouler bien serré et se les carrer bien profond, car en vérité je vous le dis: le jour où j'achèterai un album "Clair de Lune", il fera une sacrée canicule!

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La nostalgie du western, vue par John Lasseter

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Jack Nicholson chez Corman: c'est mignon, à cet âge-là!

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Starship Troopers 2: ouh la sale bête, elle a du poil aux pattes!

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Poison: BD potables mais procédés indigestes!