28 avril 2006
V POUR VENDETTA
Sortie en salle
V pour Vendetta (V For Vendetta)
de James McTeigue (2005)
Je m'attendais au pire. J'ai pas été déçu!
On a commencé à trembler quand on a appris que l'adaptation était tombée dans les mains des pires brasseurs de vent que la dernière décennie ait produite, j'ai nommé les Wachowsky Brothers, ci-devant auteurs de "Matrix", boursouflure racoleuse en trois actes enchaînant près de huit heures de lattage de tronches et de gunfights en apesanteur et en images de synthèses mochasses, le tout filmé par une caméra informatiquement assistée qui virevolte dans tous les sens et de préférence n'importe comment, alternant séquences accélérées et ralenties au petit bonheur la chance, se figeant parfois au beau milieu d'un mouvement comme pour se regarder filmer avec indulgence, se ruant sur les acteurs comme la vérole sur le bas clergé, s'insinuant dans les canons des flingues et poursuivant les bastos vrillant l'atmosphère dans des travelling aussi interminables qu'inutiles, et ainsi de suite jusqu'à restitution totale du pop-corn ingéré... Voilà pour la forme. Quant au fond, on le touche rapidement avec un scénar indigent traitant de réalités alternatives virtuelles, les Wach se gargarisant à longueur d'interviews sur la profonde originalité de leur script, constitué en fait de tous les lieux communs surexploités dans l'abondante littérature cyberpunk des années 80: les héros sont en fait des sortes de programmes informatiques se livrant bataille dans un univers virtuel, tu parles d'une trouvaille! Si les frangins se contentaient de filmer des distributions de beignes synthétiques comme dans un bon vieux Bruce Lee, ça passerait encore, mais non, figurez-vous que ça a des prétentions philosophiques, que ça se prend pour Platon et que ça disserte interminablement sur les différents niveaux ontologiques desdites réalités virtuelles. En résulte une orgie de métaphysique de bistrot débitée par un Keanu Reaves que l'on soupçonne avoir eu du mal à apprendre tous ces mots en "isme", et qui devient franchement hilarante dans la bouche d'un Lawrence Fishburne looké boule à zéro, un peu comme si Will Smith se mettait à rapper du Schopenhauer! Le pire, c'est que ça marche à mort, et que malgré le vide et le manque d'inspiration dissimulés derrière les pelletées de poudre aux yeux que les Wach nous balancent à la figure, il se trouve encore des geeks pour s'affronter dialectiquement sur la signification et la symbolique d'un scénar dont les auteurs eux-mêmes, qui ne sont pas à une contradiction près, n'entravent pas le premier mot!
C'est ça, l'inimitable style Wachowsky. On ne s'étonnera donc pas que le génialissime Alan Moore ait fait un tonneau à la lecture du scénario que les frangins ont tiré de "V pour Vendetta", l'un des ses chefs-d'oeuvre les plus impérissables, au point d'exiger que son nom ne figure pas au générique du film! De fait, seul le nom de David Lloyd, dessinateur du comics, est mentionné. Les fans des Wachowsky - ils sont légion! - vous objecteront que Moore est un chieur qui a pris Hollywood en grippe. Et pour cause: quand on voit le sort que le tâcheron Stephen Norrington, après un "Blade" de sinistre mémoire, a réservé à "La Ligue des Gentlemen extraordinaires", ainsi que certaines libertés prises par le "From Hell" des frères Hughes (au demeurant assez intéressant), on comprend la réaction excédée de l'auteur! À l'impossible nul n'est tenu, on ne pouvait raisonnablement pas s'attendre à se que les Wachowsky ait le début d'une ombre de compréhension de ce qui fait le génie d'une oeuvre de Moore. Incapables de torcher un script cohérent dans leur goût immodéré pour le bourrinage le plus tape-à-l'oeil, comment pourraient-ils appréhender de leur vision extrêmement limitée le style d'un scénariste-né, qui s'intéresse davantage à ce que les super-héros cachent dans leur placard qu'à leurs échanges de gnons avec des vilains stéréotypés? De fait, ce ne sont pas tant les libertés prises par rapport à son oeuvre qu'une technique scénaristique défaillante que dénonce un Moore vert de rage, lorsqu'il affirme que les trous que l'on trouve dans le script des frangins n'auraient pas été acceptés dans n'importe quel comics ringard des sixties - époque à laquelle, tout fan de comics le sait, on n'était pourtant pas regardant sur la cohérence des scénars! Trous que le tandem remastique de diverses séquences de son cru et qui débarquent au beau milieu des décombres du scénario de Moore comme autant de cheveux sur la soupe.
Si encore il ne s'agissait que d'incompétence, les choses ne seraient pas si graves. Mais on sent en permanence derrière les options des Wachowsky, qui co-produisent le film avec Joel Silver, mogul hollywoodien qui a la sensibilité artistique d'un tiroir-caisse, le souci de ménager le WASP moyen et le politiquement correct tout en louvoyant avec la censure américaine pour s'éviter un classement qui grèverait les recettes! Fidèle à leurs habitudes, les Wachowsky cherchent à ratisser le plus large possible parmi toutes les catégories sociales de spectateurs et il en résulte, en lieu et place du brûlot anarchiste de Moore, une espèce de tisane sans saveur où le consensuel le dispute aux thèses démocrates les plus tiédasses. Dès lors, on voit disparaître du script toutes les charges iconoclastes et volontiers provocatrices par leur radicalisme que Moore mène contre un pouvoir fascisant - n'oublions pas que le comics fut réalisé durant les années Thatcher et en pleine guerre des Malouines! À titre d'argumentaire, voilà la liste de tout ce que les deux marchands de tapis ont éradiqué du comics:
- Lors de sa rencontre avec V, l'héroïne Evey croupit dans la misère la plus noire et est sur le point de se prostituer pour survivre. Dans l'esprit étriqué des frangins, le public visé ne saurait s'identifier avec une prostituée, même en puissance. La voilà donc devenue, par la magie d'Hollywood, une salariée des classes moyennes qui bosse dans l'audiovisuel. Ouf! la morale est sauve!
- Dans le comics, Prothero, ex-garde-chiourme de camp de concentration devenu principal médium de la propagande de la dictature, est collectionneur de poupées (déjà, c'est assez scabreux...). Dans une séquence hallucinante de cruauté, V le transporte dans une réplique du camp de concentration et passe toutes ses poupées au four crématoire. Prothero en devient gaga et V l'abandonne à sa folie balbutiante, comme pour mieux stigmatiser les média dont il est l'incarnation. Certes, cela n'a rien d'un spectacle familial, et c'est sans doute pourquoi dans le film, on retrouve Prothero tout bêtement empoisonné. C'est pas un coup de ciseau, c'est un massacre à la tronçonneuse!
- Idem avec l'évêque pédophile, que l'on retrouve pareillement mort. Certes, on peut gager que le lobby américain des culs bénis aurait fait un tonneau en voyant V administrer au dévoyé une hostie empoisonnée dans une jouissive et anticléricale parodie de communion! Mais tout rentre dans l'ordre, et le film des Wachowsky aura l'approbation du pasteur!
- Dans le comics, Evey est clairement complice de V dans l'assassinat de l'évêque. Dans le film, au contraire, elle le trahit en le dénonçant au prélat, car une héroïne positive telle que la rêve Hollywood ne saurait être la complice d'un anarchiste anticlérical et terroriste. Ce qui est une perversion inqualifiable de la pensée de Moore.
- Parmi les personnages purement et simplement éliminés du script, citons Heyer, voyeur notoire chargé de la surveillance vidéo des citoyens et qui entretien avec sa femme Helen des relations dignes de Sacher-Masoch. La peinture que brosse Moore d'un régime fasciste gangrené de l'intérieur par les ambitions démesurées de cette "Vénus à la Fourrure", qui manipule les rouages du pouvoir en exploitant les perversions sexuelles, n'est pas sans rappeler "Les Damnés", oeuvre magistrale de Visconti sur les alcôves du nazisme. Également zappée, le personnage de Rosemary qui, après la mort de son mari chef de la Gestapo locale, se prostituera pour rester dans l'orbite du pouvoir et finira par commettre un attentat politique. Exit aussi le personnage fascinant de l'Écossais, opportuniste exécuteur des basses oeuvres bouffant à tous les râteliers, etc, etc, on n'en finirait pas de les citer tous.
- Enfin, last but not least, le cas du détective Finch, qui finit par débusquer V au terme d'un trip au LSD dans le camp de concentration désert. Cette expérience de profiler psychédélique, que Castaneda n'aurait pas reniée, est elle aussi purement et simplement éradiquée du script, pour des raisons faciles à comprendre. D'autant que la rencontre finale entre Finch et V ressemble fort à l'épisode évangélique du baiser de Judas, et que le parallélisme pervers suggéré par le destin christique de V n'aurait certainement pas fait un tabac dans les YMCA! Du coup, on s'en sort au moyen d'un gunfight avec pirouettes et dagues virevoltantes dans la plus pure tradition des "Matrix", et voilà l'oeuvre de Moore définitivement conchiée par l'imbécillité triomphante des Wachowsky!
Bref, on est en droit de se demander, au vu de ce script écrit à la machette et filmée sans relief par le yes-man James McTeigue (assistant-réal sur les "Matrix"), ce qu'il reste du comics. Pas grand chose, je suis au regret de vous le dire: quelques scènes-clefs surnagent, souvent dans une chronologie différente de celle de l'original, et se retrouvent artificiellement replâtrées entre elles par les innovations ridicules des Wachowsky, dont la moindre n'est pas une pantalonnade télévisée sur l'air de Benny Hill, à croire que les frangins s'acharnent sur une oeuvre géniale par pur ressentiment! La thématique de Moore, qui puise aux sources des plus grands théoriciens anarchistes (oui, contrairement aux deux tâcherons, Moore a des lettres!) est bien évidemment passée sous silence et remplacée par un prêchi-prêcha politico-philosophard façon "Matrix", au terme duquel ressort cette perle de la pensée occidentale: la dictature c'est mal, vive la démocratie! Et puisqu'il est question de liberté, que dire d'un film qui d'une part prétend dénoncer les totalitarismes et la censure qui les caractérise, tout en se livrant d'autre part sur l'oeuvre qu'il adapte à des caviardages dignes de la grande époque des autodafés? Comment? On nous aurait menti? Le masque souriant des démocrates libéraux dissimulerait-il les traits du Docteur Goebbels? À voir la manière dont les Wachowsky dégainent les flingues dès qu'on leur parle de culture, je ne suis pas loin de le penser. En tous cas, y'a pas trente-six solutions: pour dénoncer à longueur de bobines ce dont on s'est précisément rendu coupable par ailleurs, il faut soit être franchement con, soit compter parmi les plus belles putes qu'Hollywood n'ait jamais produites!
Conclusion: boycottez cette bouse puante, et courrez vous offrir le comic de Moore et Lloyd (intégrale chez Delcourt).
V: sorte de Fantôme de l'Opéra dans un monde à la Orwell...
Meunon, elle ne tapine pas! Elle a juste oublié le couvre-feu!
(version officielle agréée par la commission maccarthyste!)
Meunon, elle a pas couché avec les Allemands!
Les arcanes du pouvoir...
Finch, après sa cure de désintox!
Soyons pas vaches: les décors sont réussis!
"V pour Vendetta": le seul, le vrai, l'unique!
Commentaires
Je suis fan de Moore et je pense pareil que toi de ce film infâme, donc en un mot : merci.
Ahhh qu' il est loin le temps de liberté de ton des 60's et 70's non ? Très loin.
Ouch!
Hé ben ... Tu n'es pas tendre.
Je n'ai pas encore vu le film (la semaine prochaine en principe), mais je suis plutôt confiant considérant le nombre d'avis positifs que j'ai pu voir, y compris de fans de comics.
A dire vrai, c'est le premier avis négatif que je lis. Et ça fait mal.
De mon côté, je ne m'attends de toute façon pas à une adaptation fidèle du comic, c'est impossible. Deux media différents, deux styles narratifs différents donc; deux époques différentes; une liberté plus grande pour le comic que pour un blockbuster.
Je m'attends donc plutôt à un film distrayant avec une partie du message de Moore seulement, mais une partie quand même.
Je verrai samedi prochain.
Mais il est évident que le comic est largement plus intéressant.
Et bien ça c'est e la critique virulente!
Fan de Moore et encore plus de V for Vendetta, j'ai tout comme toi pas vraiment apprécié les divergences avec le comic..
Mais je prend tout cela comme une version remix, "film a gros budget pour l'an 2006", et honnetement ca aurait pu etre bien pire. Et je trouve que le film vu sans conniatre la BD doit justement donner envie de lire celle ci.
Sinon dans le comics on le voit pas donner l'hostie, on l'entend ^^ Perso, j'était déjà bien contend qu'il n'est pas supprimé le pretre pedophile, car je pense pas que le pasteur approuve comme tu dis ! lol
Pour Nouilles
Les sixties et seventies furent effectivement un gigantesque laboratoire où tout le monde expérimentait dans la plus totale décontraction intellectuelle. Après avoir secoué le prunier, on récoltait les fruits de Mai 68 (en France) et du "Summer of Flowers" (aux States). La jeunesse se réappropriait la culture, inventait la contre-culture, et le monde était un gigantesque chaudron d'où jaillissaient les idées les plus folles et les plus avant-gardistes - quoique souvent naïvement, il faut bien le reconnaître. Moi qui ai passé mon adolescence dans les seventies, je n'échangerais pas tout mon vécu de l'époque contre un baril de eighties, même si on me rajeunissait de dix ans (les 90's et 00's j'en parle même pas!). On était littéralement immergé dans une créativité foisonnante et multiforme: des ciné-clubs de partout, quinze groupes de rock au mètre-carré, des collectifs de théâtre, des discussions politiques, philosophiques et littéraires enflammées à toutes les terrasses de café, des idéologies politiques parfois douteuses (maoïsme...) mais procédant toujours d'une généreuse naïveté, etc, etc... Et pourtant, je n'habitais qu'une toute petite ville de province... La censure pure et dure existait certes bel et bien sous Giscard (il fallut attendre les 80's pour voir enfin "Zombie" et "Massacre à la Tronçonneuse", "Mad Max" et les zombie-movies de Lucio Fulci furent victimes de nombreux coups de ciseaux), mais elle ne parvenait pas à endiger cette marée culturelle assoiffée de liberté d'expression. Ouais, that was the days, et merde pour ceux qui me traitent de baba, ou de vieux con nostalgique, alors que les gens de mon âge me regardent avec condescendance lorsque je leur parle du dernier Roméro ou de ma collection de Batman! Vive l'"inactualité" nietzschéenne!
Aujourd'hui la censure est bien plus pernicieuse: le libéralisme n'interdit plus, il récupère et dégrade la moindre idée originale pour en faire un produit de consommation. La moindre "rock'n'roll attitude" est devenu un argument de vente. Dès que la critique devient un peu virulente ou provocatrice, on nous rappelle au politiquement correct, l'hymne des bobos! De l'art d'être réactionnaire sous un vernis progressiste! D'où cette uniformisation consensuelle du cinéma hollywoodien actuel (que sont les Penn, Altman, Peckinpah devenus?), une autocensure soucieuse de lécher les couilles de tous les lobbies, financiers ou religieux (States) ou d'entretenir le bon peuple dans la franchouillardise la plus crasse (phénomène "Bronzés") ou le bon sentiment institutionnalisé ("Choristes" de mes deux!). Quand veut surtout ne choquer personne (mauvais pour le business!), on reste assis sur son cul et on ne dit rien, ce que le "V pour Vendetta" des frères Wachowski réussit à la perfection. Tout le monde il est beau et gentil, comme chez Ruquier!
Putain, ça fait du bien!!!!!!!
pour Ced
Ce n'est pas tant la notion d'adaptation et l'"infidélité" faite à l'original qui me révolte. Je sais bien que c'est inévitable et quoi qu'il puisse en paraître dans ma chronique, mon admiration sans bornes pour Moore n'a rien d'un intégrisme, et en aucun cas je ne fais de la conformité d'une adaptation à une oeuvre un critère d'appréciation. Par exemple: je trouve le "Shining" de Kubrick bien supérieur au roman de Stephen King, et pourtant ce n'est pas la fidélité à l'oeuvre qui l'étouffe! A l'inverse,
la version de Mick Garris commanditée et approuvée par King est on ne peut plus fidèle au roman, ce qui ne l'empêche pas d'être à mon sens un épouvantable navet!
Ce qui en substance me fout les boules dans le film des Wachowsky, c'est bel et bien la NATURE de l'adaptation - et non le fait qu'il y ait adaptation - et l'idéologie frelatée qu'elle dissimule sous couvert de critique des totalitarismes et de promotion de la démocratie. Comme par hasard, tout ce qui est laissé de côté par le script est précisément ce qu'il y a de plus dérangeant et de plus provocateur, et ce pour une raison bien simple: moins on froisse de gens (à commencer par l'insupportable intégrisme religieux qui sévit actuellement aux States, par exemple) et plus on est consensuel, plus le tiroir-caisse se remplit! Ce sont donc de sordides raisons financières qui justifient ce qui, plus qu'une adaptation, s'avère en fait une véritable PERVERSION de l'esprit de l'oeuvre et de la pensée de Moore. Et là, je ne suis plus d'accord! Le décalage, c'est que là où Moore dit ce qu'il pense, les Wachowsky disent ce que le système hollywoodien leur demande de penser. Si Moore se montre provocateur voire choquant, c'est bien évidemment dans le but de réveiller les consciences par un électrochoc! Si les Wachovsky se montrent consensuels et censeurs, c'est bien évidemment dans le but de faire du fric!
pour Any
Tiens, une ch'tite nouvelle!
Tout d'abord, bienvenue et merci de m'avoir visité! On ne sera jamais trop à défendre le génie d'Alan Moore!
J'espère comme toi que le film aura au moins cet avantage de drainer les spectateurs vers le comics et de promouvoir le nom d'Alan Moore auprès des malheureux qui ne le connaissent pas encore, mais qui vont avoir le plaisir incommensurable de découvrir des chefs-d'oeuvre tels "From Hell", "Top Ten" ou encore les "Watchmen" dont on nous annonce une adaptation ciné (aïe! aïe! aïe!). C'est bien simple: j'aimerais pouvoir oublier tout ce que j'ai lu de Moore afin de pouvoir à nouveau ressentir ce que j'ai éprouvé lorsque je l'ai découvert!
A bientôt, j'espère!
(Désolé, meme si le pseudo est Any chui un mec ^^ lol)
Ca fait plaisir de lire d'aussi beau commentaire ! Ton souvenir des seventies, me rappelle que c'est l'époque a la quelle j'aurais voulu vivre !
Moi j'suis qu'un ado des année 00'! Pas de Stones, ou de Nirvana. Greend day et toute c'est conneries à la palce !
Bref, on a au moins le mérite d'avoir le pouvoir d'internet, toute la musique jamais créer à disposition, de même que pour le cinema.. oui c'est illégale mais ça permet de se forger une certaine culture.
De plus on dispose de tout l'héritage des décénies précédentes et y'a de quoi faire !
Pour en revenir à V, je ne peux pas cracher sur le film, c'est lui qui m'a faire découvrir le comics. Quand j'ai vu la bande annonce il y 'a un an j'ai décider de lire la BD et là j'ai été scotché.
Cet univers est incroyable, poétique et anarchique.
Depuis j'ai lu Watchmen (que j'ai moins apprécié mais qui est tout de même terrible) et je souhaite continuer avec From Hell, ect ect..
Le film quand à lui a litteralement CHANGER le message de l'oeuvre orrginale, et ce sert du charisme de V pour véhiculer d'autres idées.
Le sentiment que j'en tire n'est pas purement mercantile. Pour moi les créateurs de matrix ont préféré faire passé un message assagis aux plus grand nombres, que satisfaire ceux qui ont déjà ouvert les yeux.
Un film au niveau de revolte de V, aurait été apprécié uniquement par ceux qui ont apprécié la BD.
Si aujourd'hui un blockbuster comme celui la peut interesser mes potes à la politique, leurs montrer qu'il ne faut pas se laisser gangrainer par le racisme ou l'homophobie je m'en réjouis.
Bref, le film a su me porter de grande satisfaction en l'introduction sur Guy Fawkes, la scène de l'Eglise, l'histoire de Valerie bien détaillé, les références aux evenements actuels..
Ne ma pas trop décu car l'action n'a pas été proviligié au scenar, et les acteurs s'en tire pour la plus part très bien.
Par contre, la fin ma dépité ( V expédié en 2/ mouvement , Evey qui ne reprend pas la relève. Pour moi le méssage principale de l'oeuvre etait que l'Anarchie destructrice ne peut etre un régime stable, seulement celui de la revolte. Et qu'il faut ceder la place à la création.
Pour conclure, le film ne m'a pas répugner, loin de là, il ne joue juste pas dans la même cours que la BD.
pour Annaccronisme
Au temps pour moi! Désolé d'avoir fait offense à ta virilité!
Pour moi, V (le comics, évidemment) renvoie à la définition de l'anarchisme telle qu'on l'a un peu oubliée. Ce n'est pas parce que certains poseurs de bombes se sont réclamés de l'anarchisme, ou que certains pouvoirs réactionnaires ont caricaturé cette idéologie pour en faire un nihilisme, qu'il faut voir en l'anarchiste un destructeur aveugle. De fait, lorsque V fait appel à la responsabilité du peuple (son discours à la TV), il rétablit l'anarchisme dans la merveilleuse utopie qui est aussi son idéologie, à savoir: la responsabilité du citoyen (à supposer qu'elle soit acquise!) rend caduque tout recours à la répression et toute référence à un système de lois limitant la liberté des individus. L'individu responsable sait parfaitement limiter sa propre liberté de façon à ne pas entamer celle des autres. Dans un tel monde idéal, il n'y a donc effectivement plus de pouvoir, celui-ci n'ayant plus d'utilité puisque chacun est à soi-même son propre législateur. Pour citer Moore: "Anarchie veut dire sans maître, pas sans ordre" (p 191 du comics). A ce sujet, il est marrant de constater à quel point un individu prenant ses responsabilités dans une entreprise peut agacer un supérieur hiérarchique: l'affirmation par un individu de sa propre autonomie dans la réalisation d'un travail renvoie la hiérarchie en face de sa propre inutilité de fait. En effet, l'individu qui sait QUOI FAIRE n'a plus besoin d'un chef pour le lui dire. La responsabilité, c'est la mort du chef! Pour plus d'infos, je te conseille de parcourir les oeuvres des théoriciens anars (Proudhon, Stirner, Bakounine, etc...) que Moore connait visiblement à la perfection. Quant à l'aspect destructeur, il n'est évidemment qu'un moment "négatif" mais nécessaire dans la théorie anarchiste, celui de la destruction inévitable du régime que l'on désire voir disparaître (idée que l'on retrouve chez Marx dans le concept de lutte des classes)... Bref, les anars sont des utopistes à la recherche d'un monde idéal, ce qui est la garantie du caractère constructif de leur idéologie.
LA MAUVAISE NOUVELLE DU MOIS
Alan Moore va encore piquer une crise: c'est le gros boeuf Zack Snyder, qui s'est déjà rendu coupable d'attentat sur le "Zombie" de Romero (voir rubrique: "L'Armée des Morts"), qui va réaliser l'adaptation du sublime "Watchmen". Bou ouh ouh!
"je trouve le "Shining" de Kubrick bien supérieur au roman de Stephen King, "
Pareil ! Cette fin autrement plus subtile et maligne du père Kubrick face à l' explosion trop expéditive et rapide de l' hotel du bouquin...
Sinon pour Watchmen, faudrait signer une pétition là....Le massacre ça peut plus durer.
Et voilà ...
... j'ai vu!
Bon, comme je le pensais, je ne suis pas aussi critique que toi.
Evidemment, il manque certains aspects du comic plus politiquement incorrects. ça, on s'y attendait (enfin bon, on aurait très bien pu laisser Evey être une jeune femme obligée de se prostituer).
Evidemment, on ne peut pas avoir autant d'approfondissements que dans le comic sur certains points. Medium différent oblige. On y perd, c'est certain. Mais c'est logique.
Les apports pour moderniser l'histoire, la rendre plus actuelle, sont plutôt pas mal faits. Le message est sensiblement le même quant à la tolérance et à la peur. Plus marqué en ce sens peut-être.
L'aspect "anarchie" est moins développé. V est ici plus une sorte de libérateur que dans le comic.
Là où je suis plus critique, c'est pour la forme. La réalisation est ... classique. Rien de franchement remarquable ou presque. Quelques scènes réussies, mettons les plus spectaculaires. Mais je n'ai pas franchement trouvé que c'était bien filmé.
Le personnage d'Evey est moins cette jeune fille complètement perdue. Elle est ici plus forte je trouve, avec quelques doses d'humour. Pas mon souvenir du comic. Sans doute pour donner plus à Nathalie Portman.
Globalement, je ne dirais pas que c'est un mauvais film. Le message reste intéressant en cette époque, même si le comic est bien plus intéressant et plus profond.
Une légère déception parce que j'attendais mieux.
pour Ced
1°) Oui, certes, défendre la démocratie contre la tyrannie est louable, mais il semblerait que ça ne suffise pas: un exemple au hasard, n'importe quel fabricant de chaussures de sport sponsorisées par Will Smith (ha! ha! là je me fais plaisir!) et qui se remplit les fouilles à faire des travailler des miséreux pour un bol de riz te dira que la démocratie est une chose admirable et qu'il en est un fervent défenseur!
C'est bien le problème de l'ultra-libéralisme et de la mondialisation: tous ces gens, en dépit de leur cynisme - notamment à l'endroit des populations du tiers-monde - sont de fervents démocrates et, à les en croire, les antidémocrates seraient plutôt à chercher du côté de ceux qui s'élèvent contre ces abus et empêchent tout ce beau monde de se remplir tranquillement les fouilles, ce qui est une atteinte intolérable à la liberté! Hélas, bien qu'y étant profondément attaché, je crains fort que la démocratie ne soit plus qu'une notion récupérée par les libéralistes, et "V pour Vendetta" (le film) me semble être un exemple frappant de cette récupération. L'ère des tyrans mégalos est révolue (quoique...) et désormais, l'oppression s'avance masquée du sourire de la démocratie. Faudra s'y faire, j'en ai bien peur...
2°) J'aurais pu à la rigueur être convaincu par tous les beaux discours des frères Wachowski dénonçant la pensée unique et défendant la liberté d'expression, si ceux-ci n'avaient pas été immédiatement contredits par une censure EN ACTES!!! Je ne m'étends pas davantage, il me semble avoir montré dans ma chronique que les coups de ciseaux et les remaniements de scénar n'avaient pas été dispensés au hasard! Si ce n'est pas de l'hypocrisie, qu'est-ce qui en est?
3°) Je te rejoins sur la nullité de la mise en scène, et particulièrement du montage. Après les coups de ciseaux, le réalisateur sous influence a visiblement eu toutes les peines du monde à rassembler les lambeaux. D'où cette impression de ne pas assister à un film monté, mais une succession de séquences parsemée de hyatus, dans laquelle une image chasse l'autre sans laisser de souvenir durable. Les personnages sonnent pareillement creux: dans cet enchaînement hasardeux de séquences, ils traversent les décors comme des éléments de mobilier, et rien dans la mise en scène ne vient jamais esquisser une quelconque psychologie ou nous renseigner sur leurs motivations. Il n'y a aucun rythme, et tout est beaucoup trop bâclé à la va-vite pour qu'on ait le temps de s'intéresser à eux. Résultat on s'en fout, et ce ne sont pas les dialogues dont la prétention n'a d'égale que la vacuité, qui leur donne quelque présence.
Donc je persiste et je signe.
Un film de notre époque.
Je suis bien d'accord avec toi pour dire que le film n'est certainement pas aussi osé et donc fort que le comic. Là-dessus, pas de problème.
En revanche, j'y vois certaines choses assez intéressantes et modernes. Ce n'est pas simplement un discours pro-démocratie. Comme tu le dis, ce discours plaît beaucoup aux entreprises capitalistes qui considèrent que cette liberté est avant tout une liberté de consommer. Encore que ... Mais c'est un autre débat.
Ce qui m'a plus intéressé, c'est que ce film reprenne la partie sur la peur d'autrui et donc la tolérance. Un débat très actuel dans nos démocraties modernes.
Plus qu'un discours sur la démocratie et le fait de préserver le pouvoir du peuple, il s'agit d'un discours sur la nécessité de ne pas abandonner toute raison et de désigner des individus différents (autres couleurs, autres préférences sexuelles, autres idées politiques, autres religions) comme responsables.
ça et le besoin de rire/caricaturer comme un contre-pouvoir (scène longue assez curieuse avec le sketch à la Benny Hill politisé).
Pour ces éléments, je trouve que le film est intéressant.
Moins profond que le comic, assurément. Mais il trouve sa place dans notre temps.
J'adore ta critique
J'ai toujours adoré le ton de tes critiques !!! excellent !!
pour Deweysax
Merci, merci, n'en jette plus! Je vais me choper le melon!
Contre!
A vrai dire, je ne connaissais pas la BD avant de voir le film. D'abord je l'ai loué en dvd, et je l'ai trouvé génial! Et ne croyez pas que je suis novice en matière de jugement de vidéos. Ensuite je l'ai donc acheté, et l'ai revu en VO. C'est encore après que j'ai appris que l'histoire s'inspirait d'une BD, que je me suis aussi procurée, et en effet, le style est très différent. Mais on ne peu pas dire que l'un vaille mieux que l'autre! Je crois que c'est une version, tout simplement. Ne vous êtes-vous pas rendu compte que c'est dur de faire passer des émotions à travers un masque? Or le personnage est impeccable, et même attachant au final. C'est une histoire de la Belle et la Bête incluse dans un roman sérieux et décalé sur un futur qui reste envisageable. Et je peux vous dire que peu de films me font cet effet: quitter un moment la réalité, pour rentrer dans l'action et ne plus se concentrer que sur ça. En fait, c'est le genre de pellicule à vor une fois pour frémir, deux fois pour l'apprécier, et autant que l'on veut pour le savourer. Avis aux amateurs!
pour Supernova
Face à l'incomparable richesse de l'oeuvre de Moore, qu'il s'agisse des thèmes philosophiques et politiques qu'il brasse, de la caractérisation de ses personnages, de la rupture de ton iconoclaste qu'il introduit dans le monde du comics en passant les archétypes de la BD et de la littérature populaire (en l'occurence, ce sont des personnages tels que Zorro et Robin des Bois qui sont passés à la moulinette au travers de la parodie de justicier masqué que constitue V), des références qu'il met en place, etc, etc, je ne me hasarderai pas à mettre le comics et le film sur un pied d'égalité.
Les thèmes mooriens sont délibérément ignorés et trahis dans le film (je ne reviens pas dessus, il me semble l'avoir suffisamment illustré ci-dessus), mais de plus les personnages qui ne sont pas passés à la trappe sont désespérément creux et ne constituent que de vagues silhouettes sans épaisseur qui s'agitent au hasard dans un scénario mal écrit dont on ne compte plus les trous et les incohérences, indignes du travail d'orfèvre de l'oeuvre de Moore. Le découpage plus que décousu échoue à instaurer une quelconque tension dramatique, et on passe d'une scène à l'autre sans qu'une quelconque image ne surnage dans la mise en scène désespérément impersonnelle de McTeigue. Les frères Wachowski ne sont malheureusement que deux pauvres esbrouffeurs spécialistes de la poudre aux yeux, incapables d'articuler deux idées cohérentes et ne donnant jamais que l'ILLUSION de la profondeur en plaquant de la philosophie à deux balles sur de la pyrotechnique et du kung-fu high-tech. Vouloir ramener l'oeuvre de Moore au niveau de leur pitoyable trilogie témoigne bien du ressentiment que peut éprouver l'incompétence lorsqu'elle se frotte au génie!
Dès lors, nulle surprise à ce qu'ils s'avèrent incapables d'appréhender le moindre atome de la pensée de Moore: ils ont lu "V" comme deux analphabètes qui n'en auraient que "regardé les images" - à moins qu'ils ne l'aient trop bien comprise, et qu'elle leur ait fait PEUR!!!
Si j'avais le temps, je ferais un compte-rendu image par image et réplique par réplique de ce film, juste pour établir à quel point c'est n'importe quoi! Et avec un comparatif semblable et parallèle du comics de Moore, là ça ferait vraiment mal!
Oh mon dieu
Que des critiques, des critiques et des critiques.Je me demande parfoit si les francais ne save que critiquer des choses qu ´il ne comprenne meme pas.Faut savoir que adapter une bd,un livre en scenario de film n´est pas le plus simple au Monde.Enfin vissiblement il y des gens qui ne save pas sa.Moi je te conseille de revoir le film une bonne dixaine de fois.Peuetre que tu verra les message philosophique qu´il y dans ce film.
Bien a toi
Exorcista
comparer ?
Vieux sujet, mais je tombe dessus par hasard .. peut être plus personne ne lit ce post mais je tien à m'exprimer quand même.
Je pense qu'il ne faut pas comparer un film avec ce qui a inspirer le dit film ... Je ne connais personne qui, après avoir lu l'œuvre originale d'une quelconque histoire, se rendre au cinéma, pour voir l'adaptation de cette œuvre en se disant "ça va être aussi bien, voir mieux" .. non, c'est simplement archi faux, et n'importe quelle personne sait que le film ne collera pas au roman/bd, et donc, va voir ce film, pour apprécier quelque chose de nouveau ... c'est agaçant, je vous le concède mais c'est normale. Un réalisateur est un artiste, il apporte sa touche personnelle au film.
Mais, trouvez moi un réalisateur, qui osera risquer sa peau, à retranscrire mot à mot, image par image, le comics en film .. il sne peuvent pas faire ce qu'ils veulent, ils sont "surveillés", et la censure est présente partout, il ne faut pas l'oublier.
Puis, il y a dans ce film, des pensées profonde.. différente de celles du comics, mais tout aussi juste.
Pour finir, j'aimerais rappeler que certaine œuvre ont été bien plus saccagé (du point de vue "plagia"... il y a pas d'autre mot...), je pense notamment au "Seigneur des anneaux"... il y a là, bien plus matière à discuter, mais c'est un autre sujet ^^
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